CHAPITRE IX.

Supplément au journal du voyage à Mayence.--Madame la princesse de

Craon.--Le prince de B..... et ses deux fils.--Faveurs de Napoléon

non sollicitées.--Motifs pour les accepter.--Froideur de Louis

XVIII, et irritation du prince de B......--M. d'Aubusson.--Le

prince de B...... demandant la clef de chambellan et craignant de

l'obtenir.--Madame la princesse de B...... écrit à

l'empereur.--Causticité de madame de Balbi.--Anne et _zèbre_ de

Montmorency.--Madame de Lavalette, dame d'atours.--Attributions de

sa place usurpées par l'impératrice Joséphine.--Joséphine abuse du

blanc.--Fâcheux effet du blanc sur le visage de l'impératrice.--Les

farines.--Question indiscrète d'un docteur.--Réponse normande.--Le

rouge et le blanc.--Toilette de Joséphine et de ses dames pour la

cérémonie du 14 juillet.--Portrait de M. Denon.--Service d'honneur

de l'impératrice pendant le voyage à Aix-la-Chapelle.--M.

Deschamps, secrétaire des commandemens de l'impératrice.--Ses idées

sur les alimens.--Influence des alimens sur l'esprit.--Routes

défoncées.--Frayeur de Joséphine.--Excès de prudence pris pour du

courage.--Confusion de mots.--La crainte du tonnerre.--Attention

charmante de Joséphine pour l'auteur.--Voiture versée.--Importance

de la première femme de chambre, et simplicité de l'impératrice.

LE journal de mon voyage avec Joséphine trouvait ici sa place parmi mes

souvenirs; mais comme il a été publié dans les premiers volume des

Mémoires de Constant, je le supprime et ne laisse subsister que quelques

réflexions que j'y avais jointes.

Le jour de ma prestation de serment à Saint-Cloud, je m'y trouvai avec

M. d'Aubusson. Nous revînmes à Paris ensemble. Je désirais faire une

visite à la princesse de G....; lui-même voulait la voir, mais l'un et

l'autre nous redoutions son opinion sur nos nouvelles dignités, et nous

résolûmes de faire cette visite en commun, pour mieux nous défendre des

sarcasmes que nous attendions.

La princesse de G.... est du petit nombre des personnes qui n'ont jamais

dans aucun temps désespéré de la cause des Bourbons et de leur retour.

Son dévouement, son attachement pour eux étaient généralement connus.

Son fils, le prince de B***, partageait ses opinions; il blâmait

vivement tout ce qui s'attachait à la cour de Napoléon. Lorsque je fus

nommée dame du palais, il était une des personnes que je craignais le

plus de rencontrer chez sa mère.

La manière dont l'empereur sut vaincre sa résistance et l'attirer à lui,

mérite qu'on en parle. Napoléon attachait un grand prix à réunir autour

de lui les familles les plus marquantes de l'ancienne cour. Il avait

commencé par s'emparer de leurs enfans, sans que la volonté des parens

pût en aucune façon les soustraire à son autorité.

Telle personne venait de payer dix mille francs pour acheter un

remplaçant pour son fils atteint par la conscription, qui le voyait le

lendemain arraché de ses bras comme garde d'honneur, pour aller paver de

ses ossemens les routes de Russie. Charles et Edmond, les deux fils du

prince de B***, étaient très-jeunes encore. Leur éducation n'était

pas terminée; leur père espérait trouver dans leur grande jeunesse une

sauve-garde contre la toute-puissance de Bonaparte. Mais c'était

vainement qu'il s'en flattait. Son nom, son rang dans le monde, la

réputation parfaite et si bien méritée de la princesse de B......, tout

se réunissait pour que l'empereur cherchât les moyens d'attirer à lui

cette famille.

Il commença par envoyer des brevets de sous-lieutenans à ses fils. Sous

un gouvernement tel que celui de Napoléon, c'était un ordre difficile à

éluder. Le prince de B...... eut recours à Fouché. Ce ministre, dans les

temps difficiles de la révolution, avait rendu de grands services à

plusieurs personnes de la cour, notamment à la maréchale de B***. Il

était donc très-simple que le prince s'adressât à lui pour obtenir qu'on

ne lui enlevât pas ses enfans.

