CHAPITRE X.

Séjour à Munich et à Stuttgard.--Mariage du prince Eugène avec la

princesse Auguste-Amélie de Bavière.--Fêtes.--Tendresse mutuelle du

vice-roi et de la vice-reine.--Comment le vice-roi élevait ses

enfans.--Un trait de l'enfance de sa majesté l'impératrice actuelle

du Brésil.--Portrait du feu roi de Bavière, Maximilien

Joseph.--Souvenirs de son ancien séjour à Strasbourg, comme colonel

au service de France.--Amour des Bavarois pour cet excellent

prince.--Dévoûment du roi de Bavière pour Napoléon.--La main de

Constant dans une main royale.--Contraste entre la destinée du roi

de Bavière et celle de l'empereur.--Les deux tombeaux.--Portrait du

prince royal, aujourd'hui roi de Bavière.--Surdité et

bégaiement.--Gravité et amour pour l'étude.--Opposition du

prince-royal contre l'empereur.--Voyage du prince Louis (de

Bavière) à Paris.--Sommeil de ce prince au spectacle, et la

_méridienne_ de l'archi-chancelier de l'empire.--Portrait du roi de

Wurtemberg.--Son énorme embonpoint.--Son attitude à table.--Sa

passion pour la chasse.--La monture difficile à trouver.--Comment

on dressait les chevaux du roi à porter l'énorme poids de leur

maître.--Dureté excessive du roi de Wurtemberg.--Détails

singuliers à ce sujet.--Fidélité gardée par ce monarque.--Luxe du

roi de Wurtemberg.--Le prince royal de Wurtemberg.--Le prince

primat.--Toilette surannée des princesses allemandes.--Les coches

et les paniers.--Les journaux des modes, français.--Tristes

équipages.--Portrait du prince de Saxe-Gotha.--Coquetterie de

ci-devant jeune homme.--Michalon le coiffeur, et les perruques à la

Cupidon.--Toilette extravagante d'une princesse de la

confédération, au spectacle de la cour.--Madame

_Cunégonde_.--L'impératrice Joséphine se souvient de _Candide_.--Le

prince Murat, grand duc de Berg et de Clèves.--Le prince

Charles-Louis Frédéric de Bade vient à Paris pour épouser une des

nièces de l'impératrice Joséphine.--Portrait de ce prince.--La

première nuit des noces.--Vive résistance.--Condescendance d'un bon

mari.--La queue sacrifiée.--Rapprochement et bon ménage.--Le

grand-duc de Bade à Erfurt.--L'empereur Alexandre excite sa

jalousie.--Maladie et mort du grand-duc de Bade.--Un mot sur sa

famille.--La grande-duchesse se livre à l'éducation de ses

filles.--Fêtes, chasses, etc.--Gravité d'un ambassadeur turc,

suivant une chasse impériale.--Il refuse l'honneur de tirer le

premier coup.

SA majesté l'empereur passa le mois de janvier 1806 à Munich et à

Stuttgard; c'est dans la première de ces deux capitales que fut célébré

le mariage du vice-roi avec la princesse de Bavière. Il y eut à cette

occasion une suite de fêtes magnifiques dont l'empereur était toujours

le héros. Ses hôtes ne savaient par quels hommages témoigner au grand

homme l'admiration que leur inspirait son génie militaire.

Le vice-roi et la vice-reine ne s'étaient jamais vus avant leur mariage,

mais ils s'aimèrent bientôt comme s'ils s'étaient connus depuis des

années, car jamais deux personnes n'ont été mieux faites pour s'aimer.

