Son chapeau est charnu, convexe, à bords recourbés, puis plan et un

peu déprimé dans la vieillesse, où il prend des formes plus ou moins

tourmentées; il mesure de 4 à 8 centimètres. Tout jeune, il est d'un

bleu lilacé très vif, mais ensuite il devient roussâtre, au moins

par place, et il faut l'avoir vu jeune pour se faire une idée de

la fraîcheur de son coloris. Son épiderme est un peu fibrilleux ou

légèrement visqueux par les temps humides.

Les feuillets sont nombreux, d'un beau bleu pâle, puis de couleur

rouillée, due aux spores qui mûrissent.

Le pied est plein, gros, cylindrique, long de 4 à 5 centimètres et

terminé à sa partie inférieure par un gros bulbe marginé couvert d'un

léger coton bleuâtre.

La cortine qui, primitivement, reliait le chapeau au pied est blanc

bleuâtre, puis ochracée et fugace.

Chair épaisse, ferme, lilacée, puis blanche, de saveur agréable.

Ce champignon est comestible, mais assez rare. On le récolte en

été-automne, dans les bois ombragés.

[Illustration: --Planche 31--

=Sous les futaies=--Été, automne

=Cortinaire bleuâtre=--Cortinarius cœrulescens

_Comestible_]

=Cortinaire de Berkeley.--Cortinarius Berkeleyi.=

Spores ochracées.

Nous allons parler d'un Cortinaire qui, probablement, est le géant du

genre et peut-être même de tous les Agarics: avec un seul spécimen, on

peut faire un plat.

Le Cortinaire de Berkeley, nom du mycologue qui le premier l'a séparé

des espèces voisines, nous paraît devoir se rapporter aux _Cortinarius

torvus_ de Fries, et _præstans_ de Cordier. Il commence par montrer

au-dessus du sol une tête sphérique, de la grosseur d'un petit œuf,

mais, rapidement, le développement a lieu, et nous nous trouvons

alors en présence d'un volumineux champignon à chapeau régulièrement

arrondi recourbé sur les bords, mesurant plus de 20 centimètres de

diamètre. Normalement, il est de couleur ochracée plus ou moins foncée,

lisse, humide ou même visqueux et couvert surtout sur les bords de

macules glutineuses blanches. Plus tard, il se ride du centre à la

circonférence.

Feuillets nombreux, minces, étroits, non décurrents, d'abord bleu pâle

lilacé, puis devenant ochracés par les pores qui les recouvrent.

Le pied est gros, ferme, plein, renflé à la base surtout dans le jeune

âge, long de 10 à 20 centimètres et épais de plus de 3 centimètres. Il

est blanc et couvert de squames nombreuses, et relié au chapeau dans

les premiers temps par une abondante cortine formée de filaments blancs

ou violacés.

Chair épaisse, fine, blanchâtre, de saveur agréable.

On trouve ce beau et bon champignon en automne dans les forêts, où il

forme de grands cercles, de 15 à 20 individus.

[Illustration: --Planche 32--

=Sous les futaies=--Automne

=Cortinaire de Berkeley=--Cortinarius Berkeleyi

_Comestible_]

=Cortinaire à bracelets.--Cortinarius armillatus.=

Spores ochracées

Ce champignon mesure de 8 à 10 centimètres au chapeau, avec un pied

plus long que le diamètre du chapeau; il offre un caractère qui aidera

à le faire reconnaître, il est marqué sur le pied de 2 à 4 zones

circulaires irrégulières d'un rouge brique.

Au début, son chapeau est arrondi, puis convexe, un peu mamelonné au

centre et enfin presque plat, avec les bords un peu relevés. Il est de

couleur rouge brique ou un peu brunâtre, fibrilleux ou écailleux.

Feuillets peu nombreux, larges, arrondis et un peu adhérents au pied,

amincis à la marge, pâles, puis rouillés ou bruns.

