Une espèce voisine, le _Clitocybe flaccida_, paraît n'en dif

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Le livre est suivi d'un catalogue qui n'a pas été repris ici.

BIBLIOTHÈQUE DE POCHE DU NATURALISTE. XX.

NOUVEL ATLAS DE POCHE

DES

CHAMPIGNONS

Comestibles et Vénéneux

LES PLUS RÉPANDUS

SUIVI DE NOTIONS GÉNÉRALES SUR LES CHAMPIGNONS

leur classification et leur anatomie

avec notions sur le microscope, la photographie et l'espéranto

64 PLANCHES COLORIÉES REPRÉSENTANT 77 ESPÈCES

ET 4 PLANCHES NOIRES

avec texte

Par PAUL DUMÉE

Membre des Sociétés botanique et mycologique de France

PEINTURES PAR A. BESSIN

SÉRIE II

PREMIÈRE ÉDITION

PARIS

LIBRAIRIE DES SCIENCES NATURELLES

Paul Klincksieck

LÉON LHOMME, successeur

3, RUE CORNEILLE, 3

1911

_Tous droits de reproduction et de traduction réservés pour tous

pays._

PRÉFACE

_L'accueil bienveillant qui a été fait par les mycologues à notre

nouvel_ =Atlas de Champignons= _nous engage à présenter aujourd'hui un

second volume conçu sur le même plan, et auquel nous travaillons depuis

très longtemps._

_Nous avons la conviction qu'il ne sera en rien inférieur à son aîné._

_En prévision de cet ouvrage, nous avons, au cours des trois dernières

années, recueilli et fait peindre par notre très habile dessinateur, M.

Bessin, les 77 champignons que nous représentons._

_Un tel travail, lorsque l'on veut procéder comme nous l'avons fait,

c'est-à-dire ne prendre pour modèles que des champignons vivants,

exige toujours beaucoup de temps; on ne trouve pas tous les jours

les spécimens dont on a besoin, et il faut souvent faire de nombreux

déplacements pour se procurer certaines espèces._

_Aujourd'hui, notre travail est terminé, nous avons pu nous procurer

toutes les espèces que nous voulions décrire, et M. Bessin a mis tout

son talent à les représenter exactement._

_Le texte descriptif de chaque espèce est, comme dans le premier

volume, en regard de la planche représentant le champignon, il est

alors facile de s'assurer au fur et à mesure de la lecture, des

caractères particuliers qui permettent de déterminer l'espèce._

_Dans la deuxième partie du texte, nous avons à dessein donné des

notions mycologiques plus approfondies que celles faisant partie du

premier volume._

_Nous avons dressé spécialement pour nos lecteurs des tableaux

de détermination qui, quelque imparfaits qu'ils puissent être,

intéresseront, nous l'espérons, les mycologues._

_Nous supposons avec raison que les possesseurs de notre_ =Atlas=

_se sont déjà familiarisés avec les éléments de la mycologie, et que

plusieurs d'entre eux possèdent un microscope._

_Pour ces derniers, nous donnons un article traitant de cette question,

ainsi que du dessin à la chambre claire._

_Enfin, aujourd'hui que tout le monde est plus ou moins photographe,

nous ne pouvions mieux faire que d'inviter les mycologues à fixer

sur leurs plaques les champignons qui les intéressent, et ensuite

à colorier à l'aquarelle les épreuves obtenues. Mais cela demande

quelques tours de mains, que nous sommes heureux de pouvoir indiquer au

cours de notre ouvrage._

_Plusieurs figures sont intercalées dans le texte pour en faciliter la

compréhension._

_Il n'est pas jusqu'à_ l'Esperanto, _cette langue annexe si simple et

si utile, qui ne soit appelée à rendre aux mycologues des services

signalés, en leur permettant de correspondre avec leurs confrères des

pays les plus différents par la langue._

_Aussi avons-nous voulu contribuer pour notre faible part à la

diffusion de cette langue vraiment géniale, en donnant ici_:

_Premièrement, la traduction en esperanto d'un texte mycologique

français, intitulé la Chanterelle comestible, et deuxièmement, quelques

notions d'esperanto._

Paris, septembre 1911.

L'AUTEUR ET L'ÉDITEUR.

ERRATA

Page 51, lire: _Polyporus perennis_, au lieu de _P. perennus_.

Page 60, lire: _Astre hygrométrique_, au lieu de _A. géométrique_.

PARTIE I

Description des espèces.

=Amanite épaisse.--Amanita spissa.=

Spores blanches.

Cette Amanite n'est pas sans avoir quelque ressemblance avec l'Amanite

panthère, dont nous avons parlé à la page 5 du premier volume de notre

Atlas: elle a à peu près la même taille et la même couleur, mais le

chapeau de l'Amanite épaisse n'est pas strié sur les bords, tandis

qu'il l'est dans l'Amanite panthère. De plus, le pied est plus ou moins

marginé à la base dans la première et lisse au-dessus du collier, alors

que dans l'Amanite épaisse, il ne porte que des écailles à la base et

des stries au-dessus du collier.

L'Amanite épaisse a le chapeau d'abord convexe puis plan, brun ou

brun gris, lisse sur les bords et tout parsemé de verrues blanchâtres

ou grisâtres, parfois même de véritables plaques un peu farineuses;

diamètre: 6 à 8 centimètres.

Feuillets blancs, nombreux, minces, atténués à la base, arrondis vers

le bord, et légèrement décurrents par une dent.

Pied blanc, plein, long de 5 à 8 centimètres, strié au-dessus du

collier et couvert au-dessous de petites squamules grisâtres.

Il s'épaissit à la base et est couvert d'écailles disposées

circulairement; il se termine enfin par une sorte de racine.

Chair blanche, molle, à odeur de radis.

Cette espèce d'Amanite, qui n'est pas très commune, est regardée

comme comestible, mais il faut éviter de la confondre avec l'Amanite

panthère, qui est vénéneuse. Elle pousse en été-automne, dans les bois.

[Illustration: --Planche 1--

=Dans les bois=--Été, automne

=Amanite épaisse=

Amanita spissa

_Comestible_]

=Amanite ovoïde.--Amanita ovoidea.=

Noms vulgaires: _Boulé_, _Oronge blanche_, _Coucoumelle blanche_.

Spores blanches.

Cette belle Amanite, la plus grosse de toutes, se trouve à peu près

dans toute la France, aussi bien dans le Nord (quoique plus rarement)

que dans le Midi, à l'Est qu'à l'Ouest.

Elle est dans son jeune âge complètement enveloppée par la volve, comme

l'Amanite des Césars, mais cette volve est beaucoup plus friable.

