Pendant un temps, les chausses furent une simple pièce de mailles que

l'on agrafait derrière la jambe et après le bord du soulier ou chausson,

qui était aussi de mailles. Mais cette mode ne fut pas générale, et

celle des chausses en forme de fourreaux reprit bientôt le dessus. Chez

quelques-uns, elles avaient assez de longueur pour s'attacher après la

doublure du haubert, vers la ceinture. Le comte de Boulogne, renversé de

cheval à la bataille de Bouvines, dut son salut à ce qu'il était ainsi

accoutré.

Des goujats qui s'étaient abattus sur lui eurent beau fourrer leurs

épieux sous la jupe de son haubert, ils ne trouvèrent pas le défaut de

l'armure. En dernier lieu, on attacha, au moyen de courroies, de longues

plaques d'acier qui couvraient le devant des jambes et des cuisses

au-dessus et au-dessous des genouillères. Ce fut le commencement de

l'armure en fer battu. La défense des cuisses s'appelait _cuissots_,

celle des jambes _tournelières_ ou _grèves_.

L'usage de ces plaques était général à l'avènement de Philippe le Bel.

Sous les fils de ce roi, le dehors des bras fut armé de la même façon,

au moyen de _brassières_ posées par-dessus les manches du haubert, et

l'on eut des _coudières_, boîtes de fer qui protégeaient les coudes. Les

gants, qui n'étaient que de mailles autrefois, furent en daim recouvert

de mailles ou de plaques de fer.

A des cavaliers si bien couverts il fallut des montures qui fussent, de

même qu'eux, impénétrables aux coups. On introduisit dans le harnais du

cheval des chanfreins d'acier, des bardes de cuir, des housses de

feutre, des croupières et des poitraux en tissu de mailles. Alors il

devint indispensable aux chevaliers de se pourvoir de chevaux robustes

pour les batailles et pour les tournois. Ceux-ci étaient les

_coursiers_, ceux-là les _destriers_. Dans les marches, ils étaient

conduits en laisse à côté du gentilhomme monté sur son _palefroi_. On

dressait les coursiers à galoper avec des housses traînantes, car dans

les tournois ils étaient habillés de la tête jusqu'aux pieds, ainsi

qu'on voit aujourd'hui les chevaux des pompes funèbres.

Nous n'avons pas énuméré moins de dix-huit pièces composant l'armement

et la parure du chevalier. En ajoutant la chemise, les braies et les

chausses de drap qu'il portait sur la peau, le nombre monte à vingt et

une. La conclusion suit d'elle-même. Sous un tel amas de plaques, de

tampons, de chiffons, l'homme n'est plus qu'un automate monté pour un

nombre de mouvements extrêmement restreint. Il porte ses armes attachées

après lui, sous peine de ne les pouvoir rattraper si elles lui échappent

des mains. Son écu est retenu à son cou par une longue bride; des

chaînes fixent à son dos et à sa poitrine son heaume, sa dague, son

épée.

Bien que le chevalier déposât une partie de cet attirail pour la

bataille, avec ce qui lui restait encore, il lui était interdit d'être

un combattant de ressource. Mais la force du préjugé empêchait de

reconnaître cela. On tenait à une complication qui passait pour une

marque de noblesse. Pour rien au monde les gentilshommes n'y auraient

renoncé, et les soldats de profession, à qui il aurait appartenu de

mettre en honneur un accoutrement plus raisonnable, ne cherchaient qu'à

copier les gentilshommes.

[Illustration: Philippe de Valois, d'après son sceau.]

Les mercenaires, cavaliers et fantassins, s'étaient émancipés. Sous le

nom de _sergents_, c'est-à-dire serviteurs, ils étaient devenus des

corps redoutables, qui avaient dans plus d'une occasion éclipsé la

chevalerie. Lorsqu'ils eurent acquis cette importance, on ne trouva pas

mauvais qu'ils affectassent une tenue plus martiale. Tels d'entre eux

s'attribuèrent l'armure pleine de plaquettes, puis celle de mailles. On

vit des soldats de fortune endosser le haubert, et même la cotte d'armes

par-dessus le haubert. La vanité des grands seigneurs trouva son compte

à cette usurpation. Au lieu d'armoiries à eux, qu'ils n'avaient pas, les

sergents portèrent sur leur cotte celles du maître qui les entretenait à

sa solde.