Pied plus long que le diamètre du chapeau, mince en haut,

insensiblement renflé vers le bas, plein, blanchâtre ou fauve pâle et

marqué vers le milieu de 3 ou 4 impressions irrégulières d'un rouge

cinabre. La cortine est très fugace.

On trouve le Cortinaire à bracelets en été-automne, dans les bois.

Ce champignon, indiqué comme comestible, est de qualité inférieure.

Une espèce voisine, que l'on trouve dans les mêmes endroits, est le

_Cortinarius hæmatochælis_, qui n'offre qu'une zone rouge et est de

dimensions moindres.

[Illustration: --Planche 33--

=Dans les bois=--Été, automne

=Cortinaire à bracelet=

Cortinarius armillatus

_Comestible_]

=Cortinaire couleur de brique.=

=Cortinarius bolaris.=

Spores ochracées.

Le Cortinaire couleur de brique est de taille moyenne, et il se

caractérise surtout par sa teinte d'un rouge tout particulier.

Son chapeau est peu charnu, convexe, puis plan et un peu déprimé à la

fin, il mesure de 4 à 5 centimètres de diamètre. Il est entièrement

couvert de petites écailles d'un rouge safrané entre lesquelles on

aperçoit le tissu pâle du champignon.

Les feuillets sont peu nombreux, étroits, amincis aux deux extrémités,

blanchâtres ou un peu jaunâtres, puis orangés.

Le pied est plus grand que le diamètre du chapeau, plein, puis creux,

égal, de la couleur du chapeau et un peu écailleux.

Chair blanche, peu épaisse, un peu âcre.

On trouve ce champignon, qui est probablement comestible, dans les

bois, en été-automne.

=Cortinaire rouge cinabre.=

=Cortinarius cinnabarinus.=

Spores ochracées.

Encore un Cortinaire de petite dimension; il mesure de 3 à 5

centimètres, mais sa couleur rouge est très belle.

Son chapeau est peu charnu, campanulé, puis plan, d'un beau rouge vif,

rappelant la couleur du cinabre; il est d'abord un peu soyeux puis

glabre.

Les feuillets sont peu nombreux, assez larges et de la couleur du

chapeau.

Le pied est long de 4 à 5 centimètres, plein, régulier ou un peu

épaissi à la base, rouge plus clair que le chapeau et muni d'une

cortine également rouge.

Chair peu épaisse, rouge, avec une légère odeur de radis.

Il n'est pas d'usage de consommer ce champignon que l'on trouve en

été-automne, dans les bois sablonneux.

[Illustration: --Planche 34--

=Dans les bois=--Été, automne

=Cortinaire couleur de brique= | =Cortinaire rouge cinabre=

Cortinarius bolaris | Cortinarius cinnabarinus

_Probablement comestible_ | _Douteux_]

=Hébélôme échaudé.--Hebeloma crustuluniformis.=

Spores ochracées.

Les _Hebeloma_ correspondent dans les Ochrosporées, aux _Tricholoma_

des Leucosporées, c'est-à-dire qu'ils ont les feuillets sinués et le

pied charnu.

L'Hébélôme échaudé a le chapeau d'abord arrondi, puis plan, avec les

bords minces un peu irréguliers: il est glabre, humide ou un peu

visqueux, jaune pâle ou roussâtre, surtout au centre.

Les feuillets sont nombreux, minces, roussâtres, pâles et souvent

tachetés, denticulés sur la tranche, et montrant en temps humide des

gouttelettes de liquide.

Le pied est plein, puis creux, un peu bulbeux à la base, plus clair

que le chapeau, glabre en bas et ponctué au sommet de granulations

écailleuses.

Chair blanche, épaisse, à odeur de radis.

Ce champignon est fréquent en été-automne, dans les bois, les prairies:

comestible peu estimé.

=Collybie à pied velu.--Collybia velutipes.=

On trouve ce champignon à la fin de l'automne et pendant l'hiver sur

les arbres languissants où il forme de petites touffes agréables à voir.