Il n'est pas de princesse, et même il n'est point de mère qui se soit

occupée de ses enfans avec plus de tendresse et de soins que la

vice-reine. Elle était faite pour servir de modèle à toutes les femmes;

on m'a cité de cette respectable princesse un trait que je ne puis

m'empêcher de rapporter ici. Une de ses filles encore tout enfant, ayant

répondu d'un ton fort dur à une femme de chambre, Son Altesse

Sérénissime la vice-reine en fut instruite, et pour donner une leçon à

sa fille, elle défendit qu'à partir de ce moment on rendît à la jeune

princesse aucun service, et qu'on répondit à ses demandes. L'enfant ne

tarda pas à venir se plaindre à sa mère, qui lui dit fort gravement que,

quand on avait, comme elle, besoin du service et des soins de tout le

monde, il fallait savoir les mériter et les reconnaître par des égards

et par une politesse obligeante. Ensuite elle l'engagea à faire des

excuses à la femme de chambre et à lui parler dorénavant avec douceur,

l'assurant qu'elle en obtiendrait ainsi tout ce qu'elle demanderait de

raisonnable et de juste. La jeune enfant obéit, et la leçon lui profita

si bien, qu'elle est devenue, si l'on en croit la voix publique, une des

princesses les plus accomplies de l'Europe. Le bruit de ses perfections

s'est même répandu jusque dans le nouveau monde, qui s'est empressé de

la disputer à l'ancien, et qui a été assez heureux pour la lui enlever.

C'est, je crois, aujourd'hui, Sa Majesté l'impératrice du Brésil.

* * *

Sa majesté le roi de Bavière Maximilien-Joseph était d'une taille

élevée, d'une noble et belle figure; il pouvait avoir cinquante ans. Ses

manières étaient pleines de charme, et il avait avant la révolution

laissé à Strasbourg une renommée de bon ton et de galanterie

chevaleresque, du temps où il était colonel au service de France, du

régiment d'Alsace, sous le nom de prince Maximilien, ou prince Max,

comme l'appelaient ses soldats. Ses sujets, sa famille, ses serviteurs,

tout le monde l'adorait. Il se promenait souvent seul, le matin, dans la

ville de Munich, allait aux halles, marchandait les grains, entrait dans

les boutiques, parlait à tout le monde, et surtout aux enfans qu'il

engageait à se rendre aux écoles. Cet excellent prince ne craignait

point de compromettre sa dignité par la simplicité de ses manières, et

il avait raison, car je ne pense pas que personne ait jamais été tenté

de lui manquer de respect. L'amour qu'il inspirait n'ôtait rien à la

vénération. Tel était son dévouement à l'empereur que sa bienveillance

s'étendait jusques sur les personnes qui par leurs fonctions

approchaient le plus de Sa Majesté impériale, et se trouvaient le mieux

en position de connaître ses besoins et ses désirs. Ainsi (je ne raconte

cela que pour citer une preuve de ce que j'avance, et non pour en tirer

vanité), Sa Majesté le roi de Bavière ne venait pas de fois chez

l'empereur qu'il ne me serrât la main, s'informant de la santé de Sa

Majesté impériale, puis de la mienne, et ajoutant mille choses qui

prouvaient tout ensemble son attachement pour l'empereur et sa bonté

naturelle.

Sa majesté le roi de Bavière est maintenant dans la tombe comme celui

qui lui avait donné un trône. Mais son tombeau est encore un tombeau

royal, et les bons Bavarois peuvent venir s'y agenouiller et pleurer.

L'empereur au contraire...! le vertueux Maximilien a pu léguer à un fils

digne de lui le sceptre qu'il avait reçu de l'exilé mort à

Sainte-Hélène.

