2º _Récolte et choix des Champignons._--Il ne me paraît pas pratique

de photographier les Champignons dans la campagne; il est de toute

façon préférable de les récolter, de les envelopper avec soin et de les

rapporter chez soi pour les photographier soit en plein air, soit dans

une pièce convenablement éclairée. Comme les caractères de la plupart

des Champignons changent avec l'âge, il est important d'en prendre

quatre ou cinq de chaque espèce, pour le choix desquelles on ne peut se

guider que sur ses connaissances.

Certaines espèces présentent au point de vue du transport des

inconvénients fâcheux. Chez quelques-unes, la moindre pression amène

une tache foncée qui, à peine visible sur l'échantillon, apparaît

fortement sur l'image photographique. Ainsi en est-il pour les

_Paxillus_, pour le _Lactarius volemus_, le _Boletus cyanescens_ et

autres bolets bleuissants, etc. D'autres sont doués d'un géotropisme

remarquable qui amène en quelques heures le contournement des

échantillons. Si, par exemple, on couche horizontalement dans une

boîte un _Amanita mappa_ ou un _A. rubescens_, le chapeau se relève

verticalement et le pied se trouve bientôt coudé à angle droit. Il est

évident qu'un échantillon ainsi tourmenté ne peut être représenté.

Cette propriété paraît appartenir à des degrés inégaux à toutes les

Amanites. D'autres Champignons enfin comme le _Clitocybe laccata_,

quelques Russules pâlissent rapidement; et, pour les Champignons dont

la teinte se rapproche du bleu ou du violet, il est important de les

photographier en bon état, ces couleurs agissant sur les plaques

sensibles.

3º _Opération photographique proprement dite._--L'éclairage est une

grande question, mais quelques essais, et surtout quelques mécomptes

sont plus profitables que tous les conseils. Les Champignons doivent

être placés sur un appui à la hauteur de l'objectif. Pour les faire

ressortir davantage, il faut avoir soin de placer derrière eux un écran

de papier blanc ou de carton blanc. On peut fixer les échantillons

sur le carton lui-même, mais cette disposition donne lieu à des

ombres disgracieuses. Il vaut mieux, à mon avis, les fixer sur une

motte de terre. On les groupera de telle sorte que l'un étant placé

verticalement dans sa position naturelle, un deuxième laisse visible le

dessous du chapeau, un troisième le dessus, etc. On met alors l'écran

blanc à une distance telle qu'il ne puisse y avoir d'ombre portée.

La mise au point se fait de la façon suivante. On avise le Champignon

vertical dont le chapeau est le plus large; on colle un morceau de

papier imprimé sur le bord postérieur et un autre morceau sur le

bord antérieur.--On met au point sans diaphragme pour le premier,

puis pour le second, après quoi on ramène le verre dans une position

intermédiaire. En se servant dans ces conditions du plus petit

diaphragme, on doit obtenir la plus grande netteté possible d'ensemble

avec l'objectif dont on dispose.

Je ne puis rien dire du temps de pose qui varie avec la longueur de

foyer de l'objectif, l'ouverture du diaphragme, la lumière et aussi

avec les plaques. Il faut puiser des renseignements dans des traités

spéciaux. Dans tous les cas, on s'évite bien des déboires en essayant

chaque douzaine de plaques avant de s'en servir définitivement. Cet

essai est important non seulement pour la pose, mais encore pour la

connaissance de la valeur de ces plaques. Le commerce en fournit de

temps en temps dont on ne peut rien tirer, et il est particulièrement

désagréable, lorsqu'on a impressionné un certain nombre de plaques, de

s'apercevoir qu'elles ne valent rien.

Il y a cependant un détail qu'il faut connaître, c'est que les objets

rouges et jaunes n'agissent sur les plaques sensibles que par la faible

lumière blanche qu'ils réfléchissent. Pour un temps de pose ordinaire,

le cliché obtenu donnera un positif dans lequel les parties rouge ou

jaune seront en noir, et si l'on fait des épreuves destinées à être

coloriées, on constate qu'il est à peu près impossible de colorier

convenablement sur le noir. Il est préférable de dépasser fortement

le temps de pose. Cela ne présente qu'un faible inconvénient dans le

cas où il existerait à côté du rouge des couleurs actives, par cette

raison que si on dépasse le temps de pose pour les couleurs actives,

une partie de l'effet qu'elles ont produit est détruit.