Lorsque le chapeau émerge, il est tout à fait sphérique, recouvert d'un

épiderme blanc un peu satiné, mince et s'enlevant assez facilement:

peu à peu la convexité diminue et le chapeau peut devenir presque

plat: à son complet développement, il mesure de 10 à 15 centimètres;

il est alors charnu au centre, mince sur les bords qui sont souvent

appendiculés.

Les feuillets sont d'un blanc quelque peu grisâtre, assez nombreux,

larges à la marge et libres près du pied, épais et comme frangés sur

les bords et peu consistants.

Le pied est blanc, gros, cylindrique, long de 8 à 12 centimètres

et un peu renflé à la base, et couvert à sa surface de nombreuses

granulations floconneuses faciles à enlever. A sa partie supérieure se

trouve un collier très large et si peu consistant qu'il disparaît de

très bonne heure. Il porte à sa base une ample volve blanche souvent

colorée en jaune par la terre qui la recouvre.

L'Amanite ovoïde pousse en juin et septembre dans les endroits bien

exposés au voisinage des chênes et des sapins. Elle est comestible,

mais moins fine que l'Oronge. Il faut éviter de la confondre avec

l'Amanite printanière et les variétés blanches des Amanites phalloïde

et citrine.

[Illustration: --Planche 2--

=Bois, landes ensoleillées=--Été, automne

=Amanite ovoïde= (Oronge blanche)

Amanite ovoidea

_Comestible_]

=Lépiote en crête.--Lepiota cristata.=

Spores blanches.

Cette Lépiote se distingue bien de ses congénères par son odeur forte,

plutôt désagréable.

C'est un champignon de taille moyenne, qui a le chapeau assez foncé

lorsqu'il est jeune, mais, par suite de sa croissance, l'épiderme se

rompt pour former des écailles roussâtres ou brunes assez régulièrement

disposées.

Le chapeau est d'abord arrondi, nettement mamelonné, puis il s'aplatit

tout en gardant le centre obtus, et de couleur brun rouge, alors que

le reste du chapeau est blanc sale et couvert de nombreuses écailles

brunes. Son diamètre est de 3 à 5 centimètres.

Les feuillets sont blancs, d'abord serrés puis un peu écartés, larges

surtout vers la marge du chapeau; ils laissent autour du pied un espace

très appréciable.

Le pied est cylindrique, égal ou un peu renflé à la base, fragile,

creux à l'intérieur, blanc ou un peu roussâtre, muni à sa partie

supérieure d'un collier blanc assez grand mais fugace.

Chair blanche, mince, ayant une odeur assez désagréable, que l'on a

comparée à celle du raifort, et une saveur nauséeuse. C'est à cela que

probablement l'on doit de déclarer que ce champignon est suspect.

On trouve la Lépiote en crête, en été, dans les champs, les bois, etc.

[Illustration: --Planche 3--

=Prés, bois, clairières=--Du printemps à l'automne

=Lépiote en crête=--Lepiota cristata

_Suspect_]

=Armillaire jaune verdâtre.--Armillaria luteo-virens.=

Spores blanches.

Ce beau et rare champignon a une couleur toute particulière jaune

verdâtre qui permettra de ne pas l'oublier lorsqu'on l'aura vu une fois.

Son chapeau est convexe, mamelonné, puis régulièrement arrondi, large

de 5 à 8 centimètres, jaune, jaunâtre ou jaune verdâtre, couvert de

mèches nombreuses qui saillissent sur le bord du chapeau.

Feuillets blancs ou blanchâtres, présentant parfois une légère teinte

jaune, assez nombreux, devenant libres et atténués vers la marge du

chapeau.

Pied robuste, cylindrique, droit, plein, égalant environ le diamètre

du chapeau blanc ou jaunâtre, mais toujours beaucoup plus clair que

le chapeau, un peu aminci vers le haut et couvert sur les 2/3 de sa

hauteur de fibrilles écailleuses formant collier.

Chair blanche ou blanchâtre, épaisse, de saveur agréable et d'odeur

nulle, comestible.

L'Armillaire jaune verdâtre se trouve dans les bois de conifères,

surtout dans les montagnes.

[Illustration: --Planche 4--

=Sous les conifères des montagnes=--Automne

=Armillaire jaune verdâtre=--Armillaria luteo-virens

_Comestible_]

=Armillaire bulbeuse.--Armillaria bulbigera.=

Spores blanches.

La forme caractéristique du pied de ce champignon ne permet pas de se

tromper, car il n'y a pas, parmi les Agarics à spores blanches, de

champignon ayant au pied un pareil renflement.

Son chapeau est charnu, convexe, puis plat tardivement, jaune fauve

ou un peu rougeâtre, plus foncé sur le disque, nu, glabre, humide,

luisant, et parfois garni sur les bords des débris du collier; son

diamètre est de 5 à 7 centimètres.

Feuillets blancs ou carnés, nombreux, un peu décurrents.

Pied plein rarement creux, blanchâtre ou de couleur plus claire que le

chapeau, cylindrique mais terminé à sa base par un large bulbe, comme

on en voit chez certains cortinaires, couverts de filaments formant

cortine et long de 4 à 6 centimètres.

Chair blanche, agréable, comestible.

Ce champignon pousse en colonies sous les arbres verts pendant l'été

et l'automne: mais, à première vue, on peut très bien le prendre pour

un _Hebeloma crustuluniformis_, Hébélôme échaudé, il en a un peu la

couleur et la forme, mais il suffira de regarder son pied pour être

fixé. Au reste, l'Hébélôme échaudé a les spores ochracées et sa chair

sent la rave.

[Illustration: --Planche 5--

=Bois d'arbres verts= | =Sur les chênes, hêtres, etc.=

Été, automne | Automne

=Armillaire bulbeuse= | =Pleurote des écorces=

Armillaria bulbigera | Pleurotus corticatus

_Comestibles_]

=Tricholôme sinistre.--Tricholoma sævum.=

Spores blanches.

Nous avons, dans le premier volume, décrit et figuré un champignon

appelé Tricholome nu, _Tricholoma nudum_, connu sous le nom de pied

bleu. Aujourd'hui, nous allons nous occuper d'un proche parent du pied

bleu: il y a en effet plusieurs champignons du genre Tricholôme qui

sont voisins les uns des autres, et qui revêtent plus ou moins cette

teinte violacée ou bleue.

