sciences physiques, tiendront des séances communes, et les quatre
dernières se réuniront chacune séparément, en admettant à leurs
assemblées celles des autres classes dont les recherches seront
analogues à leurs travaux. Ainsi, les peintres trouveront à
s'instruire dans le commerce des poëtes, des historiens et dans celui
des amateurs de l'antiquité. Les élèves dans l'art de la déclamation
recevront des conseils utiles de la part des auteurs dramatiques les
plus exercés. Cette réciprocité de service pourra même s'étendre de la
section des sciences physiques à celle des belles-lettres. Les
peintres, par exemple, auront besoin des lumières des anatomistes qui
appartiennent à la cinquième classe de la seconde section. L'institut
national, renfermant tous les genres de savoir, offrira aussi tous
les genres de secours à ceux qui viendront les invoquer.
Jusqu'ici nous avons présenté l'Institut comme divisé en deux grandes
sections; mais, sous un autre aspect, ces deux sections réunies
formeront un grand corps représenté par un comité central, auquel
chacune des vingt classes enverra un député qui stipulera pour les
intérêts de tous. Ce Comité surveillera l'exécution des lois de
l'Institut, et s'occupera principalement de ce qui concerne son
administration.
On se tromperoit, si l'on regardoit l'Institut national comme devant
être concentré dans Paris. Ses nombreuses dépendances se répandront
dans les Départemens. Les différentes branches des Sciences Physiques,
qui comprennent la Géographie, la Navigation, l'Art Militaire,
l'Architecture itinéraire et hydraulique, la Métallurgie,
l'Agriculture et le Commerce, auront leur foyer principal dans les
ports, dans les places, dans les villes de guerre, près des mines,
soit en France, soit même dans les pays étrangers, sur les sols de
diverse nature, et dans les atteliers des Arts.
Ainsi la classe de Peinture et de Sculpture continuera d'avoir un
Collège à Rome.
Ainsi la classe des Antiquités Orientales pourroit en avoir un à
Marseille.
Ainsi des voyageurs François, choisis par les différentes classes,
parcourront le globe, soit pour le mesurer, soit pour en connoître la
composition et la structure, pour en étudier les productions, pour en
observer les habitans, et rassembler les connoissances qui peuvent
être utiles aux hommes.
Le véritable but de l'Institut national étant le perfectionnement des
Sciences, des Lettres et des Arts, par la méditation, par
l'observation et par l'expérience, il ne sauroit s'établir trop de
communications entre le public et les différentes classes qui le
composent.
L'Institut correspondroit avec les Départemens pour tout ce qui seroit
relatif à l'éducation, à l'enseignement et aux nombreux travaux sur
lesquels des Savans de divers genres peuvent être consultés.
Les assemblées des différentes classes de l'Institut seroient ouvertes
à ceux qui désireroient y lire des mémoires, y présenter des ouvrages,
et demander des conseils pour se diriger dans leurs recherches.
L'Institut communiqueroit encore avec le public par les ouvrages qu'il
feroit paroître, et par les essais de divers genres qu'il
multiplieroit sous ses yeux.
Enfin l'Institut seroit enseignant.
Il est une classe maintenant très-nombreuse d'hommes entièrement voués
à l'étude des Lettres, des Sciences et des Arts, qui, après être
sortis des Collèges, ont besoin de l'entretien et des conseils des
grands Maîtres; ils demandent qu'on leur enseigne ce que la
Philosophie a de plus abstrait; ce que les Mathématiques offrent de
plus savant; ce que l'expérience a de plus difficile; ce que le goût a
de plus délicat. C'est dans le sein de l'Institut qu'on doit trouver
naturellement de telles leçons. L'Institut doit donc être enseignant;
et ce nouveau rapport d'utilité publique formera l'un de ses
principaux caractères.