Les sergents habillés de la pleine armure, de _plates_ ou de mailles,

formaient une grosse cavalerie. A la différence des chevaliers, ils

n'avaient ni éperons dorés, ni flammes à leurs lances, ni heaumes, ni

écus. Pour coiffure, ils portaient le bassinet ou un chapeau de fer à

forme ronde, avec un rebord rabattu, sans jugulaire. Leur bouclier (la

targe) était de forme ovale, très bombé et muni de la boucle au milieu.

Les soldats de la cavalerie légère et les fantassins n'avaient qu'une

partie des pièces de l'armure. Ils ne portaient guère aux jambes

d'autres défenses apparentes que des chausses gamboisées ou garnies de

plates; leur coiffure ordinaire était soit le chapeau de fer, soit une

simple cervelière. Pour eux, le haubert était remplacé par le

_haubergeon_, cotte de mailles d'un tissu plus léger et à courtes

manches, ou même sans manches. Mais le haubergeon n'était pas à la

portée des moyens du plus grand nombre. Beaucoup se contentaient d'une

cotte de plates, d'un pourpoint de cuir ou d'un hoqueton. Ils avaient

pour bouclier la _rouelle_, petit disque qui se portait accroché à la

ceinture, ou le _talvelas_, de forme carrée et de dimension à couvrir

tout le corps du combattant.

Il faut parler des armes offensives, dans lesquelles s'étaient aussi

introduits des changements.

La lance chevaleresque, devenue plus longue de fer et de bois, avait

pris le nom de _glaive_. Elle n'était plus, comme autrefois, décorée

d'une longue banderole. A celle des barons était attaché, sous le nom de

_bannière_, un petit drapeau carré, armorié de leur blason. Un _pennon_

ou languette d'étoffe triangulaire distinguait la lance du simple

gentilhomme.

L'épée était plus longue et moins large que celle du XIIe siècle,

toujours arrondie par le bout avec un lourd pommeau surmontant la

poignée. Ce pommeau était ordinairement aplati, et sur les plats, les

armoiries du chevalier étaient exécutées en émail. Les sergents

employaient de préférence une épée encore plus longue et pointue, avec

laquelle on pouvait donner d'estoc et de taille. Quelques piétons, au

lieu de l'épée, se servaient du _fauchon_, large cimeterre qui tranchait

seulement d'un côté.

Les mercenaires de tous pays qui composaient en grande partie les corps

de sergents, avaient importé l'usage de divers instruments de carnage,

ignorés en France avant eux:

La _guisarme_ ou hallebarde, dont le bois, d'abord très court,

n'atteignit qu'au XIVe siècle la longueur de celui d'une lance.

La _hache danoise_ à tranchant convexe, avec ou sans pointe au talon.

Le _dard_, javelot léger dans le genre de la haste romaine. C'était

l'arme nationale des Basques, si nombreux dans les compagnies de

sergents. Chaque combattant en avait quatre dans la main gauche.

Le _faussard_, _fauchard_ ou _faucil_, grand coutelas en forme de lame

de rasoir, emmanché au bout d'une hampe.

La _masse_, à tête de fer, garnie de côtes saillantes.

La _pique_ flamande, appelée par les Français _godendart_, par

corruption du terme tudesque, qui était _godengag_. C'était un gros

bâton ferré, de la tête duquel sortait une pointe aiguë. «Ces bâtons que

les Flamands portent en guerre, dit Guillaume Guiart, ont nom _godengag_

dans le pays. C'est comme qui dirait _bonjour_ en français. Ils sont

faits pour en frapper à deux mains, et si, en tombant, le coup ne porte

pas, celui qui sait s'en servir se rattrape en enfonçant la pointe dans

le ventre de son ennemi.»

J. QUICHERAT, _Histoire du costume en France_,

Paris, Hachette, 1876, in-4º. _Passim._

TABLE DES MATIÈRES

PRÉFACE V

TABLE DES GRAVURES XV

CHAPITRE I.--L'Empire romain à la fin du IVe siècle.

Programme.--Bibliographie 1

I. Romani, Romania (G. Paris) 3

II. La villa gallo-romaine (Fustel de Coulanges) 16

III. Le christianisme (E. Renan) 26

IV. La société romaine, d'après Ammien Marcellin, saint Jérôme et

Symmaque (G. Boissier) 35

CH. II.--LES BARBARES.

Programme.--Bibliographie 43

I. La foi et la morale des Francs (E. Lavisse) 45

II. La décadence mérovingienne (Le même) 72

III. Histoire poétique des Mérovingiens (Ch.-V. Langlois) 92

CH. III.--L'EMPIRE ROMAIN D'ORIENT.

