Notre grand mycologue Bulliard appelait ce champignon, Bolet sulfurin;

mais nous savons que les Bolets ont un chapeau et un pied distincts et

que ce pied est central. Ici, pas de pied proprement dit, et en tout

cas, pas de pied central.

Pour certains mycologues, le Polypore soufré fait partie du genre

_Merisma_, qui est caractérisé par ce fait que plusieurs chapeaux

partent du même point.

En effet, il forme toujours une touffe comprenant plusieurs chapeaux

plus ou moins superposés et ayant plus ou moins l'aspect d'une lame

circulaire épaisse de 1 à 3 centimètres, sur une largeur de 10 à 12

centimètres. Ces chapeaux sont sessiles ou un peu rétrécis à la base,

aplatis ou convexes, ondulés, festonnés sur les bords. Ils sont d'abord

pubescents, puis glabres, jaune rougeâtre ou couleur saumon.

Tubes courts, terminés par des pores petits, entiers, puis lacérés, de

couleur jaune de soufre.

Chair blanche, molle, laissant écouler des gouttelettes d'eau jaune,

puis sèche, grenue, cassante et de saveur acide. Ce champignon acquiert

parfois des dimensions considérables.

On pourrait, paraît-il, manger ce champignon, mais alors il faut le

prendre très jeune.

On trouve le Polypore soufré sur les arbres languissants ou morts, et

aussi sur les bois d'industrie.

[Illustration: --Planche 48--

=Arbres malades, bois ouvrés=--Toute l'année

=Polypore soufré=--Polyporus sulfureus

_Non comestible_]

=Polypore amadouvier.--Polyporus fomentarius.=

Ce champignon, que l'on nomme Bolet à amadou, Agaric de chêne, Agaric

femelle ou encore Agaric des chirurgiens (bien qu'il n'ait aucune

ressemblance avec les Agarics), fait élection de domicile sur les vieux

arbres, principalement sur le chêne et sur le hêtre.

Il commence par donner un mamelon qui fait saillie à la surface de

l'arbre envahi, puis ce mamelon s'accroît, s'organise et se différencie

en une partie inférieure qui montre des pores et une partie supérieure

qui forme le chapeau proprement dit.

Ce chapeau peut acquérir de grandes dimensions et mesurer de 30 à 50

centimètres de largeur, sur une épaisseur de 10 à 20 centimètres.

Il adhère à l'arbre nourricier par une large surface et prolonge ses

filaments mycéliens très loin dans le tissu du support. Assez souvent,

il a la forme d'un sabot de cheval ou d'une console semi-orbiculaire,

avec les pores toujours tournés en bas, petits, fauves ou ferrugineux,

et disposés en plusieurs couches visibles sur la section du champignon.

Cette disposition est caractéristique des Fomes, aussi nomme-t-on ce

champignon _Fomes fomentarius_.

La cuticule forme des bourrelets concentriques plus ou moins nombreux,

grisâtres, fuligineux ou noirâtres.

Sous la cuticule, on trouve une chair molle, brune ou ferrugineuse, qui

peut servir à préparer l'amadou.

[Illustration: --Planche 49--

=Sous les vieux arbres=--Toute l'année

=Polypore amadouvier=

Polyporus fomentarius

_Non comestible_]

=Polypore luisant.--Polyporus lucidus.=

Ce Polypore, que Bulliard appelait Bolet oblique, est bien bizarre,

avec son chapeau disposé sur le côté et son revêtement luisant: on

dirait un champignon laqué.

Quand il débute, c'est un simple pied noirâtre qui sort de terre et qui

se termine par une sommité pointue, puis survient un tout petit chapeau

blanchâtre, dont le développement continue à se faire seulement sur un

côté, en sorte qu'il devient excentrique, et de blanchâtre qu'il était,

il prend une teinte rouge acajou vive et brillante, comme vernie. La

surface du chapeau est plus ou moins zonée et de teinte plus claire sur

le bord.

Sous le chapeau se trouvent des tubes assez longs blancs ou blanchâtres

à orifices petits.

Le pied est beaucoup plus long que le diamètre du chapeau,

irrégulièrement arrondi et bosselé, brun noirâtre brillant ou encore

rouge brun, mais plus foncé que le chapeau.

Chair coriace, blanchâtre, un peu acide.

Pousse dans les endroits humides, sur les souches de divers arbres.