Cette fonction ne nuira point à celles que déjà nous lui avons
attribuées. Les séances tenues par l'Institut seront essentiellement
séparées de l'enseignement dont il s'agit; et cet enseignement
lui-même, quoique très-distinct des assemblées, n'en sera pourtant, en
quelque sorte, qu'une extension: car les Professeurs, élus en nombre
suffisant par les classes, feront connoître dans leurs leçons, non la
partie élémentaire de la science ou de l'art, mais ce qui tiendra de
plus près au progrès, au perfectionnement de l'une ou de l'autre; ce
qui pourra servir, en un mot, de complément à l'instruction; de sorte
que, pour ce genre d'enseignement, ce ne seroit peut-être pas, comme
pour l'enseignement élémentaire, celui qui s'exprimeroit avec plus de
netteté sur la science, mais celui qui auroit le plus fait pour elle,
et qui laisseroit le plus à penser aux Élèves, qu'il faudroit choisir.
Jusqu'à ce jour, un assez grand nombre de chaires établies à Paris,
soit au Collège Royal, soit au Jardin des Plantes, soit aux Collèges
de Navarre et des quatre Nations, soit au Louvre, étoient destinées à
l'enseignement des sciences naturelles et philosophiques et à celui de
quelques-unes des parties des Belles-Lettres et des Beaux-Arts; mais
il n'y avoit entre ces différentes chaires, non plus qu'entre les
divers corps académiques, ni liaison, ni harmonie. Différentes
autorités, quelquefois très-opposées entr'elles, dirigeoient ces
établissemens, et nulle part on n'avoit senti que cette sorte
d'enseignement dût s'exercer, non sur les premiers principes, mais sur
les difficultés à vaincre: or cependant, il n'est presque aucune des
principales divisions des connoissances humaines qui ne doive être
enseignée dans les Collèges de District ou de Département. Il ne faut
donc pas que les Professeurs de l'Institut répètent ce qui aura été
dit longuement ailleurs. Ils n'oublieront jamais que c'est à
l'avancement de la science qu'ils seront destinés, ainsi que
l'Institut dont ils feront partie.
Toutes les chaires fondées au Collège Royal, au Jardin des Plantes,
etc. doivent donc disparoître, parce que, telles qu'elles sont, la
plupart n'entreroient point dans le plan de l'Institut où ces chaires
se retrouveront sous une autre forme.
Mais pour que l'Institut fasse tout le bien que la Nation doit en
attendre, il faut que chacune des classes qui le composent, possède
les moyens de donner à ses travaux toute la perfection dont ils sont
susceptibles. Les unes auront besoin d'un laboratoire, d'une
collection d'instrumens, de machines, de modèles: aux autres, il
faudra un jardin, un champ, une ménagerie, un troupeau: toutes
réclameront les secours des grandes Bibliothèques et une Imprimerie
riche en caractères de tous les genres: toutes désireront qu'une
correspondance active leur apprenne quel est, dans les pays étrangers,
l'état des Sciences, des Lettres et des Arts, que tous les ouvrages
curieux, que les instrumens, que les machines nouvelles qui les
intéressent, leur soient communiqués, après qu'ils auront été inscrits
sur le catalogue de la collection à laquelle ils devront appartenir,
et qu'un nombre suffisant d'interprètes soit chargé de traduire ceux
de ces écrits dont on croira que les connoissances seront les plus
utiles à répandre. Ainsi organisées, les classes de l'Institut auront
des rapports avec les divers établissemens qui seront analogues à
leurs travaux. Le Jardin des Plantes dépendra des classes de Botanique
et d'Agriculture; le _Musæum_, de celles d'Histoire Naturelle et
d'Anatomie; les collections de machines, de celles de Mécanique et des
Arts; le cabinet de Physique appartiendroit à la classe de physique
expérimentale; l'école des Mines seroit dirigée conformément aux vues
de la classe de Chimie; les collections d'Antiques et de médailles le
seroient par celle d'Histoire, et les galeries de tableaux, de
statues, de bustes et l'école gratuite de dessin le seroient par les
classes des Beaux-Arts: les Bibliothèques seroient une dépendance
commune à toutes les classes de l'Institut qui, formé de cette
manière, présenteroit une sorte d'Encyclopédie toujours étudiante et
toujours enseignante; et Paris verroit dans ses murs le monument le
plus complet et le plus magnifique qui jamais ait été élevé aux
Sciences.