Le _Tricholoma sævum_ est un champignon trapu plus massif que le pied

bleu; son chapeau est charnu, compact, régulièrement bombé, avec les

bords recourbés en dessous. Il mesure de 6 à 8 centimètres et est

recouvert d'un épiderme lisse, difficile à enlever, de couleur violacée

passant aisément au fauve pâle. Il est doux au toucher, humide, et

recouvre une chair épaisse, fine, blanche ou régulièrement violacée.

Les feuillets sont nombreux, assez étroits, arrondis et libres à la

base, aigus vers la marge, blanchâtres ou fauvâtres.

Le pied est long de 6 à 7 centimètres, épais, cylindrique, plein, puis

creux tardivement, et légèrement teinté de violet ou de rose lilacé à

l'extérieur. Il n'est pas en général recouvert à sa base de filaments

cotonneux lilacés comme le pied bleu.

On trouve le _Tricholoma sævum_ principalement à l'automne, dans les

prés, les pâturages humides, où il forme des groupes.

Quélet décrit, sous le nom de Tricholôme améthyste, un champignon qui

paraît très voisin de celui-ci.

Malgré son nom de sinistre, ce champignon est un excellent comestible

auquel on ne pourrait que reprocher de ne pas être assez répandu.

[Illustration: --Planche 6--

=Prés, Pâturages=--Été, automne

=Tricholôme sinistre=--Tricholoma sævum

_Comestible_]

=Tricholôme gonflé.--Tricholoma tumidum.=

Spores blanches.

Le Tricholôme gonflé est un champignon d'assez grande dimension; son

chapeau mesure 8 à 9 centimètres; il est charnu, d'abord arrondi

puis convexe et plan, ondulé et difforme, avec les bords minces,

irréguliers, fendillés, lobés; il est gris cendré ou gris brunâtre, un

peu luisant et plus pâle à la circonférence.

Les feuillets sont assez nombreux, émarginés, épais, larges,

blanchâtres ou un peu teintés de roussâtre.

Pied plein, gros, robuste, s'élargissant vers la base, blanc ou

blanchâtre, un peu strié, long de 5 à 7 centimètres et plus; il se

termine inférieurement par une sorte de prolongement radiqueux.

Chair blanche, assez ferme, d'odeur et de saveur agréables. Non indiqué

comme comestible.

On trouve ce champignon en été-automne, dans les bois surtout résineux.

[Illustration: --Planche 7--

=Bois résineux=--Été, automne

=Tricholôme gonflé=--Tricholoma tumidum]

=Tricholôme couleur de vache.=

=Tricholoma vaccinum.=

Spores blanches.

Si tous les champignons avaient un aspect aussi caractéristique que

le Tricholôme écailleux, on serait beaucoup moins embarrassé qu'on ne

l'est généralement dans une foule de cas.

Figurez-vous un champignon assez grand, brun ou roussâtre, dont le

chapeau et même le pied sont revêtus, surtout le chapeau, d'une ample

toison formée d'écailles fibrilleuses.

Lorsqu'il est à peu près développé, le _Tricholoma vaccinum_ nous

montre un chapeau de 5 à 8 centimètres, arrondi, puis étalé et

mamelonné avec les bords plus ou moins recourbés.

Il est entièrement recouvert de fibrilles rousses plus ou moins

appliquées ou relevées qui forment comme un revêtement laineux.

Les feuillets sont assez peu nombreux, larges, sinués à la base,

blanchâtres et ayant la propriété de se maculer de roussâtre lorsque le

champignon prend de l'âge.

Le pied est robuste, droit ou courbé, renflé à la base et terminé

par une sorte de racine. Il est plein, puis creux, plus clair que le

chapeau et plus ou moins fibrilleux; quelquefois même ces fibrilles

forment comme un léger collier. Comestible quoique peu délicat. Ce

champignon se plaît surtout dans les bois d'arbres verts à sous-sol

humide.

Le Tricholôme imbriqué, _Tricholoma imbricatum_, est très voisin de

notre champignon; il a le même aspect, vient dans les mêmes endroits,

mais sa toison est beaucoup moins fournie: il est du reste également

comestible.

[Illustration: --Planche 8--

=Sous les conifères=--Été, automne

=Tricholôme couleur de vache=--Tricholoma vaccinum

_Comestible_]

=Tricholôme couleur de soufre.=

=Tricholoma sulfureum.=

Spores blanches.

Comme l'indique son nom, le Tricholôme couleur de soufre est tout

jaune, ce caractère suffira à lui seul pour attirer l'attention sur

ce champignon et le faire reconnaître, car il n'y a pas beaucoup de

Tricholômes jaunes.

C'est un champignon assez élancé, ayant un chapeau jaune assez peu

charnu, d'abord un peu conique, puis arrondi avec un léger mamelon au

centre; assez tardivement il devient plat. L'épiderme est adhérent,

un peu cotonneux, puis glabre; il recouvre une chair mince, jaune,

présentant une odeur particulière assez prononcée qui n'est pas sans

analogie avec celle de l'iode.

Les feuillets sont peu nombreux, épais, jaune de soufre, comme tout le

champignon, sinués à la base et décurrents par une petite dent.

Le pied est beaucoup plus long que le diamètre du chapeau, puisqu'il

mesure de 6 à 8 centimètres, quelquefois plus: il est ferme,

cylindrique, parfois un peu irrégulier et aminci vers la base, glabre à

l'extérieur, fibreux et jaune intérieurement.

On trouve ce champignon dans les bois un peu frais depuis le

commencement de l'été jusqu'à l'automne. On le considère comme

vénéneux, sans que l'on puisse lui reprocher un méfait quelconque, mais

son odeur et sa saveur le rendent impropre à l'alimentation et cela

suffit pour le proscrire.

[Illustration: --Planche 9--

=Bois mêlés=--Été, automne

=Tricholoma couleur de soufre=--Tricholoma sulfureum

_Non comestible_]

=Tricholôme acerbe.--Tricholoma acerbum.=

Spores blanches.

Le Tricholôme acerbe est un champignon assez volumineux qui n'est

pas rare dans les grands bois à l'arrière-saison. Son chapeau,

d'abord arrondi, devient ensuite convexe, puis étalé avec les bords

fortement repliés en dessous et fortement sillonnés; ce n'est que

très tardivement qu'ils se relèvent. Il mesure 8 à 10 centimètres de

diamètre et est blanc jaunâtre ou fauve.

Les feuillets sont nombreux, minces, arrondis à la base, étroits vers

la marge du chapeau; ils sont jaunâtres ou pâles, et quand on les

froisse, ils prennent une légère teinte rougeâtre.

Le pied est épais, cylindrique, ferme, un peu renflé à la base, blanc

jaunâtre et parsemé de petites écailles au sommet; il est long de 5 à 6

centimètres.

