CHAPITRE XVI.

Offre d'incendie rejeté par l'empereur.--Volonté de sauver

Leipzig.--Le roi de Saxe délié de sa fidélité.--Issue de Leipzig

fermée à l'empereur.--Sa Majesté traversant de nouveau la

ville.--Bonne contenance du duc de Raguse et du maréchal

Ney.--Horrible tableau des rues de Leipzig.--Le pont du moulin de

Lindenau.--Souvenirs vivans.--Ordres donnés directement par

l'empereur.--Sa Majesté dormant au bruit du combat.--Le roi de

Naples et le maréchal Augereau au bivouac impérial.--Le pont

sauté.--Ordres de l'empereur mal exécutés, et son

indignation.--Absurdité de quelques bruits mensongers.--Malheurs

inouïs.--Le maréchal Macdonald traversant l'Elster à la nage.--Mort

du général Dumortier et d'un grand nombre de braves.--Mort du

prince Poniatowski.--Profonde affliction de l'empereur et regrets

universels.--Détails sur cette catastrophe.--Le corps du prince

recueilli par un pasteur.--Deux jours à Erfurt.--Adieux du roi de

Naples à l'empereur.--Le roi de Saxe traité en prisonnier, et

indignation de l'empereur.--Brillante affaire de Hanau.--Arrivée à

Mayence.--Trophées de la campagne et lettre de l'empereur à

l'impératrice.--Différence des divers retours de l'empereur en

France.--Arrivée à Saint-Cloud.--Questions que m'adresse

l'empereur et réponses véridiques.--Espérances de paix.--Enlèvement

de M. de Saint-Aignan.--Le négociateur pris de force.--Vaines

espérances.--Bonheur de la médiocrité.

RIEN n'était plus difficile que de sortir de Leipzig, cette ville étant

environnée de toutes parts de corps ennemis. On avait proposé à

l'empereur d'incendier les faubourgs où se présentaient les têtes de

colonnes des armées alliées, afin de mieux assurer sa retraite; mais il

avait repoussé cette proposition avec indignation, ne voulant pas

laisser pour dernier adieu au fidèle roi de Saxe une de ses villes

livrée aux flammes. Après l'avoir délié de sa fidélité, exhorté à songer

à ses seuls intérêts, l'empereur, en le quittant, s'était dirigé vers la

porte de Ranstadt; mais il la trouva tellement encombrée qu'il lui fut

de toute impossibilité de s'y frayer un passage; il fut donc contraint

de revenir sur ses pas, de traverser la ville, d'en sortir par la porte

du nord, et de regagner le point par lequel seul il pouvait, selon son

intention, se diriger sur Erfurt, en longeant les boulevards de l'ouest.

Les ennemis n'étaient pas tout-à-fait maîtres de la ville, et c'était le

sentiment général, qu'on aurait pu la défendre encore long-temps si

l'empereur n'eût craint de l'exposer aux horreurs d'une prise d'assaut.

Le duc de Raguse continuait à faire bonne contenance au faubourg de

Halle contre les attaques réitérées du général Blücher, et le maréchal

Ney, de son côté, voyait encore se briser devant son intrépidité les

efforts réunis du général Woronzow, du corps prussien aux ordres du

général Bülow et de l'armée suédoise.

Tant de valeur dut cependant céder au nombre, et surtout à la trahison:

car, pendant le plus fort du combat aux portes de Leipzig, un bataillon

badois, qui jusque-là avait vaillamment combattu dans les rangs

français, abandonna tout à coup la porte Saint-Pierre, qu'il était

chargé de défendre, et livra ainsi l'entrée de la ville à l'ennemi. Dès

lors, selon ce que j'ai entendu raconter à plusieurs officiers qui se

trouvaient dans cette bagarre, les rues de Leipzig présentèrent le

tableau le plus horrible. Les nôtres, contraints de se retirer, ne le

firent toutefois qu'en disputant le terrain. Mais un malheur irréparable

vint bientôt jeter le désespoir dans l'âme de l'empereur.

