[Note A: Échinard, _Descrizione di Roma e dell' agro romano corretto

dall' Abbate Venuti in Româ_, 1750. Ils croient à la grotte et à la

nymphe: _Simulacro di questo fonte, essendovi sculpite le acque a piè

di esso_.]

[Note B: _Classical Tour_, chap. 6, page 217, vol. II.]

[Note C:

_Substitit ad veteres arcus, madidamque Capenam,

Hîc ubi nocturnæ Numa constituebat amicæ;

Nunc sacri fontis nemus, et delubra locantur

Judæis quorum cophinum fœnumque supellex.

Omnis enim populo mercedem pendere jussa est

Arbor, et ejectis mendicat silva Camænis.

In vallem Egeriæ descendimus, et speluncas

Dissimiles veris: quantò præstantius esset

Numen aquæ, viridi si margine clauderet undas

Herba, nec ingenuum violarent marmora lophum._

(Sat. III.)

[Note D: Lib. III, cap. 3.]

Il est probable, d'après l'inscription et la position, que la grotte

qu'on montre aujourd'hui peut être une des _cavernes artificielles_

dont une existe encore, à la vérité un peu plus haut, sous un

berceau de sureaux; mais une grotte _unique_ d'Égérie est une pure

invention moderne, fondée sur l'application de l'épithète _Egeria_

à ces _nymphes_; en général, épithète qui pourrait nous envoyer

chercher les bosquets de Numa sur les bords de la Tamise.

Notre Juvénal Anglais a été préservé du contre-sens par sa

connaissance de Pope: il conserve avec soin l'exact pluriel.

De là, à pas lents, descendant dans la vallée, nous voyons

les grottes égériennes; oh! comme elles ressemblent peu à

la véritable!

La vallée abonde en sources[A], et Égérie présidait à ces

sources, que les muses pouvaient voir de leurs bocages voisins: elle

passait pour leur fournir leurs ondes, et elle était la nymphe des

grottes à travers lesquelles elle faisait couler les fontaines.

[Note A: _Undique è solo aguæ scaturiunt_. Nardini, lib. III, cap.

3.]

Tous les monumens dans le voisinage de la vallée d'Égérie ont reçu

des noms arbitraires, qui ont été changés arbitrairement. Venuti[A]

avoue qu'il ne peut voir aucune trace des temples de Jupiter, de

Saturne, de Junon, de Vénus et de Diane, que Nardini trouva ou

crut trouver. Le _Mutatorium_ du cirque de Caracalla, le temple de

l'Honneur et de la Vertu, le temple de Bacchus, et par-dessus tout, le

temple du dieu Rediculus, font le désespoir des antiquaires.

[Note A: Échinard, etc. Cic. cit. pages 297, 298.]

Le cirque de Caracalla se fonde sur une médaille de cet empereur

citée par Fulvius Ursinus, médaille dont le revers porte un cirque,

supposé d'ailleurs par quelques-uns n'être autre chose que le grand

cirque. Cela donne une fort bonne idée de ce lieu d'exercices. Le sol

n'a été que peu élevé, si nous pouvons en juger d'après la petite

cellule à la fin de la _Spina_, cellule qui était probablement la

chapelle du dieu Consus. Cette cellule est à moitié sous le

sol, comme elle doit avoir été dans le cirque même: car Denys

d'Halicarnasse[A] ne pouvait se persuader que cette divinité fût le

Neptune Romain, attendu que son autel était sous terre.

[Note A: _Antiq. rom._, lib. II, cap. 31.]

NOTE 57, STANCE 127.

