Offre d'incendie rejeté par l'empereur.--Volonté de sauver
Leipzig.--Le roi de Saxe délié de sa fidélité.--Issue de Leipzig
fermée à l'empereur.--Sa Majesté traversant de nouveau la
ville.--Bonne contenance du duc de Raguse et du maréchal
Ney.--Horrible tableau des rues de Leipzig.--Le pont du moulin de
Lindenau.--Souvenirs vivans.--Ordres donnés directement par
l'empereur.--Sa Majesté dormant au bruit du combat.--Le roi de
Naples et le maréchal Augereau au bivouac impérial.--Le pont
sauté.--Ordres de l'empereur mal exécutés, et son
indignation.--Absurdité de quelques bruits mensongers.--Malheurs
inouïs.--Le maréchal Macdonald traversant l'Elster à la nage.--Mort
du général Dumortier et d'un grand nombre de braves.--Mort du
prince Poniatowski.--Profonde affliction de l'empereur et regrets
universels.--Détails sur cette catastrophe.--Le corps du prince
recueilli par un pasteur.--Deux jours à Erfurt.--Adieux du roi de
Naples à l'empereur.--Le roi de Saxe traité en prisonnier, et
indignation de l'empereur.--Brillante affaire de Hanau.--Arrivée à
Mayence.--Trophées de la campagne et lettre de l'empereur à
l'impératrice.--Différence des divers retours de l'empereur en
France.--Arrivée à Saint-Cloud.--Questions que m'adresse
l'empereur et réponses véridiques.--Espérances de paix.--Enlèvement
de M. de Saint-Aignan.--Le négociateur pris de force.--Vaines
espérances.--Bonheur de la médiocrité.
RIEN n'était plus difficile que de sortir de Leipzig, cette ville étant
environnée de toutes parts de corps ennemis. On avait proposé à
l'empereur d'incendier les faubourgs où se présentaient les têtes de
colonnes des armées alliées, afin de mieux assurer sa retraite; mais il
avait repoussé cette proposition avec indignation, ne voulant pas
laisser pour dernier adieu au fidèle roi de Saxe une de ses villes
livrée aux flammes. Après l'avoir délié de sa fidélité, exhorté à songer
à ses seuls intérêts, l'empereur, en le quittant, s'était dirigé vers la
porte de Ranstadt; mais il la trouva tellement encombrée qu'il lui fut
de toute impossibilité de s'y frayer un passage; il fut donc contraint
de revenir sur ses pas, de traverser la ville, d'en sortir par la porte
du nord, et de regagner le point par lequel seul il pouvait, selon son
intention, se diriger sur Erfurt, en longeant les boulevards de l'ouest.
Les ennemis n'étaient pas tout-à-fait maîtres de la ville, et c'était le
sentiment général, qu'on aurait pu la défendre encore long-temps si
l'empereur n'eût craint de l'exposer aux horreurs d'une prise d'assaut.
Le duc de Raguse continuait à faire bonne contenance au faubourg de
Halle contre les attaques réitérées du général Blücher, et le maréchal
Ney, de son côté, voyait encore se briser devant son intrépidité les
efforts réunis du général Woronzow, du corps prussien aux ordres du
général Bülow et de l'armée suédoise.
Tant de valeur dut cependant céder au nombre, et surtout à la trahison:
car, pendant le plus fort du combat aux portes de Leipzig, un bataillon
badois, qui jusque-là avait vaillamment combattu dans les rangs
français, abandonna tout à coup la porte Saint-Pierre, qu'il était
chargé de défendre, et livra ainsi l'entrée de la ville à l'ennemi. Dès
lors, selon ce que j'ai entendu raconter à plusieurs officiers qui se
trouvaient dans cette bagarre, les rues de Leipzig présentèrent le
tableau le plus horrible. Les nôtres, contraints de se retirer, ne le
firent toutefois qu'en disputant le terrain. Mais un malheur irréparable
vint bientôt jeter le désespoir dans l'âme de l'empereur.
