- Entrez!
Ce mot répond à un coup hardi et ferme frappé à la porte du
cabinet de Robert. Celui-ci, entouré de livres, de fioles,
d'instruments de chirurgie et de papiers couverts de notes,
lève la tête avec une expression de contrariété visible.
- Du diable! Si c'est encore Mme d'Ambleuse, je l'éconduis
moins civilement cette fois!
Mais ce n'est point une main de femme qui ouvre la porte, et
la façon même dont on avait frappé eût dû éclairer le docteur
s'il n'eût eu l'esprit préoccupé malgré lui de celle dont il
maudissait l'importunité, tout en la plaignant du fond du
coeur. Son visage s'éclaire subitement, et il se jette dans les
bras du nouvel arrivant.
- Enfin, te voilà! Sais-tu qu'on t'attend avec impatience!
- Qui cela?
- Tous et surtout toutes, à Poitiers. Anne fait des projets de
bonheur; ma mère se réjouit de te voir te fixer près d'elle,
et il n'y a pas jusqu'à ta petite Rose de Bengale qui n'ait
été ravie d'apprendre ton mariage avec son amie. Quant à moi,
ai-je besoin de te dire combien je suis heureux de ton retour
définitif en France?
Le jeune homme auquel s'adressent ces effusions a bien changé
depuis le jour où Robert l'a rencontré, un soir, dans les rues
de Poitiers. Son teint a bruni au soleil d'Afrique, et toute
sa physionomie a pris une expression martiale, qui ne déplaît
pas sur ce joli visage, autrefois un peu trop efféminé.
Jacques Hilleret revient d'Algérie pour épouser Anne, veuve de
M. Tissier, et, en passant à Paris, il s'y est arrêté quelques
heures, afin de voir son ami.
- Mon premier mouvement avait été de maudire l'ennuyeux
visiteur qui m'enlevait à mon travail. Mais c'est toi! Et il
n'y a plus de travail pour moi en ce moment!
Il repousse les papiers, les instruments et les fioles, et,
appuyant son coude sur la table, il s'installe en face de
Jacques, qu'il a fait asseoir.
- Je t'arrive au débotté, dit celui-ci; tu me donneras à
déjeuner, et je repars ce soir pour Poitiers.
- Où tu porteras toutes mes amitiés à tous, n'est-ce pas? Je
ne sais quand il me sera possible d'y aller, et pourtant j'en
forme le projet. Mais je suis retenu ici par plusieurs malades
gravement atteints et surtout un enfant auquel je dois faire,
ces jours-ci, une opération difficile. Lorsque tu as frappé à
ma porte, j'ai cru que sa mère venait encore me relancer. La
pauvre femme est comme affolée par la pensée de cette
opération; elle ne me laisse pas un jour de repos et vient à
tout instant me consulter pour son fils.
- Qu'a-t-il donc?
Robert secoua la tête.
- Une infirmité dont nous arriverons, j'espère, à le délivrer.
Malheureusement, c'est de plus en enfant chétif, malingre et
nerveux, comme nous en envoyons en quantité dans les grands
centres et surtout dans certains milieux, où la vie s'écoule
comme dans une serre chaude.
- Pauvre mère! dit Jacques avec compassion.
- Sans doute: pauvre mère! repartit Robert en riant. Tu peux
bien ajouter: pauvre docteur! aussi; car Mme d'Ambleuse abuse
de ma patience!
- Bah! tu es très bon pour elle et pour son enfant, j'en
jurerais!
- Allons, tu reviens d'Afrique avec ta même confiance en moi!
- Sûrement! N'es-tu plus mon généreux ami d'autrefois?
Le docteur tendit la main à Jacques.