[Illustration: --Planche 50--

=Sur les souches=--Toute l'année

=Polypore luisant=

Polyporus lucidus

_Non comestible_]

=Polypore blanc-noirâtre.--Polyporus leucomelas.=

Ce Polypore, appelé aussi Pied de mouton noir, est un champignon trapu,

à chapeau charnu, fragile, arrondi, entier ou lobé, irrégulier, assez

épais, mince sur les bords qui sont enroulés. Il est brun noirâtre ou

bistré noir, à surface douce, unie, puis rugueuse et fendillée. Il

mesure de 6 à 10 centimètres. Il porte sous le chapeau des tubes très

courts à orifices blancs ou blanchâtres se prolongeant sur le pied.

Pied robuste difforme, plus court que le chapeau et de teinte analogue

ou fuligineuse.

Chair blanche, puis rosée, fragile, agréable, sauf celle du pied, qui

serait un peu amère.

Ce champignon est comestible; on le trouve en été-automne, dans les

sapinières.

=Polypore pérennant.--Polyporus perennis.=

C'est un champignon fort élégant avec son chapeau mince, circulaire,

déprimé et agréablement zoné de jaune et de fauve; mais il est coriace,

ligneux, et par conséquent non comestible.

Sous le chapeau, on remarque des pores très petits arrondis puis

lacérés, d'abord blancs et ensuite de couleur cannelle.

Pied droit, ferme, résistant, velouté, mince ou assez fortement

épaissi, et de la couleur du chapeau.

Ces champignons poussent dans les endroits siliceux, ils se soudent

fréquemment les uns aux autres; parfois, les bords du chapeau sont

fortement laciniés.

[Illustration: --Planche 51--

=Sur la terre=--Automne | =Sur les charbonnières=

=Polypore blanc-noirâtre= | =Polypore pérennant=

Polyporus leucomelas | Polyporus perennis

_Comestible_ | _Non comestible_]

=Dédalée du chêne.--Dædalea quercina.=

Les Dédalées sont des champignons ligneux, caractérisés par la

disposition sinueuse des pores, qui forment un vrai labyrinthe, d'où le

nom qui leur a été imposé. Ils ont aussi un autre caractère commun avec

les Tramètes, qui les distingue nettement des Polypores. C'est que,

dans les polypores ligneux, la chair et les tubes sont séparés par une

ligne de démarcation bien nette, tandis que dans les Dédalées et les

Tramètes, la trame des pores et de la chair se confondent et font corps

intime.

L'espèce qui nous occupe et que l'on trouve souvent sur les arbres

malades, surtout sur les chênes et jusque dans nos maisons, peut

atteindre un volume assez considérable.

La forme en est très variable, tantôt elle est plate comme une lame,

d'autres fois prend la forme d'un coussinet large à sa surface et

diminuant progressivement vers sa partie inférieure; sa surface est

plate ou irrégulièrement bosselée ou tuberculeuse et marquée de zones

plus ou moins visibles.

Les tubes représentent plutôt des lames épaisses anastomosées de la

même couleur que le chapeau, qui finissent par former de grands pores

labyrinthiformes. Tout le champignon a une consistance qui tient le

milieu entre celle du bois et du liège.

[Illustration: --Planche 52--

=Sur les bois de charpente=--En tout temps

=Dédalée du chêne=--Dædalea quercina

_Ligneux_]

=Mérule pleureur.--Merulius lacrymans.=

Les _Merulius_ se distinguent des autres Polyporées en ce qu'ils ont

plutôt des plis anastomosés que de véritables pores.

Le Mérule pleureur, appelé aussi _Merulius destruens_ (destructeur) se

trouve dans les endroits humides, les caves principalement, derrière

les boiseries et surtout sous les parquets.

Lorsqu'il n'est pas fructifié, il se montre à nous sous la forme de

filaments blancs et ténus qui vont souvent fort loin pour trouver

des bois à détruire, puis quand les conditions sont favorables, il

se condense en une membrane assez consistante, grisâtre ou blanche

sur les bords, jaune ou jaunâtre au centre, où s'organise l'hyménium;

c'est alors qu'apparaissent les alvéoles ou pores, qui tout d'abord

ressemblent un peu à de la fraise de veau; puis les spores se forment,

mûrissent et donnent à la membrane une teinte jaune brunâtre.

Les dimensions de la plaque hyméniale sont très variables, elles

peuvent aller, de quelques centimètres, à 10 et 20 centimètres, être

circulaires ou allongées.