Chair blanche, ferme, épaisse, mais de saveur un peu âpre, d'où le nom

qui lui a été donné.

On trouve ce champignon en été-automne, dans les bois, surtout en

bordure, où il pousse isolé ou en colonies. Bien que de saveur peu

agréable, on donne ce champignon comme comestible.

[Illustration: --Planche 10--

=Bois mêlés, taillis, futaies=--Été, automne

=Tricholôme acerbe=--Tricholoma acerbum

_Comestible_]

=Tricholôme blanc.--Tricholoma album.=

Spores blanches.

Les champignons tout blancs sont assez fréquents; il faut donc,

lorsqu'on se trouve en présence d'un champignon de cette sorte, faire

bien attention à ses caractères particuliers, puisque la couleur ne

peut en rien nous aider.

Le Tricholôme blanc est un champignon de grandeur moyenne dont le

chapeau, une fois développé, mesure de 5 à 7 centimètres de diamètre.

Il est d'abord arrondi, assez régulier, puis il devient plan, et même

un peu déprimé: il est lisse, glabre, blanc, mais dans la vieillesse le

centre devient un peu jaunâtre.

Les feuillets sont blancs, assez nombreux, larges, arrondis à la base

et adhérents au pied par une dent.

Le pied est souvent plus long que le diamètre du chapeau et mesure, en

moyenne, de 6 à 8 centimètres; il est plein, ferme, fibreux, élastique,

droit ou un peu courbé et même flexueux.

Chair blanche, ferme, d'odeur peu accentuée mais de saveur amère.

On le trouve communément à l'automne dans les bois où il forme des

colonies nombreuses.

Ce champignon qui, au premier abord, est d'un aspect engageant, est

considéré comme comestible par les uns, et comme suspect par d'autres;

mais en raison de son amertume, il n'est pas à recommander.

[Illustration: --Planche 11--

=Dans les bois=--Été, automne

=Tricholôme blanc=--Tricholoma album

_Non comestible_]

=Tricholôme argouane.--Tricholoma panœolum.=

Nom vulgaire: _Argouane des prairies_.

Spores blanches.

Cet excellent champignon est tout d'abord arrondi, régulier, puis à

peu près plan avec les bords un peu recourbés en dessous, ensuite il

se déprime et nous montre des bords minces capricieusement ondulés

et relevés. Sa couleur est grise ou cendrée avec un certain reflet

rougeâtre, le tout parfois couvert d'une sorte de pruine: il mesure de

4 à 6 centimètres.

Les feuillets sont nombreux, d'abord émarginés puis comme décurrents

par suite du relèvement des bords du chapeau; d'abord blancs ou

blanchâtres, ils prennent ensuite une teinte analogue à celle du

chapeau. Comme tous les tricholômes, ils se recouvrent de spores

blanches.

Le pied est assez robuste, plein, fragile, strié et comme un peu

velouté, grisâtre ou de la couleur du chapeau, mais plus clair.

Chair blanchâtre ou un peu grise, ayant une bonne odeur de farine

mouillée.

On trouve quelquefois une variété de champignon, dont le chapeau est

marqué de macules plus grandes.

L'Argouane constitue un comestible très apprécié et vendu sur les

marchés dans l'Ouest de la France; on peut le récolter à l'automne dans

les prairies, les bois clairsemés, où il forme des cercles plus ou

moins étendus.

[Illustration: --Planche 12--

=Prairies, clairières=--Automne

=Tricholôme argouane=--Tricholoma panœolum

_Comestible_]

=Tricholôme rutilant.--Tricholoma rutilans.=

Spores blanches.

Bien nommé, ce nous semble, ce champignon dont le chapeau est d'un

rouge de feu ou rouge cinabre.

C'est toujours au pied des conifères malades, ou sur la souche de l'un

d'eux restée en terre que l'on trouve ce beau champignon.

Son chapeau sensiblement rond ne tarde pas à s'épanouir et à devenir

presque plat, tout en gardant à son centre une proéminence assez

marquée. Longtemps il garde son aspect majestueux et régulier et ce

n'est que très tard qu'il se déforme. Si l'on examine à la loupe la

surface du chapeau du Tricholôme rutilant, on remarque que sa couleur

est due surtout à un revêtement tomenteux formé de petites écailles

purpurines, et que le tissu sous-jacent est jaune; son diamètre est de

5 à 10 centimètres.

Les feuillets sont nombreux, fermes, adhérents, d'un jaune doré et

garnis sur l'arête de villosités floconneuses. Le pied est robuste,

arrondi, renflé vers le milieu, plein et fibreux, jaune et couvert

comme le chapeau de flocons rouges mais moins abondants, il est long de

6 à 8 centimètres.

La chair du chapeau et celle du pied est jaune, sans odeur ni saveur.

Il pousse en automne dans les bois de conifères. On le regarde comme

vénéneux?

[Illustration: --Planche 13--

=Sur les souches d'arbres verts=--Été, automne

=Tricholôme rutilant=--Tricholoma rutilans

_Non comestible_]

=Clitocybe retourné.--Clitocybe inversa.=

Spores blanches.

Au premier coup d'œil on reconnaîtra sans peine dans ce champignon

un Clitocybe, à ses feuillets fortement décurrents; il n'en est pas

toujours ainsi, et bien souvent on hésite à placer un champignon dans

ce genre ou un genre voisin.

Le Clitocybe retourné est peu charnu; son chapeau d'abord arrondi ne

tarde pas à devenir plan, puis à prendre la forme d'un entonnoir, il

mesure alors de 5 à 8 centimètres. Il est glabre, jaune fauve, ou

couleur de tan pâle, très mince sur les bords qui finissent par devenir

irréguliers.

Les feuillets sont nombreux, étroits, très décurrents et beaucoup plus

pâles que le chapeau.

Le pied est plutôt court (4 centimètres environ), plein, puis creux,

ferme, un peu plus pâle que le chapeau, blanchâtre à la base qui est

souvent renflée et courbée.

La chair est blanche, mince, continue avec celle du pied, sans odeur

marquée et un peu acidule.

On donne ce champignon comme suspect, mais nous pensons avec M.

Bataille qu'il est, sinon un bon comestible, tout au moins inoffensif.

On trouve ce champignon, de l'été à l'automne, surtout dans les bois de

conifères où il se montre souvent en touffes de plusieurs individus.

Une espèce voisine, le _Clitocybe flaccida_, paraît n'en différer que

par la teinte; elle pousse dans les mêmes endroits et jouit des mêmes

propriétés.