Le chapeau est peu charnu, mince, jaune orangé ou brunâtre, glabre et

un peu visqueux, convexe, puis plan, large de 2 à 5 centimètres.

Les feuillets sont peu nombreux, assez larges, arrondis vers le pied,

aigus vers la marge.

Pied jaune, roussâtre en haut et couvert ailleurs d'un tomentum brun ou

noir, long de 4 à 6 centimètres; chair blanche ou blanchâtre de saveur

mucilagineuse: comestible peu estimé.

[Illustration: --Planche 35--

=Dans les bois=--Été, automne

=Hébélôme échaudé= | =Collybie à pied velu=

Hebeloma crustuluniformis | Collybia velutipes

_Comestibles peu estimés_]

=Paxille noir-tomenteux.--Paxillus atro-tomentosus.=

Spores ochracées.

Les Paxilles, peu nombreux en espèces, ont pour caractères principaux

d'avoir les spores ochracées et les feuillets décurrents susceptibles

de se séparer en masse de la chair du champignon. Nous avons, dans le

premier volume, décrit et figuré le Paxille enroulé, qui est d'une

couleur fauve uniforme, ce qui n'est pas le cas pour celui qui nous

occupe.

Le Paxille noir-tomenteux a un chapeau souvent irrégulier, d'abord

convexe, puis en entonnoir, avec les bords recourbés, surtout dans le

jeune âge: il est pubescent, brun bistré plus ou moins intense, et

mesure de 10 à 15 centimètres et même davantage.

Les feuillets sont nombreux, étroits, décurrents, anastomosés, fauves

ochracés et pouvant, comme nous l'avons dit plus haut, se séparer par

parties de la chair.

Pied court, trapu, plein, souvent excentrique, ordinairement couvert

d'un revêtement brunâtre et comme duveteux.

La chair est assez épaisse, ferme, blanchâtre.

On trouve ce champignon surtout dans les bois d'arbres verts, où il

acquiert des formes souvent curieuses, et des dimensions très grandes.

On l'indique comme comestible, mais il a, une fois cuit, une saveur

franchement désagréable.

[Illustration: --Planche 36--

=Bois d'arbres verts=--Été, automne

=Paxille noir-tomenteux=--Paxillus atro-tomentosus

_Comestible peu délicat_]

=Pholiote radiqueuse.--Pholiota radicosa.=

Spores ochracées.

Les Pholiotes, on le sait, sont des champignons munis d'un collier

assez résistant et ayant des spores ochracées.

La Pholiote radiqueuse, ainsi nommée parce que son pied s'enfonce dans

le sol, d'une assez grande longueur, est un champignon dont le chapeau,

d'abord arrondi, s'élargit peu à peu en forme de dôme; il est rare

qu'il devienne tout à fait plat. Il est charnu, ferme, blanchâtre ou

jaunâtre fauve, plus ou moins parsemé de mèches appliquées de couleur

plus foncée; son diamètre est de 6 à 10 centimètres, et l'épiderme du

chapeau déborde légèrement sur les feuillets.

Feuillets nombreux, pâles, puis roussâtres, ferrugineux par les spores

qui les recouvrent.

Pied robuste, plein, cylindrique, droit ou un peu courbé, plus long

que le diamètre du chapeau et s'enfonçant dans le sol, d'une quantité

parfois égale à sa longueur, sous forme de racine fusiforme; il est

blanc ou blanchâtre, farineux au-dessus du collier et garni en dessous

de nombreuses écailles un peu brunes. Collier large, membraneux,

persistant.

Chair ferme, blanche, à odeur d'amande.

La Pholiote radiqueuse se trouve surtout au voisinage des souches

pourrissantes, où le pied peut se développer librement dans un sol

approprié. Lorsqu'on arrache ce champignon sans précaution, on brise sa

racine et l'on n'obtient qu'un échantillon imparfait qui ne peut donner

une idée de l'espèce.

