A cinq heures et demie du matin, nous accostons au _pristane_[180]

de Samarovo. Moment de satisfaction indicible, notre exploration

est terminée et bien terminée. En voyage, après la joie du départ,

la plus grande est celle du retour. On revoit alors en rêve toutes

les péripéties de l'expédition; les incidents ennuyeux, les tracas

s'oublient, et il ne reste plus dans la mémoire que le souvenir

des grands spectacles de la nature, de cette vie solitaire pleine

d'émotions fortes et d'impressions violentes. L'imagination pare tout

de ses vives couleurs, et à la pensée des contrées parcourues l'esprit

est traversé d'un rayonnement. Dans la tristesse de l'existence, les

souvenirs des voyages sont la joie des mauvais jours. Ils rappellent

les temps heureux où la vie était faite d'insouciance, dans le

bien-être qu'éprouvent tous les gens forts au milieu des déserts de la

nature.

[Footnote 180: Port.]

CHAPITRE XV

LA GRANDE ROUTE DE SIBÉRIE

Samarovo.--L'Irtich.--Tobolsk.--En _tarentass_.--Le chemin de fer

Transouralien. A travers la Russie.

Quel jour passera un vapeur à destination de Tobolsk? Telle est notre

première question en débarquant. Peut-être aujourd'hui, peut-être

demain, peut-être dans cinq jours. En tout cas, nous devons nous armer

de patience, d'autant que la localité est absolument dépourvue de

charme. Pour abri nous avons une baraque dont le seul défaut est le

manque absolu de fenêtres. A cela près on y est à couvert; de plus

mauvais gîtes ne sont pas rares. Une seule chose, et d'importance,

nous inquiète: nos provisions sont épuisées, le cabaretier établi

au _pristane_ ne vend que de l'eau-de-vie; d'autre part, le village

de Samarovo est éloigné de plus de 2 kilomètres. Aux portes de la

civilisation nous risquons de mourir de faim.

Les bagages débarqués, nous nous acheminons prestement vers Samarovo

pour aller demander un peu de nourriture à Semtzov. Semtzov, qui est

un simple paysan enrichi, est la providence des voyageurs dans ces

parages. A tous, à Poliakov comme à Finsch, à Ahlqvist comme à Sommier,

il a libéralement prêté les embarcations nécessaires pour le voyage de

l'Obi. Il suffit d'expliquer à ce brave homme notre embarras, et de

suite il nous offre de prendre tous nos repas chez lui. Cette cordiale

et franche hospitalité est un des traits du caractère russe, et chez

ces simples paysans elle vaut d'autant plus par la sûreté des relations.

Enfin, après trois longues journées d'attente, le vapeur arrive,

mais au moment de la délivrance la maladresse du capitaine nous fait

craindre une nouvelle détention. La brise souffle en bourrasques du

nord; incapable de manœuvrer dans de pareilles conditions, le capitaine

approche simplement de la rive et détache un canot à terre. Boyanus

saute aussitôt à bord pendant que je fais embarquer nos nombreux colis

dans une _lodka_. Mais dès que l'embarcation a rallié, le paquebot se

remet en marche, me laissant sur la rive avec les bagages et avec les

deux _ouriadniks_.

Me voilà condamné à attendre je ne sais combien de temps le passage

d'un nouveau steamer dans cette bourgade sans intérêt. Le vapeur file

toujours, il va disparaître lorsque soudain il s'arrête, vire de bord

et se dirige de nouveau vers le _pristane_, où il accoste bientôt sans

la moindre difficulté. Je suis sauvé grâce à l'énergie de Boyanus. Cet

excellent ami a tenu rigoureusement tête au capitaine et l'a obligé

à revenir en arrière. Ce moment d'émoi passé, nous pouvons goûter en

toute quiétude les avantages de la civilisation. Après deux mois passés

dans la cahute d'une _lodka_, on éprouve une agréable sensation à se

trouver dans un salon confortable, bien éclairé, et après deux mois

d'un régime de tapioca, de poisson et de conserves une table passable

semble un luxe oriental. Et pourtant nous regrettons notre vie sauvage.

Sur les bords de l'Irtich le paysage est aussi ennuyeux que sur l'Obi.