Voici les faits qui signalèrent cette déplorable journée, tels que ma

mémoire me les rappelle encore aujourd'hui. Je ne sais à quoi

l'attribuer, mais aucun des grands événemens dont j'ai été témoin ne se

présente plus clairement à mes souvenirs qu'une scène qui eut lieu, pour

ainsi dire, sous les murs de Leipzig. Après avoir triomphé d'incroyables

obstacles, nous étions enfin parvenus à passer l'Elster, sur le point du

moulin de Lindenau. Il me semble voir encore l'empereur, plaçant

lui-même sur la route des officiers qu'il chargeait d'indiquer le point

de réunion des corps aux hommes isolés qui se présenteraient. Ce

jour-là, après un immense désavantage causé par le nombre, sa

sollicitude s'étendait à tout comme après un triomphe décisif. Mais il

était tellement accablé de fatigue que quelques momens de sommeil lui

furent indispensables, et il dormait profondément au bruit du canon, qui

tonnait de toutes parts, quand une explosion terrible se fit entendre.

Peu de temps après, je vis entrer au bivouac de Sa Majesté le roi de

Naples, accompagné du maréchal Augereau; ils lui apportaient une triste

nouvelle. Le grand pont de l'Elster venait de sauter, et c'était le

dernier point de communication avec l'arrière-garde, forte encore de

vingt mille hommes, et laissée de l'autre côté du fleuve sous le

commandement du maréchal Macdonald. «Voilà donc comme on exécute mes

ordres!» s'écria l'empereur, en se serrant la tête avec violence entre

ses deux mains. Puis il resta un moment pensif et comme absorbé dans ses

réflexions.

Sa Majesté avait effectivement donné l'ordre de miner tous les ponts sur

l'Elster et de les faire sauter, mais seulement lorsque toute l'armée

française serait mise à couvert par le fleuve. J'ai entendu depuis

parler de cet événement en sens divers; j'en ai lu beaucoup de relations

contradictoires. Il ne m'appartient pas de chercher à répandre la

lumière sur un point d'histoire aussi controversé que celui-ci; j'ai dû

me borner à rapporter ce qui était parfaitement à ma connaissance, et

c'est ce que j'ai fait. Toutefois, qu'il me soit permis de soumettre ici

à mes lecteurs une simple observation, qui s'est présentée à mon esprit

quand j'ai lu ou entendu dire que l'empereur avait donné l'ordre

lui-même de faire sauter le pont, pour mettre sa personne à l'abri des

poursuites de l'ennemi. Je demande pardon du terme, mais cette

supposition me paraît d'une absurdité qui passe toute croyance: car il

est bien évident que, si, dans ces désastreuses circonstances,

l'empereur avait pensé à sa sûreté personnelle, nous ne l'aurions pas vu

peu de temps auparavant prolonger volontairement son séjour au palais du

roi de Saxe, étant exposé alors à un danger bien plus imminent que celui

qu'il pouvait courir après sa sortie de Leipzig. Certes, d'ailleurs,

l'empereur ne joua pas la consternation dont il fut frappé, quand il

apprit que vingt mille de ses braves étaient séparés de lui, et

peut-être séparés pour toujours.

