CHAPITRE XIV.

L'empereur marchant à la conquête de la paix.--Le lendemain du

départ et le champ de bataille de Bautzen.--Murat à la tête de la

garde impériale et refus des honneurs royaux.--L'empereur à

Gorlitz.--Entrevue avec le duc de Vicence.--Le gage de paix et la

guerre.--Blücher en Silésie.--Violation de l'armistice par

Blücher.--Le général Jomini au quartier-général de l'empereur

Alexandre.--Récit du duc de Vicence.--Première nouvelle de la

présence de Moreau.--Présentation du général Jomini à

Moreau.--Froideur mutuelle et jugement de l'empereur.--Prévision de

Sa Majesté sur les transfuges.--Deux traîtres.--Changemens dans les

plans de l'empereur.--Mouvemens du quartier-général.--Mission de

Murat à Dresde.--Instructions de l'empereur au général

Gourgaud.--Dresde menacée et consternation des habitans.--Rapport

du général Gourgaud.--Résolution de défendre Dresde.--Le général

Haxo envoyé auprès du général Vandamme.--Ordres

détaillés.--L'empereur sur le pont de Dresde.--La ville rassurée

par sa présence.--Belle attitude des cuirassiers de

Latour-Maubourg.--Grande bataille.--L'empereur plus exposé qu'il ne

l'avait jamais été.--L'empereur mouillé jusqu'aux os.--Difficulté

que j'éprouve à le déshabiller.--Le seul accès de fièvre que j'aie

vu à Sa Majesté.--Le lendemain de la victoire.--L'escorte de

l'empereur brillante comme aux Tuileries.--Les grenadiers passant

la nuit à nettoyer leurs armes.--Nouvelles de Paris.--Lettres qui

me sont personnelles.--Le procès de Michel et de Reynier.--Départ

de l'impératrice pour Cherbourg.--Attentions de l'empereur pour

l'impératrice.--Soins pour la rendre populaire.--Les nouvelles

substituées aux bulletins.--Lecture des journaux.

LA guerre recommença sans que les négociations fussent précisément

rompues, puisque M. le duc de Vicence était encore auprès de M. de

Metternich; aussi l'empereur, en montant à cheval, dit-il aux nombreux

généraux qui l'entouraient qu'il marchait à la conquête de la paix. Mais

quel espoir pouvait-on encore conserver après la déclaration de

l'Autriche, et surtout quand on savait que les souverains alliés avaient

sans cesse augmenté leurs prétentions à mesure que l'empereur faisait

les concessions qui lui étaient demandées? Ce fut à cinq heures de

l'après-midi que l'empereur partit de Dresde, s'avançant par la route de

Kœnigstein. Le lendemain, il passa la journée à Bautzen, où il examina

le champ de bataille théâtre de sa dernière victoire. Là, le roi de

Naples, qui n'avait pas voulu qu'on lui rendît les honneurs royaux, vint

le rejoindre à la tête de la garde impériale, dont l'aspect était aussi

imposant qu'il l'avait jamais été.

Nous arrivâmes le 18 à Gorlitz, où l'empereur trouva le duc de Vicence,

qui revenait de Bohême. Il confirma l'empereur dans la nouvelle que Sa

Majesté avait déjà reçue à Dresde de la détermination qu'avait prise

l'empereur d'Autriche de faire cause commune avec l'empereur de Russie,

le roi de Prusse et la Suède contre l'époux de sa fille, de cette

princesse qu'il avait donnée à l'empereur comme un gage de paix. Ce fut

aussi par M. le duc de Vicence que l'empereur apprit que le général

Blücher venait d'entrer en Silésie à la tête d'une armée de cent mille

hommes, et que, sans respect pour les conventions les plus sacrées, il

s'était emparé de Breslau la veille du jour fixé pour la rupture de

l'armistice; que ce même jour le général Jomini, Suisse de naissance,

mais tout à l'heure encore au service de France, et chef d'état-major du

maréchal Ney, comblé des bontés de l'empereur, venait de déserter son

poste pour se rendre au quartier-général de l'empereur Alexandre, qui

l'avait accueilli avec toutes les démonstrations d'une vive

satisfaction.

