_Rue Grange-Batelière._ Elle commence au boulevart, et conduisoit à une

maison appelée encore dans le siècle dernier _la Grange-Batelière_,

laquelle lui a donné son nom. Cette maison, qui avoit appartenu, dans le

principe, à l'évêque, fut donnée par la suite avec son territoire au

chapitre de Sainte-Opportune, et le prélat en conserva seulement la

suzeraineté; elle passa depuis en plusieurs mains. À la fin du quatorzième

siècle, on voit que ce fief étoit possédé par Gui, comte de Laval; et un

acte de 1424 contient la donation que fait Jean de Malestroit, évêque de

Nantes et chancelier de Bretagne, de l'hôtel, cour, grange, colombier,

jardins, etc., de la Grange-Batelière, au monastère de Saint-Guillaume des

Blancs-Manteaux. On apprend par le même acte que cet hôtel relevoit de

l'évêque de Paris, et que les terres qui en dépendoient contenoient 120

arpents. En 1473 il appartenoit à Jean de Bourbon, comte de Vendôme, qui

sans doute l'avoit acheté de ces religieux.

Lorsqu'on traça le boulevart, il y avoit devant cette maison une place

vague où les eaux et les boues de la rue de Richelieu venoient se perdre

dans une fosse profonde qu'on y avoit creusée; ce qui répandoit une

infection dangereuse pour les quartiers environnants. Cette circonstance

détermina à former de cette place une rue de même largeur et dans la

même direction que la rue de Richelieu. On en perça une autre en retour

d'équerre jusqu'à la rencontre du chemin des marais; on y pratiqua un

égout découvert qui alloit se perdre dans le grand, et cette nouvelle

rue fut appelée rue _des Marais_. Telle est l'origine du cul-de-sac _de

la Grange-Batelière_. Le retour d'équerre que fait la rue du même

nom dans celle du Faubourg-Montmartre fut alors appelé rue

_Neuve-Grange-Batelière_, quoiqu'il eût été tracé avant l'autre partie.

Il y passoit aussi un égout.

Les noms de la Grange-Batelière varient beaucoup dans les anciens titres.

Elle est indiquée en 1243 sous celui de _Granchia Batilliaca_; en

1252 et 1254, elle est appelée _Granchia Bataillie_; en 1290,

_Granchia-Bail-Taillée_, et en 1308, _la Grange au Gastelier_, etc.

_Rue de Grétry._ Elle forme derrière le pâté des Italiens un retour

d'équerre avec la rue de Favart, et aboutit de l'autre côté à la rue de

Grammont. Elle a été construite, comme toutes les rues environnantes, en

même temps que le théâtre italien.

_Rue de Hanovre._ Voyez _rue Projetée_.

_Rue de la Houssaie._ Voyez rue _des Trois Frères_.

_Rue des Jeûneurs._ Elle va de la rue Montmartre à celle du Gros-Chenet.

Le véritable nom de cette rue est celui de _Jeux-Neufs_, lequel vient de

deux jeux de boules dont elle occupe la place; et ce n'est que par

corruption qu'on la nomme rue des Jeûneurs. Cependant cette dernière

dénomination a prévalu. Elle portoit ce nom de _Jeux-Neufs_ en 1643[199].

[Note 199: Arch. de l'archev.]

_Rue Joquelet._ C'est une petite rue qui traverse de la rue Montmartre

dans celle de Notre-Dame-des-Victoires. Elle a pris ce nom d'un bourgeois

qui y avoit une maison. Elle le portoit dès 1622.

_Rue Saint-Joseph._ Cette rue, qui aboutit à la rue Montmartre et à celle

du Gros-Chenet, est désignée sur tous les plans publiés dans le

dix-septième siècle sous le nom de rue _du Temps-Perdu_. Cependant elle

étoit connue sous celui de Saint-Joseph dès 1646; et c'est ainsi qu'elle

est appelée dans un contrat ensaisiné à l'archevêché le 13 juillet de

cette année. De Chuyes l'indique aussi sous ces deux noms dans son _Guide

des chemins_ de 1647. Celui de Saint-Joseph lui vient de la chapelle qui y

étoit située.