Combien de malheurs furent les suites inévitables de la destruction du

dernier pont sur la route de Leipzig à Lindenau! et quels traits

d'héroïsme, dont la plupart resteront éternellement inconnus, ont

signalé ce désastre! Le maréchal Macdonald, se voyant séparé de l'armée,

s'élança à cheval dans l'Elster et fut assez heureux pour atteindre

l'autre rive; mais le général Dumortier, voulant suivre son chef

intrépide, disparut et périt dans les flots, ainsi qu'un grand nombre

d'officiers et de soldats; car tous avaient juré de ne point se rendre à

l'ennemi, et ce ne fut que le petit nombre qui obéit à la cruelle

nécessité de se reconnaître prisonniers. La mort du prince Poniatowski

causa de vifs regrets à l'empereur, et l'on peut dire que tout ce qui se

trouvait au quartier général fut profondément affligé de la perte du

héros polonais. On était empressé d'apprendre des détails sur ce

malheur, tout irréparable qu'il était. On savait que Sa Majesté l'avait

chargé de couvrir la retraite de l'armée, et personne n'ignorait que

l'empereur ne pouvait mieux placer sa confiance. Les uns racontaient

que, se voyant serré par l'ennemi contre une rivière sans issue, ils

l'avaient entendu dire à ceux qui l'entouraient: «Messieurs, c'est ici

qu'il faut succomber avec honneur.» On ajoutait que, mettant bientôt en

action son héroïque résolution, il avait traversé à la nage les eaux de

la Pleisse, malgré les blessures qu'il avait reçues dans un combat

opiniâtre qu'il soutenait depuis le matin. Enfin nous apprîmes que, ne

trouvant plus de refuge contre une captivité inévitable que dans les

flots de l'Elster, le brave prince s'y était précipité, sans considérer

l'escarpement impraticable du bord opposé, et qu'en peu d'instans il fut

englouti avec son cheval. Nous sûmes ensuite que son corps ne fut

retrouvé que cinq jours après, et retiré de l'eau par un pêcheur. Telle

fut la fin déplorable ensemble et glorieuse d'un des officiers les plus

brillans et les plus chevaleresques qui se soient montrés dignes de

figurer parmi l'élite des généraux français.

Cependant la pénurie des munitions de guerre obligeait l'empereur à se

retirer promptement, quoique dans le plus grand ordre, sur Erfurt, ville

richement approvisionnée de vivres, de fourrages, d'effets d'armement et

d'équipement, enfin de toute sorte de munitions. Sa Majesté y arriva le

23, ayant eu chaque jour des combats à soutenir, pour assurer sa

retraite, contre des forces quatre ou cinq fois plus nombreuses que

celles qui restaient à sa disposition. À Erfurt l'empereur ne resta que

deux jours, et en partit le 25, après avoir reçu les adieux de son

beau-frère, le roi de Naples, qu'il ne devait plus revoir. Je fus témoin

d'une partie de cette dernière entrevue, et je crus remarquer je ne sais

quoi de contraint dans l'attitude du roi de Naples; ce dont, au surplus,

l'empereur n'eut pas l'air de s'apercevoir. Il est vrai que le roi ne

lui annonça pas son départ précipité, et que Sa Majesté ignorait que ce

prince avait reçu secrètement un général autrichien[76]. L'empereur n'en

fut informé que par des rapports postérieurs, et en parut peu surpris.

Au surplus (je dois le faire observer, parce que j'ai eu souvent

l'occasion d'en faire la remarque), tant de coups, précipités, pour

ainsi dire, les uns sur les autres, frappaient l'empereur depuis quelque

temps, qu'il y paraissait presque insensible; on eût dit qu'il était

entièrement retranché dans ses idées de fatalité. Cependant Sa Majesté,

impassible pour ses propres malheurs, laissa éclater toute son

indignation quand elle apprit que les souverains alliés avaient

considéré le roi de Saxe comme leur prisonnier, et l'avaient déclaré

traître, précisément parce qu'il était le seul qui ne l'eût pas trahi.

Certes, si la fortune lui était redevenue favorable comme par le passé,

le roi de Saxe se serait trouvé maître d'un des plus vastes royaumes de

l'Europe; mais la fortune ne nous fut plus que contraire, nos triomphes

mêmes n'étaient plus suivis que d'une gloire inutile.

Ainsi, par exemple, l'armée française eut bientôt à se couvrir de gloire

à Hanau, quand il lui fallut traverser en la renversant la nombreuse

armée autrichienne et bavaroise réunie sur ce point sous les ordres du

général Wrede. Six mille prisonniers furent le résultat de ce triomphe,

qui nous ouvrit en même temps les approches de Mayence, où l'on croyait

arriver sans de nouveaux obstacles. Ce fut le 2 novembre, après une

marche de quatorze jours depuis Leipzig, que nous revîmes enfin les

bords du Rhin, et que l'on put respirer avec quelque sécurité.