Pour s'assurer que le choix des Membres et des Professeurs de
l'Institut seroit toujours déterminé par la justice, il seroit ordonné
aux classes qui auroient fait ou proposé ces élections, d'en rendre
publics les motifs, en les adressant à la Législature.
Encore quelques réflexions pour répondre à toutes les questions qui
pourroient être faites.
1º. Lorsque nous avons dit que les Professeurs de l'Institut national
n'enseigneroient pas les élémens des sciences et des arts, mais ce que
leur étude offre de plus difficile et de plus élevé, nous avons établi
un principe général qui soutire quelques exceptions dans notre plan.
Ces exceptions ont lieu, lorsqu'il s'agit d'une science ou d'un art
qui n'est enseigné ni dans les Écoles primaires, ni dans celles de
District, ni dans celles de Département; et lorsqu'il importe que cet
enseignement se fasse d'une manière complette dans une école qui,
étant unique, nous a paru devoir être annexée à l'Institut. Telles
sont les classes des Beaux-Arts et celle d'Architecture, considérée
sous le rapport de la construction.
2º. L'Architecture décorative est essentiellement liée aux Beaux-Arts
parmi lesquels on la trouvera rangée dans notre tableau. Mais la
réunion des moyens qui peuvent donner aux constructions de la
stabilité, de la durée, et les rendre propres à remplir l'objet de
leur destination, tient sur-tout aux sciences Mathématiques et
Physiques. Il s'agit en effet dans ces divers travaux, ou de la
science des formes, ou de celle de l'équilibre et du mouvement.
La science des formes comprend toutes les recherches géométriques au
moyen desquelles on considère des corps, des surfaces et des lignes
dans l'espace. La plupart de ces dimensions n'étant point
susceptibles d'être tracées sur une surface plane, il faut les
représenter d'une manière artificielle, c'est-à-dire, par leur
projection, et pouvoir, lorsqu'on les exécute, revenir des projections
à la courbe réelle. Les personnes de l'art les plus instruites,
conviennent qu'il n'existe point d'ouvrage complet sur cette matière
tout-à-fait géométrique. Il est donc à désirer qu'elle devienne
l'objet d'une étude suivie et celui d'un enseignement qui lui soit
particulièrement destiné.
La science du mouvement et de l'équilibre, prise dans l'acception la
plus étendue, peut être considérée comme la collection d'autant de
sciences particulières qu'il y a d'objets principaux auxquels elle
peut être appliquée. L'enseignement de la partie de la mécanique qui
est relative à la construction, ne peut donc pas être confondu avec
l'enseignement abstrait et indéterminé de la mécanique en général, et
il faut que l'application en soit confiée à un homme très-versé dans
ces deux genres d'étude.
Il sera facile aux Élèves de réunir les leçons sur la partie
décorative à celles dont la classe de construction sera spécialement
occupée. Ainsi l'espèce de séparation qu'offre notre tableau à
l'article de l'Architecture, ne peut avoir aucun inconvénient réel,
puisque, dans le fait, les étudians peuvent la regarder comme
n'existant pas, et se conduire en conséquence.
3º. Deux chaires nous ont paru devoir suffire, vu l'état actuel des
connoissances, pour l'enseignement de l'Agriculture: l'une comprendra
tout ce qui a rapport aux eaux, aux terres, à leurs produits et aux
animaux; l'autre, ce qui est relatif aux bâtimens et aux instrumens
aratoires.
