Une prière revient fréquemment sur ses lèvres: «Tu ne me quitteras
pas!... tu ne me quitteras plus jamais!...» Et elle m’enlace; ses bras
se lient à mon cou comme si elle avait peur;... peur de quoi?... de
qui?... de moi?... ou d’elle-même?...
Et moi, je lui dis, naïvement:
--Comment ferais-je pour te quitter?
En effet, me séparer d’elle me semble bien impossible.
--Tu ne le pourrais pas! dit-elle, non, je sens que tu ne le pourrais
pas!...
Il faut que je répète:
--Je ne le pourrais pas.
Son insistance, plus que ma crédulité, arrive à me laisser voir,
au-dessus de nos têtes unies, ce rayonnement, que nie pourtant ma raison
d’homme, et qui n’est produit que par l’idée de durée infinie,
d’éternité...