[Illustration: --Planche 37--

=Au pied des arbres=--Été, automne

=Pholiote radiqueuse=--Pholiota radicosa

_Peut-être comestible_]

=Pholiote squarreuse.--Pholiota squarrosa.=

Spores ochracées.

Encore une Pholiote qui est bien nommée, puisque _squarrosa_ signifie

couvert de pustules, ou écailles; et en effet, il est, dans la

jeunesse, complètement hérissé de mèches retroussées.

La Pholiote squarreuse débute par un long pied généralement courbé et

surmonté à sa partie supérieure par un léger renflement sphérique, le

tout complètement recouvert de nombreuses squames brunâtres.

Peu à peu, le chapeau s'épanouit tout en restant convexe, il peut alors

avoir de 5 à 10 centimètres. Il est charnu, jaune clair ou safrané,

mais les nombreuses écailles qui le recouvrent sont brunâtres.

Les feuillets sont nombreux, étroits, jaune pâle, puis ferrugineux,

arrondis à la base et aigus au sommet.

Le pied est plein, ferme, un peu courbé, long de 6 à 10 centimètres,

jaune et garni de nombreuses écailles brunes, lisse au-dessus du

collier qui est très consistant.

Chair jaune, d'odeur prononcée, comestible peu estimé.

Pousse en touffe de plusieurs individus au pied des arbres malades.

[Illustration: --Planche 38--

=Sur les arbres malades=--Automne

=Pholiote squarreuse=--Pholiota squarrosa

_Comestible peu recommandable_]

=Gomphide visqueux.--Gomphidius viscidus.=

Spores noires.

Les _Gomphidius_ sont peu nombreux en espèces, 3 ou 4 au plus; ils ont

un chapeau assez caractéristique, en forme de toupie; leurs spores sont

noires et très allongées comme celles des Bolets.

Le Gomphide visqueux montre d'abord un chapeau conique à bords repliés

en dessous et reliés au pied par des filaments soyeux très fins,

qui représentent une cortine. Plus tard, le chapeau s'aplatit tout

en restant mamelonné au centre, l'épiderme est glabre, lisse, puis

roussâtre ou roux fauve, puis un peu noirâtre, visqueux, et d'un

diamètre de 3 à 5 centimètres.

Les feuillets sont épais, peu nombreux, droits, blancs grisâtres, puis

cendrés et enfin noirs.

Le pied est plein, ferme, plus long que le diamètre du chapeau,

cylindrique et atténué à la base, droit ou flexueux, jaune roussâtre,

puis foncé dans le haut, présentant au sommet une sorte de cortine un

peu visqueuse.

Chair jaunâtre, élastique, de saveur mucilagineuse et d'odeur assez

désagréable.

On trouve ce champignon pendant une partie de l'année, presque

exclusivement dans les sapinières.

C'est un comestible peu apprécié.

[Illustration: --Planche 39--

=Sous les sapins=--Été, automne

=Gomphide visqueux=--Gomphidius viscidus

_Comestible peu délicat_]

=Strophaire érugineux.--Stropharia œruginosa.=

Spores brunes noirâtres.

Les Strophaires sont des champignons à couleurs assez vives et de

formes plutôt gracieuses, mais ils ont une bien mauvaise habitude, ils

ont une préférence pour les matières excrémentielles, et l'un d'eux

porte le nom mal odorant de _merdaria_.

Celui dont nous nous occupons tire son nom de sa couleur verte. Il se

compose d'un chapeau pouvant mesurer 4 à 6 centimètres de diamètre,

assez charnu, arrondi, puis plan convexe ou plan, et toujours muni d'un

mamelon apparent; il est jaune verdâtre ou bleuâtre et couvert d'une

épaisse couche visqueuse. Sous l'influence de la lumière, il blanchit

sensiblement, et parfois on le trouve couvert de squames peu adhérentes

blanches, lesquelles se voient surtout au bord du chapeau. L'épiderme

s'enlève facilement.