Ces chaires nous ont semblé devoir être établies dans les Villes, soit
parce que l'Agriculture ne peut faire de grands progrès sans le
secours des autres sciences que l'on y cultive également, soit parce
que les auditeurs que l'on peut espérer d'y avoir, seront plus en état
d'entendre ces sortes de leçons, et d'en profiter. Ces auditeurs
seront principalement des propriétaires aisés et instruits, dont le
nombre va augmenter par le nouvel ordre de choses, et ceux qui se
destinent aux fonctions curiales, qui, par la nature de leur
ministère, peuvent mieux que tous autres propager des vérités
agricoles.
Deux chaires d'économie rurale et domestique pourroient d'abord être
établies au jardin des plantes. Une partie de ce jardin seroit
destinée à la formation d'une École de botanique économique, en
même-temps qu'un terrain, situé près de Paris et qui dépendroit du
jardin des plantes, serviroit aux travaux combinés des classes de
botanique et d'agriculture. Le Professeur feroit connoître les divers
produits qu'on retire des végétaux que le laboureur cultive. Il auroit
à sa disposition un local où seroient élevés des animaux domestiques;
et les instrumens agraires seroient confiés à sa garde.
Il paroîtroit prudent de fonder d'abord ces deux chaires à Paris, et
l'on jugeroit par leur succès s'il seroit convenable d'en établir de
pareilles dans les principales villes du Royaume. Le Département de la
Corse, dont le sol varié offre la réunion de tous les sites et de tous
les climats, pourra former divers jardins d'essai pour la culture des
végétaux qu'il seroit utile d'acclimater en France.
4º. La huitième classe de la section des sciences réunira les objets
dont la Société de Médecine et l'Académie de Chirurgie ont fait
jusqu'ici leur principale étude. Dorénavant ces deux établissemens
n'en formeront qu'un. La classe qui résultera de leur réunion, aura
besoin d'un hôpital où se feront les observations, et qui sera
desservi, pour le traitement des malades, par les membres mêmes de la
classe dont il s'agit. Les nouvelles méthodes y seront tentées avec
toute la prudence nécessaire; et les résultats des expériences qui
auront été faites, seront toujours mis sous les yeux du public.
Les trois chaires que nous avons annexées à la classe de Médecine,
diffèrent de celles qui font partie des Collèges. Deux de ces chaires
sont relatives aux soins que demandent les hommes atteints d'épidémie
et les animaux attaqués d'épizootie.
Le but de la troisième chaire est d'instruire dans l'art de secourir
les hommes dont la vie est menacée par quelque danger pressant et
imprévu. Telles sont les personnes noyées et asphyxiées, celles dont
les membres sont gelés, celles qu'un animal enragé a mordues, etc.,
etc. A cet article se rapporteront les nombreux objets de salubrité
publique, qui, considérés d'une manière expérimentale, doivent tous
faire partie de cet enseignement. Nous proposons encore que ce
Professeur soit chargé de faire chaque année un cours sur les maladies
des artisans, comme celles auxquelles sont sujets les doreurs,
chapeliers, peintres, mineurs, etc.
Ce que la classe de Médecine fera encore de très-utile sera de
correspondre avec les Directoires sur tout ce qui concerne la santé du
peuple, de recueillir l'histoire médicale des années et celle des
maladies populaires, de faire connoître leur origine, leur
accroissement, leur communication, leur nature, leurs changemens, leur
fin, leur retour et la manière dont elles se succèdent. Ces annales
seront un des plus beaux et des plus utiles ouvrages qu'aient exécuté
les hommes.
5º. Que la médecine et la chirurgie des animaux doivent être réunies à
la médecine humaine, c'est une proposition qui n'a besoin que d'être
énoncée pour qu'on en reconnoisse la vérité. Les grands principes de
l'art de guérir ne changent point; leur application seule varie. Il
faut donc qu'il n'y ait qu'un genre d'école, et qu'après y avoir
établi les bases de la science, on cherche, par des travaux divers à
en perfectionner toutes les parties. Ainsi, la classe de médecine
s'occupera aussi du progrès de l'art vétérinaire, et les établissemens
qui auront cet avancement pour objet, seront dirigés de manière qu'il
lui soit facile de multiplier les essais qui tendront à ce but
désirable.
