[Note C: _Tum statua Nattæ, tum simulacra deorum, Romulusque et Remus

cum altrice belluâ vi fulminis icti conciderunt_. De Divinat., II,

20. _Tactus est ille etiam qui hanc urbem condidit Romulus, quem

inauratum in Capitolio parvum atque lactantem, uberibus lupinis

inhiantem fuisse meministis._ In Catilin. III, 8.

_Hic silvestris erat Romani nominis altix

Martia, quæ parvos Mavortis semine natos

Uberibus gravidis vitali rore rigabat,

Quæ tum cum pueris flammato fulminis ictu

Concidit, atque avulsa pedum vestigia liquit._

_De Consulata_, lib. II (lib. I _de Divin._ cap. II).]

[Note D: Ἐν γὰρ τῷ καϖητωλίῳ

ἀνδριάντες τε ϖολλοὶ ύϖό κεραυνῶν

συνεχωνεύθησαν, καὶ ἀγἅλματα ἄλλα

τε καὶ Διὸς ἐϖὶ κίνος ἱδρυμένον,

εἰκὼν τέ τις λυκαίνης σύν τε τῷ

Ῥώμῳ καὶ σὺν τῷ Ῥωμύλῳ ἱδρυμένη

ἔπεσε. Dion, Hist. lib. XXXVII, page 37, édit. Rob. Stephan.

1548. Il continue en disant que les lettres des colonnes sur

lesquelles les lois étaient écrites furent liquéfiées et devinrent

ἀμυδρἀ. Tout ce que firent les Romains fut d'élever une

grande statue à Jupiter, statue qui regardait l'Orient: il n'est plus

du tout question de la louve. Ceci arriva l'an de Rome 689. L'abbé

Fea, en citant ce passage de Dion (_Storia delle arti_, etc., tome I,

page 202, note 10), dit: _Non ostane, aggiunge Dione, che fosse ben

fermata_ (la louve); par quoi il appert que l'abbé a traduit la

version Xylandro-Leuclavienne, qui met _quamvis stabilita_ pour

l'original ἑδρυμένη, mot qui ne signifie pas _ben fermata_,

mais seulement _élevée_, comme on peut le voir dans un autre passage

de Dion: Ἠζουλήθη μὲν οὖν ὁ Ἀγρίππας

καὶ Αὔγουστον ἐνταῦθα ἱδρῦσαι. Hist.

lib. LXVI. Dion dit qu'Agrippa voulut _élever une statue à Auguste_

dans le Panthéon.]

[Note E: _In eâdem porticu ænea lupa, cujus uberibus Romulus ac

Remus lactantes inhiant, conspicitur: de hâc Cicero et Virgilius

semper intellexêre. Livius hoc signum ab ædilibus ex pecuniis quibus

mulctati essent fæneratores positum innuit. Anteà in comitiis ad

ficum Ruminalem, quo loco pueri fuerant expositi locatum pro certo

est._ Luc. Fauni, _de Antiq. urb. Rom._ lib. II, cap. 17, ap.

Sallengre, tome I, page 217. Dans ce dix-septième chapitre il

répète que les statues étaient là, mais non qu'elles y furent

trouvées.]

[Note F: Ap. Nardini, _Roma vetus_, lib. V, cap. 4.]

[Note G: Marliani, _Urb. Rom. Topogr._ lib. II, cap. 9. Il mentionne

une autre louve et les deux jumeaux dans le Vatican, lib. V, cap. 21.]

[Note H: _Non desunt qui hanc ipsam esse putent, quam adpinximus, quœ

è comitio in Basilicam Lateranam, cum nonnullis aliis antiquitatum

reliquiis, atque hinc in Capitolium posteà relata sit, quamvis

Marlianus antiquam Capitolinam esse maluit à Tullio descriptam, eui

ut in re nimis dubiâ, trepidè adsentimur_. Just. Rycguii, _de Capit.

Rom. Comm._, cap. 34, page 250. Lugd. Batav. 1696.]

[Note I: Nardini, _Roma vetus_, lib. V, cap. 4.]

[Note J: _Lupa hodièque in capitolinis prostat ædibus, cum vestigiis

fulminis quo ictam narrat Cicero_. Diarium Ital. tome I, page 174.]