[Illustration: --Planche 14--

=Surtout sous les arbres verts=--Été, automne

=Clitocybe retourné=--Clitocybe inversa

_Comestible?_]

=Clitocybe géotrope.--Clitocybe geotropa.=

Spores blanches.

Le Clitocybe géotrope est un champignon assez volumineux qui appelle

l'attention de l'amateur aussi bien que du mycologue par sa couleur

pâle et son aspect trapu.

Il montre d'abord un petit chapeau presque plat, avec le centre

proéminent et les bords repliés, placé sur un pied relativement gros et

bien droit.

Son chapeau s'élargit peu à peu, relève ses bords, tout en gardant au

centre un fort mamelon; il mesure alors de 7 à 10 centimètres, avec un

bord mince ondulé et une couleur blanc rougeâtre tirant sur le fauve.

Les feuillets sont nombreux, étroits, aigus aux deux extrémités,

décurrents et blanchâtres.

Le pied est cylindrique ou un peu renflé vers la base, long de 8 à 10

centimètres sur une épaisseur d'environ 2 centimètres; il est plein,

fibreux, blanchâtre ou fauvâtre, cotonneux à la base.

La chair du champignon est blanche ou pâle, assez épaisse au centre,

ferme et sans odeur.

Le Clitocybe géotrope est comestible, on le récolte en été-automne dans

les bois un peu frais, où il forme quelquefois des cercles de nombreux

individus.

Deux espèces voisines, les Clitocybe géant (_Clitocybe gigantea_) et

Clitocybe très grand (_Clitocybe maxima_) ont beaucoup d'analogie avec

le Clitocybe géotrope, se trouvent dans les mêmes endroits et sont

également comestibles.

[Illustration: --Planche 15--

=Bois, pâturages, sapinières=--Été, automne

=Clitocybe géotrope=--Clitocybe geotropa

_Comestible_]

=Clitocybe infundibuliforme.=

Clitocybe infundibuliformis.

Spores blanches.

Bien plus grêle que le Clitocybe géotrope, dont nous venons de parler,

le Clitocybe infundibuliforme en a un peu l'aspect, la forme et la

couleur.

Il a le chapeau mince, peu charnu, plat d'abord puis profondément

déprimé avec un léger mamelon au centre; il mesure de 4 à 8 centimètres

et est de couleur jaune pâle, légèrement teintée de fauve, d'abord

régulier puis sensiblement ondulé ou festonné sur les bords.

Les feuillets sont blancs, nombreux, étroits, terminés en pointe aux

extrémités, décurrents sur le pied.

Le pied est cylindrique ou épaissi vers la base, bien plus grêle que

dans Clitocybe géotrope, blanchâtre ou jaunâtre, et couvert près du sol

d'un duvet blanchâtre; sa longueur peut varier de 4 à 6 centimètres.

Chair blanche, molle, peu épaisse, d'odeur agréable.

Ce champignon, qui est comestible, pousse à l'automne dans les bois

frais, sur les feuilles auxquelles il adhère par son duvet blanchâtre.

Il est solitaire ou groupé et souvent on trouve deux individus soudés

ensemble.

Comme il est très peu charnu, on peut le dessécher facilement.

[Illustration: --Planche 16--

=Bois mêlés=--Eté, automne

=Clitocybe en entonnoir=--Clitocybe infundibuliformis

_Comestible_]

=Collybie (enracinée) radiqueuse.=

=Collybia radicata.=

Spores blanches.

Le nom qui a été donné à ce champignon lui vient de la faculté qu'il a

d'émettre dans le sol une très longue racine, que l'on ne remarque pas

toujours lorsqu'on arrache brusquement le champignon, car la racine se

casse, et l'on n'en voit qu'une faible partie.

Indépendamment de sa racine, le pied lui-même est beaucoup plus long

que le diamètre du chapeau, puisqu'il mesure de 10 à 15 centimètres;

il est raide, luisant, sillonné, aminci vers le haut et sensiblement

renflé vers la base, blanc, blanchâtre ou grisâtre.

Les feuillets sont blancs, peu nombreux, assez larges et adhérents.

Le chapeau est peu charnu, mince, convexe, puis plan, portant à son

centre un petit mamelon. Il mesure de 5 à 8 centimètres et est revêtu

d'un épiderme assez épais, un peu ridé, glabre, visqueux surtout par

les temps humides, brun gris plus ou moins foncé.

Chair très mince, sans odeur ni saveur.

Ce champignon pousse isolément ou en petit nombre en été-automne, au

voisinage des vieux troncs, dans les bois un peu frais. Il importe pour

l'avoir avec sa racine de le déterrer avec précaution, car le pied est

assez fragile et se brise facilement.

Il est comestible, mais si peu charnu qu'on le délaisse souvent.

[Illustration: --Planche 17--

=Sur les souches pourrissantes=--Automne

=Collybie radiqueuse=

Collybia radicata

_Comestible_]

=Mycène pure.--Mycena pura.=

Spores blanches.

Les Mycènes sont des champignons généralement grêles et fragiles, mais

l'espèce dont nous allons parler est relativement grande, et facilement

reconnaissable à sa couleur.

Son chapeau est régulier, campanulé, puis plan et légèrement mamelonné,

très peu charnu, glabre, et un peu strié à la marge qui est parfois

légèrement duveteuse. Il mesure de 2 à 5 centimètres de large et sa

couleur varie beaucoup: le plus ordinairement il est plus ou moins

rose, mais on le trouve aussi presque blanc ou plus ou moins teinté de

violet.

Les feuillets sont peu nombreux, larges au centre, atténués aux

extrémités, de la couleur du chapeau ou plus pâles.

Le pied est droit, fragile, plus long que le diamètre du chapeau,

cylindrique, un peu renflé à la base, creux, glabre ou seulement

fibrilleux vers le bas, blanchâtre.

Chair blanche, mince, à odeur de rave.

On trouve le _Mycena pura_ dans les bois au milieu des feuilles mortes

auxquelles il adhère par des fibrilles; il vient isolé ou en groupe. En

raison de sa taille et de son odeur de radis on ne fait pas usage de ce

champignon.

=Mycène des fougères--Mycena epipterygia.=

Spores blanches.

Chapeau membraneux, campanulé, de 2 à 4 centimètres, strié, grisâtre ou

blanc jaunâtre.

Feuillets peu nombreux, décurrents par une dent, blanchâtres, serrulés

sur la tranche.

Pied grêle, jaunâtre ou grisâtre, long de 8 à 10 centimètres, visqueux,

fibrilleux et radicant à la base.

On le trouve communément, en été-automne, sur les feuilles, les troncs;

non comestible en raison de son peu d'épaisseur.