4º _Positifs sur papier sensible._--Je dois laisser de côté tout ce

qui regarde le développement et le fixage des clichés. Je ne dirai

également rien de l'obtention des positifs sur papier albuminé. Ceux-ci

donnent des images très fines, mais ne peuvent être coloriées qu'avec

des couleurs spéciales qui ne résistent que fort peu de temps à

l'action de l'air et de la lumière.

Le papier sensible qui donne actuellement les meilleurs résultats au

point de vue de l'application des couleurs est le papier au platine.

Son emploi exige deux opérations: 1º exposition à la lumière; 2º

développement de l'image.

Le papier au platine est plus sensible que le papier albuminé et doit

être coupé dans la chambre noire à la lueur d'une bougie. La couche

sensible est jaune clair, ce qui permet de reconnaître le côté qui

doit être appliqué sur le cliché. L'image positive n'apparaît pas en

noir, mais en jaune gris peu foncé. C'est là un des côtés défectueux du

procédé, car il est difficile avec une image aussi faible de voir quand

l'exposition à la lumière a duré suffisamment. Cependant on arrive en

peu de temps à acquérir à cet égard assez d'expérience.

L'image qu'on a ainsi obtenue n'est pas définitive. Pour la développer,

on la passe rapidement dans une solution d'oxalate de potasse à 300

p. 1.000, maintenue à une température comprise entre 60 et 80°.

L'épreuve est alors portée dans un bain d'eau acidulée à 15 gr. d'acide

chlorhydrique par litre. Ce bain qu'il faut renouveler tant qu'il se

colore en jaune enlève tous les sels de platine non réduits.

On lave ensuite à grande eau, on sèche et l'épreuve se conserve

indéfiniment. Ces opérations se font, sauf la dernière, dans une

demi-obscurité.

L'avantage de ce papier est de donner des images dont la teinte se

rapproche de celle de l'encre de chine. En ne poussant pas trop

l'exposition à la lumière on obtient des épreuves un peu faibles qu'on

peut ensuite colorier à l'aide des couleurs de l'aquarelle.

Il est un point qu'il ne faut pas perdre de vue, c'est que ce papier

ne se conserve pas longtemps et se détériore rapidement en présence de

l'humidité. Il est toujours livré dans un étui en fer-blanc fermant

hermétiquement et renfermant dans une boîte spéciale du chlorure de

calcium desséché. Mais même dans ces conditions, il ne se conserve pas

plus d'un mois à partir du jour de sa fabrication. Aussi lorsqu'on

se procure ce papier chez des intermédiaires, on s'expose à être mal

servi. Tout papier de bonne qualité doit donner un fond tout à fait

blanc. Pour peu que le fond soit gris terne, c'est que le papier est

vieux ou avarié. Une bonne précaution consiste à en développer un petit

morceau sans exposition préalable à la lumière, comme on ferait d'un

positif ordinaire. Après lavage, le papier doit être entièrement blanc.

5º _Reproduction sur papier._--Je dirai seulement quelques mots du

procédé qui actuellement, avec le plus de simplicité, donnent des

épreuves qui reviennent à des prix qui rappellent ceux des gravures

ordinaires. Il repose sur la propriété que possède la gélatine

bichromatée de retenir l'encre grasse lorsqu'elle a été exposée à la

lumière. Si donc on a une surface recouverte d'une couche de gélatine

bichromatée sèche, si on recouvre cette surface d'un cliché et si on

expose à la lumière, sous les parties claires du cliché se formera un

dessin capable de retenir l'encre grasse, tandis que sous les noirs la

gélatine repoussera cette encre. Il suffira par conséquent d'encrer

la surface impressionnée, de recouvrir cette surface d'un papier

quelconque et de soumettre à une pression convenable pour avoir une

épreuve.