Il représenta au ministre leur grande-jeunesse, et demanda du temps (au

moins celui de terminer leur éducation).

Assurément tous les efforts que fit alors le prince de B....... pour

soustraire ses fils à la volonté de l'empereur, et les retenir le plus

long-temps possible loin de l'armée, prouvent bien le dégoût qu'il avait

pour le gouvernement de Bonaparte: car dans cette famille l'honneur, la

bravoure sont héréditaires, et les deux jeunes princes Charles et Edmond

en ont donné plus tard d'assez brillantes preuves.

Fouché, ayant été mis en rapport avec le prince à cette occasion, fut

employé par Bonaparte pour le séduire et lui faire accepter une place de

chambellan et une de dame du palais pour la princesse.

Depuis plusieurs mois, les maisons de l'empereur et de l'impératrice

avaient réuni un grand nombre des familles les plus distinguées de

l'ancienne cour. En acceptant, le prince ne donnait plus l'exemple, il

ne faisait que le suivre. On lui montrait en perspective la restitution

des terres non vendues, appartenant au duc d'Harcourt, grand-père de la

princesse. Cette immense restitution, d'un grand intérêt pour ses

enfans, était fort importante aussi pour les deux sœurs de sa femme, la

duchesse de C*** et la princesse de C***, toutes trois

petites-filles du duc d'Harcourt. Était-il le maître de sacrifier tant

d'intérêts réunis, par l'obstination de ses refus? Non; il devait

accepter, et il le fit.

Lors du retour de Louis XVIII, il fut traité froidement par lui, et ne

fut pas compris dans la formation de la chambre des pairs. Il en fut

blessé; son caractère naturellement froid, haut, fier, s'irrita (je le

suppose) de cette distinction: à sa place, il me semble que j'en eusse

été très-flatté. Si le roi se montrait plus sévère avec lui qu'envers

toutes les autres personnes qui comme lui avaient composé la cour de

l'empereur, c'est que sans doute sa majesté faisait plus de cas de lui

que de tout autre, et puisqu'elle regrettait que son nom eût été inscrit

sur l'almanach impérial, c'est que ce nom ne devait pas se trouver sur

la même ligne que ceux qu'on y voyait.

C'est ainsi (je pense) que le prince de B....... eût dû traduire ce

petit moment de bouderie royale, mais ce n'est point ce qu'il fit.

L'injustice dont il croyait avoir à se plaindre lui faisait trouver dans

l'attachement même qu'il avait toujours professé pour la famille de nos

rois un aliment à son irritation, et cette irritation détermina sans

doute tout le reste de sa conduite, lorsqu'il revit l'empereur dans les

cent jours.

Ce que je viens de raconter du prince de B....... me rappelle une

anecdote relative à madame de B***, dont on ne s'étonnera pas, parce

qu'il n'y a rien de bien qu'on ne puisse attendre d'elle.

M. d'Aubusson, désolé de se trouver chambellan malgré lui, ressemblait

tout-à-fait à madame de La Rochefoucault, qui aurait voulu rendre toute

l'ancienne cour tributaire de la nouvelle; il se chargea donc avec

plaisir d'une lettre de M. D. B. qui demandait la clef de chambellan. Il

s'était bien gardé de faire part à sa femme de cette démarche.

Lorsqu'elle apprit cette nomination, elle fut au désespoir, ne se

doutant pas que son mari l'eût sollicitée. Elle exigeait qu'il refusât.

On peut juger dans quelle perplexité il se trouvait: refuser ce qu'il

avait demandé avec instance était impossible. M. d'Aubusson, qui avait

été employé par lui, était fort embarrassé, et se trouvait compromis par

cette versatilité. Madame de B*** mit fin à cette position en

écrivant elle-même une lettre aussi noble que touchante à l'empereur.