«À tout hasard, dit l'auteur des _Questions Académiques_, je crois,

quelle que soit la destinée de mes propres spéculations, que la

philosophie regagnera l'estime qui lui est due. L'esprit libre et

philosophique de notre nation a été un sujet d'admiration pour le

monde entier. Ce fut l'honneur et l'orgueil des Anglais, la source

lumineuse de toute leur gloire. Oublierons-nous donc les sentimens

mâles et graves de nos ancêtres, pour jaser dans la langue de notre

mère ou de notre nourrice sur nos bons vieux préjugés? Ce n'est pas

le moyen de défendre la vérité. Ce n'est pas ainsi que nos pères

la soutinrent dans les brillantes époques de notre histoire. Le

préjugé peut bien être préposé à la garde des fortifications

extérieures pour un court espace de tems pendant que la raison dort

dans la citadelle: mais si la raison tombe en léthargie, le

préjugé plantera bien vite un étendard pour son propre compte. La

philosophie, la sagesse et la liberté se soutiennent mutuellement:

qui ne veut raisonner, est un bigot; qui ne peut, un sot; qui n'ose,

un esclave.»

(_Préface_. Pages 14, 15. Vol. I. 1805.)

NOTE 58, STANCE 132.

Nous lisons dans Suétone qu'Auguste, d'après un avertissement reçu

en songe[A], contrefaisait une fois par an l'état de mendiant, en

s'asseyant devant la porte de son palais, et en présentant sa main

arrondie pour demander la charité. Une statue qui était autrefois

dans la villa Borghèse, et qui doit être maintenant à Paris,

représentait l'empereur dans la posture d'un suppliant. L'objet

de cette humiliation de soi-même était d'apaiser Némésis,

cette persécutrice perpétuelle des heureuses fortunes, et dont la

puissance était aussi rappelée aux conquérans romains par certains

symboles attachés à leur char de triomphe. Ces emblèmes étaient

le fouet et le _crotale_ que l'on a retrouvés dans les Némésis

du Vatican. L'attitude de mendiant a fait passer la statue dont j'ai

parlé ci-dessus pour celle de Bélisaire; et jusqu'à ce que la

critique de Winkelman[B] ait eu rectifié l'erreur, une nouvelle

supposition était venue continuellement au secours d'une autre.

C'était aussi par la même peur de voir finir soudainement sa

prospérité, qu'Amasis, roi d'Égypte, disait à son ami Polycrate

de Samos, que les dieux aimaient ceux dont la vie était mêlée

de bonheur et d'infortune. Némésis était supposée veiller

particulièrement pour surprendre l'homme prudent, c'est-à-dire

celui dont la circonspection ne le rendait accessible qu'aux simples

accidens. Son premier autel fut élevé sur les bords de l'Æsopus de

Phrygie, par Adraste, probablement le prince de ce nom qui tua le fils

de Crésus par mégarde. De là la déesse fut nommée _Adrastea_[C].

[Note A: Sueton. _in Vit. Augusti_, cap. 91. Casaubon, dans sa note,

renvoie aux vies de Camille et de Paul Emile de Plutarque, ainsi qu'à

ses apophthegmes, pour connaître le caractère de cette déité. La

main arrondie en forme de _sébile_ était regardée comme le dernier

terme de la dégradation; et quand le cadavre du préfet Rufinus

fut porté en triomphe par le peuple, l'indignation fut au comble en

voyant sa main placée dans cette position.]

[Note B: _Storia delle arti_, etc., lib. XII, cap. 3, tome II, page

422. Visconti appelle cependant la statue une Cybèle. _Museo Pio

Clemente_, tome I, page 40. L'abbé Fea (_spiegazione dei Romi.

Storia_, etc., tome III, page 513) la nomme Chrysippe.]

[Note C: _Dictionnaire de Bayle_, article _Adrastea_.]

La Némésis romaine était _sacrée_ et _auguste_; elle avait un

temple sur le mont Palatin, où elle était adorée sous le nom

de Rhamnusia[A]. La propension des anciens pour se confier aux

événemens, et pour croire à la déesse de la fortune, fut si

grande, que, sur ce même mont Palatin, il y avait un temple consacré

à la Fortune du jour[B]. C'est la dernière superstition qui ait

conservé son influence sur le cœur humain; et en concentrant sur un

seul objet la crédulité si naturelle à l'homme, elle est

toujours apparue plus puissante sur les esprits qui n'étaient point

enchaînés par d'autres articles de foi. Les antiquaires ont supposé

que cette déesse était la même que la Fortune et le Destin[C]; mais

c'était en sa qualité de puissance vengeresse qu'elle était adorée

sous le nom de Némésis.