Le duc de Vicence entra dans quelques détails sur cette désertion, qui

parut affliger Sa Majesté plus que toutes les autres nouvelles. Il lui

dit, entre autres choses, que lorsque le général Jomini était arrivé en

présence d'Alexandre, il avait trouvé ce monarque entouré de chefs,

parmi lesquels on désignait le général Moreau; et ce fut alors que

l'empereur reçut la première nouvelle de la présence de Moreau au

quartier-général ennemi. M. le duc de Vicence ajouta que l'empereur

Alexandre avait présenté le général Jomini à Moreau, que celui-ci

l'avait salué froidement, et que Jomini n'avait répondu à ce salut que

par une simple inclinaison de tête, après quoi il s'était retiré sans

dire un seul mot, et que tout le reste de la soirée il était resté

triste et silencieux dans un coin du salon opposé à celui où se tenait

Moreau. Cette froideur n'avait point échappé à l'empereur Alexandre;

aussi le lendemain à son lever, interpellant l'ex-chef d'état-major du

maréchal Ney: «Général Jomini, lui dit-il, d'où vient ce qui s'est passé

hier? Il aurait dû, ce me semble, vous être agréable de rencontrer le

général Moreau?--Partout ailleurs, Sire.--Comment?--Si j'étais né

Français, comme le général, je ne serais pas aujourd'hui dans le camp

de Votre Majesté.» M. le duc de Vicence ayant ainsi terminé son rapport

à l'empereur, Sa Majesté dit avec un sourire amer: «Je suis sûr que ce

misérable Jomini croit avoir fait une belle action! Ah! Caulaincourt, ce

sont les transfuges qui me perdront!» Peut-être Moreau, en accueillant

lui-même le général Jomini avec froideur, avait-il pensé que s'il eût

servi encore dans l'armée française, il n'aurait pas trahi les armes à

la main; et, après tout, ce n'est point une chose hors de nature que de

voir deux traîtres rougir l'un de l'autre, se faire en même temps

illusion sur leur propre trahison, et sans penser que le sentiment

qu'ils éprouvent est en même temps celui qu'ils inspirent.

Quoi qu'il en soit, les nouvelles que M. de Caulaincourt donna à

l'empereur lui firent faire quelques changemens dans la disposition de

ses plans de campagne. Sa Majesté renonça effectivement à se porter de

sa personne sur Berlin, ainsi qu'elle avait témoigné l'intention de le

faire. L'empereur, reconnaissant la nécessité de savoir avant tout à

quoi s'en tenir sur la marche de la grande armée autrichienne, commandée

par le prince de Schwartzenberg, pénétra en Bohême; mais, apprenant par

les coureurs de l'armée et par les espions que quatre-vingt mille Russes

étaient restés du côté opposé, avec un corps considérable de l'armée

autrichienne, il revint sur ses pas après quelques engagemens où sa

présence décida de la victoire, et le 24 nous nous trouvâmes de nouveau

à Bautzen. Sa Majesté envoya de cette résidence le roi de Naples à

Dresde pour rassurer le roi de Saxe et les habitans de Dresde, qui

savaient l'ennemi aux portes de leur ville. L'empereur leur faisait

donner l'assurance que les forces ennemies n'y entreraient pas,

puisqu'il était revenu pour en défendre les approches, les engageant

toutefois à ne pas se laisser intimider par un coup de main que

pourraient tenter quelques détachemens isolés. Murat arriva à propos,

car nous apprîmes plus tard qu'alors la consternation était générale

dans la ville; mais tel était le prestige attaché aux promesses de

l'empereur, que chacun reprit courage en apprenant sa présence.