Cette propriété de la gélatine bichromatée est connue depuis longtemps

et constitue le principe d'un grand nombre de procédés dits de

phototypie. Le procédé qui a le plus de vogue, est celui dans lequel

la couche de gélatine est étendue sur une glace, mais depuis quelque

temps on est arrivé à recouvrir de gélatine le papier parchemin. Ce

papier a plusieurs avantages sur la glace, c'est, par exemple, de ne

pas se casser et d'être beaucoup plus maniable. Il donne, au reste, des

résultats comparables à ceux que fournit la glace.»

A la suite de cet article très détaillé et très clair, nous ferons

remarquer qu'au paragraphe 3, l'auteur dit que les objets _rouges_ et

_jaunes_ n'agissent sur les plaques sensibles que par la faible lumière

blanche qu'ils réfléchissent, et qu'alors les parties rouges et jaunes

viendront en noir, c'est-à-dire qu'elles ne pourront être coloriées.

Pour remédier à cet inconvénient, M. Rolland a proposé de les décolorer

au moyen de l'eau de javelle.

Pour décolorer par exemple le chapeau d'une fausse oronge, on immerge

dans l'eau de javelle seulement la partie rouge; au bout de quelques

minutes le chapeau devient blanc ou légèrement rosé. On laisse sécher

et procède à la pose.

Nous donnons, figure 1, une planche montrant ce qu'on peut obtenir par

la photographie.

Le Champignon représenté ici est un beau Polypore que nous croyons

devoir rapporter au _Polyporus varius_ que Quélet assimile au

_Polyporus picipes_. Nous l'avons recueilli sur une souche, au milieu

des souches et des brindilles tombées.

Exécution de photographies pouvant être coloriées à l'aquarelle.

Par M. Albert JAHANDIER.

Dans le numéro d'avril 1911 de _l'Amateur_, un article relatif à

la photographie des champignons recommande, lorsqu'ils sont très

colorés, surtout en rouge, de les décolorer à l'eau de javelle, afin

d'en obtenir une épreuve claire, propre à être ensuite coloriée à

l'aquarelle.

Cette manière d'opérer, très simple en elle-même, peut servir dans

beaucoup de cas. Elle présente cependant des difficultés pour certains

champignons délicats, c'est pourquoi il nous paraît utile de faire

connaître aux amateurs un procédé qui, sans modifier l'original,

permette d'en obtenir une photographie aussi claire que si le modèle

était décoloré; ce procédé n'est autre que celui employé pour la

photographie des couleurs par sélection, il consiste à se servir

de plaques orthochromatiques avec interposition d'un écran coloré

approprié.

_Renseignements pratiques pour l'exécution des clichés et des épreuves

positives._--Afin que le lecteur puisse avoir sous les yeux le modèle

qui servira aux expériences, nous avons choisi l'Oronge vraie (Ire

planche en couleurs du premier volume du nouvel _Atlas_), un des

champignons les plus difficiles à reproduire à cause de ses couleurs

peu photogéniques.

Si nous voulons en faire une photographie avec des plaques ordinaires,

nous obtenons le résultat de la figure 2, chapeau noir et pied gris

foncé, image impossible à colorier.

Prenons maintenant une plaque orthochromatique sensible au jaune et

au rouge, plaçons à l'avant ou de préférence à l'arrière de notre

objectif, un écran jaune foncé (de ceux que l'on emploie couramment

dans la photographie des paysages à grands contrastes), donnons une

pose en rapport avec l'intensité de notre écran, nous obtiendrons

le résultat de la figure 3, le pied est devenu blanc, le chapeau

légèrement teinté; une telle épreuve serait suffisante pour être

coloriée à l'aquarelle.

Si nous voulons obtenir le chapeau plus blanc, il nous suffira

d'employer un écran orangé, nous augmenterons la pose, et nous

obtiendrons le résultat de la figure 4, dans laquelle rien ne s'oppose

plus à une coloration aussi brillante qu'on peut la désirer.

Comme suite à cet exposé général, nous entrerons maintenant dans le

détail des opérations.

1º Choix de plaques sensibles.

Trois sortes de plaques au gélatino-bromure sensibles aux couleurs se

trouvent dans le commerce: 1º les plaques orthochromatiques sensibles

au jaune et au rouge; 2º celles sensibles au jaune et au vert; 3º les

plaques panchromatiques, sensibles à toutes les couleurs.

