CRÉATION DU CAPITAL.

Le capital, outillage agricole du travail du colon, étant indispensable

à celui-ci pour obtenir une plus grande production possible, nous avons

dû le comprendre dans notre système, comme agent nécessaire de

l'opération de colonisation.

On a cru longtemps, et des personnes croient encore aujourd'hui, qu'il

suffisait de faire une large concession de terres au colon et de lui

accorder quelques mesquines avances pour lui faciliter ce genre

d'entreprises. L'expérience a démontré le peu de résultat que ces

opérations donnaient. Si l'on veut que le colon produise tout ce que son

travail peut produire, il faut mettre sous sa main un outillage complet.

C'est ce que nous faisons aujourd'hui dans notre système de

colonisation.--Outre les cinquante hectares concédés, nous lui faisons

les avances suivantes: le passage d'Europe à l'Amérique du Sud,--une

habitation,--la subsistance de la famille durant la première année,--les

semences,--les outils et instruments de travail, les animaux de

labour,--et nous ajoutons à l'industrie agricole du colon, l'industrie

productive de l'élève du bétail. Le tout évalué à neuf mille cinq cents

francs, remboursables après cinq ans.

Soit donc, neuf mille cinq cents francs, la somme à dépenser

pour l'établissement de chaque famille agricole, composée

de cinq personnes au-dessus de dix ans, à......... 9,500 fr.

Le capital à employer pour une colonie de

quarante familles s'élèverait à................. 380,000

Plus cent vingt mille pour magasin commercial,

frais d'administration et réserve............... 120,000

soit............................................ 500,000

En limitant l'opération à trois colonies par

an, la dépense s'élèverait, par an, à......... 1,500,000

Et à sept millions cinq cent mille francs celle

de 15 colonies, durant une période de cinq

ans, à........................................ 7,500,000

Ce capital, étant remboursable par le colon après la cinquième année,

peut se réappliquer à une seconde période quinquennale pour

l'établissement de quinze nouvelles colonies. Voilà pourquoi, dans notre

système de construction de chemins de fer coloniaux, nous ne comprenons

que le chiffre de 7,500,000 francs pour les colonies à établir le long

des divers chemins de fer à construire. C'est donc un capital de

7,500,000 fr. qu'il s'agit de créer.

Or, comme l'institution d'une société anonyme se prête mieux à la

création de capitaux, nous avons adopté ce moyen, et nous conseillons de

fixer le capital de l'émission à 7,500,000 francs, à réaliser par une

émission de 15,000 actions de 500 francs chaque.--Mais comme le capital

7,500,000 francs ne doit s'employer que durant le cours d'une période de

cinq années pour l'établissement de 15 colonies, trois colonies par an,

soit 1,500,000 francs par an, nous divisons le paiement de l'action 500

francs en cinq coupons ou cinq annuités de 100 francs, à verser par an

durant cinq ans. Ainsi, le capitaliste qui prendrait les 15,000 actions,

n'aurait à payer, durant cinq ans, qu'une annuité de 1,500,000

francs.--Nous verrons, plus loin, les gros bénéfices que ce capital

rapporte dans les conditions établies par nous. Ce dont le lecteur

pourra se convaincre.

Soit donc, capital social...................... 7,500,000 fr.

à employer pour l'établissement de 15 colonies

en cinq ans.

Chiffre de l'émission, actions de 500 fr......... 15,000

à payer en cinq ans, par annuités, soit 100 fr.

Emploi annuel du capital pour fondation de

trois colonies................................. 1,500,000

Emploi, durant cinq ans, pour fondation de

15 colonies................................... 7,500,000[14]

_Garantie du capital_.--Ce capital est garanti: 1º par une hypothèque

sur tous les biens meubles et immeubles concédés au colon; 2º par les

300 lieues carrées concédées à l'entreprise, par les gouvernements

national ou provinciaux, 20 lieues par colonie (300 lieues pour 15

colonies), dont la valeur augmentera par le fait de la création d'un

centre de population.

Mais, me dira-t-on, le colon pourra-t-il payer le dix pour cent par an

et rembourser le capital de 11,400 francs, y compris la prime 1,900

francs, prescrite par la loi sur la colonisation? Ce doute n'est pas

permis, en présence de la grande situation qui est faite au colon,

possesseur, à cette époque, d'un domaine de cinquante hectares, d'une

maison, d'un outillage agricole, d'un nombreux troupeau de bétail de

plus de trois mille brebis, d'une centaine de vaches. Le troupeau seul

suffirait pour opérer le remboursement. Ne nous préoccupons pas de cela,

le colon saura bien trouver, dans ses économies accumulées, le capital

du remboursement et ne se laissera pas exproprier d'un domaine dont la

valeur dépassera le chiffre de la dette. Et d'ailleurs, y aurait-il

retard dans le remboursement, les vingt lieues carrées concédées à

l'entreprise ne sont-elles pas une garantie suffisante pour une créance

de cinq-cent mille francs par colonie[15].

Bases pour servir aux entreprises de colonisation dans les territoires nationaux de la Republique Argentine · 第 12 / 30 题