Tandis que le roi de Naples remplissait cette mission, le colonel

Gourgaud fut appelé pendant la matinée dans la tente de l'empereur, où

je me trouvais alors. «Je serai demain sur la route de Pirna, lui dit Sa

Majesté; mais je m'arrêterai à Stolpen. Vous, courez à Dresde; allez

ventre à terre; soyez-y cette nuit. Voyez, en arrivant, le roi de

Naples, Durosnel, le duc de Bassano, le maréchal Gouvion: rassurez-les

tous. Voyez aussi le ministre saxon de Gersdorf; dites-lui que vous ne

pouvez pas voir le roi, parce que vous partez tout de suite, mais que je

puis demain faire entrer quarante mille hommes dans Dresde, et que je

suis en mesure d'arriver avec toute l'armée. Au jour, vous irez chez le

commandant du génie; vous visiterez les redoutes et l'enceinte de la

ville; et quand vous aurez bien vu, vous reviendrez au plus vite me

retrouver à Stolpen. Rapportez-moi le véritable état des choses, ainsi

que l'opinion du maréchal Saint-Cyr et du duc de Bassano: allez.» Le

colonel partit sur-le-champ au grand galop, n'ayant encore rien pris de

la journée.

Le lendemain, à onze heures du soir, le colonel Gourgaud était de retour

auprès de l'empereur, après avoir rempli toutes les conditions de sa

mission. Cependant l'armée des alliés était descendue dans la plaine de

Dresde, et déjà quelques attaques avaient été dirigées sur les postes

avancés. Il résulta des renseignement donnés par le colonel qu'à

l'arrivée du roi de Naples, la ville, dans la plus grande consternation,

n'avait d'espoir que dans l'empereur. Déjà, en effet, des hordes de

cosaques étaient en vue des faubourgs qu'ils menaçaient, et leur

apparition avait contraint les habitans de ces faubourgs à chercher un

refuge dans l'intérieur de la ville. En sortant, disait le colonel

Gourgaud, j'ai vu un village en flammes à une demi-lieue des grands

jardins, et le maréchal Gouvion-Saint-Cyr se disposait à évacuer cette

position.--Mais enfin, dit vivement l'empereur, quel est l'avis du duc

de Bassano?--Sire, M. le duc de Bassano ne pense pas qu'on puisse tenir

encore vingt-quatre heures.--Et vous?--Moi, Sire?... Je pense que Dresde

sera pris demain, si Votre Majesté n'est pas là.--Puis-je compter sur ce

que vous me dites?--Sire, j'en réponds sur ma tête.»

Alors Sa Majesté fait venir le général Haxo, et lui dit, le doigt sur la

carte: «Vandamme s'avance par Pirna au delà de l'Elbe. L'empressement de

l'ennemi à s'enfoncer jusqu'à Dresde a été extrême; Vandamme va se

trouver sur ses derrières. J'avais le projet de soutenir son mouvement

avec toute l'armée; mais le sort de Dresde m'inquiète, et je ne veux pas

sacrifier cette ville. Je puis m'y rendre en quelques heures, et je vais

le faire, quoiqu'il m'en coûte beaucoup d'abandonner un plan qui, bien

exécuté, pouvait me fournir les moyens d'en finir tout d'un coup avec

les alliés. Heureusement Vandamme est encore en forces suffisantes pour

suppléer au mouvement général par des attaques partielles, et qui

tourmenteront l'ennemi. Dites-lui donc qu'il se porte de Pirna sur

Ghiesubel, qu'il gagne les défilés de Peterswalde, et que, retranché

dans ce poste inexpugnable, il attende le résultat de ce qui va se

passer sous les murs de Dresde. _C'est à lui que je réserve le soin de

ramasser l'épée des vaincus_. Mais il faut du sang-froid, et ne pas

s'occuper de la cohue que feront les fuyards. Expliquez bien au général

Vandamme ce que j'attends de lui. Jamais il n'aura une occasion plus

belle de gagner le bâton de maréchal.»

Le général Haxo partit à l'instant même; l'empereur fit rentrer le

colonel Gourgaud et lui dit de prendre un cheval frais et de retourner à

Dresde plus vite qu'il n'en était venu, afin d'annoncer son arrivée: «La

vieille garde me précédera, dit Sa Majesté, j'espère qu'ils n'auront pas

peur quand ils la verront.»