Le prince Louis, aujourd'hui roi de Bavière, et peut-être le plus digne

roi de l'Europe, était de moins grande taille que son auguste père; il

avait aussi une figure moins belle, et par malheur il était affligé

alors d'une surdité extrême, qui le faisait grossir et élever la voix

sans qu'il s'en aperçût. Sa prononciation était également affectée d'un

léger bégaiement; les Bavarois l'aimaient beaucoup. Ce prince était

sérieux et ami de l'étude, et l'empereur lui reconnaissait du mérite,

mais ne comptait pas sur son amitié; ce n'était pas qu'il le soupçonnât

de manquer de loyauté. Le prince royal était au dessus d'un pareil

soupçon; mais l'empereur savait qu'il était du parti qui craignait

l'asservissement de l'Allemagne, et qui suspectait les Français,

quoiqu'ils n'eussent jusqu'alors attaqué que l'Autriche, de projets

d'envahissement sur toutes les puissances germaniques. Toutefois ce que

je viens de dire du prince royal doit se rapporter uniquement aux années

postérieures à 1806, car je suis certain qu'à cette époque, ses

sentimens ne différaient pas de ceux du bon Maximilien, qui était, comme

je l'ai dit, pénétré de reconnaissance pour l'empereur. Le prince Louis

vint à Paris au commencement de cette année, et je l'ai vu maintes fois

au spectacle de la cour dans la loge du prince archi-chancelier. Ils

dormaient tous deux de compagnie et très-profondément; c'était au reste

l'habitude de M. Cambacérès. Lorsque l'empereur le faisait demander, et

qu'il recevait pour réponse que Monseigneur était au spectacle, «C'est

bon, c'est bon, disait Sa Majesté, il fait la méridienne, qu'on ne le

dérange pas.»

Le roi de Wurtemberg était grand, et si gros qu'on disait de lui que

Dieu l'avait mis au monde pour prouver jusqu'à quel point la peau de

l'homme peut s'étendre. Son ventre avait une telle dimension, que sa

place à table était marquée par une profonde échancrure; et malgré cette

précaution, il était obligé de tenir son assiette à la hauteur du menton

pour manger son potage; il allait à la chasse, qu'il aimait beaucoup, à

cheval, ou sur une petite voiture russe attelée de quatre chevaux qu'il

conduisait souvent lui-même. Il aimait à monter à cheval, mais ce

n'était pas chose aisée de trouver une monture de taille et de force à

porter un si lourd fardeau. Il fallait que le pauvre animal y eût été

dressé progressivement. À cet effet, l'écuyer du roi se serrait les

reins d'une ceinture chargée de morceaux de plomb dont il augmentait

chaque jour le poids, jusqu'à ce qu'il égalât celui de Sa Majesté. Le

roi était despote, dur, et même cruel; il devait signer la sentence de

tous les condamnés, et presque toujours, s'il faut en croire ce que j'en

ai entendu dire à Stuttgard, il aggravait la peine prononcée par les

juges. Difficile et brutal, il frappait souvent les gens de sa maison:

on allait jusqu'à dire qu'il n'épargnait pas Sa Majesté la reine sa

femme, sœur du roi actuel d'Angleterre. C'était au reste un prince dont

l'empereur estimait l'esprit et les hautes connaissances. Il l'aimait et

en était aimé, et il le trouva jusqu'à la fin fidèle à son alliance. Le

roi Frédéric de Wurtemberg avait une cour brillante et nombreuse, et il

étalait une grande magnificence.

Le prince héréditaire était fort aimé; il était moins altier et plus

humain que son père; on le disait juste et libéral.

Outre les têtes couronnées de sa main, l'empereur reçut en Bavière un

grand nombre de princes et princesses de la confédération qui dînaient

ordinairement avec Sa Majesté. Dans cette foule de courtisans royaux, on

remarquait le prince primat, qui ne différait en rien, sous le rapport

des manières, du ton et de la mise, de ce que nous avons de mieux à

Paris; aussi l'empereur en faisait-il un cas tout particulier. Je ne

saurais faire le même éloge de la toilette des princesses, duchesses,

et autres dames nobles. Le costume de la plupart d'entre elles était du

plus mauvais goût; elles avaient entassé dans leur coiffure, sans art et

sans grâce, les fleurs, les plumes, les chiffons de gaze d'or ou

d'argent, et surtout grande quantité d'épingles à têtes de diamans.