[Note K: _Storia delle arti_, etc., lib. III, cap. 3, § 2, note 10.

Winkelmann a fait une étrange bévue dans la note, en disant que la

louve de Cicéron n'était pas dans le Capitole, et que Dion a eu tort

de le dire.]

[Note L: _Intesi dire, che l' Ercole di bronzo, che oggi si trova

nella sala di Campidoglio fu trovato nel fero Romano appresso l'arco

di Settimio; e vi fu trovata anche la lupa di bronzo che allatta

Romulo e Remo, e stà nella loggia de' conservatori_. Flam. Vacc.

_Memorie_, num. III, page I, ap. Montfaucon, _Diarium ital._,

tome I.]

Examinons la chose relativement à ce que dit Cicéron. Cet orateur,

en deux passages, semble désigner particulièrement Romulus et

Rémus, et surtout le premier, que son auditoire savait bien _avoir

été_ dans le Capitole, comme ayant été frappé de la foudre. Dans

ses vers, il rappelle que les jumeaux et la louve tombèrent à la

fois, et que la louve ne laissa que les traces de ses pattes.

Cicéron ne dit pas que la louve ait été consumée; et Dion rapporte

seulement qu'elle tomba, sans dire un mot, comme l'Abbé le lui fait

dire, ni de la force du coup, ni de la solidité avec laquelle

la statue avait été fixée. En conséquence, toute la force

de l'argument de l'Abbé réside dans le tems prétérit: ce qui

néanmoins peut être quelque peu affaibli en remarquant que la phrase

prouve simplement que la statue n'était plus dans sa première place.

Winkelmann a observé que les jumeaux actuels sont de main moderne; et

il est également clair qu'il y a des traces de dorure sur la louve,

qui pourrait, par conséquent, être réputée avoir fait partie de

l'ancien groupe. On sait que les idoles du Capitole n'étaient point

détruites après avoir été endommagées par le tems ou par quelque

accident, mais déposées dans des souterrains nommés _favissœ_[A].

Il est possible que la louve ait été mise dans un de ces endroits,

puis replacée en lieu visible, après que Vespasien eut rebâti

le Capitole. Rycquius, sans citer ses autorités, dit qu'elle fut

transportée du Comitium à la basilique de Latran, et de là au

Capitole. Si elle a été trouvée près de l'arc de triomphe de

Sévère, elle peut avoir été une des statues qu'Orose dit avoir

été renversées dans le Forum, par la foudre, lorsqu'Alaric prit

la ville[B]. L'ouvrage même prouve que cette louve est d'une haute

antiquité; et voilà pourquoi Winkelmann a supposé que c'était

celle de Denys d'Halicarnasse. Toutefois la louve du Capitole peut

avoir été d'une date aussi ancienne que celle du temple de Romulus.

Lactance[C] affirme que, de son tems, les Romains adoraient une louve;

et l'on sait que les Lupercales subsistèrent fort long-tems[D] après

que tous les autres rits de l'ancienne superstition furent totalement

tombés en désuétude: ce qui peut rendre compte de la conservation

de cette antique statue, honorée plus long-tems que tous les autres

emblèmes du paganisme.

[Note A: Luc. Fauni, _de Antiq. urb. Rom._, lib. II, cap. 7, ap.

Sallengre, tome I, page 217.]

[Note B: Voir la note, pour la stance 80, dans les _Historical

illustrations_.]

[Note C: _Romuli nutrix lûpa honoribus est affecta divinis, et ferrem

si animal ipsum fuisset cujus figuram gerit_. Lact. de fals, relig.

lib. I, cap. 20, page 101, édit. varior. 1660; c'est-à-dire qu'il

adorerait plutôt une louve qu'une prostituée. Son commentateur

a fait observer que l'opinion de Tite-Live concernant Laurentia,

représentée sous la forme de louve, n'a pas été universellement

reçue. Strabon pensait de même. Rycquius a tort de dire que Lactance

rapporte que la louve était dans le Capitole.]