_Rue Joubert._ Voyez _rue Neuve-des-Capucins_.

_Rue Saint-Lazare._ Elle va de la Pologne à la rue du Faubourg-Montmartre.

Elle est aussi connue sous le nom de rue des Porcherons. Plusieurs plans

du dernier siècle la nomment _rue des Porcherons_ ou _d'Argenteuil_, parce

qu'elle conduit à ce bourg.

_Rue de Louis-le-Grand._ Elle commence à la rue Neuve-des-Petits-Champs,

et finit au boulevart. D'après les plans manuscrits et gravés du siècle

dernier, il paroît qu'il y avoit, le long du monastère des Capucines, un

chemin qui fut depuis couvert par les maisons de la rue Louis-le-Grand. Un

arrêt du conseil, du 20 mars 1701, ordonna l'ouverture de cette rue. Elle

ne devoit s'étendre que depuis la rue Neuve-Saint-Augustin jusqu'à celle

des Petits-Champs; mais on la prolongea jusqu'au boulevart, en vertu d'un

arrêt du 3 juillet 1703. Elle avoit reçu, dans la révolution, le nom de

rue des Piques. On l'appelle maintenant rue _de la Place Vendôme_.

_Rue du Mail._ Cette rue aboutit dans celle des Petits Pères et dans la

rue Montmartre; elle doit son nom à un _mail_ ou _palemail_ sur lequel

elle fut ouverte, et qui régnoit depuis la porte Montmartre jusqu'à celle

de Saint-Honoré. Elle portoit ce nom dès 1636. Un traité fait sous Louis

XIII, pour la continuation des fortifications commencées par ordre de

Charles IX, adopté par le conseil le 23 novembre 1633, et enregistré au

parlement le 5 juillet de l'année suivante, portoit entre autres clauses

l'ouverture et la construction des rues du Mail, Cléry,

Neuve-Saint-Eustache, Neuve-Saint-Augustin, Notre-Dame-des-Victoires,

Neuve-des-Petits-Champs, Richelieu, Sainte-Anne, Neuve-Saint-Honoré, etc.

_Rue Saint-Marc._ Elle traverse de la rue de Richelieu dans la rue

Montmartre. C'étoit un chemin de communication entre les faubourgs

Montmartre et Saint-Honoré. Elle a été ouverte vers le milieu du

dix-septième siècle, et doit vraisemblablement son nom à quelque enseigne.

_Rue Neuve-Saint-Marc._ Elle fait la continuation de la précédente, et

donne d'un bout dans la rue de Richelieu, de l'autre sur la place de la

comédie italienne. Cette rue a été ouverte sur une partie de l'hôtel de

Choiseul.

_Rue de Marivaux._ Cette rue parallèle à celle de Favart, et qui a reçu,

comme elle, le nom d'un des auteurs les plus renommés du théâtre italien,

a été construite en même temps et sur le même plan.

_Rue des Martyrs_[200]. Cette rue, qui est la continuation de celle du

Faubourg-Montmartre jusqu'à la barrière, doit son nom à une chapelle

érigée à l'endroit où l'on croit que Saint-Denis et ses compagnons ont été

décapités. Elle étoit connue anciennement sous le nom de rue des

Porcherons. Sur plusieurs plans on la trouve confondue avec la rue du

Faubourg-Montmartre.

[Note 200: On a percé, dans cette rue, un chemin qui aboutit aux

murs de Paris, et qu'on a nommé ruelle _Beauregard_.]

_Rue Neuve-des-Mathurins._ Cette rue, percée en 1778, aboutit d'un côté à

la rue de la Chaussée d'Antin, de l'autre à celle de l'Arcade, où finit le

quartier. Elle doit son nom à son emplacement sur lequel les Mathurins

avaient plusieurs possessions.

