Il y a des jours où pèse sur nous comme une volonté de fakir qui fait
germer des graines et fleurir la plante poussée hâtivement dans la main.
Est-ce une atmosphère orageuse? Est-ce la douceur trop subtile de l’air
léger? ou bien donc, qui est-ce qui passe entre l’inconnaissable et
nous? Le tintement d’une cloche, une voix, une feuille d’arbre qui
remue, tirent de moi tout à coup ce que je ne croyais pas contenir. Une
émotion qui semble un lent aboutissement: chagrin ou volupté à pleurer,
se développent et m’envahissent d’un seul bond; l’air s’agite autour de
moi comme au battement d’une aile invisible; il s’épure et il porte un
parfum ignoré. Je reste à la fois ravi et désolé, comme si j’avais, moi
aussi, reconnu Béatrice qui s’enfuit...