- Générosité largement payée par toi, mon ami, en repoussant
sans espoir de retour un bonheur que tu me sacrifiais! Je n'ai
pas été dupe, crois-le, de ta conduite, il y a quelques
années. Mais alors je me faisais illusion, et je m'imaginais
pouvoir rendre Anne heureuse en accomplissant le projet de
notre famille. Dieu merci! le bonheur a frappé deux fois à ta
porte, ce qu'il ne fait guère pour personne.
- Il viendra aussi quelque jour à la tienne, je l'espère. Du
moins y a-t-il déjà amené la réputation, et, je pense aussi,
la fortune.
- La fortune? C'est vrai, dit le docteur en riant, je devrais
être riche.
- Ne l'es-tu pas!
- Non, il me semble. L'argent vient, c'est certain; mais il
coule! il coule!
- Je vois ce que c'est, dit le capitaine, tu ne sais pas le
retenir; tu es trop généreux. J'en avais toujours jugé ainsi.
- On rencontre tant de misères dans notre profession!
- Et tu donnes sans compter! Et on en abuse! Car quelle est la
charité dont il ne se trouve quelqu'un pour abuser? C'est très
bon et très bien de donner aux pauvres l'argent que les riches
te donnent en retour de tes soins; mais, mon ami, permets-moi
de te faire la morale...
- Très volontiers! dit Robert en l'interrompant et en croisant
les bras pour écouter gravement.
- Il faut songer aussi à te créer un intérieur et à retenir
pour cela un peu de cette fortune qui coule entre tes mains.
Robert leva les épaules.
- Bah! un intérieur; j'en ai un dont le luxe est bien
suffisant pour un vieux garçon travailleurs.
- Tu ne resteras pas éternellement vieux garçon!
- Je pense que si, dit Robert avec calme.
- Bah! reprit Jacques avec étonnement.
- Je travaille tant, que je n'aurais pas le temps de m'occuper
de ma femme, dit le docteur, sans paraître remarquer cet
étonnement. Quant à ma mère, sois tranquille, je prélève sur
mes revenus ce qu'il lui faut avant d'abandonner le reste aux
infortunes qui se le disputent. Enfin, Sarah, à laquelle je
penserais certainement si elle en avait besoin, est riche,
grâce à l'avarice de son grand-père, plus riche même qu'il
n'est nécessaire, et elle se met souvent de moitié dans les
bonnes oeuvres de ta fiancée.
Le visage du docteur avait pris une expression pensive et son
ami, après l'avoir regardé un instant jeta sur la table son
képi qu'il tenait à la main et dit vivement:
- Pourquoi t'obstines-tu à rester vieux garçon!
- Parce que je n'ai plus envie de me marier.
- En voilà une réponse ridicule! Regarde-moi, je te prie?
Les yeux bruns et profonds de Robert se fixèrent sur le jeune
capitaine.
- Tu m'as juré que tu n'aimais plus Anne?
Une crainte vague se faisait sentir dans cette question.
- Je te le jure encore. Mon amour pour elle est mort. Tu ne
crois pas cela possible, n'est-ce pas? et moi-même, je me
serais révolté autrefois, si on m'avait dit qu'il en était
ainsi. Mais, Dieu a été infiniment miséricordieux en nous
rendant l'oubli possible. Un erreur de notre jeunesse serait
irréparable si notre coeur devait garder intact son premier
amour, lors même que cet amour lui refuse le bonheur.
- Aimes-tu quelqu'un?
Une hésitation à peine saisissable arrêta la réponse.
- Non, je n'aime personne.
Une rougeur intense monta au front de Robert, et il se pencha
subitement pour ramasser une feuille de papier tombée du
bureau près duquel il était. Pour la première fois de sa vie
peut-être il mentait, lui dont la noble nature avait toujours
profondément méprisé le mensonge.
- Alors, Anne et moi, nous te chercherons une compagne, je te
le promets.
- C'est bien inutile! Un médecin a assez d'occupations sans
s'embarrasser d'une femme et des enfants qui font du bruit et
causent souvent tant d'inquiétudes!