Le 26 au matin, l'empereur était sur le pont de Dresde, à cheval, et

commençait, au milieu des cris de joie de la jeune et de la vieille

garde, les dispositions de cette bataille terrible qui dura trois jours.

Il était dix heures du matin quand les habitans de Dresde, réduits au

désespoir et parlant hautement de capituler, virent arriver Sa Majesté.

La scène changea tout à coup; au plus complet découragement succéda la

confiance la plus forte, surtout lorsque les fiers cuirassiers de

Latour-Maubourg défilèrent sur le pont, la tête haute et les yeux fixés

sur les collines avoisinantes, que les lignes ennemies couronnaient.

L'empereur descendit aussitôt au palais du roi, qui se préparait à

chercher un asile dans la ville neuve. L'arrivée du grand homme changea

ses dispositions. Cette entrevue fut extrêmement touchante.

Je ne prétends pas entrer dans les détails de ces journées mémorables,

où l'empereur se couvrit de gloire et fut exposé à plus de dangers que

jamais il n'en avait couru. Pages, écuyers, aides de camp, tombaient

morts autour de lui, les balles perçaient le ventre de ses chevaux, mais

rien ne pouvait l'atteindre; les soldats le voyaient et redoublaient

d'ardeur en redoublant de confiance et d'admiration. Je dirai seulement

que le premier jour l'empereur ne rentra au château qu'à minuit, et

passa toutes les heures jusqu'au jour à dicter des ordres en se

promenant à grands pas; qu'à la pointe du jour il remonta à cheval par

le temps le plus affreux, avec une pluie qui dura toute la journée. Le

soir l'ennemi était en pleine déroute: alors l'empereur reprit le chemin

du palais dans un état épouvantable. Depuis six heures du matin qu'il

était à cheval, la pluie n'avait pas cessé un seul instant; aussi

était-il si mouillé que l'on pourrait dire sans figure que ses bottes

prenaient l'eau par le collet de son habit: elles en étaient entièrement

remplies. Son chapeau de castor très-fin était tellement déformé qu'il

lui tombait sur les épaules; son ceinturon de buffle était entièrement

imprégné d'eau; enfin, un homme que l'on vient de retirer de la rivière

n'est pas plus mouillé que l'était l'empereur. Le roi de Saxe, qui

l'attendait, le revit dans cet état et l'embrassa comme un fils chéri

qui vient d'échapper à un grand danger; cet excellent prince avait les

larmes aux yeux en pressant contre son cœur le sauveur de sa capitale.

Après quelques mots rassurans et pleins de tendresse de la part de

l'empereur, Sa Majesté entra dans son appartement, laissant partout des

traces de l'eau qui dégouttait de toutes les parties de ses vêtemens.