[Note D: Jusques à l'an 496 de Jésus-Christ. _Quis credere possit_,

dit Baronius (_Ann. eccl._ tome VIII, page 602, in ann. 496),

_viguisse adhuc Romæ ad Gelasii tempora, quæ fuêre antè exordia

urbis allata in Italiam Lupercalia?_ Gélase écrivit une lettre de

quatre pages in-folio au sénateur Andromaque et à d'autres, pour

leur montrer qu'on devait renoncer à ces cérémonies.]

On peut toutefois se permettre de remarquer que la louve était un

emblème romain, et que l'adoration de cet emblème est une induction

tirée par le zèle de Lactance. Les premiers écrivains chrétiens

ne méritent pas toute confiance dans les accusations qu'ils dirigent

contre les païens. Eusèbe accusa en face les Romains d'adorer le

magicien Simon, et de lui élever une statue dans l'île du Tibre. Les

Romains n'avaient probablement jamais encore entendu parler d'un tel

personnage, qui a joué un rôle considérable, quoique scandaleux,

dans l'histoire de l'église, et a laissé plusieurs preuves de son

combat aérien contre saint Pierre dans la ville de Rome, quoique une

inscription trouvée dans cette susdite île du Tibre ait prouvé que

le _Simon magus_ d'Eusèbe était un certain dieu indigène nommé

_Semo Mangus_ ou _Fidius_[A].

[Note A: Voici le texte d'Eusèbe: Καὶ ἀνδρίαντι

παῤ ὑμῖν ὡς θεὸς τετίμηται, ἐν

τῷ Τίθερι ποταμῷ μεταξὺ τῶν δύο

γεψυρῳν, ἔχων ἐπιγράψην Ρωμαίκην

ταύτην Σίμωνι δέω σάγκτῳ. _Ecclesi. Hist._

lib. II, cap. 13, page 40. Justin, martyr, avait dit la même chose

auparavant; mais Baronius lui-même fut obligé de dévoiler l'erreur.

Voir Nardini, _Roma vetus_, lib. VII, cap. 12.]

Même après que le culte du fondateur de Rome eut été abandonné,

on jugea à propos de complaire aux habitudes des bonnes femmes de

la ville en les envoyant avec leurs enfans malades à l'église de

Saint-Théodore, comme autrefois au temple de Romulus[A]. L'usage

s'en est conservé jusqu'à ce jour; et l'emplacement de l'église

sus-nommée semble avoir été par là identifié avec celui du

temple, si bien que si la louve y eût été réellement trouvée

comme le dit Winkelmann, il n'y aurait plus de doute que la statue ne

fût celle de Denys d'Halicarnasse[B]. Mais Faunus, en disant qu'elle

était près du _ficus Ruminalis_ vers le Comitium, ne parle que de

son ancienne position telle qu'elle nous a été transmise par Pline;

et même s'il eût remarqué où on l'avait trouvée, il n'aurait

point parlé de l'église Saint-Théodore, mais d'une place

très-différente, près de laquelle on pensait alors que le _ficus

Ruminalis_ et le Comitium avaient été, c'est-à-dire des trois

colonnes près l'église de Santa-Maria Liberatrice, à l'extrémité

du Palatin tournée vers le Forum.

[Note A: _In essa gli antichi pontefici per toglier la memoria de'

giuochi Lupercali istituiti in onore di Romolo, introdussero l' uso

di portarvi bambini oppressi da infermità occulte, acciò si liberino

per l'intercessione di questo santo, come di continuo si sperimenta_.

Rione, XII. Ripa, _accurata e succinta descrizione_, etc., _di Roma

moderna dell' Ab. Ridolf. Venuti_, 1766.]

[Note B: Nardini, lib. V, cap. II, convainc Pomponius

Lætus _orassi erroris_, vu que celui-ci a mis le figuier Ruminal

à l'église Saint-Théodore; mais comme Tite-Live dit que la louve

était près du figuier Ruminal, et que Denys d'Halicarnasse la place

au temple de Romulus, il est obligé (cap. 4) d'avouer que les deux

monumens étaient près l'un de l'autre, ainsi que l'autre Lupercal,

ombragé, pour ainsi dire, par le même figuier.]