_Rue de la Ferme des Mathurins._ Elle fut percée à la même époque dans la

rue précédente, d'où elle va aboutir dans la rue Saint-Nicolas, ci-devant

de l'Égout.--Il y a vis-à-vis un cul-de-sac qui porte le même nom.

_Rue de Menars._ Elle aboutit d'un côté dans la rue de Richelieu, de

l'autre dans celle de Grammont. Le nom qu'elle porte lui vient d'un hôtel

situé en cet endroit, lequel appartenoit au président de Menars. C'étoit

autrefois un cul-de-sac qui avoit été percé en 1767 sur le terrain de

l'hôtel de Grammont.

_Rue de la Michodière_[201]. Cette rue, qui fait suite à celle de Gaillon,

et vient aboutir au boulevart, a été percée depuis 1780 sur une partie du

terrain et des jardins de l'hôtel de Richelieu et des maisons adjacentes.

Elle doit son nom à M. de La Michodière, conseiller d'état.

[Note 201: À côté de cette rue, et sur les jardins de l'hôtel de

Richelieu, on a percé une rue nouvelle qui donne dans celle de

Louis-le-Grand, et se nomme rue _du Port-Mahon_.]

_Rue Monthalon._ Cette rue, qui fait suite à la rue Coquenart, et vient

aboutir à celle du Faubourg-Poissonnière, a été percée sur des jardins

depuis 1780.

_Rue Montmartre._ La partie de cette rue qui dépend de ce quartier ne

commence qu'à la rue Neuve-Saint-Eustache, et aboutit au boulevart. Dans

cette rue se trouve le _cul-de-sac de Saint-Pierre_, qui doit ce nom à la

rue Saint-Pierre dont il est voisin. En 1622 il portoit le nom _des

Mazures_. Il prit ensuite celui de _cul-de-sac de la rue

Neuve-Montmartre_; puis _des Marmouzets_. La Caille et Piganiol le nomment

_Gourtin_ et _Saint Pierre Gourtin_.

Il y avoit encore autrefois dans cette rue un autre cul-de-sac nommé

cul-de-sac _des Commissaires_. C'étoit anciennement une rue nommée de

_l'Arche_, parce qu'elle étoit ouverte sur le fief de l'Arche, autrefois

Saint-Mandé. Lorsqu'on eut coupé cette rue, la partie qui subsista fut

nommée cul-de-sac de _l'Épée Royale_, comme on peut le voir dans de

Chuyes; c'étoit le nom d'une enseigne. En 1647, il le quitta pour prendre

celui d'un particulier appelé _Ragouleau_. Ce cul-de-sac est désigné sous

ce nom dans un censier de l'archevêché de 1663. Enfin on lui avoit donné

celui _des Commissaires_, nous ignorons à quelle occasion.

_Rue du Faubourg-Montmartre._ Elle va du boulevart à l'abbaye de

Montmartre, en comprenant sous ce nom la rue des Martyrs dont nous venons

de parler[202].

[Note 202: L'église et l'abbaye de Montmartre, étant situées

hors des murs de Paris, se trouvent naturellement rejetées de

notre plan. Cependant la célébrité du lieu est tel, que, sans en

faire l'histoire, nous croyons devoir du moins lui consacrer une

note. Il y avoit, dès la fin du septième siècle ou au

commencement du suivant, une église consacrée sur cette montagne

à Saint-Denis, et une petite chapelle, _ædicula, parva

ecclesia_, où l'on conservoit les reliques de plusieurs autres

martyrs dont les noms ne sont pas parvenus jusqu'à nous. En

1096, ces deux églises furent données, avec quelques terres qui

en dépendoient, aux moines de Saint-Martin-des-Champs. Ces

religieux les cédèrent, en 1133, au roi Louis-le-Gros, en

échange de Saint-Denis-de-la-Chartre[202-A]; et, l'année

suivante, ce prince et Alix de Savoie, sa femme, y fondèrent

l'abbaye de Bénédictines, qui en jouissoit encore dans les

derniers temps de la monarchie. Le couvent qu'on y voyoit

occupoit la place de la chapelle: il fut d'abord érigé en

prieuré dépendant de l'abbaye située sur le sommet de la

montagne; mais depuis il avoit été réuni. Les religieuses, ayant

fait ensuite bâtir des lieux réguliers et une église, laissèrent

l'ancienne église pour le service de la paroisse.]