Les feuillets sont assez nombreux, étroits aux extrémités, larges au

milieu, gris, verdâtres, puis brunâtres.

Le pied est plus long que le diamètre du chapeau, droit ou courbe,

cylindrique ou un peu plus gros à la base, creux à l'intérieur,

verdâtre ou un peu azuré comme le chapeau, visqueux et couvert de

squames blanches, plus abondantes au haut du pied où elles forment un

collier fugace.

Chair molle, blanche ou blanchâtre de saveur désagréable.

On trouve ce champignon dans les bois, sous les feuilles, l'humus ou

les matières décomposées. On le regarde comme suspect.

[Illustration: --Planche 40--

=Humus, décombres=--Été, automne

=Strophaire érugineux=--Stropharia œruginosa

_Non comestible_]

=Bolet à chair jaune.--Boletus chrysenteron.=

C'est un Bolet qui est généralement de taille moyenne; son chapeau

est convexe, aplati sur le tard et souvent plus ou moins irrégulier,

il mesure de 4 à 6 centimètres et est de couleur terne, fauve ou brun

pâle, quelquefois un peu rougeâtre, légèrement tomenteux, fendillé ou

divisé en petits compartiments isolés comme le montre la figure de

droite; on aperçoit alors la chair qui se colore en rouge.

Les bords du chapeau sont obtus.

Les tubes sont jaunes, peu ou pas déprimés autour du pied, terminés

par des pores assez grands, inégaux, anguleux et verdissant par le

frottement.

Pied robuste, long de 4 à 5 centimètres, égal ou un peu renflé à la

base, souvent courbé ou flexueux, jauni, mais couvert de nombreuses

stries rouges, sauf au sommet ou à la base.

Chair molle, jaune, rouge sous l'épiderme, sans odeur ni saveur

appréciable.

Ce champignon pousse un peu partout isolément, dans les bois mêlés; on

le regarde comme suspect, probablement à tort.

Une espèce voisine, le _Boletus subtomentosus_, se distingue du

_Chrysenteron_, par sa chair qui est jaune sous l'épiderme du chapeau,

tandis qu'elle est rouge dans le _Chrysenteron_.

[Illustration: --Planche 41--

=Bois mêlés=--Été, automne

=Bolet à chair jaune=--Boletus chrysenteron

_Suspect_]

=Bolet parasite.--Boletus parasiticus.=

Au numéro 60 de notre nouvel Atlas, nous avons décrit le Scléroderme

vulgaire, que l'on trouve si communément dans les terrains maigres,

au bord des chemins: eh bien, ce Scléroderme a le singulier privilège

d'héberger un Bolet, qui, de ce fait, a reçu le nom de Bolet parasite.

C'est bien aux dépens du Scléroderme que vit ce champignon: il suffit,

pour s'en convaincre, d'examiner avec un peu d'attention les relations

qui existent entre les deux plantes.

Vers la base du Scléroderme, partent deux ou plusieurs mamelons qui

grandissent peu à peu; ils portent à leur sommet un chapeau plus ou

moins arrondi, puis sensiblement plat et mesurant 3 à 5 centimètres.

Assez régulièrement hémisphérique, le chapeau du Bolet parasite ne

tarde pas à modifier sa forme, soit parce que les chapeaux se touchent

ou qu'ils se trouvent en contact avec le Scléroderme lui-même.

L'épiderme du chapeau est lisse, uni, fauve ou roussâtre, parfois

grisâtre et fendillé. Les pores sont d'un jaune sale, assez grands,

d'abord arrondis, puis anguleux; ils adhèrent au pédicule, mais par

suite du développement du chapeau, ils paraissent un peu décurrents. Le

pied est cylindrique, un peu atténué et toujours courbé à la base, qui

est en contact intime avec la chair du Scléroderme. Chair jaune.

Le Bolet parasite se développe sur les _Scleroderma vulgare_ et

_verrucosum_. Il n'est pas donné comme comestible.

