3 octobre.

Il y a des jours où pèse sur nous comme une volonté de fakir qui fait

germer des graines et fleurir la plante poussée hâtivement dans la main.

Est-ce une atmosphère orageuse? Est-ce la douceur trop subtile de l’air

léger? ou bien donc, qui est-ce qui passe entre l’inconnaissable et

nous? Le tintement d’une cloche, une voix, une feuille d’arbre qui

remue, tirent de moi tout à coup ce que je ne croyais pas contenir. Une

émotion qui semble un lent aboutissement: chagrin ou volupté à pleurer,

se développent et m’envahissent d’un seul bond; l’air s’agite autour de

moi comme au battement d’une aile invisible; il s’épure et il porte un

parfum ignoré. Je reste à la fois ravi et désolé, comme si j’avais, moi

aussi, reconnu Béatrice qui s’enfuit...

Mon amour · 第 69 / 126 题