J'eus beaucoup de peine à le déshabiller. Sachant que l'empereur aimait

à se mettre dans le bain après une journée fatigante, j'en avais fait

préparer un; mais éprouvant une fatigue extraordinaire, à laquelle se

joignait un mouvement de frisson très-caractérisé, Sa Majesté préféra se

mettre dans son lit, que je bassinai en toute hâte. À peine l'empereur

fut-il couché qu'il fit appeler M. le baron Fain, l'un de ses

secrétaires, pour lui faire lire sa correspondance arriérée, qui était

très-volumineuse. Ce fut après seulement qu'il prit son bain; il n'y

était que depuis quelques minutes, quand il se trouva saisi d'un malaise

extraordinaire bientôt suivi de vomissemens, ce qui l'obligea à se

remettre au lit. Alors Sa Majesté me dit: «Mon cher Constant, un peu de

repos m'est indispensable, voyez à ce qu'on ne me réveille que pour des

choses de la plus grande importance; dites-le à Fain.» J'obéis aux

ordres de l'empereur, après quoi je me tins dans le salon qui précédait

sa chambre à coucher, veillant avec la sévérité d'un factionnaire à ce

que personne ne le réveillât ou approchât même de son appartement. Le

lendemain matin l'empereur sonna d'assez bonne heure, et j'entrai

immédiatement dans sa chambre, inquiet de savoir comment il aurait passé

la nuit. Je trouvai l'empereur presque entièrement remis et fort gai; il

me dit cependant qu'il avait eu un mouvement de fièvre assez fort, et je

dois dire que ce fut à ma connaissance la seule fois que l'empereur ait

eu la fièvre, car, pendant tout le temps que j'ai été auprès de lui, je

ne l'ai jamais vu assez malade pour garder le lit seulement pendant

vingt-quatre heures. Il se leva à son heure ordinaire. Quand il

descendit, l'empereur éprouva une vive satisfaction, causée par la bonne

tenue du bataillon de service. Ces braves grenadiers, qui la veille lui

avaient servi d'escorte, étaient rentrés à Dresde avec lui dans l'état

le plus pitoyable: dès le matin nous les vîmes rangés dans la cour du

palais, en tenue magnifique, et portant leurs armes brillantes comme en

un jour de parade sur la place du Carrousel. Ces braves avaient passé la

nuit à se nettoyer et à se sécher autour de grands feux qu'ils avaient

allumés à cet effet, ayant ainsi préféré au sommeil et au repos dont ils

devaient pourtant avoir grand besoin, la satisfaction de se présenter en

bonne tenue aux regards de leur empereur. Un mot d'approbation les

payait de leurs fatigues, et l'on peut dire que jamais chef militaire

n'a été autant aimé du soldat que l'était Sa Majesté.

Le dernier courrier arrivé de Paris à Dresde, et dont les dépêches

furent lues, comme je l'ai dit, à l'empereur, était porteur de plusieurs

lettres pour moi, tant de ma famille que de deux ou trois de mes amis;

et tous ceux qui, dans quelque grade ou dans quelque emploi que ce soit,

ont suivi Sa Majesté dans ses campagnes, savent combien étaient

précieuses les nouvelles que l'on recevait des siens. On m'y parlait, je

me rappelle, d'un procès fameux, débattu alors devant la cour d'assises

entre le banquier Michel et Reynier. Cette affaire scandaleuse faisait

tant de bruit dans la capitale, qu'elle partageait presque avec les

nouvelles de l'armée l'intérêt et l'attention du public. On me parlait

aussi du voyage que l'impératrice était sur le point de faire à

Cherbourg, pour assister à la rupture des digues et à l'envahissement du

port par les eaux de la mer. Ce voyage, comme on peut bien le penser,

avait été conseillé par l'empereur, qui cherchait toutes les occasions

de mettre l'impératrice en évidence et de lui faire faire des actes de

souveraineté comme régente de l'empire. Elle convoquait et présidait le

conseil des ministres, et j'ai vu plus d'une fois l'empereur se

féliciter, depuis la déclaration de guerre de l'Autriche, de ce que SA

LOUISE, comme il l'appelait, était tout entière aux intérêts de la

France, et n'avait plus d'Autrichien que sa naissance; aussi lui

laissait-il la satisfaction de faire publier elle-même et en son nom

toutes les nouvelles officielles de l'armée; on ne rédigeait plus de

bulletins; les nouvelles lui étaient transmises toutes rédigées; et nul

doute que ce ne fût de la part de Sa Majesté une attention pour rendre

l'impératrice régente plus populaire, en la prenant pour l'intermédiaire

des communications du gouvernement au public. Au surplus, il est de

toute vérité que nous, qui étions sur les lieux, si nous étions

immédiatement instruits du gain d'une bataille ou d'un échec malheureux,

nous ne connaissions bien souvent l'ensemble des opérations des

différens corps manœuvrant sur une ligne immense que par les journaux de

Paris; on peut donc se figurer combien nous étions tous avides de les

lire.

Mémoires de Constant, premier valet de chambre de l'empereur, sur la vie privée de Napoléon, sa famille et sa cour. · 第 393 / 456 题