Mon amour est d’une jeunesse qui m’étonne. On dirait qu’il manque de
précédent et qu’il a à inventer de toutes pièces sa tenue et sa conduite
futures. Il ne s’est pas encore exprimé, il n’a pas attaqué; ce n’est
pas du tout l’amour qui fonce sur l’objet. Il a des énervements et des
langueurs. Tantôt il s’imagine heureux,--c’est bien facile!--et il est
ivre; tantôt il a la vision d’obstacles insurmontables, qui
l’épouvantent: alors il se suicide et agonise théâtralement, sans qu’il
ait éprouvé ses forces.