[Note A: Il est cité par le _regionary_ Victor.]

[Note B: _Fortunæ hujusce diei_. Cicéron la mentionne, _de Legib._,

lib. II.]

[Note C:

deæ Nemesi,

sive Fortunæ,

Pistorius

Rugianus

v. c. legat.

leg. xiii. g.

Cord.

Voyez _Quœstiones romanæ_, etc. _ap. Græv. Antiq. roman._, tome V,

page 942. Voyez aussi Muratori, _nov. Thesaur. inscript. vet._, tome

I, pages 88, 89, où se trouvent trois inscriptions latines et une

grecque sur Némésis, et d'autres sur le Destin.]

NOTE 59, STANCE 140.

Que l'admirable statue qui a suggéré celle-ci, représentât un

gladiateur _laquearius_, comme cela a été soutenu opiniâtrement en

dépit de Winkelmann[A], ou qu'elle ait été un héraut grec, ainsi

que ce grand antiquaire l'a positivement affirmé[B], ou bien que l'on

doive la regarder comme un porte-bouclier spartiate, selon l'opinion

de son éditeur italien[C], elle paraîtra toujours assurément _une

copie_ de ce chef-d'œuvre de Ctésilaüs, qui représentait _un homme

blessé mourant, et qui exprimait parfaitement ce qui restait encore

de vie en lui_[D]. Montfaucon[E] et Maffei[F] crurent que c'était la

même statue; mais la statue antique était en bronze. Le gladiateur

était autrefois dans la villa Ludovizi, et il fut acheté par

Clément XII. Le bras droit est une entière restauration de

Michel-Ange[G].

[Note A: Par l'abbé Bracci, _Dissertazione supra un clipeo votivo_,

etc., Préface, page 7, qui se fonde sur la corde qui est autour du

cou, mais non sur la corne, dont il ne paraît pas que les gladiateurs

se soient eux-mêmes servis. (Note _a, Storia delle arti_, tome II,

page 205.)]

[Note B: Soit Polyphonte, héraut de Laïus, tué par Œdipe, ou

Cépréas, héraut d'Eurithéus, tué par les Athéniens lorsqu'il

s'efforçait d'éloigner les Héraclides de l'autel de la

Miséricorde, et en l'honneur duquel ils instituèrent des jeux

annuels, continués jusqu'au tems d'Adrien; ou Anthémocritus, le

héraut athénien, tué par les Mégariens, qui n'expièrent jamais

leur impiété.

Voyez _Storia delle arti_, etc., tome II, pages 203, 204, 205, 206,

207, lib. IX, cap. 2.]

[Note C: _Storia_, etc., tome II, page 207, nota _a_.]

[Note D: _Vulneratum deficientem fecit in quo possit intelligi quantum

restat animæ._ Plin. _Nat. Hist._, lib. XXXIV, cap. 8.]

[Note E: _Antiq._, tome III, part. II, tab. 155.]

[Note F: _Racc. stat._, tab. 64.]

[Note G: _Mus. capitol._, tome III, page 154, édit. 1755.]

NOTE 60, STANCE 141.