6º. La Botanique a été jusqu'ici en France la seule partie de
l'histoire naturelle pour laquelle on ait fondé des chaires et ordonné
des voyages. La connoissance des animaux est cependant plus près de
nous que celle des plantes. Les chaires que nous proposons d'annexer à
la classe de Zoologie et d'Anatomie, sont d'une création tout-à-fait
nouvelle. Nulle part on n'a encore démontré méthodiquement la
structure tant extérieure qu'intérieure des nombreux individus qui
composent le règne animal. Ces leçons ne seroient pas seulement
curieuses; les produits d'un grand nombre d'animaux servent à la
médecine et aux arts. Plusieurs sont venimeux, et les parties qui
préparent ou qui communiquent le poison, sont importantes à connoître.
Enfin, la comparaison des organes doit fournir des résultats nouveaux,
des découvertes dont la physique animale saura faire son profit.
7º. Ce ne seront pas seulement les chaires nouvelles qui rendront
l'Institut recommandable, ce seront encore celles qui, sans avoir
tout-à-fait le mérite de la nouveauté, par des mesures bien
concertées, deviendront infiniment plus utiles qu'elles ne l'étoient
auparavant. Jusqu'à ce jour, nulle surveillance réelle n'a répondu de
l'exactitude des professeurs: dans notre plan, chaque classe
sera chargée du choix, et de l'inspection des maîtres qui lui
appartiendront; et lorsque plusieurs enseigneront la même partie
comme les mathématiques, par exemple, ils se concerteront tellement
entre eux, qu'en alternant, l'un commence lorsque l'autre finira.
Ainsi les élèves trouveront chaque année un cours ouvert, et ils ne
seront jamais retardés dans leurs études.
En réunissant ces chaires éparses à un point central, en y en ajoutant
de nouvelles qui ne laissent sans enseignement aucune partie des
lettres, des sciences et des arts, en faisant ainsi servir l'éducation
publique à l'Institut national dont les leçons fourniront le
complément, on fera tout ce qu'il est possible de faire pour le
développement de l'esprit et le progrès des connoissances, et l'on
rendra inébranlables les bases sur lesquelles se fonde et se perpétue
la liberté publique.
Nous ajouterons que les dépenses nécessaires pour mouvoir cette
immense machine, surpasseront à peine celles que le gouvernement a
destinées jusqu'ici à l'entretien des divers établissemens auxquelles
l'Institut doit réunir tant de créations nouvelles.
Des tableaux joints à ce rapport présentent la suite de nos idées sur
l'enchaînement des connoissances humaines et sur les attributions que
nous croyons devoir être faites aux sections et aux classes de
l'Institut.
* * * * *
VOICI l'ordre des tableaux annexés à ce rapport.
1º. Programme des sciences philosophiques, des belles-lettres et des
beaux-arts.
2º. Programme des sciences mathématiques et physiques et des arts.
3º. Section première de l'Institut national, comprenant les sciences
philosophiques, les belles-lettres et les beaux-arts, divisée en dix
classes. On y trouve le développement de tout ce qui est relatif aux
six premières classes qui doivent tenir des séances communes.
4º. Tableau de la septième classe de la section première, comprenant
la peinture et la sculpture.
5º. Tableau de la huitième classe de la section première, comprenant
l'architecture décorative.
6º. Section seconde de l'Institut national, comprenant les sciences
mathématiques et physiques et les arts mécaniques, divisée en dix
classes. On y trouve le développement de tout ce qui est relatif aux
six premières classes qui doivent tenir des séances communes.
7º. Tableau de la septième classe de la section seconde, comprenant
l'agriculture.
8º. Tableau de la huitième classe de la section seconde, comprenant la
médecine, la chirurgie et la pharmacie.
9º. Tableau de la neuvième classe de la section seconde, comprenant
l'architecture sous le rapport de la construction.