Sous l'influence des courants et aussi par leur puissance de

projection, ces spores peuvent se déposer très loin sous forme d'une

poussière rougeâtre.

C'est un champignon redoutable, surtout pour les bois tendres et

principalement les sapins, qui sont dévorés en peu de temps. Le

meilleur moyen de s'en préserver est tout d'abord de brûler tout ce

qu'il atteint, et de badigeonner avec une solution bouillante de

sulfate de cuivre à 10% tout ce qui est atteint, sans en excepter les

bois neufs que l'on emploie: il faut en outre ménager des courants

d'air.

[Illustration: --Planche 53--

=Sur les bois, dans les endroits humides=--Toute l'année

=Mérule pleureur=--Merulius lacrymans

_Nuisible aux bois d'industrie_]

=Hydne hérisson.--Hydnum erinaceum.=

Nous savons que les _Hydnum_ sont tous garnis sur leur surface

hyméniale de pointes plus ou moins longues auxquelles on a donné le nom

d'aiguillons. Les spores se trouvent à la surface de ces aiguillons.

Nous parlerons aujourd'hui de l'un des plus anciens et des plus beaux

parmi les champignons de ce genre.

L'Hydne hérisson se développe toujours dans les cavités qui se trouvent

sur les arbres, mais de préférence sur les chênes et les hêtres.

Lorsque le mycélium est suffisamment organisé, il projette au dehors

de l'orifice ou de la cavité une masse charnue, blanche, semblable à

un moignon, lequel, une fois dehors, s'élargit plus ou moins, de façon

à représenter un coussinet ou une épaulette, puis il se développe

tout autour des quantités de prolongements filiformes très allongés

sur le devant et bien plus courts ailleurs. Ces prolongements, blancs

ou blancs jaunâtres, prennent tous la direction verticale et sont

parallèles les uns aux autres, en sorte que quand le champignon s'est

complètement développé, on croirait avoir devant soi une épaulette

d'une nature particulière.

L'Hydne hérisson est comestible, mais sa chair est de consistance un

peu ferme; comme saveur, il rappelle assez celle du champignon de

couche.

C'est un champignon assez rare qui toujours excite l'admiration des

mycologues qui ont la chance de le rencontrer.

[Illustration: --Planche 54--

=Sur les vieux arbres blessés=--Été, automne

=Hydne hérisson=--Hydnum erinaceum

_Comestible_]

=Hydne imbriqué.--Hydnum imbricatum.=

L'Hydne imbriqué, appelé aussi barbe de bouc, comporte un chapeau et un

pied. Le chapeau est épais, charnu, un peu arrondi, puis plat ou un peu

déprimé, souvent difforme et irrégulier sur les bords qui sont minces,

ondulés, lobés; il est en outre le plus souvent parsemé de grosses

écailles tuberculeuses assez régulièrement disposées. Ces écailles sont

plus foncées (quelquefois presque noires) que le reste du chapeau, qui

est brunâtre ou terre d'ombre. A la partie inférieure du chapeau se

trouvent des aiguillons fragiles d'un blanc sale ou cendrés, qui se

prolongent sur le pied.

Pied plutôt court, épais, gris, brun ou rougeâtre.

Chair ferme, cassante, sèche, d'un blanc pâle ou grisâtre, un peu amère.

On trouve ce champignon en automne, dans les bois de conifères; il est

comestible.

=Hydne gélatineux.=

=Hydnum (Tremellodon) gelatinosum.=

L'_Hydnum gelatinosum_, que l'on nomme aussi _Tremellodon gelatinosum_,

a un chapeau de consistance gélatineuse, translucide, grisâtre ou

brunâtre, lisse, irrégulier, souvent dimidié ou terminé par un pied

latéral de même consistance. A la partie inférieure du chapeau existent

des aiguillons moins transparents; chair à saveur agréable.

On trouve toujours ce champignon près de terre, sur les souches

d'arbres verts, où il se groupe plus ou moins. Il est comestible.

[Illustration: --Planche 55--

=Sur la terre= | =Souches de conifères=

=Hydne imbriqué= | =Hydne gélatineux=

Hydnum imbricatum | Hydnum (tremellodon) gelatinosum

_Comestibles_]

=Clavaire fusiforme.--Clavaria fusiformis.=

Comme l'indique son nom, cette Clavaire a la forme d'un fuseau,

c'est-à-dire qu'elle s'effile à ses extrémités.

