Je sens aussi que je me tiens mal: il doit être apparent que son corps
me trouble. Peut-être sent-elle cela?
Quel que soit le tourment que je souffre près d’elle, je ne
l’échangerais pas contre la paix assurée--loin d’elle.
Je ne rapporte ici que le pire, c’est-à-dire mon doute. Mais le doute,
avant l’aveu, est accompagné d’une infinité d’espérances dont le nombre
et la gentillesse le travestissent et l’ornent constamment. Et il faut
songer qu’après l’aveu, le doute, entre amants, est là toujours, mais
non plus toutes les espérances.
Il est si bon, avant l’aveu, de ne pas savoir tout à fait quel sort vous
est réservé, qu’on ferait durer volontairement cette période! Elle a des
ardeurs et des délicatesses comme n’en saurait offrir que l’époque où
l’on redoute un cataclysme.