Elle osa rappeler ses devoirs envers la duchesse d'Angoulême; sa mère et

elle-même avaient partagé sa captivité; elle avait été la compagne de

son enfance: pouvait-elle paraître à la cour de celui qui occupait le

trône de sa famille?

En écrivant cette lettre, madame de B*** ne se doutait pas que son

mari eût demandé cette faveur qu'elle repoussait; elle croyait n'avoir à

réparer pour lui qu'un malheur, et non une faute. À cette époque,

beaucoup de demandes avaient été adressées, mais presque personne ne

voulait en convenir.

Madame de Balby était une de celles dont les sarcasmes et les moqueries

étaient le plus redoutables, parce que son esprit satirique les rendait

plus piquantes.

On a retenu d'elle beaucoup de mots qui restent dans le souvenir; j'en

citerai un assez mordant.

Pendant l'émigration, le duc de Laval s'ennuyait à Altona, et disait un

soir qu'il voulait rentrer en France.--Comment! lui dit madame de Balby,

vous, monsieur le duc, vous voulez aller à Paris! et qu'y ferez-vous?

quel monde verrez-vous? Vous savez qu'il n'est plus permis d'y porter

ses titres: comment vous ferez-vous annoncer dans un salon?--Mais, dit

le vieux duc en relevant fièrement la tête au souvenir de ses nobles

ancêtres, je me ferai annoncer Anne de Montmorenci; ce titre en vaut

bien d'autres.

--Ah! monsieur le duc, lui dit en souriant madame de Balby, vous voulez

dire zèbre de Montmorenci. Ce mot ne vaut quelque chose que pour les

personnes qui connaissaient le vieux duc.

Lorsque l'empereur forma la maison de l'impératrice, on avait nommé

douze dames du palais, une dame d'honneur et une dame d'atours qui était

madame de Lavalette, nièce de Joséphine. Elle s'était persuadé qu'elle

devait avoir la direction entière de la toilette de l'impératrice, et

décider celles que devaient porter les dames du palais dans les

différentes cérémonies: en effet, les attributs de sa place pouvaient

lui donner cette prétention; mais Joséphine, pour qui la toilette était

une véritable occupation, et qui trouvait d'ailleurs que sa nièce

manquait de goût, lui signifia qu'elle n'aurait que le nom de dame

d'atours, mais qu'elle entendait choisir elle-même ses étoffes, et ne

céder ce soin à personne.

C'était peut-être un tort dans la position élevée qui était devenue la

sienne; elle eût dû laisser prendre ce soin aux personnes de son

service. Joséphine se mettait fort bien, sa taille était charmante; elle

avait de la grâce dans ses moindres actions: mais sa figure, quand je

l'ai connue, était loin d'être bien. Je crois que sa peau a toujours été

un peu brune, mais elle l'était devenue davantage par l'usage du blanc

dont elle la couvrait.

On sait combien cette préparation est dangereuse pour la peau, qu'elle

finit toujours par scorifier, lorsqu'on s'en est servi long-temps. C'est

ce qui était arrivé à l'impératrice; son menton particulièrement avait

été tellement gâté par l'usage du blanc, qu'il n'y tenait plus que

très-difficilement. Il était difficile qu'elle se fît illusion à cet

égard; mais elle nous disait (et peut-être le croyait-elle elle-même)

que l'état de son menton indiquait l'état de sa santé; que, lorsqu'elle

n'était pas bien, sa peau était couverte de farine blanchâtre. Il

arrivait souvent, lorsqu'on lui demandait des nouvelles de sa santé,

qu'elle répondait: _Mais pas bien; voyez, j'ai mes farines_.