Elle mesure de 5 à 8 centimètres et est de couleur jaune vif un peu

mat. Elle est, à l'intérieur, compacte, puis creuse, d'abord jaune,

puis blanchissante.

La Clavaire fusiforme est simple, mais elle pousse toujours en touffes

formées de nombreux rameaux.

On la trouve à l'automne, dans les bois, les gazons, les bruyères; elle

est comestible.

On trouve dans les mêmes endroits d'autres Clavaires jaunes, de

couleurs moins vives et aussi comestibles.

=Clavaire en pilon.--Clavaria pistillaris.=

Cette Clavaire, qui ressemble au pilon des pharmaciens, se compose

essentiellement d'une partie renflée, généralement oblongue et

s'atténuant peu à peu jusqu'à la base: elle peut atteindre de 10 à 15

centimètres, sur une épaisseur de 2 à 4 centimètres. La tête ou clavule

est rougeâtre ou d'un jaune fauve, lisse, ridée ou sillonnée par places.

Chair blanche, compacte, filandreuse, se continuant jusqu'à la base.

La partie inférieure est moins colorée et presque blanche.

Quoique peu agréable, elle est comestible; on la trouve à l'automne et

même pendant l'été, dans les bois ombragés.

[Illustration: --Planche 56--

=Dans les bois=--Été, automne

=Clavaire fusiforme= | =Clavaire en pilon=

Clavaria fusiformis (gauche) | Clavaria pistillaris

_Comestibles_]

=Gyrocéphale helvelloïde.=

=Gyrocephalus (Guepinia) helvelloides.=

Les _Gyrocephalus_ (ou _Guepinia_) sont des champignons gélatineux

assez fermes, stipités, ayant un peu la forme d'une spatule ou d'une

cuiller, ou encore d'un lobe d'oreille.

Ils se distinguent des _Tremella_ par leurs basides linéaires et leurs

spores courbées.

Le _Gyrocephalus helvelloides_, ainsi appelé parce qu'il ressemble

un peu à certaines Helvelles, se compose d'un pédicule blanchâtre

ou rougeâtre plus ou moins grand, et se prolongeant en une sorte de

chapeau irrégulier, spatulé, lobé ou festonné, quelquefois même il est

creusé en entonnoir et presque toujours plus développé d'un côté que

de l'autre. Il peut atteindre une hauteur de 5 à 10 centimètres; il

est un peu translucide, rouge ou rose orangé, et de consistance molle

gélatineuse.

L'hyménium se trouve à la partie inférieure du chapeau, il est

vaguement plissé.

En raison de sa couleur, certains mycologues le nomment _Gyrocephalus

rufus_ (Gyrocéphale rouge).

On trouve ce champignon à terre, surtout dans les montagnes et sous les

conifères.

Il peut être consommé en salade.

[Illustration: --Planche 57--

=A terre, sous les conifères=--Été, automne

=Gyrocéphale helvelloïde=--Gyrocephalus (Guepinia) helvelloides

_Comestible_]

=Calocère visqueuse.--Calocera viscosa.=

Les _Calocera_ sont voisins des _Clavaria_, dont ils diffèrent par leur

consistance gélatineuse, visqueuse, cornée étant secs.

Ce sont des champignons aux couleurs vives, à réceptacle simple ou

rameux, isolés ou cespiteux et poussant sur les arbres ou les bois

décomposés.

Le _Calocera viscosa_, ou _Calocera flammea_, comme on le nomme aussi,

est formé de rameaux plus ou moins nombreux, dressés, cylindriques ou

un peu aplatis, un peu bifurqués au sommet. Toute la plante est jaune

rougeâtre, plus foncée à la dessiccation.

Inférieurement, le champignon se prolonge en une racine tenace

radicante. Nous le croyons comestible, mais il ne vaut pas les

Clavaires, c'est en tous cas une petite espèce.

=Auriculaire mésentérique.=

=Auricularia mesenterica.=

Les _Auricularia_ font partie des Trémellinées ou Auriculariées, du mot

latin _Auricula_, oreille. Dans ces champignons, l'hyménium est quelque

peu plissé, ridé, et les spores sont oblongues, courbées et assez

grosses.

L'Auriculaire mésentérique, nommée aussi Auriculaire trémelloïde,

vient sur les souches décomposées, qu'elle garnit de nombreux chapeaux

d'abord adhérents, puis réfléchis, entiers, arrondis, gris brunâtre,

zonés.

L'hyménium, qui se trouve à la partie inférieure, est d'un brun

violacé, plissé, ridé.