A droite une haute plaine sablonneuse, et partout la forêt. A partir

de Démiansk l'aspect de la vallée devient moins sévère. Nous entrons

dans la région des céréales; autour des villages s'étendent des champs

cultivés, mais les villages sont rares et, partant, les cultures peu

étendues.

Après trois jours de navigation voici enfin Tobolsk. A ce nom sonore

plein de souvenirs historiques vous vous représentez une grande et

belle ville, quelque chose comme une merveilleuse cité asiatique des

contes des _Mille et une Nuits_. Et de fait Tobolsk a fort bon air.

Sur une hauteur, un fouillis de remparts et d'églises s'élève en

masse architecturale et pittoresque dominant une plaine de baraques.

Nous débarquons et ici, comme à Vologda, comme à Iaroslav, comme dans

toutes les villes russes, ce bel aspect masque un grand village. Dans

le chef-lieu de la Sibérie occidentale les voyageurs ne trouvent pas

même une auberge, rien que des bouges infects aussi repoussants que les

_iourtes_ ostiakes! Un hôtel, à qui servirait-il? nous répond-on. Seuls

s'arrêtent à Tobolsk les voyageurs qui ont des parents et des amis dans

la ville, et ils logent chez ces parents et ces amis. Pendant notre

séjour, l'aimable gouverneur, le général Troïnitsky, nous installa dans

l'appartement d'un de ses amis absent pour le moment et nous offrit

l'hospitalité de sa table. Sans cela nous aurions été forcés de dresser

notre tente dans quelque coin de prairie et de faire la popote en plein

vent comme des Bohémiens.

En toutes occasions, le général Troïnitsky s'efforçait d'aplanir toutes

les difficultés devant nous, et son accueil chaud et cordial restera un

de nos meilleurs souvenirs de Sibérie.

Comme presque toutes les cités bâties sur le bord d'un fleuve,

Tobolsk est divisée en haute et basse ville. En haut est le Kremlin,

gardant dans son enceinte de remparts la cathédrale et les bâtisses

administratives. A ce quartier perché sur la falaise élevée de l'Irtich

conduit une large avenue planchéiée, ouvrage des prisonniers suédois

du temps des guerres de Charles XII. Elle conduit à un petit square

orné d'une statue de Iermak. Le morceau est plus que médiocre, mais la

pensée qui a présidé à son érection n'est pas banale. Le conquérant

de la Sibérie est placé en face de l'immense plaine de l'Irtich, et

le paysage grandiose donne la vie à ce bronze sans expression. Cette

terre infinie, dont l'extrémité se perd dans la brume de l'horizon,

ce continent illimité, voilà son apport à la patrie, à lui ce brigand

qui, s'il n'avait assuré un empire à son tsar, aurait été pendu haut et

court. Combien elle est suggestive l'histoire du conquérant sibérien!

Ici, comme en Australie, une bande d'écumeurs et de détrousseurs de

grands chemins a agrandi leur patrie d'un des plus vastes empires

du monde. Examinez, du reste, toutes les importantes entreprises

coloniales: presque toutes n'ont-elles pas été conduites par des gens

qui aujourd'hui n'auraient pu être candidats au prix Montyon? Pour

de pareilles expéditions il faut le goût des aventures et l'esprit

d'initiative. Les vagabonds ne sont-ils pas des gens qui ont ces

qualités à un degré incompatible avec les lois de la société?

A Tobolsk nous apprenons une nouvelle désagréable: par suite de la

baisse des eaux la navigation est interrompue sur la haute Tobol,

affluent de l'Irtich, conduisant à Tioumen, tête de ligne du chemin de

fer transouralien.

Pour gagner cette ville nous devrons faire le trajet en _tarentass_.

Ce sera pour nous l'occasion d'expérimenter ce mode de locomotion. Le

_tarentass_ et la Russie! l'un évoque l'autre, et notre voyage serait

incomplet sans une excursion dans cette fameuse voiture. Avec son

obligeance habituelle, le général Troïnitsky organise notre course,

et, pour nous épargner l'ennui d'un changement de véhicule à chaque

station, nous prête aimablement le sien. Représentez-vous une sorte de

barque solidement fixée à un chariot non moins solide monté sur quatre

roues. En avant, un siège pour deux personnes; dans la barque, point de

banquettes, simplement, comme dans la _plétionka_, une épaisse couche

de foin pour remplacer les ressorts et sur laquelle s'allongent les

voyageurs. Le véhicule n'est pas précisément léger; pour le traîner à

une allure rapide, quatre chevaux sont nécessaires.

