Il y a des âmes délicates. Il serait curieux qu’il y en eût eu, et qu’il
n’en subsistât pas une! L’affinement, dont on nous parle, consiste-t-il
à vivre, à aimer comme les bêtes?...
Ce n’est point le scrupule religieux ni l’enchaînement au devoir
d’épouse qui créent la plus belle pudeur de la femme, car la servitude
volontaire enlève une certaine grâce, mais c’est ce goût qu’un être qui
se sent libre a pour soi-même, pour la propreté, si j’ose dire, de son
vêtement, pour l’élégance achevée de sa personne. Tous les traités de
morale ou d’amoralisme n’y feront rien: la prétendue liberté des mœurs
n’y fera rien: la plupart des femmes sont nées monogames. Leur instinct
les voue à un seul homme; leur prédisposition à ne subir qu’un mâle, un
maître unique, est plus forte que leur penchant à l’amour. Elles peuvent
faillir à cette vocation d’unité, mais interrogez-les: de leur aveu
profond, leur idéal était là.