On peut encore employer les plaques ordinaires, que l'on sensibilisera

soi-même aux couleurs.

Les plaques orthochromatiques et panchromatiques donnent de bons

résultats lorsqu'elles sont de fabrication récente, mais elles perdent

assez rapidement leur sensibilité chromatique, c'est pourquoi nous

leur préférons la plaque ordinaire sensibilisée au trempé au moment de

l'emploi; d'ailleurs, le résultat sera toujours supérieur à celui que

donnerait une plaque orthochromatique même de fabrication récente.

_Sensibilisation aux couleurs des plaques au gélatino-bromure._--Nous

choisirons une bonne plaque de rapidité moyenne, par exemple, les

étiquettes bleues de la maison Lumière, les bandes bleues de Jougla,

etc. Parmi les nombreuses matières colorantes employées pour la

sensibilisation chromatique, nous donnerons la préférence à celle qui

nous conférera la meilleure sensibilisation générale, soit actuellement

le Pinaverdol ou le Pinachrôme.

Ces colorants sont d'un prix assez élevé, mais la quantité à employer

étant minime, on peut les acheter en solutions alcooliques à 1 gramme

pour 1.000, et l'on composera, comme suit, la solution sensibilisatrice:

Solution alcoolique à 1 gramme pour 1.000 de

Pinachrôme ou Pinaverdol 2 c3

Ammoniaque 1 c3

Eau distillée--ou alcool à 90° 100 c3

Dans le cabinet noir, éclairé le plus faiblement possible en rouge

foncé, nous plongerons notre plaque au gélatino-bromure dans le

sensibilisateur ainsi constitué, l'on agitera constamment la cuvette

recouverte d'un carton, pendant deux à trois minutes, ensuite,

après un bon lavage d'une demi-minute sous un robinet, la plaque

rapidement égouttée pourra être employée de suite à l'état humide,

ou bien on la placera pour sécher dans un meuble obscur où elle sera

utilisable pendant une huitaine de jours: on doit tenir compte qu'il

est nécessaire que le séchage soit assez rapide; s'il était trop lent,

on aurait des clichés voilés, c'est pourquoi, lorsque l'on voudra les

conserver, il sera préférable d'employer dans la constitution du bain

sensibilisateur, l'alcool à 90° à la place de l'eau distillée, mais

cette formule étant peu économique, nous nous servirons de la première

à l'eau distillée, en doublant la durée d'immersion de la plaque; après

lavage, elle sera mise pendant quelques minutes dans de l'alcool à

90°; essorer avec un tampon d'ouate et mettre à sécher dans un meuble

obscur, dans lequel il sera bon, pour dessécher l'air, d'y ajouter

quelques morceaux de chlorure de calcium.

_Écrans._--Dans beaucoup de cas, l'écran jaune foncé pourra suffire;

on le trouvera chez tous les marchands de fournitures pour la

photographie, mais si l'on désire obtenir un résultat plus complet, il

sera mieux de constituer soi-même un écran liquide, auquel on donnera

facilement la coloration nécessaire pour chaque cas particulier. Pour

cela, on trouve dans le commerce des cuves en verre à faces parallèles,

dont l'épaisseur intérieure est de 10 millimètres. Au moyen d'un

dispositif facile à installer, à l'intérieur de toute chambre noire,

nous placerons notre cuve garnie de son liquide coloré à l'arrière de

l'objectif.

Avec un colorant jaune et un rouge, on pourra constituer une série

d'écrans allant du jaune clair à l'orangé rouge. Pour le cliché de

la figure 4, nous avons simplement employé, comme écran orangé, une

solution de bichromate de potasse à 10 pour 100.

Pour la figure 3, il a été employé un écran pelliculaire jaune foncé,

placé entre les lentilles et l'objectif.