Le 8 septembre, à dix heures trente du matin, nous quittons Tobolsk;

les dernières maisons de la ville dépassées, les chevaux partent à fond

de train. Sur la route excellente et absolument plate, le _tarentass_

vole pour ainsi dire. En une heure trois quarts nous parcourons 27

kilomètres et demi, encore avons-nous perdu pour le moins dix bonnes

minutes à la traversée de l'Irtich en bac. A midi quinze, nous arrivons

à la station de Karatchine; en vingt minutes les chevaux sont changés,

et maintenant au triple galop. En une heure quarante-cinq nous

franchissons une distance de 31 kilomètres, soit près de 18 kilomètres

à l'heure: c'est le record de vitesse dans notre course de Tobolsk à

Tioumen.

Partout le pays est constitué de terres noires très fertiles. Seulement

autour des villages, le sol est cultivé pour la consommation locale. Le

manque de débouchés rend inutile de plus abondantes récoltes.

Toute la journée et toute la nuit nous galopons ainsi, mais, à mesure

que nous avançons, les voyageurs deviennent plus nombreux et, partant,

les haltes plus longues. A une station nous attendons les chevaux

pendant deux heures. Enfin, à trois heures de l'après-midi, nous

faisons notre entrée à Tioumen, ayant ainsi parcouru 277 kilomètres en

vingt-neuf heures.

Tioumen est une gentille petite ville de 15 000 habitants environ,

très importante au point de vue commercial. C'est le lieu de transit

entre l'Europe et la Sibérie. Située sur la Toura, à l'extrémité

ouest du réseau des voies fluviales de la Sibérie occidentale, elle

est en même temps en communications faciles avec le bassin du Volga

et de la Kama par le chemin de fer transouralien. Malheureusement,

souvent en automne, comme cette année, la baisse des eaux interrompt

la navigation sur la Tobol et oblige le commerce à de coûteux

transbordements et transports par terre. D'autre part, le chemin de

fer Ouralien débouchant dans la vallée de la Kama qui est sans voie

ferrée, cette route n'est pratique qu'en été. Lorsque le Transsibérien

sera construit, il est donc probable, pour ces raisons, que le chemin

de Tobolsk à Perm par Tioumen sera abandonné pour un autre plus

avantageux, déjà en partie existant. A travers l'Oural méridional vient

d'être construite une ligne débouchant en Sibérie à Slata-Oust. Cette

voie est reliée par Samara et le pont de Sizerane au restant du réseau

russe. Lorsqu'elle aura été poussée d'autre part jusqu'à l'Irtich,

en toutes saisons, la Sibérie se trouvera en relations constantes et

rapides avec la Russie d'Europe. Ce sera l'embranchement européen du

Transasiatique. A Tioumen existe un petit musée très intéressant par sa

collection d'objets chinois et hindous découverts dans l'Oural.

Le soir même, nous prenons le chemin de fer, et le lendemain à midi

nous arrivons à Iékaterinebourg. Cette ville est le chef-lieu d'un

important district minier. Dans un rayon de trente ou quarante lieues

à la ronde, c'est-à-dire aux environs, comme disent les Sibériens,

se trouvent de très riches gisements de minerais et de minéraux

précieux. A Iékaterinebourg sont installés une fonderie d'or et un

atelier de polissage des marbres appartenant à la couronne. A notre

point de vue, beaucoup plus intéressant est le musée très riche en

objets préhistoriques provenant de _tumuli_ attribués aux Tchoudes

énigmatiques. Dans cette belle collection je remarque une pierre

enveloppée d'écorce de bouleau identique à celles que les Ostiaks

emploient encore aujourd'hui comme pesons pour leurs filets. Elle a été

trouvée à une profondeur de 7 à 10 mètres dans les sables aurifères

recouverts d'une couche de tourbe épaisse d'une dizaine de mètres.