[Note 202-A: _Voyez_ t. Ier, p. 271, 1re partie.]

_Rue des Fossés-Montmartre._ Elle traverse de la rue Montmartre à la place

des Victoires. Avant la construction de cette place, elle s'étendoit

jusqu'à la rue des Petits-Champs, en face de l'hôtel de la Vrillière,

aujourd'hui de Toulouse. Cette rue doit son nom au fossé qui se

prolongeoit jusqu'à la porte Montmartre, et c'est sur son emplacement

qu'elle a été bâtie. Elle fut d'abord nommée rue _du Fossé_, _des Fossés_.

Cependant dès 1647 elle portoit le même nom qu'aujourd'hui.

_Rue Saint-Nicolas._ Voyez _rue de l'Égout_.

_Rue Papillon._ C'est une petite rue de traverse ouverte depuis 1780 qui

donne d'un côté dans la rue Monthalon, et de l'autre dans celle d'Enfer.

_Rue le Pelletier._ C'est une rue nouvelle percée peu de temps avant la

révolution, et qui donne sur le boulevart et dans la rue de Provence.

_Rue des Petits-Pères._ Elle aboutit d'un côté aux rues de la Vrillière et

de la Feuillade, de l'autre au coin de la rue Vide-Gousset. C'est une

continuation de l'ancien mail et de la rue qui en porte le nom. Elle doit

le sien au couvent des religieux augustins réformés, vulgairement appelés

_Petits-Pères_.

_Rue Pétrelle._ Voyez _rue de la Rochefoucault_.

_Rue Saint-Pierre._ Elle aboutit d'un côté dans la rue Montmartre, de

l'autre, dans celle de Notre-Dame-des-Victoires. Elle doit son nom à une

maison qui avoit pour enseigne l'image de Saint-Pierre. Elle prit en 1603

celui de _Pénécher_, d'un particulier qui y demeuroit. On en fit ensuite

par corruption la rue _Péniche_; puis en 1666 rue _Péniche, dite de

Saint-Pierre_. Il paroît qu'elle avoit été ouverte sur un terrain que les

titres du seizième siècle appellent _le clos Gautier_, autrement des

_Mazures_, et le _petit chemin herbu_.

_Rue Pigalle._ Voyez _rue Royale_.

_Rue des Postes._ C'étoit ainsi qu'on nommoit autrefois la partie de la

rue Saint-Georges qui va de la rue Chantereine à celle de Saint-Lazare.

Des postes de commis, établis en cet endroit par les fermiers-généraux

pour empêcher la contrebande, lui avoient fait donner ce nom. Nous avons

déjà fait connoître, à l'article de la rue Chantereine, celui sous lequel

elle étoit désignée avant cette dernière dénomination.

_Rue Projetée._ C'est une rue nouvelle, ouverte sur la rue de Choiseul, et

qui lui sert de communication avec la rue de la Michodière et celle de

Louis-le-Grand: on la nomme aujourd'hui rue de Hanovre.

_Rue de Provence._ Le projet de cette rue fut conçu en 1771, lorsque l'on

eut résolu de couvrir l'égout qui traversoit ce terrain dans toute sa

longueur. Elle est devenue depuis une des plus belles rues de Paris, et

n'est presque composée que d'hôtels somptueux et de maisons élégantes.

_Rue Ribouté._ Cette petite rue, ouverte depuis 1780, communique de la rue

d'Enfer à celle de Monthalon.

_Rue de Richelieu._ La partie de cette rue située dans ce quartier

commence à la rue Neuve-des-Petits-Champs et finit au boulevart. Dans le

principe elle se nommoit rue Royale, et venoit aboutir à une porte du même

nom, située près de la rue Feydeau. La porte fut démolie en 1701; et en

1704, un arrêt du conseil ordonna que la rue seroit continuée jusqu'au

boulevart.