Voici les faits qui signalèrent cette déplorable journée, tels que ma
mémoire me les rappelle encore aujourd'hui. Je ne sais à quoi
l'attribuer, mais aucun des grands événemens dont j'ai été témoin ne se
présente plus clairement à mes souvenirs qu'une scène qui eut lieu, pour
ainsi dire, sous les murs de Leipzig. Après avoir triomphé d'incroyables
obstacles, nous étions enfin parvenus à passer l'Elster, sur le point du
moulin de Lindenau. Il me semble voir encore l'empereur, plaçant
lui-même sur la route des officiers qu'il chargeait d'indiquer le point
de réunion des corps aux hommes isolés qui se présenteraient. Ce
jour-là, après un immense désavantage causé par le nombre, sa
sollicitude s'étendait à tout comme après un triomphe décisif. Mais il
était tellement accablé de fatigue que quelques momens de sommeil lui
furent indispensables, et il dormait profondément au bruit du canon, qui
tonnait de toutes parts, quand une explosion terrible se fit entendre.
Peu de temps après, je vis entrer au bivouac de Sa Majesté le roi de
Naples, accompagné du maréchal Augereau; ils lui apportaient une triste
nouvelle. Le grand pont de l'Elster venait de sauter, et c'était le
dernier point de communication avec l'arrière-garde, forte encore de
vingt mille hommes, et laissée de l'autre côté du fleuve sous le
commandement du maréchal Macdonald. «Voilà donc comme on exécute mes
ordres!» s'écria l'empereur, en se serrant la tête avec violence entre
ses deux mains. Puis il resta un moment pensif et comme absorbé dans ses
réflexions.
Sa Majesté avait effectivement donné l'ordre de miner tous les ponts sur
l'Elster et de les faire sauter, mais seulement lorsque toute l'armée
française serait mise à couvert par le fleuve. J'ai entendu depuis
parler de cet événement en sens divers; j'en ai lu beaucoup de relations
contradictoires. Il ne m'appartient pas de chercher à répandre la
lumière sur un point d'histoire aussi controversé que celui-ci; j'ai dû
me borner à rapporter ce qui était parfaitement à ma connaissance, et
c'est ce que j'ai fait. Toutefois, qu'il me soit permis de soumettre ici
à mes lecteurs une simple observation, qui s'est présentée à mon esprit
quand j'ai lu ou entendu dire que l'empereur avait donné l'ordre
lui-même de faire sauter le pont, pour mettre sa personne à l'abri des
poursuites de l'ennemi. Je demande pardon du terme, mais cette
supposition me paraît d'une absurdité qui passe toute croyance: car il
est bien évident que, si, dans ces désastreuses circonstances,
l'empereur avait pensé à sa sûreté personnelle, nous ne l'aurions pas vu
peu de temps auparavant prolonger volontairement son séjour au palais du
roi de Saxe, étant exposé alors à un danger bien plus imminent que celui
qu'il pouvait courir après sa sortie de Leipzig. Certes, d'ailleurs,
l'empereur ne joua pas la consternation dont il fut frappé, quand il
apprit que vingt mille de ses braves étaient séparés de lui, et
peut-être séparés pour toujours.