C'est généralement entre ces deux formations que se rencontrent les

objets préhistoriques. Tous ces matériaux ont été réunis par les

soins de la _Société ouralienne d'amateurs des sciences naturelles._

Cette société locale rend de grands services à la science, et son

bulletin contient une foule de documents intéressants sur cette région

ouralienne. Le succès de cette publication appartient en grande partie

au zèle de son secrétaire, M. Clerc. Le nom de ce modeste savant est

très connu des voyageurs sibériens; tous ont pu apprécier la cordialité

de son hospitalité et l'étendue de son savoir.

Nous aurions bien voulu accepter l'aimable offre de M. Clerc de faire

en sa compagnie une excursion archéologique aux environs, mais le temps

presse, et le lendemain nous reprenons le chemin de fer. La voie ferrée

suit la base de l'Oural. Rien dans le paysage n'indique le voisinage

d'une chaîne de montagnes; le terrain est doucement mamelonné avec de

belles forêts et de frais vallons; cela me rappelle la Suède centrale.

Voici Nijni-Tagilsk, les fameux établissements métallurgiques et

miniers du prince Demidov, puis la station Asiatskaya, suivie de celle

d'Ouralskaya, située au point culminant du seuil: 600 mètres seulement.

Le train descend ensuite à Européiskaya. La chaîne est traversée

sans que, pour ainsi dire, nous nous en soyons aperçus. L'Oural est

simplement ici un large renflement entre l'Europe et l'Asie.

Le 12 au matin, nous arrivons à Perm, et aussitôt nous poursuivons

notre route vers Pétersbourg.

Le 27 septembre, enfin, nous arrivons à Abo, à l'extrémité occidentale

de la Finlande, pour nous embarquer à destination de Stockholm. En

deux semaines j'ai traversé la Russie dans toute sa largeur, encore la

lenteur de la navigation sur les rivières à moitié asséchées m'a-t-elle

fait perdre pas mal de temps et ai-je dû m'arrêter plusieurs jours à

Kazan et à Pétersbourg pour remercier les autorités russes de leur

constant appui si bienveillant.

Me voici maintenant sur la Baltique. Avec quelle volupté j'aspire

ses effluves salins forts et tonifiants. Après trois mois de vie dans

l'intérieur du continent, j'ai soif de la mer. Là-bas, en Sibérie,

il me semblait respirer un air pourri, vicié par tous les milliers

de poitrines qui l'avaient goûté avant moi. J'étais asphyxié et la

fraîcheur de la brise marine me fait renaître. Dans cet air vivifiant

je repasse tous les incidents du voyage, toutes les impressions fortes

de la vie sauvage, et le souvenir donne à ces réalités d'hier le charme

de la vision. Les voyages ne sont-ils pas des rêves vécus?

APPENDICE

HISTOIRE NATURELLE

ZOOLOGIE

Au cours de ce voyage dans la Russie boréale, comme pendant mes

précédentes explorations dans les régions arctiques, mes recherches ont

eu principalement pour objet la récolte des animaux inférieurs. C'est

ainsi que dans chacune des localités visitées je me suis préoccupé

avant tout d'exécuter des pêches au filet fin dans les nappes d'eau et

de recueillir des arachnides, des coléoptères et des mollusques.

I. PÊCHES AU FILET FIN.

Des pêches ont été exécutées dans trois régions différentes de la

Russie: 1º aux environs de Kazan; 2º dans les bassins supérieurs de

la Kama et de la Petchora et dans la vallée de la Chtchougor; 3º en

Sibérie dans la haute vallée de la Sygva.

_1º Région de Kazan._

J'ai d'abord exploré le Kabane, fausse rivière située au pied de la

haute terrasse de la rive gauche du Volga, à 4 ou 5 kilomètres de ce

fleuve, dans le faubourg tatar de Kazan. Les lacs marécageux, dont

l'ensemble a reçu le nom de Kabane, sont peu profonds.

En visitant les Tchérémisses du district de Tsarévokoktchaïsk, j'ai

exécuté des pêches dans toutes les nappes situées dans les ravins de

la pêche. (Pour la formation et la situation de ces nappes, voir plus

haut, p. 55.) La plus importante est le Tchernoïé-Ozero.