[Illustration: --Planche 42--

=Sur les Sclérodermes=--Été, automne

=Bolet parasite=--Boletus parasiticus

_Non comestible_]

=Bolet pomme de pin.--Boletus strobilaceus.=

Quiconque a vu une seule fois ce Bolet ne l'oubliera pas.

Figurez-vous un chapeau arrondi, brunâtre ou noirâtre, tout couvert

d'écailles ou de squames floconneuses régulièrement disposées, épaisses

et dépassant les bords du chapeau, lequel mesure de 4 à 8 centimètres.

Les tubes sont assez longs, anguleux, blanchâtres, puis gris rougeâtres

ou bistrés avec des pores amples de même couleur.

Pied plus long que le diamètre du chapeau, égal ou un peu renflé à la

base, fibreux, charnu, blanchâtre ou grisâtre et couvert de nombreuses

mèches soyeuses.

Chair blanche, puis rosée et devenant brune.

Ce champignon est comestible, mais peu délicat; on le trouve assez

rarement dans les bois ombragés.

=Bolet des bouviers.--Boletus bovinus.=

Comme plusieurs de ses congénères, le Bolet des bouviers affectionne

les arbres verts.

Son chapeau est d'abord arrondi, puis plan, glabre et visqueux en

temps humide, fauve ou roux ferrugineux, et d'un diamètre de 5 à 8

centimètres.

Les tubes sont décurrents sur le pied, assez courts, jaunâtres,

verdâtres ou ferrugineux, avec des pores amples et composés.

Le pied est cylindrique, égal ou un peu renflé à la base, de la couleur

du chapeau ou teinté de rougeâtre et long de 3 à 4 centimètres.

Chair blanche, devenant un peu verdâtre et de saveur agréable.

On trouve ce champignon en automne, dans les bois d'arbres verts; il

est comestible.

[Illustration: --Planche 43--

=Dans les bois=--Été, automne

=Bolet pomme-de-pin= | =Bolet des bouviers=

Boletus strobilaceus | Boletus bovinus

_Comestibles_]

=Bolet varié.--Boletus variegatus.=

Le Bolet varié se plaît, lui aussi, au voisinage des conifères; on le

reconnaîtra à son chapeau d'abord arrondi, puis plan, roussâtre ou

jaune olivâtre, couvert sur une partie de sa surface d'une multitude de

petites écailles plus foncées; son diamètre est de 6 à 8 centimètres.

Tubes verdâtres touchant le pied, terminés par des pores assez grands,

anguleux, olivâtres ou bistrés, ferrugineux.

Pied cylindrique ou un peu renflé à la base, ferme, jaune ou de la

couleur du chapeau, avec parfois des stries plus foncées.

Chair assez épaisse, jaune ou prenant une légère teinte bleuâtre; celle

du pied est plus jaune et souvent un peu rougeâtre à la base.

On trouve ce champignon dans les bois de pins, où il est souvent très

abondant.

Il est comestible.

[Illustration: --Planche 44--

=Sous les conifères=--Été, automne

=Bolet varié=--Boletus variegatus

_Comestible_]

=Polypore du bouleau.--Polyporus betulinus.=

Ce champignon est bien reconnaissable à sa forme régulière, sa couleur

fauve et sa surface absolument unie; de plus, il ne pousse que sur les

bouleaux.

Si l'on veut bien prendre la peine d'examiner un bouleau mort, qu'il

soit sur pied ou couché à terre, on y trouvera presque à coup sûr un ou

plusieurs Polypores du bouleau.

Il se montre d'abord sous la forme d'une petite masse ronde excavée en

dessous, et si jeune qu'il soit, on reconnaît à peu près la forme de

l'adulte.

Finalement, il mesure 12 à 15 centimètres de diamètre, son chapeau est

circulaire, se terminant à l'arrière par un pied court un peu courbé;

il est d'un brun roussâtre uniforme, uni, non zoné, à marge épaisse un

peu repliée en dessous.