Après avoir consacré cinq jours à la réorganisation de l'armée, donné

ses ordres, assigné à chacun des maréchaux et des chefs de corps le

poste qu'il devait occuper en son absence, l'empereur quitta Mayence le

7, et le 9 il coucha à Saint-Cloud, où il revint, précédé de quelques

trophées; car d'Erfurt à Francfort nous avions pris vingt drapeaux aux

Bavarois. Ces drapeaux, apportés au ministère de la guerre par M.

Lecouteulx, aide-de-camp du prince de Neufchâtel, avaient précédé de

deux jours l'arrivée de Sa Majesté à Paris; et déjà ils avaient été

présentés à l'impératrice, à qui l'empereur en avait fait hommage dans

les termes suivans: «Madame et très-chère épouse, je vous envoie vingt

drapeaux pris par mes armées aux batailles de Wachau, de Leipzig et de

Hanau; c'est un hommage que j'aime à vous rendre. Je désire que vous y

voyiez une marque de ma grande satisfaction de votre conduite pendant la

régence que je vous ai confiée.»

Sous le consulat et pendant les six premières années de l'empire,

lorsque l'empereur revenait à Paris à la suite d'une campagne, c'est que

cette campagne était terminée; la nouvelle d'une paix conclue après la

victoire l'avait toujours précédé. Pour la seconde fois, il n'en fut

plus de même au retour de Mayence. En cette circonstance, comme au

retour de Smorghoni, l'empereur laissait la guerre toujours vivante, et

revenait, non plus pour présenter à la France les fruits de ses

victoires, mais pour lui demander de nouveaux secours d'hommes et

d'argent, afin de parer aux échecs et aux pertes éprouvées par nos

armées. Cependant, malgré cette différence dans le résultat de nos

guerres, l'accueil fait par la nation à Sa Majesté était toujours le

même, du moins en apparence. Les adresses des différentes villes de

l'intérieur n'étaient ni moins nombreuses ni moins remplies

d'expressions de dévouement; ceux-là même qui concevaient des craintes

pour l'avenir se montraient encore plus dévoués que les autres, de peur

que l'on ne vînt à deviner leurs fatales prévisions. Pour moi, il ne me

vint pas une seule fois à l'idée que l'empereur pût succomber en

définitive dans la lutte qu'il soutenait: car mes idées ne se portaient

pas si loin, et ce n'est qu'en y réfléchissant depuis que j'ai pu

apprécier les dangers qui déjà le menaçaient à l'époque où nous sommes

parvenus. J'étais comme ces hommes qui, ayant passé de nuit sur les

bords d'un précipice, ne connaissent le péril auquel ils ont été exposés

que quand le jour le leur a révélé. Pourtant je dois dire que tout le

monde était las de la guerre, et que ceux de mes amis que je vis en

revenant de Mayence me parlèrent tous du besoin de la paix.

Dans l'intérieur même du palais, j'entendais beaucoup de personnes

attachées à l'empereur tenir, loin de sa présence, un pareil langage;

mais c'était une toute autre version devant Sa Majesté. Quand elle

daignait m'interroger, ce qui arrivait assez souvent, sur ce que j'avais

entendu dire, je lui rapportais exactement la vérité; et quand, dans

ces rapports confidentiels de la toilette de l'empereur, le mot de paix

sortait de ma bouche, il s'écria plusieurs fois: «La paix! la paix!...

Eh! qui la désire plus que moi?... Ce sont eux qui ne la veulent pas.

Plus j'accorde, plus ils exigent.»