_2º Région de la Kama, de la Petchora et de la Chtchougor._

Pendant mon excursion à travers la vallée de l'Inva, des pêches ont été

exécutées dans de fausses rivières de la région. De même en traversant

le Tchoussovskoïé-Ozero, formé par la Bérésovka. Au point exploré,

ce lac marécageux avait une profondeur de 2 mètres. La Petchora,

comme nous l'avons dit, est bordée de fausses rivières marécageuses

situées de 5 à 12 mètres au-dessus du fleuve et à une distance de

5 à 600 mètres de la berge. J'ai pêché dans ce bassin à Oust-Pojeg

et à Oust-Chtchougor, enfin dans des mares éparses dans la forêt au

confluent de la Chtchougor et de la Volokovka (160 mètres). Enfin,

aux environs de Chékour-Ia-Paoul j'ai exploré également des fausses

rivières.

En résumé, sauf le Tchernoïé-Ozero et le Tchoussovskoïé-Ozero, nulle

part je n'ai rencontré un véritable lac. Presque toutes ces fausses

rivières, bordées de tourbières et de vase, étaient d'accès très

difficile; en approchant de la rive, j'enfonçais parfois jusqu'aux

genoux. D'autre part, le manque d'embarcation sur ces bassins limitait

l'exploration à la région riveraine.

Les produits de mes pêches, comme ceux rapportés de mes précédents

voyages, ont été étudiés par deux savants spécialistes, MM. Jules de

Guerne et Jules Richard, et publiés par eux dans le _Bulletin de la

Société de Zoologie de France_ (t. XVI). A ce travail j'emprunte le

tableau suivant donnant la détermination des espèces recueillies et

leur distribution dans la région visitée.