Il porte à sa partie inférieure des tubes courts munis de pores très

petits, blancs.

La chair est blanche, fine, coriace ou même subéreuse. On pourrait,

paraît-il, en faire des cuirs à rasoir.

Non comestible à cause de la résistance de sa chair.

On pourra remarquer que toujours le chapeau du Polypore du bouleau est

orienté parallèlement au sol, c'est-à-dire qu'il est horizontal: mais

si, par aventure ou par accident, l'arbre, de perpendiculaire qu'il

était vient à se coucher sur le sol, le chapeau modifie sa position

première de façon à devenir de nouveau horizontal. Le même phénomène se

produit chez les autres polypores ligneux.

[Illustration: --Planche 45--

=Sur les bouleaux=--Toute l'année

=Polypore du bouleau=--Polyporus betulinus

_Non comestible_]

=Polypore gigantesque.=

=Polyporus (Merisma) giganteus.=

Le _Polyporus giganteus_, appelé aussi _Merisma giganteus_, se

distingue des Polypores vrais, en ce qu'il offre des chapeaux multiples

provenant de la même souche, tandis que dans les premiers il n'y

a qu'un ou deux chapeaux, rarement davantage. On l'a aussi appelé

Polypore acanthoïde, parce que par ses nombreux chapeaux découpés, il

a quelque ressemblance avec les feuilles de l'acanthe. Il est surtout

remarquable par les dimensions considérables et le poids qu'il peut

atteindre (10 et 15 kilos).

Il est formé de nombreux chapeaux dimidiés, dilatés, aplatis,

irrégulièrement lobés et diversement contournés. Ces chapeaux sont

très peu charnus, veloutés ou finement granuleux, ou encore sillonnés,

ridés, jaunâtres, brunâtres ou grisâtres, ou même un peu ferrugineux

et plus foncés vers la base. Ils sont imbriqués et garnis à leur

partie inférieure de tubes courts blancs ou pâles terminés par des

pores également blancs, petits, difformes ou lacérés, se prolongeant

sur des pédicules peu distincts, le tout formant une grosse souche

tuberculeuse, qui s'insère le plus souvent sur le tronc d'un arbre

coupé, où il s'étale de manière à couvrir une grande surface.

On ne trouve ce champignon que dans les grands bois où existent de très

vieux arbres, aussi est-il assez rare. Il est comestible.

[Illustration: --Planche 46--

=Sur les souches=--Été, automne

=Polypore gigantesque=--Polyporus giganteus

_Comestible_]

=Polypore squameux.--Polyporus squamosus.=

Le Polypore squameux, appelé souvent Polypore du noyer, ressemble assez

bien à un éventail. Il est formé d'un large chapeau plus ou moins

arrondi, aplati, un peu déprimé à l'arrière, mince et un peu recourbé

sur les bords. Il est jaunâtre et couvert de nombreuses écailles plus

foncées et appliquées, il mesure jusqu'à 20 centimètres et plus. Les

pores sont blanchâtres ou un peu jaunâtres, petits, puis amples,

anguleux et lacérés, descendant longuement sur le pied.

Pied court, excentrique ou latéral, épais, blanchâtre et brun noirâtre

à la base.

Chair blanche, ferme, même un peu coriace, d'odeur forte de champignon.

On trouve communément ce champignon sur les arbres malades, sur les

souches de différents arbres, mais du noyer surtout; il pousse souvent

plusieurs sujets en même temps.

L'Oreille de noyer ou d'orme est évidemment comestible, mais il faut la

prendre très jeune, sans quoi elle est trop coriace.

[Illustration: --Planche 47--

=Sur les troncs d'arbres=--Été, automne

=Polypore squameux=--Polyporus squamosus

_Comestible_ (_jeune_)]

=Polypore soufré.--Polyporus sulfureus.=

Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série II (Première édition) · 第 2 / 9 段