L'empereur marchant à la conquête de la paix.--Le lendemain du
départ et le champ de bataille de Bautzen.--Murat à la tête de la
garde impériale et refus des honneurs royaux.--L'empereur à
Gorlitz.--Entrevue avec le duc de Vicence.--Le gage de paix et la
guerre.--Blücher en Silésie.--Violation de l'armistice par
Blücher.--Le général Jomini au quartier-général de l'empereur
Alexandre.--Récit du duc de Vicence.--Première nouvelle de la
présence de Moreau.--Présentation du général Jomini à
Moreau.--Froideur mutuelle et jugement de l'empereur.--Prévision de
Sa Majesté sur les transfuges.--Deux traîtres.--Changemens dans les
plans de l'empereur.--Mouvemens du quartier-général.--Mission de
Murat à Dresde.--Instructions de l'empereur au général
Gourgaud.--Dresde menacée et consternation des habitans.--Rapport
du général Gourgaud.--Résolution de défendre Dresde.--Le général
Haxo envoyé auprès du général Vandamme.--Ordres
détaillés.--L'empereur sur le pont de Dresde.--La ville rassurée
par sa présence.--Belle attitude des cuirassiers de
Latour-Maubourg.--Grande bataille.--L'empereur plus exposé qu'il ne
l'avait jamais été.--L'empereur mouillé jusqu'aux os.--Difficulté
que j'éprouve à le déshabiller.--Le seul accès de fièvre que j'aie
vu à Sa Majesté.--Le lendemain de la victoire.--L'escorte de
l'empereur brillante comme aux Tuileries.--Les grenadiers passant
la nuit à nettoyer leurs armes.--Nouvelles de Paris.--Lettres qui
me sont personnelles.--Le procès de Michel et de Reynier.--Départ
de l'impératrice pour Cherbourg.--Attentions de l'empereur pour
l'impératrice.--Soins pour la rendre populaire.--Les nouvelles
substituées aux bulletins.--Lecture des journaux.
LA guerre recommença sans que les négociations fussent précisément
rompues, puisque M. le duc de Vicence était encore auprès de M. de
Metternich; aussi l'empereur, en montant à cheval, dit-il aux nombreux
généraux qui l'entouraient qu'il marchait à la conquête de la paix. Mais
quel espoir pouvait-on encore conserver après la déclaration de
l'Autriche, et surtout quand on savait que les souverains alliés avaient
sans cesse augmenté leurs prétentions à mesure que l'empereur faisait
les concessions qui lui étaient demandées? Ce fut à cinq heures de
l'après-midi que l'empereur partit de Dresde, s'avançant par la route de
Kœnigstein. Le lendemain, il passa la journée à Bautzen, où il examina
le champ de bataille théâtre de sa dernière victoire. Là, le roi de
Naples, qui n'avait pas voulu qu'on lui rendît les honneurs royaux, vint
le rejoindre à la tête de la garde impériale, dont l'aspect était aussi
imposant qu'il l'avait jamais été.
Nous arrivâmes le 18 à Gorlitz, où l'empereur trouva le duc de Vicence,
qui revenait de Bohême. Il confirma l'empereur dans la nouvelle que Sa
Majesté avait déjà reçue à Dresde de la détermination qu'avait prise
l'empereur d'Autriche de faire cause commune avec l'empereur de Russie,
le roi de Prusse et la Suède contre l'époux de sa fille, de cette
princesse qu'il avait donnée à l'empereur comme un gage de paix. Ce fut
aussi par M. le duc de Vicence que l'empereur apprit que le général
Blücher venait d'entrer en Silésie à la tête d'une armée de cent mille
hommes, et que, sans respect pour les conventions les plus sacrées, il
s'était emparé de Breslau la veille du jour fixé pour la rupture de
l'armistice; que ce même jour le général Jomini, Suisse de naissance,
mais tout à l'heure encore au service de France, et chef d'état-major du
maréchal Ney, comblé des bontés de l'empereur, venait de déserter son
poste pour se rendre au quartier-général de l'empereur Alexandre, qui
l'avait accueilli avec toutes les démonstrations d'une vive
satisfaction.