Combien de malheurs furent les suites inévitables de la destruction du
dernier pont sur la route de Leipzig à Lindenau! et quels traits
d'héroïsme, dont la plupart resteront éternellement inconnus, ont
signalé ce désastre! Le maréchal Macdonald, se voyant séparé de l'armée,
s'élança à cheval dans l'Elster et fut assez heureux pour atteindre
l'autre rive; mais le général Dumortier, voulant suivre son chef
intrépide, disparut et périt dans les flots, ainsi qu'un grand nombre
d'officiers et de soldats; car tous avaient juré de ne point se rendre à
l'ennemi, et ce ne fut que le petit nombre qui obéit à la cruelle
nécessité de se reconnaître prisonniers. La mort du prince Poniatowski
causa de vifs regrets à l'empereur, et l'on peut dire que tout ce qui se
trouvait au quartier général fut profondément affligé de la perte du
héros polonais. On était empressé d'apprendre des détails sur ce
malheur, tout irréparable qu'il était. On savait que Sa Majesté l'avait
chargé de couvrir la retraite de l'armée, et personne n'ignorait que
l'empereur ne pouvait mieux placer sa confiance. Les uns racontaient
que, se voyant serré par l'ennemi contre une rivière sans issue, ils
l'avaient entendu dire à ceux qui l'entouraient: «Messieurs, c'est ici
qu'il faut succomber avec honneur.» On ajoutait que, mettant bientôt en
action son héroïque résolution, il avait traversé à la nage les eaux de
la Pleisse, malgré les blessures qu'il avait reçues dans un combat
opiniâtre qu'il soutenait depuis le matin. Enfin nous apprîmes que, ne
trouvant plus de refuge contre une captivité inévitable que dans les
flots de l'Elster, le brave prince s'y était précipité, sans considérer
l'escarpement impraticable du bord opposé, et qu'en peu d'instans il fut
englouti avec son cheval. Nous sûmes ensuite que son corps ne fut
retrouvé que cinq jours après, et retiré de l'eau par un pêcheur. Telle
fut la fin déplorable ensemble et glorieuse d'un des officiers les plus
brillans et les plus chevaleresques qui se soient montrés dignes de
figurer parmi l'élite des généraux français.
Cependant la pénurie des munitions de guerre obligeait l'empereur à se
retirer promptement, quoique dans le plus grand ordre, sur Erfurt, ville
richement approvisionnée de vivres, de fourrages, d'effets d'armement et
d'équipement, enfin de toute sorte de munitions. Sa Majesté y arriva le
23, ayant eu chaque jour des combats à soutenir, pour assurer sa
retraite, contre des forces quatre ou cinq fois plus nombreuses que
celles qui restaient à sa disposition. À Erfurt l'empereur ne resta que
deux jours, et en partit le 25, après avoir reçu les adieux de son
beau-frère, le roi de Naples, qu'il ne devait plus revoir. Je fus témoin
d'une partie de cette dernière entrevue, et je crus remarquer je ne sais
quoi de contraint dans l'attitude du roi de Naples; ce dont, au surplus,
l'empereur n'eut pas l'air de s'apercevoir. Il est vrai que le roi ne
lui annonça pas son départ précipité, et que Sa Majesté ignorait que ce
prince avait reçu secrètement un général autrichien[76]. L'empereur n'en
fut informé que par des rapports postérieurs, et en parut peu surpris.
Au surplus (je dois le faire observer, parce que j'ai eu souvent
l'occasion d'en faire la remarque), tant de coups, précipités, pour
ainsi dire, les uns sur les autres, frappaient l'empereur depuis quelque
temps, qu'il y paraissait presque insensible; on eût dit qu'il était
entièrement retranché dans ses idées de fatalité. Cependant Sa Majesté,
impassible pour ses propres malheurs, laissa éclater toute son
indignation quand elle apprit que les souverains alliés avaient
considéré le roi de Saxe comme leur prisonnier, et l'avaient déclaré
traître, précisément parce qu'il était le seul qui ne l'eût pas trahi.
Certes, si la fortune lui était redevenue favorable comme par le passé,
le roi de Saxe se serait trouvé maître d'un des plus vastes royaumes de
l'Europe; mais la fortune ne nous fut plus que contraire, nos triomphes
mêmes n'étaient plus suivis que d'une gloire inutile.
Ainsi, par exemple, l'armée française eut bientôt à se couvrir de gloire
à Hanau, quand il lui fallut traverser en la renversant la nombreuse
armée autrichienne et bavaroise réunie sur ce point sous les ordres du
général Wrede. Six mille prisonniers furent le résultat de ce triomphe,
qui nous ouvrit en même temps les approches de Mayence, où l'on croyait
arriver sans de nouveaux obstacles. Ce fut le 2 novembre, après une
marche de quatorze jours depuis Leipzig, que nous revîmes enfin les
bords du Rhin, et que l'on put respirer avec quelque sécurité.