_Rue de la Rochefoucault._ Voyez _rue de la Tour-des-Dames_.

_Rue Saint-Roch._ Elle fait la continuation de la rue des Jeûneurs, ou

Jeux-Neufs, et va de la rue du Gros-Chenet à la rue Poissonnière. Elle est

indiquée _sans nom_ dans le plan de de Chuyes.

_Rue de Rochechouart._ Elle fait la continuation de la rue Cadet, et

aboutit au chemin de Clignancourt. Elle doit sans doute son nom à

Marguerite de Rochechouart de Mont-Pipeau, abbesse de Montmartre, morte en

1727. Le chemin sans nom qui est au bout de cette rue est nommé maintenant

rue _Pétrelle_.

_Rue Richer._ Cette rue, qui communique de la rue du Faubourg-Montmartre à

celle du Faubourg-Poissonnière, étoit un passage sans nom avant 1772.

Depuis il avoit reçu celui de _Passage de la grille_. La rue Richer n'a

été couverte de maisons que depuis la révolution.

_Rue Royale._ Ce n'étoit autrefois qu'un chemin qui, de la rue de la

Croix-Blanche conduisoit à Montmartre. C'est maintenant une très-belle rue

garnie de maisons élégantes, et qui se termine à la barrière nommée

aujourd'hui de _Montmartre_[203].

[Note 203: Cette rue a été nommée, depuis la révolution, rue

_Pigalle_, parce que ce sculpteur y avoit une maison. On y a

percé à droite une rue transversale qu'on a appelée rue de

_Laval_.]

_Rue du Sentier._ Cette rue fait la continuation de celle du Gros-Chenet,

et aboutit au boulevart. Elle doit son nom au sentier sur lequel on l'a

bâtie. On la trouve désignée mal à propos dans quelques plans sous les

noms de _Centière_, _Centier_ et _Chantier_.

_Rue Taitbout._ Cette rue, percée depuis 1780 sur le boulevart, entre la

rue d'Artois et celle de la Chaussée-d'Antin, va aboutir à la rue de

Provence.

_Rue Thiroux._ Cette rue a été ouverte, depuis 1780, dans la rue

Neuve-des-Mathurins, vis-à-vis la rue Caumartin. Elle donne dans celle de

Sainte-Croix, qui en fait la continuation.

_Rue des Filles-Saint-Thomas._ Elle commence à la rue

Notre-Dame-des-Victoires, et finit à celle de Richelieu, vis-à-vis la rue

Neuve-Saint-Augustin. Cette rue doit son nom au couvent des

Filles-Saint-Thomas qui y étoit situé; elle a été ouverte en partie sur le

terrain des Augustins, partie sur celui de ces religieuses.

_Rue de la place Vendôme._ Voyez _rue Louis-le-Grand_.

_Rue Notre-Dame-des-Victoires._ Elle fait la continuation de la rue des

Petits-Pères, et va, par un retour d'équerre, aboutir dans la rue

Montmartre. Son nom lui vient de l'église des Augustins, qui étoit sous

l'invocation de Notre-Dame-des-Victoires. On l'a nommée anciennement le

_chemin Herbu_, rue des _Victoires_; et en 1647, rue des _Augustins

déchaussés_, autrement, de _Notre-Dame-des-Victoires_.

_Rue Vivienne._ Elle traverse de la rue des Petits-Champs dans celle des

Filles-Saint-Thomas, et se prolongeoit autrefois jusqu'à la rue Feydeau;

mais dans cette dernière partie elle s'appeloit rue Saint-Jérôme[204].

Elle doit le premier nom à une famille très-connue qui portoit celui de

Vivien. On la trouve indiquée sous ce nom de _Vivien_, sur les plans de

_Gomboust_ et de _Bullet_.

[Note 204: Les religieuses de Saint-Thomas avoient ensuite

renfermé cette partie de rue dans l'enceinte de leur monastère.]