Le duc de Vicence entra dans quelques détails sur cette désertion, qui
parut affliger Sa Majesté plus que toutes les autres nouvelles. Il lui
dit, entre autres choses, que lorsque le général Jomini était arrivé en
présence d'Alexandre, il avait trouvé ce monarque entouré de chefs,
parmi lesquels on désignait le général Moreau; et ce fut alors que
l'empereur reçut la première nouvelle de la présence de Moreau au
quartier-général ennemi. M. le duc de Vicence ajouta que l'empereur
Alexandre avait présenté le général Jomini à Moreau, que celui-ci
l'avait salué froidement, et que Jomini n'avait répondu à ce salut que
par une simple inclinaison de tête, après quoi il s'était retiré sans
dire un seul mot, et que tout le reste de la soirée il était resté
triste et silencieux dans un coin du salon opposé à celui où se tenait
Moreau. Cette froideur n'avait point échappé à l'empereur Alexandre;
aussi le lendemain à son lever, interpellant l'ex-chef d'état-major du
maréchal Ney: «Général Jomini, lui dit-il, d'où vient ce qui s'est passé
hier? Il aurait dû, ce me semble, vous être agréable de rencontrer le
général Moreau?--Partout ailleurs, Sire.--Comment?--Si j'étais né
Français, comme le général, je ne serais pas aujourd'hui dans le camp
de Votre Majesté.» M. le duc de Vicence ayant ainsi terminé son rapport
à l'empereur, Sa Majesté dit avec un sourire amer: «Je suis sûr que ce
misérable Jomini croit avoir fait une belle action! Ah! Caulaincourt, ce
sont les transfuges qui me perdront!» Peut-être Moreau, en accueillant
lui-même le général Jomini avec froideur, avait-il pensé que s'il eût
servi encore dans l'armée française, il n'aurait pas trahi les armes à
la main; et, après tout, ce n'est point une chose hors de nature que de
voir deux traîtres rougir l'un de l'autre, se faire en même temps
illusion sur leur propre trahison, et sans penser que le sentiment
qu'ils éprouvent est en même temps celui qu'ils inspirent.
Quoi qu'il en soit, les nouvelles que M. de Caulaincourt donna à
l'empereur lui firent faire quelques changemens dans la disposition de
ses plans de campagne. Sa Majesté renonça effectivement à se porter de
sa personne sur Berlin, ainsi qu'elle avait témoigné l'intention de le
faire. L'empereur, reconnaissant la nécessité de savoir avant tout à
quoi s'en tenir sur la marche de la grande armée autrichienne, commandée
par le prince de Schwartzenberg, pénétra en Bohême; mais, apprenant par
les coureurs de l'armée et par les espions que quatre-vingt mille Russes
étaient restés du côté opposé, avec un corps considérable de l'armée
autrichienne, il revint sur ses pas après quelques engagemens où sa
présence décida de la victoire, et le 24 nous nous trouvâmes de nouveau
à Bautzen. Sa Majesté envoya de cette résidence le roi de Naples à
Dresde pour rassurer le roi de Saxe et les habitans de Dresde, qui
savaient l'ennemi aux portes de leur ville. L'empereur leur faisait
donner l'assurance que les forces ennemies n'y entreraient pas,
puisqu'il était revenu pour en défendre les approches, les engageant
toutefois à ne pas se laisser intimider par un coup de main que
pourraient tenter quelques détachemens isolés. Murat arriva à propos,
car nous apprîmes plus tard qu'alors la consternation était générale
dans la ville; mais tel était le prestige attaché aux promesses de
l'empereur, que chacun reprit courage en apprenant sa présence.