Les gladiateurs étaient de deux sortes, forcés et volontaires. Ils

étaient tirés de différentes conditions: d'esclaves payés pour

cet objet; des criminels; des captifs barbares pris à la guerre,

et, lorsqu'ils avaient servi au triomphe, mis à part pour les jeux

publics, ou de ceux saisis et condamnés comme rebelles; des citoyens

libres; quelques-uns combattant pour un salaire (_auctorati_),

d'autres par une ambition dépravée. Enfin, des chevaliers même et

des sénateurs furent contraints de paraître dans l'arène; affront

dont le premier tyran fut naturellement le premier inventeur[A]. À la

fin, on vit aussi combattre des nains et même des femmes; atrocité

qui fut défendue par Sévérus. Les plus dignes de pitié furent

indubitablement les captifs barbares; et un écrivain chrétien[B]

donne précisément à cette espèce l'épithète d'_innocent_, pour

les distinguer des gladiateurs de profession. Aurélien et Claudius

condamnèrent à ces cruels exercices un grand nombre de ces

infortunées victimes; l'un après son triomphe, l'autre sous

prétexte de rébellion[C]. Aucune guerre, dit Juste Lipse[D], ne

fut jamais si mortelle pour le genre humain, que ces divertissemens

sanguinaires. En dépit des lois de Constantin et de Constance,

ces spectacles survécurent plus de soixante-dix ans à la vieille

religion établie; mais ils durent leur suppression au courage d'un

chrétien. En l'an 404, aux kalendes de janvier, les gladiateurs

allaient représenter leurs jeux dans l'amphithéâtre Flavien, devant

l'immense concours habituel du peuple. Almachius ou Télémaque, moine

d'Orient, qui était venu à Rome dans cette sainte intention, se

précipita au milieu de l'arène, et s'efforça de séparer les

combattans. Le préteur Alypius, personnage incroyablement attaché

à ces jeux[E], donna à l'instant l'ordre aux gladiateurs de tuer ce

moine; Télémaque obtint la couronne du martyre et le titre de saint,

qui, avant cette action et depuis, n'a jamais été mérité par un

plus noble exploit. L'histoire est racontée par Théodoret[F] et

Cassiodore[G], et elle semble digne de foi malgré la place qu'elle

occupe dans le Martyrologe romain[H]. Outre les torrens de sang qui

coulaient aux funérailles, dans les amphithéâtres, au cirque, au

forum et sur les autres places publiques, les gladiateurs paraissaient

aussi dans les fêtes, et se déchiraient entre eux devant les tables

des festins, à la grande satisfaction, et aux applaudissemens des

convives. Cependant Juste Lipse se permet de supposer que la perte

du courage et une dégénération évidente du genre humain furent la

conséquence immédiate de l'abolition de ces sanglans spectacles[I].

[Note A: Julius César, qui s'éleva sur les ruines de l'aristocratie,

fit paraître Furius Leptinus et A. Calenus dans l'arène du Cirque.]

[Note B: Tertullien: _Certe quidem et innocentes gladiatores in ludum

veniunt, ut voluptatis publicæ hostiæ fiant_. Just. Lips., _Saturn.

Sermon._, lib. II, cap. 3.]

[Note C: Vopiscus, _in Vit. Aurel. et in Vit. Claud._ Ibid.]

[Note D: _Credo, imò scio nullum bellum tantam cladem vastitiemque

generi humano intulisse, quam hos ad voluptatem ludos_. Just. Lips.

_Ibid._, lib. I, cap. 12.]

[Note E: Augustinus (lib. VI, _Confess._, cap. 8): _Alypium suo

gladiatorii spectaculi inhiatu incredibiliter abreptum_. Scribit.

_Ibid._, lib. I, cap. 12.]

[Note F: _Hist. eccles._, cap. 26, lib. V.]

[Note G: Cassiod. Tripartita, lib. X, cap. II. Saturn., _ibid._]

[Note H: _Baronius, ad ann. et in notis ad martyrol. rom. I Jan._

Voyez Marangoni, _delle memorie sacre et profane dell anfiteatro

Flavio_, page 25, éd. 1746.]