[Illustration: --Planche 18--

=Sur les troncs, feuilles, etc.= | =Sur les feuilles mortes=

Automne | Été, automne

=Mycène des fougères= | =Mycène pure=

Mycena epipterygia | Mycena pura

_Non comestibles_]

=Chanterelle orangée.--Cantharellus aurantiacus.=

Spores blanches.

La Chanterelle orangée est proche parente de la Chanterelle comestible

que tout le monde connaît, mais elle est plus grêle et sa couleur plus

foncée.

Le chapeau de ce champignon est assez peu charnu, d'abord arrondi,

puis plan et bientôt déprimé, régulier ou irrégulier, mince et un peu

enroulé sur les bords, un peu cotonneux ou tomenteux, jaune souci ou

orangé fauve; son diamètre est de 2 à 6 centimètres.

Les feuillets sont nombreux, étroits, minces, un peu ramifiés, de

la même couleur que le chapeau, ou un peu plus foncés et longuement

décurrents sur le pied qui est cylindrique, plein, assez grêle, droit

ou courbé, rougeâtre en haut, plus pâle dans le bas. Chair molle,

jaunâtre, sans odeur ni saveur. On trouve une variété toute blanche, et

une autre présentant un pied noir à la base.

La Chanterelle orangée est l'hôte habituel des bois résineux; elle

pousse à l'automne.

C'est bien à tort que l'on a regardé cette espèce comme suspecte, elle

est parfaitement comestible comme l'ont montré des expériences faites

récemment.

[Illustration: --Planche 19--

=Sous les Conifères=--Été, automne

=Chanterelle orangée=--Cantharellus aurantiacus

_Suspect pour les uns, comestible pour nous_]

=Chanterelle en tube.--Cantharellus tubæformis.=

Spores blanches.

A voir ses feuillets décurrents sur le pied et ramifiés, on se

rend bien compte que l'on est en présence d'une espèce du genre

_Cantharellus_; mais, comme teinte, cette espèce diffère complètement

des Chanterelles orangée et comestible.

Très jeunes encore les Chanterelles en tube portent sur le chapeau un

enfoncement caractéristique qui semble se continuer avec le pied de

façon à simuler une sorte de cornet ou de trompe.

Le chapeau de convexe qu'il était devient plat et légèrement replié sur

le bord. Il est membraneux, de couleur fauve, jaunâtre ou grisâtre,

pelucheux ou couvert d'écailles plus foncées.

Les feuillets sont décurrents, peu nombreux, ramifiés, assez saillants

et réunis entre eux par des rides ou veines, gris jaunâtres ou de

couleur un peu fuligineuse.

Le pied est allongé, lisse, jaune cannelle, souvent sillonné ou

comprimé, fistuleux, plus long que le diamètre du chapeau.

Ce champignon, que l'on trouve de l'été à l'automne dans les bois

feuillus et résineux, est comestible.

Dans les mêmes endroits on peut rencontrer une espèce voisine qui offre

les mêmes caractères de forme, de couleur et de taille: elle porte le

nom de Chanterelle infundibuliforme, _Cantharellus infundibuliformis_.

Certains mycologues pensent que cette espèce n'est pas différente de

celle dont nous venons de parler.

[Illustration: --Planche 20--

=Bois de conifères=--Été, automne

=Chanterelle en tube=--Cantharellus tubæformis

_Regardé comme suspect_]

=Lactaire scrobiculé.--Lactarius scrobiculatus.=

Spores blanches.

Le _Lactarius scrobiculatus_ tire son nom de la présence sur le pied

de petites dépressions ou fossettes, auxquelles on a donné le nom de

scrobicules. Ce caractère, qui est peu fréquent, servira utilement à

faire reconnaître ce champignon.

Son chapeau d'abord arrondi, devient ensuite plan, puis nettement

déprimé, recourbé à la marge qui est un peu laineuse dans le jeune âge.

Il est jaune pâle ou jaune ochracé, plus ou moins foncé, marqué parfois

de quelques zones et large de 8 à 10 centimètres.

Les feuillets sont nombreux, assez étroits, presque décurrents,

blanchâtres ou pâles.

Pied court, épais d'abord, plein, puis creux, terminé en pointe à sa

base, de la couleur du chapeau, mais plus pâle et couvert de nombreuses

dépressions ovales, plus foncées, qui, à elles seules, peuvent servir à

caractériser l'espèce.

La chair du scrobiculé est âcre, d'abord blanche, et elle laisse

écouler, comme toutes les espèces du genre, un lait d'abord blanc,

âcre, qui ne tarde pas, au contact de l'air, à devenir jaune de soufre.

On trouve le Lactaire scrobiculé en été et à l'automne, dans les bois;

il n'est pas comestible.

[Illustration: --Planche 21--

=Dans les bois=--Eté, automne

=Lactaire scrobiculé=--Lactarius scrobiculatus

_Non comestible_]

=Hygrophore conique.--Hygrophorus conicus.=

Spores blanches.

L'Hygrophore conique est une petite espèce que l'on trouve souvent sur

l'herbe des chemins, dans les prairies et les clairières.

Son chapeau qui est de couleur orangée, rougeâtre ou rouge minium, est

d'abord conique, d'où le nom qui lui a été donné; il devient ensuite

presque plat, avec le centre proéminent; puis les bords se relèvent

plus ou moins, se fendillent, de même que l'épiderme du chapeau, et

laisse voir une chair mince, fragile, blanchâtre ou un peu jaunâtre.

Par les temps humides le chapeau est légèrement visqueux.

Les feuillets sont peu nombreux, épais, larges vers la marge, étroits

et presque libres vers la base, de couleur jaune, devenant verdâtres

ou noirâtres quand on les froisse, comme du reste toutes les autres

parties du champignon.

Le pied est plus long que le diamètre du chapeau, et mesure 4 à

6 centimètres de hauteur. Il est rouge, jaunâtre dans le bas,

cylindrique, arrondi à la base et très fragile.

Pousse pendant une partie de l'année dans l'herbe des prairies et sur

les chemins verts.

On n'est pas fixé sur ses qualités alimentaires, mais cependant on ne

le consomme pas, cela tient peut-être à ce que, aussitôt cueilli, il

prend un aspect noirâtre, peu engageant.

[Illustration: --Planche 22--

=Chemins herbeux=--Été, automne

=Hygrophore conique=--Hygrophorus conicus

_Non comestible_]

=Hygrophore blanc d'ivoire.--Hygrophorus eburneus.=

Spores blanches.