Tandis que le roi de Naples remplissait cette mission, le colonel
Gourgaud fut appelé pendant la matinée dans la tente de l'empereur, où
je me trouvais alors. «Je serai demain sur la route de Pirna, lui dit Sa
Majesté; mais je m'arrêterai à Stolpen. Vous, courez à Dresde; allez
ventre à terre; soyez-y cette nuit. Voyez, en arrivant, le roi de
Naples, Durosnel, le duc de Bassano, le maréchal Gouvion: rassurez-les
tous. Voyez aussi le ministre saxon de Gersdorf; dites-lui que vous ne
pouvez pas voir le roi, parce que vous partez tout de suite, mais que je
puis demain faire entrer quarante mille hommes dans Dresde, et que je
suis en mesure d'arriver avec toute l'armée. Au jour, vous irez chez le
commandant du génie; vous visiterez les redoutes et l'enceinte de la
ville; et quand vous aurez bien vu, vous reviendrez au plus vite me
retrouver à Stolpen. Rapportez-moi le véritable état des choses, ainsi
que l'opinion du maréchal Saint-Cyr et du duc de Bassano: allez.» Le
colonel partit sur-le-champ au grand galop, n'ayant encore rien pris de
la journée.
Le lendemain, à onze heures du soir, le colonel Gourgaud était de retour
auprès de l'empereur, après avoir rempli toutes les conditions de sa
mission. Cependant l'armée des alliés était descendue dans la plaine de
Dresde, et déjà quelques attaques avaient été dirigées sur les postes
avancés. Il résulta des renseignement donnés par le colonel qu'à
l'arrivée du roi de Naples, la ville, dans la plus grande consternation,
n'avait d'espoir que dans l'empereur. Déjà, en effet, des hordes de
cosaques étaient en vue des faubourgs qu'ils menaçaient, et leur
apparition avait contraint les habitans de ces faubourgs à chercher un
refuge dans l'intérieur de la ville. En sortant, disait le colonel
Gourgaud, j'ai vu un village en flammes à une demi-lieue des grands
jardins, et le maréchal Gouvion-Saint-Cyr se disposait à évacuer cette
position.--Mais enfin, dit vivement l'empereur, quel est l'avis du duc
de Bassano?--Sire, M. le duc de Bassano ne pense pas qu'on puisse tenir
encore vingt-quatre heures.--Et vous?--Moi, Sire?... Je pense que Dresde
sera pris demain, si Votre Majesté n'est pas là.--Puis-je compter sur ce
que vous me dites?--Sire, j'en réponds sur ma tête.»
Alors Sa Majesté fait venir le général Haxo, et lui dit, le doigt sur la
carte: «Vandamme s'avance par Pirna au delà de l'Elbe. L'empressement de
l'ennemi à s'enfoncer jusqu'à Dresde a été extrême; Vandamme va se
trouver sur ses derrières. J'avais le projet de soutenir son mouvement
avec toute l'armée; mais le sort de Dresde m'inquiète, et je ne veux pas
sacrifier cette ville. Je puis m'y rendre en quelques heures, et je vais
le faire, quoiqu'il m'en coûte beaucoup d'abandonner un plan qui, bien
exécuté, pouvait me fournir les moyens d'en finir tout d'un coup avec
les alliés. Heureusement Vandamme est encore en forces suffisantes pour
suppléer au mouvement général par des attaques partielles, et qui
tourmenteront l'ennemi. Dites-lui donc qu'il se porte de Pirna sur
Ghiesubel, qu'il gagne les défilés de Peterswalde, et que, retranché
dans ce poste inexpugnable, il attende le résultat de ce qui va se
passer sous les murs de Dresde. _C'est à lui que je réserve le soin de
ramasser l'épée des vaincus_. Mais il faut du sang-froid, et ne pas
s'occuper de la cohue que feront les fuyards. Expliquez bien au général
Vandamme ce que j'attends de lui. Jamais il n'aura une occasion plus
belle de gagner le bâton de maréchal.»