Programme.--Bibliographie 99

I. Constantinople et l'Empire byzantin (A. Rambaud) 100

II. La formation et l'expansion de l'art byzantin (Ch. Bayet) 105

CH. IV.--LES ARABES.

Programme.--Bibliographie 117

Le Koran et la Sonna (R. Dozy) 117

CH. V.--LA PAPAUTÉ ET LES DUCS AUSTRASIENS.

Programme.--Bibliographie 129

I. L'entrée en scène de la Papauté (E. Lavisse) 130

II. Pépin le «Bref» (G. Paris) 146

III. La liturgie gallicane et la liturgie romaine en Gaule

(L. Duchesne) 150

CH. VI.--L'EMPIRE FRANC.

Programme.--Bibliographie 154

I. L'événement de l'an 800 (J. Bryce) 156

II. Les officiers du palais carolingien. L'apocrisiaire (B. Hauréau) 164

III. France et pays voisins après le traité de Verdun (A. Longnon) 170

IV. Manuscrits carolingiens (A. Molinier) 171

CH. VII.--LA FÉODALITÉ.

Programme.--Bibliographie 181

I. L'avènement de la troisième dynastie (A. Luchaire) 183

II. La Chevalerie (A. Giry) 190

III. La féodalité en Languedoc (A. Molinier) 197

IV. Les mœurs féodales dans «_Raoul de Cambrai_» (P. Meyer

et A. Longnon) 204

CH. VIII.--L'ALLEMAGNE ET L'ITALIE.

Programme.--Bibliographie 211

I. La ville de Rome au moyen âge (J. Bryce) 213

II. Innocent III, la curie romaine et l'Église (F. Rocquain) 223

III. Le Livre des cens de l'Église romaine (P. Fabre) 231

IV. L'empereur Frédéric II (E. Gebhart) 236

CH. IX.--LES CROISADES.

Programme.--Bibliographie 247

I. Pierre l'Hermite (H. Hagenmeyer) 248

II. Le pillage de Constantinople par les croisés de 1204 (P. Riant) 254

III. Le Krak des Chevaliers (G. Rey) 265

IV. Quelques résultats des croisades (H. Prutz) 276

V. La conquête de la Prusse par les chevaliers teutoniques

(E. Lavisse) 281

CH. X.--LES VILLES.

Programme.--Bibliographie 290

I. Les communes françaises à l'époque des Capétiens directs

(A. Luchaire) 291

II. Les Bastides (A. Giry) 307

III. Le chef d'industrie au moyen âge (G. Fagniez) 313

CH. XI.--LA ROYAUTÉ FRANÇAISE.

Programme.--Bibliographie 320

I. Louis le Gros et sa cour (A. Luchaire) 321

II. Guerres de Philippe-Auguste.

I. Le siège de Château Gaillard (E. Viollet-le-Duc) 342

II. La bataille de Bouvines (E. Lavisse) 360

III. Louis IX et l'Église (Ch-V. Langlois) 369

IV. Louis IX et les villes. Les Pastoureaux (Le même) 379

CH. XII.--L'ANGLETERRE.

Programme.--Bibliographie. 385

I. La mort d'Henri II Plantagenet (P. Meyer) 386

II. La Grande Charte (Ch. Bémont) 393

III. Les éléments et la formation du Parlement d'Angleterre (E.

Boutmy) 399

CH. XIII.--CIVILISATION CHRÉTIENNE ET FÉODALE.

Programme.--Bibliographie 413

I. La secte des Cathares en Italie et dans le midi de la France

(Ch. Schmidt) 416

II. Quelques clercs du XIIe et du XIIIe siècle. Primat, W. Map,

Serlon, le Chancelier (Ch.-V. Langlois) 422

III. Un franciscain du XIIIe siècle: Fra Salimbene (E. Gebhart) 429

IV. Les propos de maître Robert de Sorbon (B. Hauréau) 443

V. L'Université de Paris et le procès de Guillaume de Saint-Amour,

d'après Rutebœuf (L. Clédat) 454

VI. La science au moyen âge (M. Cournot) 462

VII. La philosophie du moyen âge (Ch. Secrétan) 469

VIII. Les anciennes recettes d'orfèvres et les origines de l'alchimie

(M. Berthelot) 477

CH. XIV.--CIVILISATION CHRÉTIENNE ET FÉODALE (_Suite_).