[Note I: _Quod? Non tu, Lipsi, momentum aliquod habuisse censes ad

virtutem? Magnum. Tempora nostra, nosque ipsos videamus. Oppidum ecce

unum alterumve captum, direptum est; tumultus circa nos, non in nobis:

et tamen concidimus et turbamur. Ubi robur, ubi tot per annos meditata

sapientiœ studia? Ubi ille animus qui possit dicere_: Si fractus

illubatur orbis? etc., _ibid._, lib. II, cap. 25. C'est le prototype

du panégyrique des combats de Taureaux, par M. Windham.]

NOTE 61, STANCE 142.

Quand un gladiateur en blessait un autre, il s'écriait: _il l'a; hoc

habet_, ou _habet_. Le combattant blessé laissait tomber son arme,

et, s'avançant à l'extrémité de l'arène, il suppliait alors

les spectateurs. S'il s'était bien battu, le peuple le sauvait:

autrement, ou selon la disposition des spectateurs, ceux-ci baissaient

leurs pouces, et il était immolé. Ils furent quelquefois si

barbares, qu'ils se montraient impatient si le combat durait plus

long-tems que de coutume, sans blessures ou mort. La présence de

l'empereur sauvait ordinairement le vaincu; et l'on rapporte comme

exemple de la férocité de Caracalla, qu'il renvoya interroger le

peuple, ceux qui venaient lui demander la vie dans un spectacle à

Nicomédie; en d'autres termes, qu'il les renvoya à la mort. Une

cérémonie semblable est observée aux combats de taureaux en

Espagne. Le magistrat préside, et, après que les cavaliers et les

picadores ont combattu le taureau, le matador s'avance et demande la

permission de tuer l'animal. Si le taureau a bien fait son devoir en

tuant deux ou trois chevaux, ou un homme, ce dernier cas est rare, le

peuple pousse des cris, les dames agitent leurs mouchoirs, et l'animal

est sauvé. Les blessures et la mort des chevaux sont accompagnées

des plus vives acclamations et de nombreuses marques de satisfaction,

principalement de la part des femmes qui sont présentes, y compris

les plus élégantes et les plus nobles dames.

Chaque chose dépend de l'habitude. L'auteur de Childe Harold, le

rédacteur de cette note et un ou deux autres Anglais qui avaient

assurément vu plus d'une fois des batailles rangées, nous nous

trouvâmes, pendant l'été de 1809, dans la loge du gouverneur, au

grand amphithéâtre de Santa-Maria, vis-à-vis de Cadix. La mort d'un

ou deux chevaux satisfit complètement leur curiosité. Un gentilhomme

présent, les voyant frémir et pâlir, remarqua les impressions

extraordinaires qu'ils recevaient d'un spectacle si délicieux pour

tant de jeunes dames qui regardaient en souriant, et continuaient

leurs applaudissemens, aussitôt qu'un cheval tombait en ensanglantant

l'arène. Un taureau tua trois chevaux _avec ses cornes_. Il fut

sauvé par des acclamations qui redoublèrent lorsque l'on sut qu'il

appartenait à un prêtre.

Un Anglais, qui peut trouver du plaisir à voir deux hommes se boxer

jusqu'à se mettre en pièces, ne peut supporter la vue d'un cheval

galopant dans l'arène tandis que ses boyaux traînent sur la terre,

et il se détourne du spectacle et du spectateur, plein d'horreur et

de dégoût.

NOTE 62, STANCE 144.

Suétone nous informe que Jules César fut particulièrement satisfait

de ce décret du sénat, qui l'autorisait à porter une couronne de

laurier dans toutes les occasions: il était désireux, non de montrer

qu'il était le conquérant du monde, mais de cacher qu'il était

chauve. Un étranger à Rome aurait eu de la peine à deviner ce

motif, et nous ne l'aurions pu deviner nous-mêmes sans le secours de

l'historien.

NOTE 63, STANCE 145.

On trouve cela dans la _Décadence et la chute de l'empire romain_,

et on peut voir une notice sur le Colysée dans les _Illustrations

historiques_ au quatrième chant de _Childe Harold_, par M. Hobhouse.