Le général Haxo partit à l'instant même; l'empereur fit rentrer le
colonel Gourgaud et lui dit de prendre un cheval frais et de retourner à
Dresde plus vite qu'il n'en était venu, afin d'annoncer son arrivée: «La
vieille garde me précédera, dit Sa Majesté, j'espère qu'ils n'auront pas
peur quand ils la verront.»
Le 26 au matin, l'empereur était sur le pont de Dresde, à cheval, et
commençait, au milieu des cris de joie de la jeune et de la vieille
garde, les dispositions de cette bataille terrible qui dura trois jours.
Il était dix heures du matin quand les habitans de Dresde, réduits au
désespoir et parlant hautement de capituler, virent arriver Sa Majesté.
La scène changea tout à coup; au plus complet découragement succéda la
confiance la plus forte, surtout lorsque les fiers cuirassiers de
Latour-Maubourg défilèrent sur le pont, la tête haute et les yeux fixés
sur les collines avoisinantes, que les lignes ennemies couronnaient.
L'empereur descendit aussitôt au palais du roi, qui se préparait à
chercher un asile dans la ville neuve. L'arrivée du grand homme changea
ses dispositions. Cette entrevue fut extrêmement touchante.
Je ne prétends pas entrer dans les détails de ces journées mémorables,
où l'empereur se couvrit de gloire et fut exposé à plus de dangers que
jamais il n'en avait couru. Pages, écuyers, aides de camp, tombaient
morts autour de lui, les balles perçaient le ventre de ses chevaux, mais
rien ne pouvait l'atteindre; les soldats le voyaient et redoublaient
d'ardeur en redoublant de confiance et d'admiration. Je dirai seulement
que le premier jour l'empereur ne rentra au château qu'à minuit, et
passa toutes les heures jusqu'au jour à dicter des ordres en se
promenant à grands pas; qu'à la pointe du jour il remonta à cheval par
le temps le plus affreux, avec une pluie qui dura toute la journée. Le
soir l'ennemi était en pleine déroute: alors l'empereur reprit le chemin
du palais dans un état épouvantable. Depuis six heures du matin qu'il
était à cheval, la pluie n'avait pas cessé un seul instant; aussi
était-il si mouillé que l'on pourrait dire sans figure que ses bottes
prenaient l'eau par le collet de son habit: elles en étaient entièrement
remplies. Son chapeau de castor très-fin était tellement déformé qu'il
lui tombait sur les épaules; son ceinturon de buffle était entièrement
imprégné d'eau; enfin, un homme que l'on vient de retirer de la rivière
n'est pas plus mouillé que l'était l'empereur. Le roi de Saxe, qui
l'attendait, le revit dans cet état et l'embrassa comme un fils chéri
qui vient d'échapper à un grand danger; cet excellent prince avait les
larmes aux yeux en pressant contre son cœur le sauveur de sa capitale.
Après quelques mots rassurans et pleins de tendresse de la part de
l'empereur, Sa Majesté entra dans son appartement, laissant partout des
traces de l'eau qui dégouttait de toutes les parties de ses vêtemens.