En vérité, l'on ne peut se livrer qu'à des spéculations purement

conjecturales sur la question de savoir où cette louve a été

trouvée[A]; et peut-être, après tout, les traces de dorure et

de foudre forment en faveur de ceux qui tiennent pour la louve

de Cicéron un argument meilleur que tous ceux mis en avant pour

l'opinion contraire. À tout prendre, cette louve est citée avec

raison dans le texte du poème comme l'un des anciens monumens les

plus intéressans de la ville de Rome[B], et c'est, sans aucun doute,

de cette statue, sinon de l'animal lui-même, que Virgile parle dans

ses beaux vers:

_Geminos huic ubera circùm_

_Ludere pendentes pueros et lambere matrem

Impavidos: illam tereti cervice reflexam

Mulcere alternos, et corpora fingere lingud_[C].

[Note A: _Ad Comitium ficus olim Ruminalis germinabat, sub qud lupæ

rumam, hoc est, mammam, docente Varrone, suxerant olim Romulus et

Remus: non procul à templo hodiè D. Mariæ liberatricis appellato

ubi_ forsan _inventa nobilis illa ænea statua lupæ germinos puerulos

lactantis, quam hodiè in capitolio videmus_. Olai Borrichii, _Antiqua

urbis Romanæ facies_, cap. 10. Voir aussi cap. 11. Borrichius

écrivit après Nardini, en 1687. Ap. Græv. _Antiq. Rom._, tome IV,

page 1552.]

[Note B: Donatus, lib. XI, cap. 18, donne une médaille représentant,

d'un côté, la louve dans la même position que celle du Capitole,

et, sur le revers, la même louve, mais qui n'a pas la tête tournée

en arrière. Cette médaille est du tems d'Antonin-le-Pieux.]

[Note C: Æneid. VIII, 631. Voir le docteur Middleton dans sa lettre

de Rome; il penche pour la louve de Cicéron, mais sans examiner la

question.]

NOTE 47, STANCE 90.

Il est possible d'être un très-grand homme, en restant encore fort

inférieur à Jules César, qui fut, suivant lord Bacon, le caractère

le plus complet de toute l'antiquité. La nature semble incapable

de combiner tous les talens extraordinaires qui constituèrent son

immense capacité applicable à toutes choses, et telle, qu'elle

fut un objet de surprise pour les Romains eux-mêmes. Le premier

des généraux,--le seul homme d'état dont la politique ait été

triomphante,--ne le cédant à personne en éloquence,--comparable à

qui que ce soit dans tous les exercices de la sagesse, dans le siècle

des plus grands généraux, hommes d'état, orateurs et philosophes

qui aient jamais paru dans le monde;--auteur qui composa, dans sa

voiture de voyage, un modèle parfait des annales militaires;--tantôt

controversant avec Caton, tantôt écrivant un traité sur les

calambours et recueillant une collection de bons mots;--combattant et

faisant l'amour en même tems[A], et voulant abandonner son empire

et sa maîtresse pour aller voir les sources du Nil: tel parut Jules

César à ses contemporains et aux hommes des âges suivans qui furent

le plus enclins à déplorer et à maudire son fatal génie.

[Note A: Dans son dixième livre, Lucain le montre baigné du sang de

Pharsale dans les bras de Cléopâtre:

Sanguine Thessalicæ cladis perfusus adulter

Admisit Venerem curis, et miscuit armis.

Après avoir dîné avec sa maîtresse, il passe toute la nuit à

converser avec les sages Égyptiens, et dit à Achoréus:

«_Spes sit mihi certa videndi_

_Niliacos fontes: bellum civils relinquam.»

Sic velut in tutâ securi pace trahebant

Noctis iter medium_.

Immédiatement après, il se bat de nouveau, et défend chaque

position:

_Sed adest defensor ubique_

_Cæsar et hos aditus gladiis, hos ignibus arcet._

_ .....Cæcâ nocte carinis

Insituit Cæsar semper feliciter usus

Præcipiti cursu bellorum et tempore rapto_.

]

Mais nous ne devons pas nous laisser éblouir par sa gloire ou par ses

qualités aimables et magnanimes, au point d'oublier la décision de

ses concitoyens impartiaux:

IL FUT JUSTEMENT TUÉ[A].