_Rue Vide-Gousset._ Elle commence au bout des rues des Petits-Pères et de

Notre-Dame-des-Victoires, et se termine à la place des Victoires. Avant la

construction de cette place elle faisoit partie de la rue du

Petit-Reposoir, qui se trouve de l'autre côté. Son nom lui vient

probablement de quelque vol qui aura été commis dans cet endroit. Avant la

construction de la place, elle faisoit partie de la rue qui existe encore

de l'autre côté, et qui porte le nom du _Petit Reposoir_.

PLACES.

_Place des Victoires._ Voyez p. 205.

_Place de la Comédie Italienne._ Elle est peu spacieuse et formée par les

rues de Favart et de Marivaux, par la façade du monument, et par un

bâtiment isolé nommé le _Pâté des Italiens_.

PASSAGES.

_Passage Cendrier._ Il aboutit d'un côté à la rue Neuve-des-Mathurins, de

l'autre à la rue Basse-du-Rempart.

_Passage des Petits-Pères._ Il aboutit d'un côté à la rue des

Petits-Pères, maintenant rue Neuve-des-Petits-Pères et de l'autre à

l'église.

_Passage Saulnier._ Il communique de la rue Bleue à la rue Richer.

RUES NOUVELLES.

_Rue Neuve-Saint-Augustin._ C'est une continuation de cette rue ouverte

sur l'ancien terrain des Capucines. Elle traverse la rue de la Paix et

vient aboutir au boulevart.

_Rue du Helder._ Elle a été ouverte depuis la révolution sur l'emplacement

d'une caserne des gardes françoises, et aboutit d'un côté au boulevart, de

l'autre à la rue de Provence.

_Rue de Laval._ Cette rue nouvelle, percée depuis la révolution, commence

à la rue Pigalle et vient aboutir à la barrière.

_Rue de Louvois._ Elle a été ouverte sur le terrain de l'ancien hôtel

Louvois, et donne d'un bout dans la rue de Richelieu, de l'autre dans la

rue Sainte-Anne.

_Rue de Lully._ Cette rue ouverte sur le même terrain communique de la rue

de Louvois à la rue Rameau.

_Rue Pinon._ C'est l'ancien cul-de-sac _Grange-Batelière_ que l'on a

ouvert sur la rue d'Artois. Le nom de _Pinon_ est celui d'un président à

mortier du parlement de Paris, propriétaire du fief de Grange-Batelière.

_Rue du Port-Mahon._ Elle commence au carrefour Gaillon, et donne, de

l'autre bout, dans la rue de Hanovre.

_Rue Rameau._ Cette rue, ouverte sur le terrain de l'hôtel Louvois et

parallèle à celle qui porte ce dernier nom, communique de même de la rue

de Richelieu à la rue Sainte-Anne.

_Rue de la Paix._ Cette rue nouvelle ouverte sur l'ancien terrain des

Capucines, commence à la rue Neuve-des-Petits-Champs, vis-à-vis la place

Vendôme, et vient aboutir au boulevart: c'est une des plus belles rues de

Paris.

PASSAGES NOUVEAUX.

_Passage Feydeau._ Ce passage ouvert sur l'ancien terrain du couvent

des Filles-Saint-Thomas, communique d'un côté à la rue des

Filles-Saint-Thomas, de l'autre à la rue Feydeau.

_Passage du Panorama._ Il a été ouvert dans la rue Saint-Marc, et

communique de cette rue au boulevart.

CULS-DE-SACS NOUVEAUX.

_Cul-de-sac de Briare._ Il est situé dans la rue de Rochechouart, entre

les rues de la Tour-d'Auvergne et Coquenart.

_Cul-de-sac Coquenart._ On le trouve dans la rue du même nom, presque

vis-à-vis la rue de Buffaut.

Il y a dans la rue Richer un cul-de-sac sans nom.

ANTIQUITÉS ROMAINES

DÉCOUVERTES DANS LE QUARTIER MONTMARTRE.