Un événement extraordinaire, qui eut lieu précisément le jour où Sa

Majesté arriva à Saint-Cloud, donna quelques motifs de croire, quand il

fut connu, que les alliés avaient conçu le dessein d'entamer de

nouvelles négociations. On apprit en effet que M. de Saint-Aignan,

ministre de Sa Majesté près des cours ducales de Saxe, avait été enlevé

de vive force et conduit à Francfort, où se trouvaient alors réunis M.

de Metternich, le prince de Schwartzenberg, et les ministres de Russie

et de Prusse. Là on lui fit des ouvertures toutes pacifiques au nom des

souverains alliés; après quoi M. de Saint-Aignan eut la faculté de se

rendre sur-le-champ auprès de l'empereur, pour lui faire connaître les

détails de son enlèvement et des propositions qui en avaient été la

suite. Les offres des alliés, dont je n'eus point connaissance, et dont

par conséquent je ne puis rien dire, durent toutefois paraître dignes

d'examen à l'empereur; car ce fut bientôt un bruit général dans le

palais qu'un nouveau congrès allait s'assembler à Manheim, que M. le

duc de Vicence avait été désigné par Sa Majesté comme son ministre

plénipotentiaire, et que, pour donner plus d'éclat à sa mission, elle

venait en même temps de lui confier le porte-feuille des affaires

étrangères. Je me rappelle que cette nouvelle fit renaître l'espérance,

et fut reçue très-favorablement; car, bien que ce fût sans doute l'effet

d'une prévention, personne n'ignorait que l'opinion générale ne voyait

pas avec plaisir M. le duc de Bassano dans le poste où M. le duc de

Vicence était appelé à lui succéder. M. le duc de Bassano passait pour

aller au devant de ce qu'il croyait être les désirs secrets de

l'empereur, et pour être contraire à la paix. On verra plus tard, par

une réponse que me fit Sa Majesté à Fontainebleau, combien ces bruits

étaient gratuits et dépourvus de fondement.

Il semblait alors d'autant plus probable que les alliés avaient

réellement l'intention de traiter de la paix, qu'en se procurant à force

ouverte un négociateur français, ils avaient été au devant de tout ce

que l'on aurait pu dire pour attribuer les premières démarches à

l'empereur; et, ce qui surtout donnait un grand poids à la croyance

accordée aux dispositions pacifiques de l'Europe, c'est qu'il ne

s'agissait pas seulement d'une paix continentale, comme à Tilsitt et à

Schœnbrunn, mais bien d'une paix générale dans laquelle l'Angleterre

intervenait comme partie contractante; de sorte que l'on espérait gagner

en sécurité pour la suite ce que l'on perdrait peut-être par la rigidité

des conditions. Mais, malheureusement, l'espoir auquel on se livrait

avec une joie anticipée fut de peu de durée. On ne tarda pas à apprendre

que les propositions communiquées à M. de Saint-Aignan, après son

enlèvement, n'étaient qu'un leurre, une vieille ruse diplomatique à

laquelle les étrangers n'avaient eu recours que pour gagner du temps en

berçant l'empereur d'une fausse espérance. En effet, un mois ne s'était

pas écoulé, on n'avait pas même eu le temps de compléter l'échange des

correspondances préliminaires qui ont lieu en pareil cas, lorsque

l'empereur eut connaissance de la fameuse déclaration de Francfort, dans

laquelle, bien loin d'entrer en négociations avec Sa Majesté, on

affectait de séparer sa cause de celle de la France. Que d'intrigues! Et

que l'on bénit de bon cœur sa médiocrité quand on se compare aux hommes

condamnés à vivre dans ce dédale de hautes fourberies et d'hypocrisies

honorifiques! La triste certitude étant acquise que les étrangers

voulaient une guerre d'extermination, ramena la consternation où régnait

déjà l'espérance; mais le génie de Sa Majesté n'en fut point abattu, et

dès lors tous ses efforts se dirigèrent vers la nécessité de faire

encore une fois face à l'ennemi, non plus pour conquérir ses provinces,

mais pour garantir d'une invasion le sol sacré de la patrie.

Mémoires de Constant, premier valet de chambre de l'empereur, sur la vie privée de Napoléon, sa famille et sa cour. · 第 395 / 456 题