LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE

Un décret présidentiel signé mardi dernier, 7 janvier, en conseil des

ministres, a définitivement fixé au 17 courant la réunion du Sénat et de

la Chambre des députés en Assemblée nationale, afin de procéder à

l'élection du président de la République.

Aucune candidature nouvelle n'a officiellement surgi depuis que M.

Raymond Poincaré et M. Alexandre Ribot ont si courageusement fait

connaître leur résolution de se présenter aux suffrages du Congrès, se

jetant, de propos délibéré, en proie aux polémiques inévitables. Mais,

comme nous l'indiquions en présentant, la semaine dernière, ces deux

candidats nettement déclarés, ils auront des concurrents: il est

certain, dès à présent, comme nous l'avons dit, que M. Antonin Dubost,

président du Sénat, et M. Paul Deschanel, président de la Chambre,

seront avec eux sur les rangs. Toutefois, l'un comme l'autre, sollicités

de faire connaître leurs intentions à cet égard, se sont défendus de

faire aux journalistes aucune confidence. M. Paul Deschanel, soumis à la

réélection comme président de la Chambre à la rentrée, le 14 janvier, a

estimé que les convenances, un sentiment de déférence vis-à-vis de ses

collègues, lui interdisaient «de porter ses regards au delà de cette

date». Pour les mêmes raisons M. Antonin Dubost déclare vouloir observer

pareille attitude. Et cette réserve s'explique parfaitement. Entre la

réunion des Chambres et celle de l'Assemblée nationale auront lieu,

d'ailleurs, maints conciliabule, parlementaires d'où peut surgir plus

d'une candidature encore.

LA CEINTURE DE PARIS APRÈS LA DÉMOLITION DES FORTIFICATIONS: DEUX

EXEMPLES

[Illustration: A L'OUEST, ENTRE LA PORTE DES TERNES ET LA PORTE DE

COURCELLES.--Sur la largeur des fortifications (environ 130 mètres),

dont le fossé sera remblayé au niveau des boulevards extérieurs actuels,

s'élèveraient, le long de voies larges et aérées, des immeubles qui,

dans le quartier représenté ici après sa transformation, offriraient

tout le confort moderne. Au delà, la bande de 250 mètres de largeur qui

constitue la zone militaire serait convertie intégralement en parcs et

terrains de jeux et formerait, autour de Paris, une ceinture d'espaces

libres de 35 kilomètres et de plus de 500 hectares.]

[Illustration: A L'EST, ENTRE LES PORTES DE MONTREUIL ET DE

BAGNOLET.--Dans certains quartiers, comme celui-ci, la Ville imposerait

aux acquéreurs des terrains des fortifications l'obligation de

construire des cottages ouvriers entourés de jardins.--_D'après le

projet de M. Louis Dausset, président du Conseil municipal.--Voir

l'article, page 32._]

L'Illustration, No. 3646, 11 Janvier 1913 · 第 9 / 32 题