_Sculptures en bas-relief; monuments sépulcraux._ Ces restes d'antiquités

furent découverts en 1751 dans une fouille que l'on faisoit rue Vivienne,

pour établir les fondements d'une écurie. On y trouva:

1º. Huit fragments de marbre, ornés de bas-reliefs qui représentent, entre

autres sujets, un homme à demi couché sur un lit et un esclave portant un

plat; Bacchus et Ariane; une prêtresse rendant des oracles, et un homme

qui les écrit dans un livre; un repas de trois convives couchés sur des

lits, et encore un esclave portant un plat, etc. M. de Caylus, qui a

publié la gravure, et donné la description de ces fragments,[205] ne

doutent point qu'ils n'appartiennent à des tombeaux; et, en effet, il

n'eut point de sujets plus souvent répétés sur les cippes et les

sarcophages qui nous sont restés de l'antiquité, que l'histoire symbolique

de Bacchus, et ces repas funèbres que l'on faisoit en l'honneur des morts.

[Note 205: Recueil d'antiq., t. II, p. 373, et suivantes.]

2º. Un cippe cinéraire en marbre, dont la face principale est ornée d'une

guirlande de fleurs et de fruits, que soutiennent deux têtes de bélier.

L'inscription placée au-dessous de ce feston nous apprend que _Pithusa_ a

fait exécuter ce monument pour sa fille _Ampudia Amanda_, morte à l'âge de

dix-sept ans.

3º. Un couvercle de marbre, richement orné de sculptures, qui a dû

appartenir à un autre cippe d'une plus grande dimension que le précédent.

_Autre monument sépulcral._ C'est un cippe cinéraire semblable à celui que

nous venons de décrire. Il fut découvert dans la même rue en 1806, et dans

une fouille que l'on faisoit également pour quelques réparations ou

constructions, dans la maison de cette rue qui porte le numéro 8. À chaque

angle de cette urne, des têtes de béliers soutiennent des festons de

fleurs et de fruits, dont les quatre côtés du cippe sont décorés. Quatre

aigles éployées occupent la partie inférieure des quatre angles, et sur le

feston de la face principale où est gravée l'inscription, est sculptée une

biche dont un autre aigle déchire le dos. Nous apprenons par cette

inscription que _Chrestus_, affranchi, a fait ériger ce monument à son

patron _Nonius Junius Epigonus_. Les autres faces offrent, au-dessous de

chaque feston, une plante, un patère et une aiguière ou _præfericulum_.

Dans une autre maison de cette même rue, on trouva sous terre une épée de

bronze que Montfaucon a fait graver dans ses antiquités.

On déterra encore à peu de distance de là, depuis la révolution, et en

creusant la terre pour établir les fondations de la nouvelle Bourse,

plusieurs fragments de poterie romaine, et deux poids antiques de

verre[206].

[Note 206: «En 1628, un jardinier, fouillant la terre dans

l'endroit de cette rue où se tenoit la Bourse, y trouva neuf

cuirasses qui avoient été faites pour des femmes; on n'en

pouvoit douter à la façon dont elles étoient relevées en bosse,

et arrondies sur l'un et l'autre côté de l'estomac. Quelles

étoient ces héroïnes, et dans quel siècle vivoient-elles? c'est

ce que je n'ai pu découvrir; j'ai seulement trouvé dans Mézerai,

année 1147, à l'article de la croisade prêchée par saint

Bernard, que plusieurs femmes ne se contentèrent pas de prendre

la croix, mais qu'elles prirent aussi les armes pour la

défendre, et composèrent des escadrons de leur sexe, rendant

croyable tout ce qu'on a dit des prouesses des Amazones.»

(SAINT-FOIX.)]

Nous apprenons de Frodoart[207] que sur le penchant de ce monticule, et vers

le nord, il existoit un vieil édifice qui fut renversé en 944, par un

ouragan très-violent. On présumoit que c'étoient les restes d'un temple

consacré à quelque divinité du paganisme, et probablement au dieu Mars,

dont ce lieu avoit reçu le nom.

Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 3/8) · 第 16 / 34 段