L'Hygrophore blanc d'ivoire est un champignon de taille moyenne, tout

blanc: son chapeau est assez charnu, arrondi, mamelonné, puis plan et

même un peu déprimé; large de 3 à 5 centimètres, visqueux au sommet,

glabre sur le disque, un peu velu sur les bords qui sont repliés.

Feuillets décurrents peu nombreux, épais, entiers, blancs, réunis par

des veines à la base.

Pied plein, ferme, droit ou un peu courbé, atténué à la base, long de

5 à 6 centimètres; il est blanc, glabre, plein, puis creux, couvert au

sommet de granulations visqueuses.

Chair blanche, ferme, de saveur agréable et d'odeur nulle.

Ce champignon, qui est comestible, n'est pas rare dans les bois, de

l'été à l'automne.

Une espèce très voisine mais un peu plus rare est l'_Hygrophorus

cossus_, également blanc dans toutes ses parties, mais il s'en

distingue à son odeur particulière, qui rappelle celle de la larve du

papillon appelé _Cossus_. Cette dernière espèce est regardée comme

suspecte.

[Illustration: --Planche 23--

=Dans les bois frais=--Été, automne

=Hygrophore blanc d'ivoire=

Hygrophorus eburneus

_Comestible_]

=Russule jaunâtre.--Russula ochroleuca.=

Spores blanches

Il y a dans toutes les Russules un faciès particulier qui permet de

reconnaître le genre au premier coup d'œil; la Russule jaunâtre, comme

ses congénères, a un aspect raide et des feuillets absolument droits

qui ne permettent pas de s'y tromper.

Il est plus difficile de différencier les espèces.

Ici, nous sommes en présence d'une espèce dont le chapeau est jaune

pâle ou un peu roussâtre surtout au centre. Il est d'abord arrondi puis

plan ou un peu déprimé au milieu, humide ou même visqueux en temps

de pluie, lisse ou légèrement strié sur les bords; diamètre: 4 à 8

centimètres.

Feuillets blancs assez nombreux, simples, larges, arrondis à la base et

droits.

Pied ferme, cylindrique, long de 5 à 6 centimètres, blanc et couvert de

stries grisâtres, spongieux à l'intérieur.

Chair blanche, ferme et cassante, de saveur âcre, mais d'odeur non

désagréable.

On considère cette Russule comme suspecte, probablement en raison de sa

saveur âcre.

La Russule jaunâtre se trouve de la fin de l'été à l'automne dans les

bois un peu humides.

[Illustration: --Planche 24--

=Dans les bois frais=--Été

=Russule jaunâtre=

Russula ochroleuca

_Non comestible_]

=Russule sevrée.--Russula delica.=

Spores blanches.

Il ne faudrait pas croire que le nom de _delica_ donné à ce champignon

implique l'idée d'un champignon excellent à consommer; le mot _delica_

doit vouloir dire sevré; au reste, cette espèce bien qu'elle soit

comestible est loin d'être délicate. C'est elle que dans certaines

localités on consomme en assez grande quantité sous le nom de Prevet.

Le chapeau de la Russule sevrée est d'abord convexe puis plan et enfin

déprimé avec les bords un peu repliés. Il est blanc comme tout le

champignon, mais souvent sali par la terre qu'il soulève; il mesure de

6 à 8 centimètres, avec un épiderme adhérent, glabre ou un peu pruineux.

Les feuillets sont peu nombreux, épais, amincis aux deux extrémités,

décurrents, blancs, avec une légère teinte verte qui se remarque

surtout à l'insertion des feuillets sur le pied.

Le pied est blanc, plein, plus court que le diamètre du chapeau,

puisqu'il mesure seulement 3 à 4 centimètres sur une épaisseur de 2

centimètres environ.

La chair est blanche, épaisse, très ferme, d'odeur un peu vireuse et de

saveur douce, puis un peu âcre.

La Russule sevrée est comestible et elle se rencontre dans les bois en

été et automne.

Ce champignon ressemble beaucoup à certaines Lactaires blanches, mais

il n'a pas de lait.

[Illustration: --Planche 25--

=Dans les bois=--Été, automne

=Russule sevrée=--Russula delica

_Comestible_]

=Russule rouge.--Russula rubra.=

Spores blanches.

Les Russules ne sont pas faciles à distinguer les unes des autres,

surtout les rouges qui sont assez nombreuses. La Russule rouge,

_Russula rubra_, de Fries, est une espèce que quelques mycologues

voudraient rayer de la nomenclature, sous le prétexte que l'on ne

sait pas au juste à quel champignon de ce genre il faut appliquer ce

qualificatif.

Voici ce qu'en dit Fries: «Ce champignon a une saveur âcre, le chapeau

convexe, plan ou déprimé, et poli lisse; marge obtuse, droite, non

striée. Les feuillets adnés, blancs, devenant un peu jaunâtres et

souvent rouges sur la tranche; ils sont assez nombreux, dimidiés ou

fourchus.»

D'après le même, la couleur du chapeau serait rouge minium, un peu

brillant, mais susceptible de pâlir ou de se modifier.

On trouve la Russule rouge dans les bois feuillus plutôt que sous les

conifères.

Le pied est robuste, ferme, blanc ou teinté de rose.

Parmi les espèces ayant une couleur rouge, nous dirons que _Russula

sanguinea_ est d'un rouge moins foncé, blanchâtre à la marge, «tout à

fait différent de _Russula rubra_ par sa chair ferme, par ses feuillets

adnés, décurrents, étroits, acuminés, comme dit Fries».

_Russula Linnæi_ a la chair douce.

_Russula Queletii_ vient sous les conifères.

[Illustration: --Planche 26--

=Bois feuillus=--Surtout l'été

=Russule rouge=--Russula rubra

_Non comestible_]

=Russule noircissante.--Russula nigricans.

Spores blanches.

La Russule noircissante est le type d'un petit groupe de Russules qui

ont pour caractère principal de prendre, en vieillissant, une couleur

noire plus ou moins foncée. Leur chair aussi devient, à la cassure,

d'une couleur rougeâtre sale que l'on ne constate pas dans les autres

espèces du genre.

Le chapeau de cette Russule est ferme, presque dur, arrondi, puis

plan et déprimé, d'abord régulier puis sinueux, glabre et non strié,

avec les bords infléchis. Il commence par être blanc ou blanc sale,

puis, peu à peu, il prend une teinte marron fuligineuse, plus ou moins

accentuée pour devenir presque noir; son diamètre est en moyenne de 8 à

10 centimètres.

Les feuillets, qui prennent un peu la couleur du chapeau, sont peu

nombreux, épais, assez larges au milieu, rétrécis aux extrémités, et

quand on les froisse, surtout dans le jeune âge, ils prennent une

teinte rouge lie de vin.