- Tu ne reculerais certainement pas devant un motif d'égoïsme.
- Pourquoi non? Je suis tranquille ainsi, laisse-moi jouir de
mon repos.
Jacques leva les épaules avec incrédulité.
- Ce n'est pas de toi, cela! Enfin nous verrons! J'en parlerai
à Anne.
Il changea la conversation, remettant à plus tard d'aborder
sérieusement ce sujet avec son ami.
Quelques jours après, Jacques durant une visite à Mme Tissier,
lui ayant parlé de son cousin, la jeune veuve prit un air
mystérieux en l'entendant déplorer l'éloignement de Robert
pour le mariage.
- A quoi attribuez-vous ce désir de rester seul? demanda-t-il
à sa fiancée.
- Etes-vous bien sûr de l'existence de ce désir?
- Oui, il se trouve heureux ainsi et repousse l'idée d'un
avenir différent.
Anne s'arrêta un moment à le regarder.
- Vous n'avez rien deviné?
- Que voulez-vous que je devine?
- C'est vrai, vous n'avez pas vécu ici depuis bien des années
et vous avez vu Robert en passant seulement à votre dernier
voyage en France. Mais, c'est égal! Liés comme vous l'êtes
ensemble, il a dû se trahir devant vous. En vérité, les hommes
sont aveugles! Une femme serait vite sur la voie.
- Sur quelle voie? Aime-t-il quelqu'un?
- C'est assez probable! répondit Anne, dont les grands yeux
avaient une expression malicieuse.
- Qui?
- Cherchez!
- Je ne puis la connaître!
- Si, vous la connaissez.
Jacques demeurait perplexe en face d'elle, se remémorant un à
un tous les noms des jeunes filles, peu nombreuses du reste,
qu'il savait avoir eu autrefois quelques relations avec la
mère du docteur. Il les nommait l'une après l'autre et Anne,
s'amusant à ce jeu, secouait la tête à chaque nom.
- Je ne trouve pas, dit-il enfin.
- Donnez-vous votre langue au chat? Il y en a qui étaient
enfants autrefois et qui sont devenues jeunes filles.
Cette parole fit venir un nom aux lèvres du capitaine.
- Sarah? dit-il en hésitant.
Sa figure exprimait une telle incertitude, que Mme Tissier ne
put s'empêcher de rire en inclinant la tête en signe
d'acquiescement.
- Mais c'est une enfant!
- Une enfant de dix-huit ans sonnés! En âge de se marier, par
conséquent.
- Il l'a élevée!
- Eh bien! tant qu'a duré l'éducation, il l'a aimée comme une
petite fille. Et puis, peu à peu, sans que ni l'un ni l'autre
s'en doutât, ce sentiment tout paternel a changé et mon cher
cousin, le plus grave et le plus sérieux des hommes passés,
présents et futurs, aime votre petite Rose de Bengale et ne se
marie pas uniquement, parce que, dans sa sagesse, il a décidé
qu'il ne devait pas condamner la rieuse pupille de sa mère à
devenir la femme d'un austère personnage comme lui.
- Comment savez-vous cela? Robert vous a-t-il prise pour
confidente?
- Robert, y pensez-vous? répondit Anne en plaisantant. J'ai
bien toute seule compris la chose!
- En êtes-vous sûre?
- Sûre? Notre cher docteur croit son secret assez enseveli
dans son coeur; mais les yeux parlent et je l'y ai lu aussi
facilement que je lirais cette page de la Bible!
Elle appuyait la main sur une bible ouverte devant elle et
qu'elle feuilletait au moment où Jacques était entré pour y
admirer les merveilleuses illustrations dues au crayon de
Gustave Doré.
Le jeune homme devenait rêveur.
- Sarah! dit-il lentement, comme s'il n'eût pu faire entrer
cette idée dans sa tête et qu'il eût voulu la forcer à y
pénétrer en en raisonnant la possibilité, Sarah! la petite-fille
du vieux marchand d'antiquités, cette pauvre petite
orpheline recueillie un soir par lui, Sarah! Devenir la femme
de Robert!