+----------------------+----------+------------------------------+---------+

| | KAZAN | KAMA- | SIBÉRIE |

| | | PETCHORA- | |

| | | CHTCHOUGOR | |

| |----------|------------------------------|---------|

| |Ka | Envi |Val | Tchous | Oust | Volo | Chekour |

| |ba | rons |lée | sovs |-Pojeg,| kovka.| -Ia- |

| |ne | de |l' | koïé-O. |etc. | | Paoul. |

| | | Kazan|Inva| | | | |

+----------------------+---+------+----+---------+-------+-------+---------+

| Copépodes. | | | | | | | |

| | | | | | | | |

|_Cyclops fuscus_ | | | | | | | |

| Jurine | | | | | + | | |

| -- _tenuicornis_ | | | | | | | |

| Claus | | | | | + | | |

|-- _annulicornis_ | | | | | | | |

| Sars | + | | | | | | |

|-- _viridis_ var. | | | | | | | |

| _gigas_ Claus | | | | | + | + | |

| -- _Leuckarti_ | | | | | | | |

| Sars | + | | | | + | | + |

|-- _oithonoides_ | | | | | | | |

| Sars | + | + | | | | | |

|--_strenuus_ var. | | | | | | | |

| _abyssorum_ Sars | + | | | | | | |

| -- _serrulatus_ | | | | | | | |

| Koch | + | | | | + | | + |

| -- _macrurus_ | | | | | | | |

| Sars | | + | | | + | | |

| -- _diaphanus_ | | | | | | | |

| Fischer | | | | | + | | |

| -- _fimbriatus_ | | | | | | | |

| Fischer | | + | | | | | |

| -- _sp._ ? | | | | | | + | |

| -- _sp._ ? | | | | + | | | |

| -- _sp._ ? | | | | | | | |

|(probt. | | | | | | | |

|_bicuspidatus_ | | | | | | | |

|Cl.) | | + | | | | | |

|_Diaptomus | | | | | | | |

|gracilis_ | | | | | | | |

|Sars | + | | | | | | |

|-- _graciloides_ | | | | | | | |

| Lilljeborg | | | | | | + | |

| -- _cæruleus_ | | | | | | | |

| Fischer | | | | | + | | |

|_Heterocope | | | | | | | |

| saliens_ | | | | | | | |

| Lilljeborg | | + | | | | | |

|-- _appendiculata_ | | | | | | | |

| Sars | | | | | | | + |

| | | | | | | | |

| Cladocères. | | | | | | | |

| | | | | | | | |

|_Leptodora | | | | | | | |

| Kindti_ Focke | + | | | | | | |

|_Polyphemus | | | | | | | |

| pediculus_ de Geer | | + | + | | + | + | + |

|_Holopedium | | | | | | | |

| giberum_ Zaddach | | | | + | | | |

|_Sida crystallina_ | | | | | | | |

| Fischer | | | | | + | | + |

|_Daphnella | | | | | | | |

| brandtiana_ | | | | | | | |

| Fischer | + | + | | | | | + |

|_Hyalodaphnia | | | | | | | |

| Jardinei_ Baird | + | | | + | | | |

|_Daphnia longispina_ | | | | | | | |

| var. _rectis pina_ | | | | | | | |

| Kräyer | | | | | + | | |

| -- -- var. | | | | | | + | |

| _aquilina_ Sars | | | | | | | |

|_Simocephalus | + | | | | + | | |

| vetulus_ | | | | | | | |

| O. F. Müller | | | | | | | |

|_Ceriodaphnia | | | | | | | |

| rotunda_ Straus | + | + | | | | | + |

| -- _megops_ Sars | | + | | | | | |

|_Scapholeberis | | | | | | | |

| mucronata_ | | | | | | | |

| O. F. Müller | + | + | | | + | + | + |

|_Macrothrix | | | | | | | |

| laticornis_ Jurine | + | | | | | | |

|_Bosmina | | | | | | | |

| cornuta_ Jurine | + | + | | | | | |

| -- _obtusirostris_ | | | | | | | |

| Sars | | | + | | | | + |

| -- _coregoni_ | | | | | | | |

| Baird | + | | | | | | |

| -- _sp._ ? | | | | | | | |

| (jeune) | | | | | | | + |

|_Eurycercus | | | | | | | |

| lamellatus_ | | | | | | | |

| O. F. Müller | | | | | + | | + |

|_Camptocerus | | | | | | | |

| Lilljeborgi_ | | | | | | | |

| Schœdler | | | + | | | | |

|_Acroperus | | | | | | | |

| angustatus_ Sars | | + | | | | | |

|_Alona | | | | | | | |

| affinis_ Leydig | | | + | | | | + |

| -- _costata_ | | | | | | | |

| Sars | | | | | + | | |

| -- _testudinaria_ | | | | | | | |

| Fischer | | | + | + | + | | |

|_Pleuroxus | | | | | | | |

| truncatus_ | | | | | | | |

| O. F. Müller | + | | | + | | | |

| -- _excisus_ | | | | | | | |

| P. Fischer | | | | + | | | |

|_Chydorus | | | | | | | |

| sphæricus_ Jurine | + | | | | + | + | + |

+----------------------+---+------+----+---------+-------+-------+---------+

I

Liste des Arachnides recueillis par M. Charles Rabot et déterminés par

M. Eugène Simon[181].

[Footnote 181: _Bulletin de la Société Zoologique de France_, t. XIV.]

I. VALLÉE DE LA PETCHORA

1º Oust-Pojeg (62° lat. N.).

_Lycosa cinerea_ Fabr.

_Steatoda bipunctata_ L.

2º Entre Oust-Pojeg et Oust-Chtchougor.

_Lycosa cinerea_ Fabr.

-- _cuneata_ Clerck.

_Pardosa palustris_ L.

_Tetragnatha extensa_ L.

_Epeira marmorea_ Cl., _forma principalis_.

II. RÉGION OURALIENNE

1º Vallée de la Chtchougor jusqu'au confluent de la Volokovka.

_Pardosa ferruginea_ L. Koch.

_Epeira patagiata_ Cl.

_Epeira marmorea_ Cl., _forma principalis_.

_Pachygnatha Listeri_ Sund.

_Linyphia phrygiana_ L. Koch.

_Linyphia insignis_ Blackw.

_Titanoeca sibirica_ L. Koch.

_Prosthesima subterranea_ C. Koch.

_Oligolophus_ morio Faler.

2º Oural. Du confluent de la Volokovka à la haute vallée de la Sygva.

_Pardosa ferruginea_ L. Koch.

_Linyphia phrygiana_ C. Koch.

_Lycosa pinetorum_ Thorell.

_Oligolophus morio_ Fabr.

III. SIBÉRIE

1º Haute vallée de la Sygva. Liapine, à 4 kilom. de Chekour-Ia-Paoul.

_Epeira marmorea_ Cl., _forma principalis_.

_Epeira patagiata_ Cl.

_Tetragnatha extensa_ L.

_Philodromus histrio_ Latr.

2º Vallée de la Sygva, entre Liapine et le confluent de la Sosva.

_Epeira cornuta_ Cl.