NOTE 64, STANCE 146.

«Quoique dépouillée de tous ses cuivres et bronzes, excepté

de l'anneau qui était nécessaire pour conserver l'ouverture

supérieure; quoique elle ait été exposée à de nombreux incendies,

et quelquefois à des inondations; quoique elle soit toujours ouverte

à la pluie, aucun monument d'une égale antiquité n'est si bien

conservé que la rotonde. Elle a passé avec peu d'altérations du

culte païen à sa destination actuelle; et ses niches étaient si

convenables pour des autels chrétiens que Michel-Ange, toujours si

passionné des beautés antiques, en adopta les formes comme modèle

pour son Église catholique.»

(_Forsyth's Remarks_, etc., on _Italy_, p. 137.)

NOTE 65, STANCE 147.

Le Panthéon a été changé en espèce de musée pour recevoir les

bustes des modernes grands hommes, ou au moins des hommes distingués.

Les flots de lumière qui passent à travers la large ouverture

circulaire de la coupole et qui tombaient autrefois sur le cercle

entier des divinités, brillent maintenant sur une grande réunion

de mortels, dont un ou deux ont été presque déifiés par la

vénération de leurs compatriotes.

NOTE 66, STANCE 148.

Cette stance et les trois qui suivent font allusion à l'histoire

de la fille romaine, qui est rappelée au voyageur par le lieu ou

le prétendu lieu de l'aventure, placé maintenant dans l'église de

Saint-Nicolas _in carcere_. Les difficultés qui peuvent empêcher

de croire à la vérité de cette histoire sont rapportées dans les

_Historical Illustrations_, etc.

NOTE 67, STANCE 152.

Le château de Saint-Ange. Voyez les _Historical Illustrations_.

NOTE 68, STANCE 153.

Cette stance et les six qui suivent ont rapport à l'église de

Saint-Pierre. Pour la dimension comparative de cette basilique

avec les autres grandes églises de l'Europe, voyez le _Pavé de

Saint-Pierre_ et le _Classical Tour_ en Italie, vol. II, p. 125 et

suiv. chap. 4.

NOTE 69, STANCE 171.

Marie périt sur l'échafaud, Élisabeth mourut de chagrin, Charles

V mourut ermite; Louis XIV, banqueroutier d'argent et de gloire;

Cromwell, d'inquiétude; et _le plus grand de tous_, Napoléon vit

prisonnier. On pourrait ajouter aux noms de ces souverains une liste

longue, mais superflue, de noms également illustres et malheureux.

NOTE 70, STANCE 173.

Le village de Némi était près de la retraite ancienne d'Égérie,

et, à cause des arbres qui entouraient et ombrageaient le temple de

Diane, il a conservé jusqu'à ce jour sa désignation distinctive de

_Bosquet_. Némi n'est éloigné que d'une promenade de soir à cheval

de l'auberge _confortable_ d'Albano.

NOTE 71, STANCE 174.

Tout le penchant de la colline d'Albe est d'une beauté incomparable;

et du couvent qui est situé sur le point le plus élevé, où était

autrefois le temple de Jupiter Latianus, la vue embrasse tous les

objets auxquels on fait allusion dans cette stance: la Méditerranée;

toute la scène de la dernière moitié de l'_Énéide_, et la côte

qui s'étend depuis l'embouchure du Tibre jusqu'au promontoire de

Circæum et au cap de Terracine.

Le site de la villa de Cicéron peut se supposer soit à la _Grotta

Ferrata_, soit au Tusculum du prince Lucien Bonaparte.