[Note A: _Jure cæsus existimetur_, dit Suétone, après une

appréciation honorable de son caractère et de son génie, en faisant

usage d'une phrase qui fut une formule du tems de Tite-Live: _Melium

jure cæsum pronuntiavit, etiamsi regni crimine insons fuerit_ (lib.

IV, cap. 38), et qui continua d'être employée dans les jugemens

prononcés en cas d'homicides légitimes, comme meurtres de voleurs.

Voyez Suet., _in Vit. J.C. Cœsar._, avec le commentaire de Pitiscus,

page 184.]

NOTE 48, STANCE 93.

......._Omnes penè veteres, qui nihil cognosci, nihil percipi, nihil

sciri posse dixerunt: angustos sensus, imbecillos animos, brevia

curricula vitæ, in profundo veritatem demersam, opinionibus et

institutis omnia teneri: nihil veritati relinqui: deinceps omnia

tenebris circumfusa esse dixerunt_[A]. Les dix-huit cents ans qui se

sont écoulés depuis que Cicéron a écrit cela, n'ont pas diminué

une des imperfections de l'humanité; et les plaintes des anciens

philosophes peuvent, sans injustice ou affectation, être transcrites

dans un poème composé aujourd'hui.

[Note A: Acad. I, 13.]

NOTE 49, STANCE 99.

Allusion à la tombe de Cécilia Métella, nommée _Capo di Bove_, sur

la voie Appienne. Voir _Historical Illustrations of the fourth canto

of Childe Harold_.

NOTE 50, STANCE 102.

Ὀν οἱ θεοὶ φιλοῦσιν,

ἀποθνήσκει νέος.

Τὸ γὰρ θανεῖν οὐκ κἰσχρὀν,

ἀλλ᾿ αἰσχρῶς θανεῖν.

_Rich. Fr. Phil. Brunck. Poetæ gnomici_, p. 231, édit. 1784.

NOTE 51, STANCE 107.

Le mont Palatin est une masse de ruines, particulièrement du côté

du grand Cirque. Le sol lui-même est formé de briques en poussière.

On n'a rien dit, on ne peut rien dire pour gagner la foi de

toute autre personne qu'un antiquaire romain;--Voir _Historical

Illustrations_, p. 206.

NOTE 52, STANCE 108.

L'auteur de la vie de Cicéron, parlant de l'opinion de cet orateur

et des Romains ses contemporains sur le compte de la Bretagne, a le

passage éloquent qui suit: «Ces railleries sur la barbarie et la

misère de notre île, nous obligent à réfléchir sur l'étonnante

destinée et sur les révolutions des états: pourquoi Rome, autrefois

maîtresse du monde, siége des arts, de la puissance et de la gloire,

est aujourd'hui plongée dans l'oisiveté, dans l'ignorance et dans

la pauvreté; asservie à la plus cruelle et en même tems la

plus méprisable des tyrannies, à celle de la superstition et de

l'imposture religieuse: tandis que ce pays éloigné, autrefois sujet

de raillerie et de mépris pour la classe éclairée des Romains,

est devenu l'heureux séjour de la liberté, de l'abondance, et des

lettres; florissant dans tous les arts et dans tous les raffinemens de

la civilisation; et toutefois parcourt peut-être la même carrière

que Rome a déjà parcourue, va d'une industrie vertueuse à la

richesse, de la richesse au luxe, du luxe à l'impatience des

règles et à la corruption des mœurs, jusqu'à ce qu'enfin, par

une dégénération complète et par la perte de toute vertu, rendu

tout-à-fait mûr pour la destruction, il devienne la proie de quelque

oppresseur hardi, et qu'avec la perte de sa liberté perdant tout

ce qui a quelque prix, il retombe peu à peu dans sa barbarie

primitive[A].»

[Note A: _The history of the Life of M. Tullius Cicero_, sect VI,

vol. II, page 102. Le contraste a été frappant dans un cas récent

vraiment singulier. Une personne est mise en prison à Paris: on fait

maints efforts pour obtenir sa délivrance. Le ministre français

continua de la détenir, sous prétexte que ce n'était point un

Anglais, mais seulement un _Romain_. Voir _Interesting facts relating

to Joachim Murat_. Page 139.]

NOTE 53, STANCE 101.