_Philodromus emarginatus_ Schrank.

_Gongylidium rufipes_ L.

_Calliethera scenica_ Cl.

3º Vallée inférieure de la Sosva.

_Epeira marmorea_ Cl., _forma principalis_.

_Epeira cornuta_ Cl.

-- _patagiata_ Cl.

-- _Westringi_ Thorell.

_Tetragnatha groenlandica_ Thorell.

_Theridion pictum_ Walck.

_Steatoda bipunctata._

_Bolyphantes index_ Thorell.

_Xysticus pini_ Hahn.

_Philodromus emarginatus_ Schrank.

_Philodromus aureolus_ Cl.

_Clubiona erratica_ C. Koch.

_Prothesima rustica_ L. Koch.

_Ergane (Hasarius) jalcata_ Cl.

4º Vallée de l'Obi. De Bériosov à Samarovo.

_Epeira cornuta_ Cl.

_Tetragnatha groenlandica_ Thorell.

_Steaboda bipunctata_ L.

_Gongylidium rufipes_ L.

_Phalangium Nordenskiöldii_ L. Koch.

Sauf trois espèces (_Phalangium Nordenskiöldii_ L. Koch, _Titanoeca

sibirica_ L. Koch, _Tetragnatha groenlandica_ Thorell), toutes les

autres, d'après M. E. Simon, appartiennent à la faune de l'Europe

centrale, dont l'extension en Sibérie avait déjà été signalée par L.

Koch.

II

Mollusques fluviatiles récoltés par M. Charles Rabot et déterminés par

M. Dautzenberg.

I. PETCHORA

1º Oust-Pojeg.

_Limnaea ovata_ Drap.

-- _stagnalis_ L.

-- _palustris_ Müll.

_Planorbis albus_ Müll.

_Valvata piscinalis_ Müll.

_Pisidium fossarinum_ Clessin.

2º Podcherem.

_Limnaea auricularia_ L.

_Ancyclus fluviatilis_ Müll.

_Pisidium amnicum_ Müll.

II. VALLÉE DE LA CHTCHOUGOR

_Limnaea ovata_ Drap.

_Planorbis albus_ Müll.

_Succinea putris_ F. var? Un seul exemplaire jeune et en mauvais état

_Helix Schrenki_ Middend.

III. SIBÉRIE

Obi entre Bolschoï--et Malo--Atlim.

_Limnaea ovata_ Drap.

-- _palustris._

-- _peregra_ Müll.

_Physa fontinalis_ L.

_Planorbis complanatus_ L.

-- _spirorbis_ Müll.

_Bithinia Leachi_ Sheppard.

-- _Kickxi_ Westendorp.

III

Liste des Hémiptères recueillis par M. Charles Rabot et déterminés par

M. L. Lethierry.

_Notonecta lutea_ Müll. Koudimgkor. Vallée de l'Inva.

Gouv. de Perm.

_Salda pallipes_ Fabr. Oust-Pojeg.

_S. pallipis_, var. _dimidiata_ Curt. --

_Lepyronisa coleoptrata_ L. Vallée de la haute Petchora.

_Aradus lugubris_ Fall. Oural boréal.

_Neocoris Bohemanni_ Fall. Liapine. Sibérie.

_Idiocerus discolor_ Stor. -- --

IV

Liste des plantes recueillies par M. Charles Rabot et déterminées par

M. Franchet.

I. PETCHORA

1º Oust-Pojeg (Mammaly).

_Chenopodium album_ L.

_Ranunculus polyanthemos_ L.

_Aconitum Lycoctonum_ L.

-- _Napellus_ L.

_Viola bicolor_ L.

_Vicia cracca_ L.

_Spiræa Ulmaria_ L.

_Galium boreale_ L.

_Erigeron acris_ L.

-- _elongatus_ L.

_Antennaria dioica_ Gaertn.

_Achillæa Millefolium_ L.

_Tanacetum vulgare_ L.

_Leucanthemum vulgare_ L.

_Centaurea Cyanus_ L.

_Pyrola minor_ L.

_Myosotis palustris_ With.

_Veronica spuria_ L.

-- _chamaedrys_ L.

-- _peduncularis_ M. Bieb.

_Rhinanthus minor_ Ehrb.

A travers la Russie boréale · 第 17 / 18 段