Programme.--Bibliographie 481

I. La littérature française en Europe au XIIe siècle (G. Paris) 486

II. La Bible française au moyen âge (S. Berger) 493

III. L'ogive (J. Quicherat) 495

IV. La sculpture française au XIIIe siècle (E. Viollet-le-Duc) 504

V. L'émaillerie limousine (E. Molinier) 511

VI. Villard de Honnecourt, architecte du XIIIe siècle

(J. Quicherat) 525

VII. La société française au XIIIe siècle.

I. Le clergé normand, d'après le registre d'Eude Rigaud

(L. Delisle) 530

II. Bourgeois et marchands, d'après les sermons (A. Lecoy

de la Marche) 534

III. Les vilains, d'après les fableaux (Ch.-V. Langlois) 538

VIII. Le costume militaire au moyen âge (J. Quicherat) 548

PARIS.--IMPRIMERIE GÉNÉRALE LAHURE 9, rue de Fleurus, 9

NOTES:

[1] Préface de la 1re édition, p. IX-XII.

[2] Sur les méthodes employées pour composer des «Lectures historiques»

à l'usage des classes dans les différents pays d'Europe et d'Amérique,

voir l'excellent ouvrage de M. R. Altamira, _La enseñanza de la

historia_, Madrid, 1895, in-16, p. 322 et suiv.

[3] P. XIII-XIV. Je disais: «Si les sujets traités seront en petit

nombre, ils seront très variés, afin que chacun trouve dans le recueil

des choses à sa convenance.... La lecture d'une page colorée de

Chateaubriand décida, dit-on, la vocation historique d'Augustin Thierry;

je sais des jeunes gens dont la vocation a été suscitée par la noblesse

des belles, froides et élégantes synthèses de M. Guizot ou de M. Fustel

de Coulanges; d'autres ont été séduits par les vivantes résurrections de

Michelet ou de M. Lavisse; d'autres encore pourraient l'être par la

rigueur et la solidité de certaines démonstrations critiques. C'est

affaire de goût et de tempérament. J'en conclus que tous les genres

devront être représentés dans le livre complémentaire; il y faudra jeter

toutes les espèces de bon grain. Ce que l'un ne lira point, l'autre en

profitera, et rien ne sera perdu. Des germes seront ainsi déposés dans

les cerveaux, qui fructifieront tôt ou tard.»

[4] Cf. _Quellenlectüre und Quellenbücher im Unterricht_ dans _Festgabe

zur Versammlung Deutscher Historiker in München, Ostern 1893_, Leipzig,

1893, in-8º, p. 79 et s.

[5] Il va de soi que j'ai choisi arbitrairement et que j'ai plus d'une

fois regretté d'être obligé de choisir. Les notices bibliographiques,

placées au commencement des chapitres, sont faites pour réparer cela;

elles indiquent les ouvrages où, si j'avais eu de la place, j'aurais

puisé volontiers.--Il va également de soi qu'insérer quelques pages d'un

auteur n'équivaut point à garantir que toutes les affirmations de cet

auteur sont exactes dans le détail. Noterait-on, dans deux morceaux

d'auteurs différents qui figurent dans ce recueil, de menues

contradictions, il n'y aurait pas lieu d'en être surpris ou offensé.

[6] Il n'est plus nécessaire aujourd'hui de prouver qu'elle est utile.

Elle l'est aux étudiants (il n'est pas interdit de penser à eux), aux

professeurs et aux gens du monde qui--les spécialistes le constatent

tous les jours--recourent souvent, faute d'être bien informés, à des

livres détestables, aux premiers livres venus. Elle l'est aussi aux

élèves, ne serait-ce qu'en leur donnant la notion de ce que l'activité

scientifique de notre époque a de prodigieux.--Dans certains pays, le

Guide bibliographique scolaire est un ouvrage distinct du «Recueil de

documents», du «Précis», et du livre de «Lectures». Voyez W. F. Allen,

_The reader's Guide to the English history_, etc.

[7] Je n'ai pas hésité à recommander les _meilleurs_ livres, en quelque

langue qu'ils soient écrits: français, allemand, anglais ou italien. On

a dit que, «puisque notre France possède une riche collection

d'historiens nationaux», «la lecture des historiens étrangers ne

s'impose qu'aux érudits»; tel n'est pas notre avis. Il n'y a pas que les

érudits qui doivent préférer un bon livre à un livre médiocre, même si

le bon livre est en langue étrangère, même si le livre médiocre est en

français. Un homme cultivé ne peut pas, de nos jours, se contenter

d'être au courant de sa littérature nationale, à quelque nation qu'il

appartienne.--Il est d'ailleurs exact que la France a produit, et

produit encore, beaucoup de livres d'histoire excellents. Les études

relatives au moyen âge, en particulier, sont depuis longtemps très

florissantes dans notre pays.