[Illustration: --Planche 58--

=Sur les troncs=--Été, automne

=Calocère visqueuse= | =Auriculaire mésentérique=

Calocera viscosa (bas) | Auricularia mesenterica (haut)

_Non comestibles_]

=Phallus puant.--Phallus impudicus.=

Ce champignon, que les anciens naturalistes avaient nommé Morille

puante, œuf du diable, se rencontre assez fréquemment dans les bois

sablonneux.

Il se présente à l'origine comme une sorte d'œuf blanchâtre ou

grisâtre. Ces œufs se montrent à moitié émergés du sol, ou même ils

reposent tout à fait sur les débris ou le mycélium s'est implanté. A

un moment donné, cet œuf se rompt irrégulièrement pour donner issue

au champignon proprement dit, qui, dans l'espace de quelques heures,

atteint tout son développement.

Il se présente alors sous la forme d'un pédicule long de 10 à 20

centimètres, cylindro-conique aux extrémités, fistuleux et complètement

percé de nombreuses perforations qui lui donnent une très grande

légèreté. Sa partie supérieure est garnie d'une sorte de coiffe

munie d'alvéoles renfermant à leur intérieur une mucosité verdâtre

et malodorante où se trouvent les spores. C'est cette matière que

les insectes transportent inconsciemment dans d'autres endroits, qui

contribue à propager l'espèce.

Bien qu'un tel champignon n'invite guère à le consommer, on assure qu'à

l'état d'œuf, il a été mis en vente sur le marché d'Épernay.

On trouve dans les mêmes endroits le _Phallus imperialis_, sensiblement

plus rare que le précédent; il a la volve rose, puis le _Phallus

caninus_ (Phallus de chien), beaucoup plus grêle dans toutes ses

parties, avec la tête rose.

[Illustration: --Planche 59--

=Sur la terre des bois sablonneux=--Été, automne

=Phallus puant=--Phallus impudicus

_Non comestible_]

=Scléroderme vulgaire.--Scleroderma vulgare.=

Le nom de ce champignon lui vient de deux mots grecs, qui signifient

qu'il a la peau dure.

Les Sclérodermes ont un peu l'aspect des vesses-loup (Lycoperdon), mais

ils en diffèrent en ce que l'enveloppe qui recouvre le tissu fructifère

est épaisse, coriace, alors que dans les Lycoperdons elle est mince;

de plus, la trame fructifère est, dans les Lycoperdons, homogène et

dépourvue dans le jeune âge de cellules ou logettes qui existent dans

les _Scleroderma_.

Le Scléroderme vulgaire se trouve dans les terrains maigres sur la

terre, où il adhère par un faisceau de petites racines.

C'est un réceptacle plus ou moins difforme, globuleux, sessile ou à

peine stipité, dur, ferme, marqué à sa surface de squames ou d'alvéoles

quelque peu verruqueuses. La chair est d'abord blanche, divisée en

logettes, puis elle devient noire et grenue, et non pulvérulente comme

dans les vesses-loup.

=Astre hygrométrique.--Astreus (Geaster) hygrometricus.=

Ces champignons, plus connus sous le nom de _Geaster_ (étoile de

terre), ressemblent tout d'abord à des Lycoperdons, mais, à l'encontre

de ces derniers, l'enveloppe du champignon se sépare en deux parties;

l'une, extérieure, qui se divise en plusieurs lobes se recourbant plus

ou moins en dehors, suivant l'état hygrométrique de l'air, et une

interne, mince, continuant à envelopper les spores. A cet état, le

champignon représente assez bien une étoile. L'enveloppe intérieure

s'ouvre au sommet pour laisser passage aux spores.

L'Astre hygrométrique se trouve fréquemment sur la terre, dans les

endroits sablonneux.

[Illustration: --Planche 60--

=Sur la terre sablonneuse=--Été, automne

=Scléroderme vulgaire= | =Astreus hygrométrique=

Scleroderma vulgare | Astreus (geaster) hygrometricus

(bas) | (haut)

_Non comestibles_]

=Clathre en réseau.--Clathrus cancellatus.=

=(Clathre rouge.)--(Clathrus ruber.)=

Comme le Phallus puant dont il est proche, le Clathre est à son origine

renfermé dans une sorte d'œuf, mais plus arrondi, blanchâtre et marqué

extérieurement d'impressions polygonales résultant de la pression

intérieure du champignon. Cet œuf se déchire irrégulièrement à son

sommet pour laisser voir le champignon proprement dit. On voit alors

se produire une sorte de sphère, découpée par des mailles polygonales

plus ou moins nombreuses, irrégulières, formant comme un treillis rose,

rouge ou jaune rougeâtre intérieurement, d'une structure délicate et

fragile. A l'intérieur, ces branches anastomosées sont garnies d'un

hyménium verdâtre d'odeur fétide et renfermant de nombreuses spores que

les insectes se chargent de propager au loin.

