Comme un malade qui sent ses jours comptés, j’ai éprouvé le besoin de
revoir le pays où je suis né, où j’ai vécu ma première jeunesse, et que
j’ai quitté depuis plus de vingt ans. Ce qui m’amène ici, parbleu! je le
sais: c’est d’amour que j’ai besoin; je meurs du désir que quelque
chose, à défaut de quelqu’un, m’enveloppe d’un certain air de tendresse,
et je nourris l’illusion qu’un pan de mur, une terrasse, un vieux
jardin, ou la rivière qui coule au pied de ma petite ville, vont
s’émouvoir à mon aspect chagrin!...