_Nota._ Nous n'avons point présenté le tableau de plusieurs
classes nouvelles, parce que ces classes n'étant que des
dépendances de quelques-unes des sections de l'Institut, elles
ne pourront être organisées qu'après qu'on aura pris
connoissance des plans qui seront fournis par ces sections.
C'est ainsi que la classe des arts ne sera formée qu'après
avoir consulté la seconde section de l'Institut.
MOYENS D'INSTRUCTION.
NOUS venons de parcourir les divers objets qui composeront
l'Instruction publique: et déjà l'on a dû voir qu'ils ne peuvent tous
être placés, sur la même ligne; que plusieurs tiennent aux premières
lois de la nature, applicables à toute société qui marche vers sa
perfection; que d'autres sont une conséquence immédiate de la
Constitution que la France vient de se donner; que d'autres enfin sont
relatifs à l'état actuel, mais variable, des progrès et des besoins de
l'esprit humain; d'où il résulte qu'ils ne doivent pas être
indistinctement énoncés dans vos Décrets avec ce caractère
d'immutabilité qui n'appartient qu'à un petit nombre.
Dans cette distribution d'objets on retrouve l'empreinte d'une
Institution vraiment nationale, soit parce qu'ils seront déterminés et
coordonnés conformément au voeu de la Nation, soit sur-tout parce
qu'il n'en est aucun qui ne tende directement au véritable but d'une
Nation libre, le bien commun né du perfectionnement accéléré de tous
les individus; mais c'est particulièrement dans les moyens qui vont
être mis en activité, que ce caractère national doit plus fortement
s'exprimer.
A la tête de ces moyens doivent incontestablement être placés _les
Ministres de l'instruction_. Nous nous garderons de chercher à les
venger ici de ce dédain superbe et protecteur dont ils furent si
long-temps outragés: une semblable réparation seroit elle-même un
outrage; et certes il faudroit que l'esprit public fût étrangement
resté en arrière, si nous étions encore réduits à une telle nécessité.
Sans doute, ceux qui dévouent à-la-fois et leur temps et leurs
facultés au difficile emploi de former des hommes utiles, des citoyens
vertueux, ont des droits au respect et à la reconnoissance de la
Nation; mais, pour qu'ils soient ce qu'ils doivent être, il faut
qu'ils parviennent à ces fonctions par un choix libre et sévère. Il
convient donc qu'ils soient nommés par ceux-là même à qui le peuple a
remis la surveillance de ses intérêts domestiques les plus chers, et
que leurs relations journalières mettent plus à portée de connoître et
d'apprécier les hommes dans leurs moeurs et dans leurs talens. Il faut
que ce choix ne puisse jamais s'égarer: il importe donc qu'il soit
dirigé d'avance par des règles qui, en circonscrivant le champ de
l'éligibilité, rendront l'élection toujours bonne, toujours
rassurante, et presque inévitablement la meilleure. Il faut, pour
qu'ils se montrent toujours dignes de leurs places, qu'ils soient
retenus par le danger de la perdre; il importe donc qu'elle ne soit
pas déclarée inamovible. Mais il faut aussi, pour qu'ils s'y disposent
courageusement par d'utiles travaux, qu'ils aient le droit de la
regarder comme telle: il est donc nécessaire que leur déplacement soit
soumis à des formalités qui ne soient jamais redoutables pour le
mérite. Enfin, il faut que la considération, l'aisance et un repos
honorable soient le prix et le terme de tels services: il est donc
indispensable que la Nation leur prépare, leur assure ces avantages,
dont la perspective doit les soutenir et les encourager dans cette
noble, mais pénible carrière.
L'institution des Maîtres de l'enseignement, réglée suivant ces
principes, offre la plus forte probabilité qu'il s'en suivra une
multitude de bons choix; et cette probabilité ira de jour en jour en
croissant: car, si les instituteurs sont destinés à propager
l'instruction, il est clair que l'instruction, à son tour, doit créer
et multiplier les bons instituteurs.