CORRESPONDANCE NATIONALE.

_Arrêté des curés du canton de Civray, envoyé à la Société de 1789,

par M. de Pressac de la Chagnaye, curé de Saint-Gaudant._

Le 14 mai 1790, les curés du canton de Civray, étant réunis pour la

distribution des Saintes-huiles, ont arrêté unanimement que sous les

auspices de la municipalité et de la garde nationale de Civray, ils

se rassembleroient le 27 de ce mois, à l'effet de déclarer que la

déclaration d'une partie de l'assemblée nationale, sur le décret rendu

le 13 avril 1790, concernant la religion, doit être regardée comme

injurieuse à dieu et à la religion, et comme tendante à allarmer le

peuple.

Arrêté que sur la place publique, on déclareroit hautement criminels,

infâmes, traîtres à la patrie tous ceux qui ont semé, infecté,

empoisonné nos campagnes d'ouvrages propres à propager des maximes

séditieuses et deshonorantes pour cette même religion, en faveur de

laquelle l'assemblée nationale a exprimé sa profonde vénération et son

inviolable attachement.

Arrêté que chaque curé présent à cette délibération écrira à tous ses

confrères voisins, pour les exhorter à venir dévouer au mépris public

tous ces ouvrages qui ne respirent que le fanatisme le plus outré et le

plus dangereux pour la constitution Françoise.

Arrêté que le procès-verbal de l'assemblée du 27, qui sera rédigé

publiquement, sera non-seulement inscrit sur le registre de la

municipalité de Civray; mais encore sur celui des municipalités des

paroisses du canton, et ensuite envoyé à l'assemblée nationale.

Arrêté enfin qu'il sera fait l'adhésion la plus solemnelle aux

décrets de la diette auguste de nos représentans, et que tous les

députés seront suppliés de ne point abandonner le grand ouvrage de la

constitution, qu'elle ne soit complètement finie.

_Signé_, par les Curés présens.

Journal de la société de 1789 - Nº II · 第 14 / 15 题