_Disposition du modèle, mise au point, exécution du négatif._--Sur

une planchette placée à hauteur de l'objectif, nous disposerons le

groupe à photographier, un champignon debout piqué sur une pointe, un

deuxième couché, laissant voir le dessus du chapeau, puis un troisième

le dessous, le tout disposé dans le même plan, de telle façon que la

distance entre le plan avant et le plan arrière soit la plus réduite

possible, ceci pour la meilleure mise au point, car nous savons que

dans la photographie des petits objets très rapprochés de l'appareil,

la mise au point n'a pas de profondeur, c'est-à-dire que si mettant au

point sur le rebord antérieur du chapeau d'un champignon qui aurait

10 centimètres de diamètre et que l'on voudrait reproduire grandeur

naturelle ou même plus petit, le plan arrière de ce chapeau ne sera

pas net, même en diaphragmant fortement. Il y a donc lieu de prendre

une moyenne entre la mise au point du plan avant et du plan arrière,

laissant plutôt ce dernier un peu moins net. Si notre modèle n'avait

que 5 centimètres de profondeur, nous aurions une meilleure netteté

d'ensemble.

Nous emploierons, comme fond, une feuille de papier blanc placée à une

certaine distance en arrière, afin d'éviter les ombres portées. Avec un

écran blanc ou un miroir, nous refléterons le plus possible les ombres

du modèle et nous serons prêts pour la pose.

Nous la calculerons d'après le diaphragme que nous aurons choisi par

examen sur la glace dépolie, le plus petit possible pour la bonne

netteté de l'image, mais en nous arrêtant avant qu'elle ne devienne

trop obscure et ne puisse plus impressionner suffisamment notre plaque

sensible; nous serons donc obligés d'employer un diaphragme d'autant

plus grand que notre écran sera plus foncé et plus rouge.

Dans un atelier bien éclairé, par temps de soleil, en juillet, le

cliché de la figure 3 a été obtenu comme suit: écran orangé, plaque

sensibilisée au Pinaverdol, utilisée humide, avec diaphragme F. 28, la

pose a été de 5 minutes et le cliché légèrement renforcé. (Notre modèle

étant une planche en couleurs, c'est-à-dire sans profondeur, nous

aurions pu conserver la même netteté avec un grand diaphragme et poser

beaucoup moins.) Donc, lorsque notre modèle aura peu de profondeur,

nous pourrons faire de même, la pose sera d'ailleurs d'autant plus

réduite que nous emploierons un écran plus clair.

Les indications ci-dessus représentent en quelque sorte le maximum de

difficulté pour l'obtention d'une photographie très claire, avec un

modèle de coloration vive et des moins photogéniques. Si nous voulons

reproduire, par exemple, le Bolet fauve, il ne sera pas nécessaire

de l'obtenir blanc, ses couleurs n'étant pas vives, la teinte

photographique d'une épreuve simplement fixée s'ajoutera utilement à la

couleur que nous emploierons pour avoir le ton désiré; pour l'obtention

du cliché, un écran jaune moyen sera suffisant.

Si maintenant nous voulons reproduire un champignon de couleur très

différente des deux précédents, la Cortinaire bleuâtre, champignon

à chapeau bleu, ici, nous emploierons les plaques ordinaires, très

sensibles au bleu, nous supprimerons l'écran, et le bleu étant foncé,

pour l'avoir en blanc nous surexposerons un peu. Avant de passer à

l'exécution des épreuves positives, nous ajouterons qu'il n'y a rien de

particulier pour le développement des plaques sensibilisées au trempé;

on développera à fond afin d'avoir tout l'effet orthochromatique et une

vigueur suffisante.

_Épreuves positives._--_Choix du papier._--Les épreuves positives que

nous tirerons de ces clichés devant être coloriées à l'aquarelle, il

nous faut choisir un papier sur lequel la couleur puisse s'étendre

aisément sans laisser de marques à chaque coup de pinceau.

D'une façon générale, tous les papiers à couche de gélatine sont à

écarter, c'est-à-dire les genres citrate et bromure, et ce sont les

plus nombreux, aussi en reste-il peu à choisir; le papier au platine

pourrait être employé, mais outre qu'il se conserve peu de temps frais,

il exige des manipulations assez compliquées; les papiers Néos de

Lumière, le papier salé, le ferro-prussiate sont d'un traitement simple

et pourraient se colorier, mais nous préférons de beaucoup, à tous ces

papiers, celui que l'on préparera soi-même, ce qui d'ailleurs est très

facile; nous pourrons alors choisir parmi les bons papiers à aquarelle,

celui qui nous conviendra le mieux et le préparer de la façon suivante:

1º Étendre à la surface du papier, avec un tampon ou un pinceau plat,

une couche de colle d'amidon et laisser sécher.