Ces farines, sur l'existence desquelles elle consultait bien gravement

le médecin allemand d'Aix-la-Chapelle, me mirent dans un étrange

embarras. Ce petit docteur vint un jour me faire une visite, il

paraissait fort embarrassé de ce qu'il avait à me dire; il amena la

conversation sur la santé de l'impératrice, et enfin me demanda:

_Madame, Sa Majesté ne porte-t-elle pas du fard?_ Cette question, faite

avec l'accent allemand le plus prononcé, me causa beaucoup d'embarras,

et encore plus d'envie de rire. Je voyais que le docteur, consulté

chaque jour par Joséphine sur ce qu'elle appelait _ses farines_, voulait

savoir à quoi s'en tenir avant d'ordonner des remèdes qu'il ne voulait

lui administrer qu'en sûreté de conscience. Il avait la vue très-basse,

mais à travers les lunettes qu'il portait toujours, il avait bien cru

apercevoir quelque chose qui ressemblait à ce qu'il nommait du fard. Je

lui répondis comme on répond à la cour; en me quittant il n'en savait

pas beaucoup plus qu'en entrant. Seulement je l'engageai beaucoup à ne

pas _droguer Sa Majesté_, et lui conseillai de s'en rapporter un peu à

la nature.

Je ne sais s'il me comprit; quoi qu'il en soit, l'impératrice garda _ses

farines_.

Je ne sais pourquoi les femmes ne conviennent jamais qu'elles portent du

blanc, et ne font aucun mystère de mettre du rouge; je n'ai jamais pu

comprendre la différence qu'elles font du rouge au blanc.

On préparait une grande cérémonie aux Invalides; le 14 juillet, on

devait y faire une grande distribution des décorations de la

Légion-d'Honneur. L'impératrice devait s'y rendre, accompagnée de sa

nouvelle cour. Madame de Lavalette décida que, pour une cérémonie du

matin, ces dames ne devaient porter que des robes d'étoffe, ou du crêpe

et des fleurs, mais ni broderies d'or ou d'argent, ni diamans. Son avis

ne fut pas suivi: on décida que la toilette des dames devait toujours

être en harmonie avec celle de l'impératrice. Madame de Lavalette seule

parut avec une toilette très-simple.

Le soir du 14 juillet, l'empereur nous conduisit dans la salle des

antiques, qu'il voulut voir aux flambeaux. M. Denon nous accompagnait.

La réputation que ce directeur du musée a acquise en pays étranger, et

particulièrement en Angleterre, est une chose étonnante.

Pour nous autres Français, M. Denon était un homme aimable, ayant de la

grâce dans l'esprit, dans les manières, mais nous sommes bien loin de

lui accorder les talens que les Anglais lui supposent. M. Denon est

placé par eux en première ligne parmi les auteurs les plus remarquables;

je ne sais en vérité s'ils ne mettraient pas Voltaire à sa suite. Au

reste, ce n'est point à une femme à dépriser le mérite de M. Denon. Il

était laid, mais laid comme il n'est vraiment pas permis de l'être, et

pas un homme n'a eu autant de succès près des dames même dans un âge

très-avancé; les femmes doivent consacrer le souvenir de ces succès

comme une page honorable de leur histoire, qui doit servir de réponse à

toutes les accusations de frivolité qu'on leur a adressées de tous

temps, et qu'on continue plus par habitude que par conviction, car

personne ne peut contester que M. Denon n'a pu devoir ses succès qu'aux

grâces de son esprit et de ses manières.

Joséphine partit peu de jours après la cérémonie des Invalides pour

aller prendre les eaux d'Aix-la-Chapelle.

Madame de La Rochefoucault et quatre dames du palais devaient être du

voyage. Je fus désignée pour l'une d'elles. Madame Auguste de Colbert,

madame de Luçay et sa fille, étaient les trois autres. M. d'Harville,

grand écuyer, M. de Foulers, écuyer cavalcadour, MM. de Beaumont et

d'Aubusson, chambellans, composaient tout le service d'honneur, avec M.

Deschamps, secrétaire des commandemens.

M. Deschamps était un homme d'un esprit fin, délié, tout-à-fait

agréable. En voyage dans l'absence de l'empereur, Joséphine dînait avec

toutes les personnes nommées pour l'accompagner; on y joignait

l'officier de gendarmerie commandant son escorte, le colonel de la garde

d'honneur qu'on lui donnait dans toutes les villes où elle séjournait.