Après avoir consacré cinq jours à la réorganisation de l'armée, donné
ses ordres, assigné à chacun des maréchaux et des chefs de corps le
poste qu'il devait occuper en son absence, l'empereur quitta Mayence le
7, et le 9 il coucha à Saint-Cloud, où il revint, précédé de quelques
trophées; car d'Erfurt à Francfort nous avions pris vingt drapeaux aux
Bavarois. Ces drapeaux, apportés au ministère de la guerre par M.
Lecouteulx, aide-de-camp du prince de Neufchâtel, avaient précédé de
deux jours l'arrivée de Sa Majesté à Paris; et déjà ils avaient été
présentés à l'impératrice, à qui l'empereur en avait fait hommage dans
les termes suivans: «Madame et très-chère épouse, je vous envoie vingt
drapeaux pris par mes armées aux batailles de Wachau, de Leipzig et de
Hanau; c'est un hommage que j'aime à vous rendre. Je désire que vous y
voyiez une marque de ma grande satisfaction de votre conduite pendant la
régence que je vous ai confiée.»
Sous le consulat et pendant les six premières années de l'empire,
lorsque l'empereur revenait à Paris à la suite d'une campagne, c'est que
cette campagne était terminée; la nouvelle d'une paix conclue après la
victoire l'avait toujours précédé. Pour la seconde fois, il n'en fut
plus de même au retour de Mayence. En cette circonstance, comme au
retour de Smorghoni, l'empereur laissait la guerre toujours vivante, et
revenait, non plus pour présenter à la France les fruits de ses
victoires, mais pour lui demander de nouveaux secours d'hommes et
d'argent, afin de parer aux échecs et aux pertes éprouvées par nos
armées. Cependant, malgré cette différence dans le résultat de nos
guerres, l'accueil fait par la nation à Sa Majesté était toujours le
même, du moins en apparence. Les adresses des différentes villes de
l'intérieur n'étaient ni moins nombreuses ni moins remplies
d'expressions de dévouement; ceux-là même qui concevaient des craintes
pour l'avenir se montraient encore plus dévoués que les autres, de peur
que l'on ne vînt à deviner leurs fatales prévisions. Pour moi, il ne me
vint pas une seule fois à l'idée que l'empereur pût succomber en
définitive dans la lutte qu'il soutenait: car mes idées ne se portaient
pas si loin, et ce n'est qu'en y réfléchissant depuis que j'ai pu
apprécier les dangers qui déjà le menaçaient à l'époque où nous sommes
parvenus. J'étais comme ces hommes qui, ayant passé de nuit sur les
bords d'un précipice, ne connaissent le péril auquel ils ont été exposés
que quand le jour le leur a révélé. Pourtant je dois dire que tout le
monde était las de la guerre, et que ceux de mes amis que je vis en
revenant de Mayence me parlèrent tous du besoin de la paix.
Dans l'intérieur même du palais, j'entendais beaucoup de personnes
attachées à l'empereur tenir, loin de sa présence, un pareil langage;
mais c'était une toute autre version devant Sa Majesté. Quand elle
daignait m'interroger, ce qui arrivait assez souvent, sur ce que j'avais
entendu dire, je lui rapportais exactement la vérité; et quand, dans
ces rapports confidentiels de la toilette de l'empereur, le mot de paix
sortait de ma bouche, il s'écria plusieurs fois: «La paix! la paix!...
Eh! qui la désire plus que moi?... Ce sont eux qui ne la veulent pas.
Plus j'accorde, plus ils exigent.»