2º On prépare la solution sensibilisatrice:

Eau distillée 90 c3

Azotate d'argent 5 gr.

Acide tartrique 7 gr.

Avec un tampon d'ouate, nous l'étendrons bien régulièrement sur la

couche de colle et nous le laisserons sécher dans l'obscurité; il

pourra servir aussitôt sec.

Cette préparation n'étant pas très sensible, l'impression se fera

de préférence au soleil, un peu plus forte que l'intensité que l'on

désirera.

Si une couleur brun rouge n'est pas gênante pour la coloration de

l'espèce à reproduire, on pourra se contenter d'un simple fixage à

l'hyposulfite de soude à 5 pour 100 en y ajoutant un peu de bisulfite

de soude, fixage de 5 minutes, précédé et suivi d'un bon lavage. Si

l'on préfère un ton plus noir, se servir d'un des bains courants de

virage-fixage que nous étendrons d'un peu d'eau.

L'image une fois sèche, il ne nous reste plus qu'à la colorier. Pour

cela, les couleurs courantes d'aquarelle ne sont pas très bonnes,

à part quelques exceptions; en général, elles ne sont pas assez

transparentes et couvrent trop les ombres et demi-teintes de la

photographie, les vermillons, les chrômes et les terres surtout; aussi,

à leur place, nous emploierons des solutions de colorants d'aniline,

dans le genre de celles que l'on vend pour la photo-miniature.

On pourrait aussi préparer ces solutions en choisissant parmi les

nombreuses matières colorantes; par exemple, pour les jaunes, la

Tartrasine, l'Aurantia; pour le rouge, l'Érytrosine, le rouge solide,

puis le bleu de métylène, le vert naphtol, etc. Ces couleurs doivent

être employées très diluées, car elles prennent beaucoup d'intensité en

séchant.

_Nota_.--Pour se procurer les cuves pour écrans liquides, ainsi que les

matières colorantes pour sensibilisation et coloriage, s'adresser aux

maisons de fournitures pour procédés photo-mécaniques; on trouvera ces

articles à la maison Calmels, 150, boulevard du Montparnasse, à Paris.

CHAPITRE VII

Les ressources du microscope.

Nous n'avons pas l'intention d'écrire ici un article sur la façon de

se servir de cet instrument indispensable aux mycologues et en général

à tous ceux qui font de l'histoire naturelle: on trouvera dans les

traités spéciaux tous les renseignements sur ce sujet; nous voulons

seulement montrer à ceux qui n'ont pas encore fait usage du microscope,

qu'il est facile de s'en servir, et qu'il peut, dans une foule de cas,

rendre des services importants.

Le microscope se compose essentiellement de deux parties: un pied muni

d'un miroir pour éclairer par transparence les objets placés sur une

platine, et au-dessus de celle-ci un tube dans lequel peut se mouvoir,

au moyen d'une crémaillère, la partie optique de l'instrument.

Cette partie, la plus importante de l'appareil, se compose d'un tube

en cuivre, long de 160 millimètres, portant à sa partie inférieure

un ensemble de verres ou lentilles, appelé objectif (parce qu'il est

tourné vers l'objet à observer): à la partie supérieure se trouve un

autre ensemble de lentilles, mais beaucoup plus grandes, que l'on nomme

oculaire.

L'objectif a pour but de donner dans le corps du tube du microscope,

une image virtuelle que l'oculaire, faisant fonction de loupe composée,

grossit à son tour et que perçoit l'œil de l'observateur.

[Illustration: FIG. 4.]

Voilà en quelques lignes la théorie du microscope.

Les fabricants livrent leurs instruments avec des oculaires et des

objectifs de puissance différente, permettant d'obtenir plusieurs

grossissements, et ils indiquent, sur un papier _ad hoc_, les

combinaisons des différents objectifs avec les oculaires, et les

grossissements correspondants.

Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série II (Première édition) · 第 7 / 9 段