Pied à peu près cylindrique, épais, ferme, long de 4 à 6 centimètres,

d'abord blanc, puis de la couleur du chapeau, plein, puis creux, mais

rigide malgré tout.

Chair ferme, dure, granuleuse, normalement blanche, mais prenant à

l'air une teinte rougeâtre, puis devenant noire à la fin; saveur

légèrement âcre.

La Russule noircissante n'est pas comestible, on la trouve fréquemment

pendant la belle saison dans presque tous les bois.

[Illustration: --Planche 27--

=Commune dans les bois=--Été, automne

=Russule noircissante=

Russula nigricans

_Non comestible_]

=Schizophylle commun.--Schizophyllum commune.=

Spores blanches.

Joli champignon blanc cotonneux, en forme de coquille renversée,

commensal attitré des bois morts, encore revêtus de leur écorce.

Le mot schizophylle signifie que les feuillets sont fendus.

C'est le plus souvent un assemblage de chapeaux adhérents au support

par un léger pédoncule, qui manque quelquefois: il est légèrement bombé

ou plan orbiculaire, recourbé sur les bords qui sont sinués, lobés

ou incisés. Sa surface est blanchâtre, cotonneuse ou laineuse, puis

grisâtre et parfois rougeâtre. Son diamètre est de 2 à 4 centimètres,

mais il paraît souvent davantage, parce que plusieurs se soudent

ensemble. Sous le chapeau, se trouvent des feuillets rameux disposés

en éventail, qui offrent cette particularité qu'ils sont creusés en

sillon, formant comme une sorte de gouttière.

Ce champignon est membraneux, coriace, sans aucune apparence de chair;

il persiste toute l'année sur les troncs morts.

=Panus styptique.--Panus stypticus.=

Les Panus sont des champignons à spores blanches qui vivent sur les

arbres: ils ont un pied latéral ou excentrique, et comme ils sont

coriaces, on peut les conserver facilement.

Le _Panus stypticus_ nous montre un chapeau arrondi en forme de rein,

régulier ou lobé, et à bords légèrement recourbés en dessous. Il

est jaune fauve ou fauve grisâtre, un peu sillonné et couvert d'une

poussière squameuse facile à enlever.

Feuillets nombreux, étroits, minces, se terminant tous sur une même

ligne circulaire.

Pied latéral court, assez large à l'insertion des feuillets, plus

étroit à sa base.

Saveur fade, puis très âcre; non comestible.

Pousse en groupes imbriqués sur les souches d'arbres encore vivants

pendant l'automne et l'hiver.

[Illustration: --Planche 28--

=Sur les troncs morts= | =Sur les souches coupées=

Toute l'année | Toute l'année

=Schizophylle commun= | =Panus styptique=

Schizophyllum commune | Panus stypticus

_Non comestibles_]

=Volvaire élégante.--Volvaria speciosa.=

Spores roses.

On a beau dire, c'est un champignon qui porte bien son nom, mais

malheur à l'imprudent qui se laisse prendre à sa bonne mine, il cache,

paraît-il, sous des dehors séduisants, une âme bien noire, mortelle,

dit-on.

On regarde les Volvaires comme des Amanites à spores roses, rien n'est

plus vrai, puisqu'on y trouve toujours l'attribut de ces dernières, la

volve; quant au collier, il peut manquer comme aussi dans certaines

Amanites.

Au début, il est renfermé dans une volve blanche, d'où il sort sous

forme d'une boule qui s'élargit peu à peu, jusqu'à devenir presque

plate: son chapeau peut atteindre alors 6 à 8 centimètres; il est assez

charnu, blanchâtre, puis grisâtre, surtout sur le disque; il est, de

plus, mou et un peu visqueux.

Feuillets nombreux, larges, ventrus, laissant autour du pied un espace

annulaire bien visible; ils sont d'abord blancs ou blanchâtres, puis

roses par les spores qui les recouvrent.

Le pied est droit, régulier, un peu épaissi à la base, plus long que

le diamètre du chapeau, blanchâtre, puis un peu roussâtre, surtout à

la base, qui est légèrement pubescente et garni d'une volve blanche

divisée en 2 ou 3 lobes.

Chair blanche nauséeuse.

On trouve la Volvaire élégante en automne et hiver, dans les terrains

fumés, les décombres et surtout autour des meules où la paille a

longtemps séjourné à terre.

[Illustration: --Planche 29--

=Terrains fumés, décombres=--Automne, hiver

=Volvaire remarquable=--Volvaria speciosa

_Vénéneux_]

=Pluteus des cerfs.--Pluteus cervinus.=

Spores roses.

Le _Pluteus cervinus_ est un champignon assez grand, qui, en raison

de ses spores rougeâtres, fait partie du groupe des Rhodosporées

(champignons à spores roses).

Son chapeau est assez charnu, d'abord campanulé, puis convexe, plan,

avec le centre proéminent. Sa couleur est assez variable, puisqu'on

peut le trouver d'un brun plus ou moins foncé, bistré ou même

blanchâtre, mais sa couleur la plus habituelle est brune. Par les temps

humides, il est généralement visqueux, nu ou couvert de fibrilles

écailleuses; diamètre très variable de 4 à 12 centimètres.

Les feuillets sont nombreux, larges, libres autour du pied, d'abord

blancs, puis rosés, par les spores qui les recouvrent.

Le pied est plus long que le diamètre du chapeau; il est plein, puis

creux, cylindrique, blanc ou blanchâtre et couvert de fibrilles plus

foncées.

La chair est assez épaisse, molle, blanche, odorante.

Longtemps, on a considéré le _Pluteus cervinus_ comme suspect, mais il

est parfaitement comestible. On le trouve principalement sur les troncs

pourris, dans les bois, les haies, et souvent aussi sur la sciure de

bois; alors il pousse en touffe et prend des dimensions beaucoup plus

grandes et s'éloigne du type normal.

Les Pluteus poussent toujours sur du bois plus ou moins décomposé, et

non sur la terre proprement dite.

[Illustration: --Planche 30--

=Troncs pourris, sciure de bois=--Été, automne

=Pluteus des cerfs=--Pluteus cervinus

_Comestible_]

=Cortinaire bleuâtre.--Cortinarius cœrulescens.=

Spores ochracées.

Il y a, certes, parmi les Cortinaires que l'on connait, de belles

espèces, mais celui-ci est malgré tout un des plus remarquables, tant

par sa couleur fraîche et vive que par son port élégant.

Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série II (Première édition) · 第 1 / 9 段