- Qu'y a-t-il donc là de si étonnant? La petite orpheline
abandonnée est devenue sérieuse, bonne, pieuse et digne en
tout d'associer sa vie à celle du docteur.
- Je le sais. Il m'a une ou deux fois fait son éloge et s'est
félicité de l'avoir recueillie.
- Il n'a pu dire d'elle plus de bien que tous nous en pensons,
dit Anne, dont l'affection pour Sarah était très profonde.
- Et que je n'en pense moi-même, sans toutefois avoir pu
l'apprécier comme vous.
- Alors?
- Elle est encore si jeune pour épouser un homme de l'âge de
Robert?
- Que voulez-vous? La vie nous réserve tous les jours des
surprises de ce genre.
- Sans doute! Ainsi, Robert l'aime?
- Je vous dit que oui.
- Et elle?
- Elle? Peut-être!
- Si elle allait ne pas l'aimer!
Anne leva les épaules et se dit en souriant que les hommes les
plus intelligents sont parfois bien naïfs pour démêler les
sentiments intimes qu'on ne leur exprime pas en termes précis!
- Parlez-lui du docteur et vous verrez! C'est-à-dire non, vous
ne verrez rien! reprit-elle en riant, car je commence à avoir
peu de confiance en votre perspicacité!
Jacques prit l'air offensé, bien que le radieux sourire, même
taquin, de sa fiancée, lui plût naturellement beaucoup et le
tînt sous le charme:
- Vous méconnaissez mes aptitudes! Je verrai du premier coup
si elle l'aime.
- Vous croyez? dit Anne, d'un air de doute.
- Vous me faites injure? Je suis plus clairvoyant que vous ne
pensez.
- Eh bien! faites-en l'expérience.
La sonnette retentissait avec un carillon vif et argentin
annonçant pour Anne l'arrivée de son amie dont elle
connaissait les habitudes. En effet, Sarah entra dans le
salon, tenant dans les mains un gros bouquet venant du jardin
de Mme Martelac. Elle le déposa sur les genoux de Mme Tissier:
- Je vous apporte des fleurs cultivées par moi, voyez comme
elles sont belles!
- Superbes! dit la jeune femme en l'embrassant. Vous entourez
de tant de soins ceux que vous aimez!
- Et j'aime particulièrement les fleurs. Seulement comme elles
viennent dans mon coeur après mes amis, je cultive les
premières afin de les leur offrir.
- Ma tante et Robert les aiment aussi.
- Oui, beaucoup. Quand le docteur est ici, il fait remplir le
jardin de fleurs nouvelles. Nous sommes obligées de lui
disputer nos pauvres vieilles fleurs d'autrefois dont nous
prenons la défense, car il prétend les faire remplacer par des
espèces rares. Les rosiers seuls obtiennent grâce devant lui
et il a fait planter une haie de rosiers de Bengale qui, dans
leur floraison, sont du plus charmant effet.
- Ceci est en votre honneur, dit Anne. Si vous vous en
souvenez, Jacques vous avait autrefois surnommée: Rose de
Bengale, et c'est sûrement à cause de vous que Robert soigne
ainsi vos soeurs.
- Vous croyez? demanda Sarah en rougissant. Il ne m'a jamais
appelée ainsi et il doit avoir oublié la fantaisie de M.
Hilleret.
Anne secoua la tête en riant, mais n'insista pas.
- A propos, dit Jacques brusquement, nous allons, je crois,
marier notre cher docteur.
Une longue branche de sauge, que Sarah avait gardée à la main,
lui échappa, et lorsque, s'étant penchée pour la ramasser, la
jeune fille se redressa, la fleur, rapprochée dans ce
mouvement de son visage, y fit l'effet d'une traînée de sang
sur un lys, tant il avait subitement perdu ses couleurs.