Les équipages de la noblesse allemande étaient tous de gros et larges

coches, ce qui était indispensable pour les énormes paniers que

portaient encore ces dames. Cette fidélité aux modes surannées était

d'autant plus surprenante, qu'à cette époque l'Allemagne jouissait du

précieux avantage de posséder deux journaux des modes. L'un était la

traduction du recueil publié par M. de la Mésangère; et l'autre, rédigé

également à Paris, était traduit et imprimé à Manheim. À ces ignobles

voitures, qui ressemblaient à nos anciennes diligences, étaient attelés

avec des cordes des chevaux extrêmement chétifs; ils étaient tellement

éloignés les uns des autres, qu'il fallait un espace immense pour faire

tourner les équipages.

Le prince de Saxe-Gotha était long et maigre; malgré son grand âge, il

était assez coquet pour faire faire à Paris, par notre célèbre coiffeur

Michalon, de jolies petites perruques, d'un blond d'enfant, et bouclées

comme la coiffure de Cupidon; au surplus, c'était un homme excellent.

Je me souviens, à propos des nobles dames allemandes, d'avoir vu au

spectacle de la cour à Fontainebleau une princesse de la confédération,

qui fut présentée à Leurs Majestés. La toilette de Son Altesse annonçait

un immense progrès de la civilisation élégante au delà du Rhin.

Renonçant aux gothiques paniers, la princesse avait adopté des goûts

plus modernes; âgée de près de soixante-dix ans, elle portait une robe

de dentelle noire sur un dessous de satin aurore; sa coiffure consistait

en un voile de mousseline blanche, retenu par une couronne de roses, à

la manière des vestales de l'Opéra. Elle avait avec elle sa petite

fille, toute brillante de jeunesse et de charmes, et qui fut admirée de

toute la cour, quoique son costume fût moins recherché que celui de sa

grand'mère.

J'ai entendu sa majesté l'impératrice Joséphine raconter un jour qu'elle

avait eu toutes les peines du monde à s'empêcher de rire, quand, dans le

nombre des princesses allemandes, on vint en annoncer une sous le nom de

Cunégonde. Sa Majesté ajouta que lorsqu'elle vit la princesse assise,

elle s'imaginait la voir pencher de côté. Assurément l'impératrice avait

lu les aventures de Candide et de la fille du très-noble baron de

Thunder-Ten-Trunck.

On vit à Paris, au printemps de 1806, presque autant de membres de la

confédération que j'en avais vu dans les capitales de la Bavière et du

Wurtemberg. Un nom français prit rang parmi les noms de ces princes

étrangers; c'était celui du prince Murat, qui fut créé, au mois de mars,

grand duc de Berg et de Clèves. Après le prince Louis de Bavière, arriva

le prince héréditaire de Bade, qui vint à Paris pour épouser une des

nièces de sa majesté l'impératrice.

Les commencemens de cette union ne furent pas heureux. La princesse

Stéphanie était une très-jolie femme, pleine de grâces et d'esprit.

L'empereur voulut en faire une grande dame, et il la maria sans beaucoup

la consulter. Le prince Charles-Louis-Frédéric, qui avait alors vingt

ans, était bon par excellence, rempli de qualités précieuses, brave,

généreux, mais lourd, flegmatique, toujours d'un sérieux glacial, et

tout-à-fait dépourvu de ce qui pouvait plaire à une jeune princesse

habituée à la brillante élégance de la cour impériale.

Le mariage eut lieu en avril, à la grande satisfaction du prince, qui ce

jour-là parut faire violence à sa gravité habituelle, et permit enfin au

sourire d'approcher de ses lèvres. La journée se passa fort bien; mais

lorsque vint le moment où l'époux voulut user de ses droits, la

princesse fit une grande résistance: elle cria, pleura, elle se fâcha;

enfin elle fit coucher dans sa chambre une amie d'enfance, mademoiselle

Nelly Bourjoly, jeune personne qu'elle affectionnait particulièrement.