Le Clathre se trouve surtout dans le midi et le sud-ouest de la France,

sous les oliviers et dans les friches, à l'automne.

=Spathulaire jaunâtre.--Spathularia flavida.=

Ce champignon tire son nom du mot latin _Spathula_, qui signifie

spatule.

C'est un champignon comprenant un pied blanc ou blanchâtre, épais,

dressé, cylindrique ou comprimé, plus large à la base qu'au sommet et

mesurant à peu près 5 centimètres de hauteur. A sa partie supérieure,

il est couronné ou plutôt enchâssé par une tête oblongue, comprimée,

entière ou festonnée, jaune et de consistance charnue molle.

L'hyménium est formé de thèques renfermant 8 spores filiformes.

Se trouve surtout sous les pins, à l'automne; comestible.

[Illustration: --Planche 61--

=En groupe sous les conifères= | =A terre dans le midi et l'ouest=

Automne

=Spathulaire jaunâtre= | =Clathre en réseau=

Spathularia flavida | Clathrus cancellatus

_Comestible_ | _Non comestible_]

=Bulgarie salissante.--Bulgaria inquinans.=

Champignon bizarre, qui pousse pendant une grande partie de l'année

sur les chênes malades ou abattus. Son nom lui vient de _Bulga_, qui

signifie bourse, à cause de l'analogie qu'il a avec certaines bourses à

quêter.

La Bulgarie débute par une petite boule jaune rougeâtre velue, de la

grosseur d'un pois; puis cette boule s'ouvre à sa partie supérieure

pour montrer une surface concave, puis plane, avec les bords légèrement

relevés.

Complètement développée, la Bulgarie ressemble assez à un cône tronqué

qui adhérerait au support par sa petite base: elle mesure de 1 à 3

centimètres, sur une hauteur à peu près égale.

L'hyménium représente un disque plat, mais fuligineux, formé de

nombreuses thèques, renfermant de 4 à 8 spores ovales, qui se répandent

tout à l'entour comme une poussière noire.

Extérieurement, le champignon est brunâtre, velu et marqué de quelques

zones parallèles; chair gélatineuse, coriace, noire, de saveur

mucilagineuse, puis légèrement piquante et comme un peu marécageuse: ce

qui en fait un comestible de peu de valeur.

La Bulgarie pousse abondamment sur les chênes malades et surtout

abattus.

[Illustration: --Planche 62--

=Sur les troncs abattus, chêne, hêtre=--Été, automne

=Bulgarie salissante=--Bulgaria inquinans

_Comestible peu estimé_]

=Pézize orangée.--Peziza aurantia.=

Ce joli champignon ne peut échapper aux regards du plus distrait des

mycologues, à cause de sa couleur vive et voyante, et aussi parce qu'il

vient généralement en grand nombre là où il se plaît.

La Pézize orangée débute tout d'abord par une très petite surface,

qui gagne rapidement et finit par acquérir une largeur de 3 à 5

centimètres. De régulière qu'elle était et appliquée sur le sol, elle

se contourne plus ou moins d'une façon capricieuse et montre des bords

sinués, ondulés.

Extérieurement et intérieurement, elle est rouge orangé.

L'hyménium, qui est un peu plus foncé, occupe la partie interne de

la coupe, il est formé, comme dans tous les discomycètes, de thèques

contenant 8 spores, elliptiques réticulées.

De même qu'avec les pézizes de grande dimension, on peut très bien,

avec la Pézize orangée, constater la projection des spores sous forme

d'un petit nuage.

On la trouve à l'automne et commencement de l'hiver, dans les bois,

les chemins frais, et surtout là où la terre a été battue, et c'est

merveille de voir ces multiples champignons rivaliser d'intensité, de

coloris et de formes.

Elle est si jolie et si abondante, et, disons-le, si propre, que l'on

peut bien se risquer à la manger, car elle est comestible.

Voici la recette qui nous a été communiquée:

Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série II (Première édition) · 第 3 / 9 段