La colonne de Trajan porte à son sommet saint Pierre: celle

d'Aurelius, saint Paul. Voir _Historical illustrations of the fourth

canto, etc._

NOTE 54, STANCE 111.

Trajan _passa en proverbe_ pour le meilleur des empereurs romains[A];

et il serait plus aisé de trouver un souverain unissant exactement

tous les vices opposés aux heureuses qualités attribuées à ce

prince, que d'en trouver un qui fût pourvu de toutes ses vertus.

«Quand il monta sur le trône, dit l'historien Dion[B], il était

robuste de corps, vigoureux d'esprit: la vieillesse n'avait affaibli

aucune de ses facultés; il était tout à la fois exempt d'envie et

de médisance; il honorait tous les gens de bien, et les avançait;

la vertu n'était pas pour lui un objet de crainte ou de haine; il ne

prêtait jamais l'oreille aux délateurs, ne s'abandonnait point à sa

colère, s'abstenait également d'injustes exactions et de punitions

illégitimes, préférait être aimé comme homme qu'être honoré

comme souverain; il était affable pour son peuple, plein de respect

pour le sénat, et généralement aimé de l'un et de l'autre; il

n'inspirait de terreur qu'aux ennemis de sa patrie.»

[Note A: _Hujus tantùm memoriæ delatum est, ut, usque ad nostram

ætatem non aliter in senatu principibus acclamatus, nisi_,

Felicior. Augusto. melior. Trojano. Eutrop. Brev. Hist. Rom.

lib. VIII, c. 5.]

[Note B: Τῷ τε γὰρ σὡματι ἔῤῥωτο... καὶ

τῇ φυχῇ ἤκμαζεν, ὡς μήθ᾿ ὑπὰ γήρως

ἀμβλύγεσθαι... καὶ ὄὑτ᾿ ἐφθόνει

οὔτε καθήρει τινα, ἀλλὰ καὶ πάνυ

πάντας τοὺς ἀγάθους ἐτίμα καὶ

ἐμεγάλυνε καὶ διὰ τοῦτο οὔτε

ἐϕοβεῖτο τινα αὐτῶν, οὔτε ἐμἰσει...

διαβολαῖς τε ἢκιστα ἐπίστευε,

καὶ ὀργῇ ἤκιστα ἐδουλοῦτο τῶν τε

χρημάτων τῶν ἀλλοτρίων καὶ φόνων

τῶν ἀδίκων ἀπείχετο... φιλούμενός

τε οὖν ἐπ᾿ αὐτοῖς μᾶλλον ἤ

τιμώμενος ἔχαιρε, καὶ τῷ τε δήμῳ

μετὰ ἐπιεικείας συνεγένετο, καὶ

τῇ γερουσίᾳ σεμνοπρεπῶς ὡμίλει᾿

ἀγαπητὸς᾿ μὲν πᾶσι᾿ φοβερὸς δὲ

μηδένε, πλὴν πολεμίοις ὤν. Hist. Rom. lb.

LXVIII, cap. 6 et 7, t. II. pp. 1123, 1124, édit. Hacub. 1750.]

NOTE 55, STANCE 114.

Le nom et les exploits de Rienzi doivent être familiers au lecteur de

Gibbon. Quelques détails et quelques manuscrits inédits relatifs à

ce héros seront donnés dans les _Illustrations of the fourth canto_.

NOTE 56, STANCE 115.

La respectable autorité de Flaminius Vacca entraînerait à faire

croire aux droits de la grotte d'Égérie[A]. Il nous assure qu'il a

vu, sur le pavé, une inscription établissant que la fontaine était

celle d'Égérie dédiée aux nymphes. L'inscription n'existe plus

aujourd'hui; mais Montfaulcon cite deux vers d'Ovide[B] gravés sur

une pierre de la villa Giustiniani, qu'il paraît croire avoir été

apportée de la même grotte.

[Note A: _Poco lontano dal detto luogo si scende ad un casaletto, del

quale ne sono padroni li Caffarelli, che con questo nome è chiamato

il luogo; vi è una fontana sotto una gran volta antica, che al

presente si gode, e li Romani vi vanno l' estate a ricrearsi; nel

pavimento di essa fonte si legge in un epitaffio essere quella la

fonte di Egeria, dedicata alle Ninfe, e questa, dice l' epitaffio,

essere la medesima fonte in cui fu convertita_. Memorie, etc., ap.