Le prince était désolé: il suppliait sa femme, il promettait de faire

tout ce qu'elle voudrait: toutes ses promesses et ses supplications

furent inutiles, au moins pendant huit jours.

On vint lui dire que la princesse trouvait sa coiffure affreuse, et que

rien ne lui inspirait autant d'aversion que les coiffures à queue. Le

bon prince n'eut rien de plus pressé que de faire couper ses cheveux.

Quand elle le vit ainsi tondu, elle se mit à rire aux éclats, et s'écria

qu'il était encore plus laid à la _titus_ qu'autrement.

Enfin, comme il était impossible qu'avec de l'esprit et un bon cœur la

princesse ne finît pas par apprécier les bonnes et solides qualités de

son mari, elle mit un terme à ses rigueurs, puis elle l'aima aussi

tendrement qu'elle en était aimée, et l'on m'a assuré que les augustes

époux faisaient un excellent ménage.

Trois mois après ce mariage, le prince quitta sa femme pour suivre

l'empereur dans la campagne de Prusse d'abord, ensuite dans celle de

Pologne. La mort de son grand-père, arrivée quelque temps après la

campagne d'Autriche de 1809, le mit en possession du grand duché. Alors

il donna le commandement de ses troupes à son oncle, le Comte de

Hochberg, et revint dans son gouvernement pour ne plus le quitter.

* * *

Je l'ai revu avec la princesse à Erfurt, où l'on m'a raconté qu'il était

devenu jaloux de l'empereur Alexandre, qui passait pour faire à sa femme

une cour assidue. La peur prit au prince, et il sortit brusquement

d'Erfurt, emmenant avec lui la princesse, dont il est vrai de dire que

jamais la moindre démarche imprudente de sa part n'avait autorisé cette

jalousie bien pardonnable, au reste, au mari d'une si charmante femme.

* * *

Le prince était d'une santé faible. Dès sa première jeunesse on avait

remarqué en lui des symptômes alarmans, et cette disposition physique

entrait pour beaucoup sans doute dans l'humeur mélancolique qui faisait

le fond de son caractère. Il est mort en 1818, après une maladie

extrêmement longue et douloureuse, pendant laquelle son épouse eut pour

lui les soins les plus empressés. Il avait eu quatre enfans, deux fils

et deux filles. Les deux fils sont morts en bas âge, et ils auraient

laissé la souveraineté de Bade sans héritiers, si les comtes de Hochberg

n'avaient été reconnus membres de la famille ducale. La grande duchesse

est aujourd'hui livrée tout entière à l'éducation de ses filles, qui

promettent de l'égaler en grâces et en vertus.

Les noces du prince et de la princesse de Bade furent célébrées par de

brillantes fêtes. Il y eut à Rambouillet une grande chasse, à la suite

de laquelle Leurs Majestés, avec plusieurs membres de leur famille, et

tous les princes et princesses de Bade, de Clèves, etc., parcoururent à

pied le marché de Rambouillet.

Je me souviens d'une autre chasse qui eut lieu vers la même époque, dans

la forêt de Saint-Germain, et à laquelle l'empereur avait invité un

ambassadeur de la sublime Porte, tout nouvellement arrivé à Paris. Son

Excellence turque suivit la chasse avec ardeur, mais sans déranger un

seul muscle de son austère visage. La bête ayant été forcée, Sa Majesté

fit apporter un fusil à l'ambassadeur turc pour qu'il eût l'honneur de

tirer le premier coup; mais il s'y refusa, ne concevant pas sans doute

quel plaisir on peut trouver à tuer à bout portant un pauvre animal

épuisé, et qui n'a plus même la fuite pour se défendre.

Mémoires de Constant, premier valet de chambre de l'empereur, sur la vie privée de Napoléon, sa famille et sa cour. · 第 203 / 456 题