J'eus beaucoup de peine à le déshabiller. Sachant que l'empereur aimait
à se mettre dans le bain après une journée fatigante, j'en avais fait
préparer un; mais éprouvant une fatigue extraordinaire, à laquelle se
joignait un mouvement de frisson très-caractérisé, Sa Majesté préféra se
mettre dans son lit, que je bassinai en toute hâte. À peine l'empereur
fut-il couché qu'il fit appeler M. le baron Fain, l'un de ses
secrétaires, pour lui faire lire sa correspondance arriérée, qui était
très-volumineuse. Ce fut après seulement qu'il prit son bain; il n'y
était que depuis quelques minutes, quand il se trouva saisi d'un malaise
extraordinaire bientôt suivi de vomissemens, ce qui l'obligea à se
remettre au lit. Alors Sa Majesté me dit: «Mon cher Constant, un peu de
repos m'est indispensable, voyez à ce qu'on ne me réveille que pour des
choses de la plus grande importance; dites-le à Fain.» J'obéis aux
ordres de l'empereur, après quoi je me tins dans le salon qui précédait
sa chambre à coucher, veillant avec la sévérité d'un factionnaire à ce
que personne ne le réveillât ou approchât même de son appartement. Le
lendemain matin l'empereur sonna d'assez bonne heure, et j'entrai
immédiatement dans sa chambre, inquiet de savoir comment il aurait passé
la nuit. Je trouvai l'empereur presque entièrement remis et fort gai; il
me dit cependant qu'il avait eu un mouvement de fièvre assez fort, et je
dois dire que ce fut à ma connaissance la seule fois que l'empereur ait
eu la fièvre, car, pendant tout le temps que j'ai été auprès de lui, je
ne l'ai jamais vu assez malade pour garder le lit seulement pendant
vingt-quatre heures. Il se leva à son heure ordinaire. Quand il
descendit, l'empereur éprouva une vive satisfaction, causée par la bonne
tenue du bataillon de service. Ces braves grenadiers, qui la veille lui
avaient servi d'escorte, étaient rentrés à Dresde avec lui dans l'état
le plus pitoyable: dès le matin nous les vîmes rangés dans la cour du
palais, en tenue magnifique, et portant leurs armes brillantes comme en
un jour de parade sur la place du Carrousel. Ces braves avaient passé la
nuit à se nettoyer et à se sécher autour de grands feux qu'ils avaient
allumés à cet effet, ayant ainsi préféré au sommeil et au repos dont ils
devaient pourtant avoir grand besoin, la satisfaction de se présenter en
bonne tenue aux regards de leur empereur. Un mot d'approbation les
payait de leurs fatigues, et l'on peut dire que jamais chef militaire
n'a été autant aimé du soldat que l'était Sa Majesté.
Le dernier courrier arrivé de Paris à Dresde, et dont les dépêches
furent lues, comme je l'ai dit, à l'empereur, était porteur de plusieurs
lettres pour moi, tant de ma famille que de deux ou trois de mes amis;
et tous ceux qui, dans quelque grade ou dans quelque emploi que ce soit,
ont suivi Sa Majesté dans ses campagnes, savent combien étaient
précieuses les nouvelles que l'on recevait des siens. On m'y parlait, je
me rappelle, d'un procès fameux, débattu alors devant la cour d'assises
entre le banquier Michel et Reynier. Cette affaire scandaleuse faisait
tant de bruit dans la capitale, qu'elle partageait presque avec les
nouvelles de l'armée l'intérêt et l'attention du public. On me parlait
aussi du voyage que l'impératrice était sur le point de faire à
Cherbourg, pour assister à la rupture des digues et à l'envahissement du
port par les eaux de la mer. Ce voyage, comme on peut bien le penser,
avait été conseillé par l'empereur, qui cherchait toutes les occasions
de mettre l'impératrice en évidence et de lui faire faire des actes de
souveraineté comme régente de l'empire. Elle convoquait et présidait le
conseil des ministres, et j'ai vu plus d'une fois l'empereur se
féliciter, depuis la déclaration de guerre de l'Autriche, de ce que SA
LOUISE, comme il l'appelait, était tout entière aux intérêts de la
France, et n'avait plus d'Autrichien que sa naissance; aussi lui
laissait-il la satisfaction de faire publier elle-même et en son nom
toutes les nouvelles officielles de l'armée; on ne rédigeait plus de
bulletins; les nouvelles lui étaient transmises toutes rédigées; et nul
doute que ce ne fût de la part de Sa Majesté une attention pour rendre
l'impératrice régente plus populaire, en la prenant pour l'intermédiaire
des communications du gouvernement au public. Au surplus, il est de
toute vérité que nous, qui étions sur les lieux, si nous étions
immédiatement instruits du gain d'une bataille ou d'un échec malheureux,
nous ne connaissions bien souvent l'ensemble des opérations des
différens corps manœuvrant sur une ligne immense que par les journaux de
Paris; on peut donc se figurer combien nous étions tous avides de les
lire.