Un événement extraordinaire, qui eut lieu précisément le jour où Sa
Majesté arriva à Saint-Cloud, donna quelques motifs de croire, quand il
fut connu, que les alliés avaient conçu le dessein d'entamer de
nouvelles négociations. On apprit en effet que M. de Saint-Aignan,
ministre de Sa Majesté près des cours ducales de Saxe, avait été enlevé
de vive force et conduit à Francfort, où se trouvaient alors réunis M.
de Metternich, le prince de Schwartzenberg, et les ministres de Russie
et de Prusse. Là on lui fit des ouvertures toutes pacifiques au nom des
souverains alliés; après quoi M. de Saint-Aignan eut la faculté de se
rendre sur-le-champ auprès de l'empereur, pour lui faire connaître les
détails de son enlèvement et des propositions qui en avaient été la
suite. Les offres des alliés, dont je n'eus point connaissance, et dont
par conséquent je ne puis rien dire, durent toutefois paraître dignes
d'examen à l'empereur; car ce fut bientôt un bruit général dans le
palais qu'un nouveau congrès allait s'assembler à Manheim, que M. le
duc de Vicence avait été désigné par Sa Majesté comme son ministre
plénipotentiaire, et que, pour donner plus d'éclat à sa mission, elle
venait en même temps de lui confier le porte-feuille des affaires
étrangères. Je me rappelle que cette nouvelle fit renaître l'espérance,
et fut reçue très-favorablement; car, bien que ce fût sans doute l'effet
d'une prévention, personne n'ignorait que l'opinion générale ne voyait
pas avec plaisir M. le duc de Bassano dans le poste où M. le duc de
Vicence était appelé à lui succéder. M. le duc de Bassano passait pour
aller au devant de ce qu'il croyait être les désirs secrets de
l'empereur, et pour être contraire à la paix. On verra plus tard, par
une réponse que me fit Sa Majesté à Fontainebleau, combien ces bruits
étaient gratuits et dépourvus de fondement.
Il semblait alors d'autant plus probable que les alliés avaient
réellement l'intention de traiter de la paix, qu'en se procurant à force
ouverte un négociateur français, ils avaient été au devant de tout ce
que l'on aurait pu dire pour attribuer les premières démarches à
l'empereur; et, ce qui surtout donnait un grand poids à la croyance
accordée aux dispositions pacifiques de l'Europe, c'est qu'il ne
s'agissait pas seulement d'une paix continentale, comme à Tilsitt et à
Schœnbrunn, mais bien d'une paix générale dans laquelle l'Angleterre
intervenait comme partie contractante; de sorte que l'on espérait gagner
en sécurité pour la suite ce que l'on perdrait peut-être par la rigidité
des conditions. Mais, malheureusement, l'espoir auquel on se livrait
avec une joie anticipée fut de peu de durée. On ne tarda pas à apprendre
que les propositions communiquées à M. de Saint-Aignan, après son
enlèvement, n'étaient qu'un leurre, une vieille ruse diplomatique à
laquelle les étrangers n'avaient eu recours que pour gagner du temps en
berçant l'empereur d'une fausse espérance. En effet, un mois ne s'était
pas écoulé, on n'avait pas même eu le temps de compléter l'échange des
correspondances préliminaires qui ont lieu en pareil cas, lorsque
l'empereur eut connaissance de la fameuse déclaration de Francfort, dans
laquelle, bien loin d'entrer en négociations avec Sa Majesté, on
affectait de séparer sa cause de celle de la France. Que d'intrigues! Et
que l'on bénit de bon cœur sa médiocrité quand on se compare aux hommes
condamnés à vivre dans ce dédale de hautes fourberies et d'hypocrisies
honorifiques! La triste certitude étant acquise que les étrangers
voulaient une guerre d'extermination, ramena la consternation où régnait
déjà l'espérance; mais le génie de Sa Majesté n'en fut point abattu, et
dès lors tous ses efforts se dirigèrent vers la nécessité de faire
encore une fois face à l'ennemi, non plus pour conquérir ses provinces,
mais pour garantir d'une invasion le sol sacré de la patrie.