L'opinion générale, il y a quelques années, était pour le premier

site (la Grotta Ferrata), comme on peut le voir dans la vie de

Cicéron par Middleton. À présent, il a perdu quelque chose de son

crédit, excepté pour les _Domenichini_ (Dominicains). Neuf moines,

de la religion grecque, habitent ce séjour; et la _villa_ contiguë

est la demeure d'été d'un cardinal. L'autre _villa_, appelée

_Rufinella_, est située au sommet de la colline qui domine Frascati;

et on y a trouvé beaucoup de restes précieux de Tusculum, outre

soixante-douze statues, dont le mérite et la conservation varient,

ainsi que sept bustes. De la même hauteur on voit les collines

Sabines, dans le sein desquelles est renfermée la longue vallée

de Rustica. Il y a plusieurs circonstances qui tendent à établir

l'identité de cette vallée avec l'_Ustica_ d'Horace; et il

paraît vraisemblable que le pavé en mosaïque, que les paysans ont

découvert en défonçant un vignoble, pourrait appartenir à

cette _villa. Rustica_ est prononcé bref, et non pas selon notre

énonciation dans _Usticœ cubantis_. Il est plus rationnel de penser

que nous sommes dans l'erreur, que de croire que les habitans de cette

vallée solitaire ont changé leur accent dans ce mot. L'addition

d'une consonne préfixe n'est rien; cependant, il importe de prendre

garde que _Rustica_ peut être un nom moderne que les paysans auraient

pu emprunter des antiquaires, en altérant la prononciation.

La _villa_, ou la _mosaïque_, est dans une vigne située sur une

élévation couverte de châtaigniers. Un ruisseau descend dans la

vallée; et bien qu'il ne soit pas vrai, comme on le dit dans les

_Guides de Voyageurs_, que ce ruisseau soit appelé _Licenza_,

cependant il y a un village situé sur un rocher au haut de la

vallée, qui se nomme ainsi, et qui peut avoir dérivé son nom de

_Digentia_. Licenza contient sept cents habitans. Sur un pic, un peu

au-delà, se trouve Civitella qui en contient trois cents. Sur les

bords de l'Anio, un peu avant de tourner pour entrer dans la vallée

_Rustica_, à gauche, environ à une heure de la _villa_, est une

ville nommée Vico-Varo, autre coïncidence favorable avec le _varia_

du poète. Au bout de la vallée, du côté de l'Anio, se trouve une

colline découverte, couronnée par la petite ville de Bardela. Au

pied de cette colline, coule le petit ruisseau de _Licenza_, qui se

perd presque entièrement dans un large lit de sable avant qu'il ait

atteint l'Anio. Rien n'est plus heureux pour les vers du poète, soit

qu'on les prenne dans un sens métaphorique, ou direct:

_Me quotiens reficit gelidus Digentia ricus,

Quem Mandela bibit rugosus frigore pagus_.

Le ruisseau est limpide au haut de la vallée; mais avant qu'il

atteigne la colline de Bardela, il paraît vert et jaunâtre comme un

ruisseau sulfureux.

_Rocca Giovane_, village ruiné sur les collines à une demi-heure de

marche de la vigne où l'on voit le pavé en mosaïque, semble être

la place du temple de Vacuna; et une inscription, trouvée dans cet

endroit, apprend que ce temple de la victoire sabine fut réparé

par Vespasien[A]. Avec ces indications, et une position correspondant

exactement à chaque chose que le poète nous a racontée de sa

retraite, nous pouvons reconnaître presque avec certitude notre site

historique.

[Note A:

Imp. Cæsar. Vespasianus.

pontifex. maximus. trib.

potest. censor. ædem.

Victoriæ. vetustate. illapsam.

sua. impensa. restituit.

La colline qui pourrait être Lucretile, se nomme Campanile, et en

suivant le petit ruisseau jusqu'à la prétendue Blandusia, vous

arrivez au pied de la montagne plus élevée de Gennaro. Il est assez

singulier que la seule partie de terre labourable de toute la vallée

se trouve sur le haut de la colline d'où cette _Blandusia_ prend sa

source:

....._Tu frigus amabile

Fessis vomere tauris

Præbes, et pecori vago_.

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 03 avec notes et commentaires comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 23 / 27 段