Elle se tourna aussitôt vers Anne et celle-ci put seule lire,
dans les yeux noirs de sa petite amie, l'impression qu'elle
ressentait. Quand Sarah répondit au capitaine, elle avait si
vaillamment surmonté ce premier mouvement que sa voix même ne
tremblait pas.
- Avec qui?
- Avec une jeune fille charmante.
- Elle sera digne de lui, j'espère, et le rendra heureux.
Anne eut pitié du combat qu'elle sentait dans le coeur de la
pauvre enfant.
- Soyez tranquille, Sarah, dit-elle, s'il ne dépend que de
nous, Robert et ceux qui l'aiment seront heureux.
- Mme Martelac sera ravie du mariage de son fils, dit
doucement la jeune fille.
Puis, comme si la lutte contre elle-même eût été au-dessus de
ses forces, elle l'abrégea et reprit avec autant
d'indifférence qu'il lui fut possible:
- Je me sauve à la réunion du travail pour les pauvres; je me
suis arrêtée seulement pour vous apporter ces fleurs.
Mme Tissier se leva, et, à la porte du salon, elle l'embrassa
en murmurant:
- Ce n'est pas vrai. Il ne se marie pas.
Un sourire traversa la physionomie de Sarah et elle dit adieu
à Jacques avec un regard joyeux. Le capitaine, n'ayant pas
saisi le mouvement des lèvres de sa fiancée, ne vit que le
visage gai de la pupille de Mme Martelac.
- Voyez-vous, s'écria-t-il, quand la porte de la rue se fut
refermée sur elle. Elle ne l'aime pas!
Anne était restée debout à l'endroit où elle avait reconduit
son amie, elle tenait dans ses mains les fleurs apportées par
Sarah et sourit avec indulgence.
- Aveugle! murmura-t-elle.
- Comment, vous me traitez encore d'aveugle? Vous avez bien vu
avec quelle indifférence et même quel plaisir elle a accueilli
la nouvelle du mariage de Robert. Pauvre Robert! si bon! si
grand! si parfait!
Anne se mit à rire franchement.
- Et dans peu de temps, vous pourrez dire: si heureux! Car
elle l'aime profondément.
Jacques ouvrit de grands yeux:
- A quoi voyez-vous cela?
- A mille symptômes imperceptibles et qui vous échappent à
vous autres, Messieurs.
- Oh! je parie que vous vous trompez!
Anne prit les fleurs d'une seule main et tendit l'autre au
jeune homme:
- Je parie que Robert et Sarah se marieront aussi promptement
que nous devons le faire nous-mêmes! prononça-t-elle
fermement. Il est temps d'en finir et de les éclairer tous les
deux, afin qu'ils ne se trompent pas de route, et trouvent le
bonheur dont ils sont dignes l'un et l'autre.
Cette fois, Jacques se baissa pour baiser la petite main
qu'elle lui avait tendue et répondit:
- Alors, ouvrez-leur les yeux, car je finis par me rendre à
votre avis. Vous devez mieux que moi connaître le coeur d'une
jeune fille et je me déclare humblement inhabile en ces sortes
de choses, malgré les prétentions affichées tout à l'heure en
plaisantant.
Le lendemain, Anne eut une conférence secrète avec sa tante;
ce qui fut décidé dans ce conciliabule, Sarah, occupée durant
ce temps à déchiffrer une partition sur le piano placé dans sa
chambre, ne s'en douta pas. Mais plusieurs fois dans la
soirée, le regard attendri de la mère de Robert s'arrêta sur
la jeune fille avec une sorte de reconnaissance. Jusque-là,
Mme Martelac avait parfois douté des sentiments qu'elle
croyait entrevoir; sa nièce lui avait affirmé qu'elle ne se
trompait pas et avec la grâce de Dieu, elle était résolue à
donner le bonheur à ses enfants.