Nardini, page 13. Il ne donne pas l'inscription.]

[Note B: _In villâ Justinianâ exstat ingens lapis quadratus solidus

in quo sculpta hæc duo Ovidii carmina sunt:_

_Ægeria est quæ præbet aquas, dea grata Camænis;

Illa Numæ conjux consiliumque fuit._

_Qui lapis videtur ex eodem Egeriœ fonte, aut ejus viciniâ istuc

comportatus._ Diar. italicum, page 153.]

Cette grotte et cette vallée étaient jadis fréquentées dans

l'été, et particulièrement le premier dimanche de mai, par les

modernes Romains, qui attachaient une propriété salutaire à la

fontaine qui sort d'un orifice situé au fond de la voûte, et,

débordant de petits étangs, entraîne des herbes entremêlées dans

le ruisseau d'en bas. Le ruisseau est l'Almo d'Ovide, dont le nom et

les propriétés se sont perdus dans le moderne Aquataccio. La

vallée elle-même est nommée _Valle di Caffarelli_, du nom des

ducs Caffarelli, qui cédèrent cette fontaine aux Pallaviccini, avec

soixante _rubbia_ des terres adjacentes.

Il ne peut guère y avoir de doute que cette longue vallée ne soit

la vallée d'Égérie de Juvénal, et le lieu de repos d'Umbritius,

quoique la généralité des commentateurs ait supposé que le poète

satirique et son ami sont descendus dans le bosquet Aricien, où la

nymphe rencontra Hippolyte, et où elle était plus particulièrement

adorée.

Le chemin de la porte Capène à la colline d'Albe (environ quinze

milles) serait trop considérable, à moins que nous n'ajoutassions

foi à la singulière conjecture de Vossius, qui fait voyager cette

porte de sa place actuelle, où il prétend qu'elle fut durant le

gouvernement des rois, jusques au bosquet Aricien, et puis la fait

revenir à son ancienne place au fur et à mesure que la ville se

rétrécit[A]. Le tuf ou pierre ponce, que le poète préfère au

marbre, est la substance composant la couche dans laquelle la grotte

est creusée.

[Note A: _De Magnit. veter. Rom. Ap. Græv. Ant. roman._, tome IV,

page 1507.]

Les topographes modernes[A] trouvent dans la grotte la statue de la

nymphe et neuf niches pour les muses, et un voyageur de ces derniers

tems[B] a découvert que la grotte a été rendue à cette simplicité

que le poète regrettait de voir, remplacée par des ornemens de

mauvais goût. Mais la statue sans tête est plutôt un personnage

mâle qu'une nymphe, et elle ne laisse apercevoir aujourd'hui

aucun des attributs qu'on lui assigne. Les neuf muses auraient eu

grand'peine à se tenir en six niches; et Juvénal certainement ne

fait pas allusion à quelque grotte particulière[C]. On ne peut tirer

aucune induction des paroles du poète satirique, sinon que quelque

part, près la porte Capène, il y avait un lieu où l'on supposait

que Numa avait tenu ses conférences nocturnes avec la nymphe, et

où il y avait un bosquet et une fontaine sacrée, et des chapelles

autrefois consacrées aux muses, et que de ce lieu l'on descendait

dans la vallée d'Égérie, qui offrait plusieurs grottes

artificielles. Il est clair que les statues des muses ne faisaient pas

partie de la décoration que le satirique ne jugeait point à sa place

dans ces grottes: car il assigne en termes exprès d'autres chapelles

(_delubra_) à ces divinités au-dessus de la vallée, et, de plus, il

nous dit qu'elles ont été mises à bas pour faire place aux juifs.

Dans le fait, le petit temple, aujourd'hui appelé temple de Bacchus,

avait, suivant l'opinion commune, appartenu autrefois aux muses, et

Nardini[D] les place dans un bosquet de peupliers, qui était, de son

tems, au-dessus de la vallée.

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 03 avec notes et commentaires comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 22 / 27 段