Je choisissais souvent ma place près de M. Deschamps; j'ai toujours

préféré la société des hommes d'esprit amusans à celle des gens titrés

ennuyeux. Il avait des manies fort drôles; celle, par exemple, d'être

persuadé que l'espèce de nourriture avait quelque influence sur nos

facultés intellectuelles, en sorte qu'il faisait une distinction des

mets qui rendaient bêtes et de ceux qui laissaient à l'esprit tout son

développement. Il prétendait qu'on devait manger des perdreaux, des

viandes nourrissantes en très-petite quantité, et proscrire les légumes

qui chargeaient l'estomac, et par leur digestion difficile nous rendent

fort bêtes. Je donne ici sa recette pour avoir de l'esprit, bien

persuadée que personne ne la suivra, car, dans ce monde je n'ai jamais

rencontré aucun individu qui ne fût pas très-content du sien, et qui

crût avoir besoin d'en acquérir davantage.

En traversant les Ardennes nous courûmes quelques dangers. L'empereur

avait déterminé la route que nous devions suivre; malheureusement, cette

route n'était tracée que sur la carte. Elle devint si mauvaise qu'on fut

obligé, dans une descente très-rapide, de soutenir les voitures avec des

cordes. Joséphine effrayée voulut descendre malgré la pluie et la boue

qui couvrait la route. De toutes les personnes du voyage, hommes ou

femmes, maîtres ou domestiques, je fus la seule qui restai dans ma

voiture. J'ai remarqué souvent qu'on s'effraie de dangers imaginaires,

et qu'on ne pense pas à ceux dont on est sans cesse entouré. J'en

trouvais un très-réel à recevoir la pluie, à mouiller mes pieds, et à

gagner un rhume presque certain. La chance d'être versée était beaucoup

moins probable; on exalta beaucoup mon courage, qui ne me paraissait au

contraire que de la prudence. C'est ainsi que dans le monde on ne

s'entend pas toujours sur les mots; on devrait bien faire un

dictionnaire qui leur donnerait leur véritable signification.

La peur que l'impératrice éprouva me rappelle celle de beaucoup de gens,

lorsqu'ils entendent le tonnerre. Une femme de ma connaissance, âgée de

soixante-dix ans, est toujours tourmentée à l'excès par tous les orages.

Un jour je lui demandai si, dans le cours de sa longue vie, elle avait

déjà vu quelqu'un tué par le tonnerre; elle me dit que non; je lui fis

observer que sans doute, elle avait vu mourir autour d'elle une foule de

personnes par suite d'apoplexies, de fièvres et d'accidens auxquels on

ne pense jamais; que je croyais que dans tous les instans nous étions

entourés de dangers qui peuvent nous atteindre avec bien plus de

facilité que le tonnerre.

En parlant de cette route, je dois faire mention d'une attention

charmante de Joséphine pour moi. En passant près de la forteresse du

Luxembourg, elle envoya à la portière de ma voiture, qui suivait la

sienne de très-près, son écuyer cavalcadour, pour me faire remarquer un

ouvrage fortifié qu'on lui avait dit fait par mon père le général

D***; rien au monde n'était plus aimable que ce message.

Dans la mauvaise route que nous avions parcourue, la voiture dans

laquelle se trouvait madame Saint-Hilaire, première femme de chambre,

versa. Elle n'arriva à Liége qu'un jour après nous. Aussitôt qu'on

s'était aperçu de son absence, on avait envoyé quelques cavaliers de

l'escorte pour s'informer de la cause de ce retard, et protéger son

voyage. Mais ces soins ne parurent pas suffisans à madame Saint-Hilaire,

qui était très-offensée que la cour entière ne fût pas bouleversée par

son absence; la gravité importante de sa contenance contrastait

singulièrement avec la simplicité gracieuse de sa maîtresse.

Mémoires de Constant, premier valet de chambre de l'empereur, sur la vie privée de Napoléon, sa famille et sa cour. · 第 251 / 456 题