Et ce ne fut pas le seul péril où elle exposa le prince. Parce qu’elle
eut envie d’une émeraude sans pareille, il dut descendre dans les
entrailles de la terre et triompher d’une multitude de gnomes armés de
torches flambantes. Il revint, tout fumant de brûlures! La princesse
voulut bien accepter la pierre fine, mais, du petit doigt promis, il
n’en fut pas question. Une autre fois elle exigea qu’il allât cueillir
pour elle, dans le domaine d’un enchanteur très redouté, une fleur qui
chantait comme un rossignol, et cette fleur s’épanouissait dans la
clairière d’une immense forêt dont toutes les branches étaient des
lances en arrêt. Il revint, percé de plus de mille coups, tout rose de
blessures, presque mourant! La princesse consentit à écouter la chanson
de la fleur; mais de dire au neveu de l’empereur: «Voici mon ongle
rose», elle n’en eut garde. Et lui, il ne se plaignait pas, heureux
peut-être de souffrir, même sans récompense, toujours triste et doux
pour elle, si cruelle.