[8] Je me suis attaché à indiquer: 1º les principaux Manuels généraux de

haute vulgarisation scientifique, à consulter plutôt qu'à lire; 2º les

monographies de premier ordre; 3º les meilleurs livres ou articles de

vulgarisation élémentaire, écrits pour le grand public.--Je ne crois pas

que l'on trouve ailleurs un ensemble de renseignements de ce genre.

[9] Le dernier Manuel de Bibliographie historique universelle (où le

moyen âge a sa place) est celui de Ch. Kendall Adams (_A Manual of

historical literature_, New-York, 1888, 3e éd.), qui n'est pas sûr.

Les répertoires bibliographiques d'histoire nationale sont,

naturellement, bien plus soignés. Consulter, pour l'histoire de =France=:

G. Monod, _Bibliographie de l'histoire de France_, Paris, 1888,

in-8º;--pour l'histoire d'=Allemagne=: Dahlmann-Waitz-Steindorff,

_Quellenkunde der deutschen Geschichte_, Göttingen, 1894, in-8º, 6e

éd.;--pour l'histoire de =Belgique=: H. Pirenne, _Bibliographie de

l'histoire de Belgique_, Gand, 1893, in-8º;--pour l'histoire

d'=Angleterre=: S. R. Gardiner et J. Bass Mullinger, _Introduction to the

study of English history_, London, 1894, in-8º, 3e éd.--M. Menéndez y

Pelayo prépare une Bibliographie historique de l'=Espagne=.--Rien

d'analogue, malheureusement, pour l'=Italie=. L'ouvrage de C. Lozzi

(_Biblioteca istorica della antica e nuova Italia_, Imola, 1884-1887, 2

vol. in-8º) est insuffisant. Cf. un bon catalogue de libraire: U. Hœpli,

_Biblioteca historica italica_, Milano, 1895, in-8º.

M. U. Chevalier est l'auteur d'une gigantesque entreprise de

bibliographie internationale, chronologiquement limitée au moyen âge, le

_Répertoire des sources historiques du moyen âge_. Son ouvrage se

compose de deux parties: la première (_Biobibliographie_, Paris,

1877-1886; _Supplément_ en 1888) fournit la réponse à cette question:

Quels sont les livres à consulter sur tel personnage historique ayant

vécu de 395 à 1500?--la seconde (_Topobibliographie_, dont les deux

premiers fascicules [A-E] ont paru en 1894-1895), fournit la réponse à

cette question: Quels sont les travaux dont telle localité, tel fait,

telle institution du moyen âge, a été l'objet depuis l'invention de

l'imprimerie jusqu'à nos jours?

Quelques-uns des répertoires précités (Monod, Lozzi, etc.) datent déjà

d'une dizaine d'années. Pour savoir ce qui s'est fait depuis et pour se

tenir au courant de ce qui se fait chaque jour, il faut se servir

d'instruments spéciaux, comptes rendus périodiques, pour la plupart

annuels (_Jahresberichte_), où les écrits historiques nouveaux sont

classés avec méthode et brièvement appréciés. Les _Jahresberichte der

Geschichtswissenschaft_, publiés chaque année depuis 1880 sous les

auspices de la Société d'histoire de Berlin, sont très commodes.

Quelques Revues, où la partie bibliographique est soignée, rendent,

d'ailleurs, des services analogues; je citerai au premier rang la _Revue

historique_, l'_Historisches Jahrbuch_ (catholique), la _Deutsche

Zeitschrift für Geschichtswissenschaft_; mais il y en a beaucoup

d'autres, telles que l'_Historische Zeitschrift_, l'_English historical

review_, la _Revue des questions historiques_ (catholique), etc., etc.,

qui, recommandables à d'autres égards, ne sont pas à dédaigner, même au

point de vue bibliographique.

Une Revue, _Le Moyen Age_, se propose depuis 1888 de tenir ses lecteurs

au courant de tout ce qui paraît dans le domaine de l'histoire du moyen

âge.--La _Bibliothèque de l'École des chartes_ est une Revue d'érudition

consacrée à l'étude du moyen âge; elle n'a pas la prétention de fournir

des indications bibliographiques complètes.--Des Revues spéciales,

telles que la _Romania_, la _Byzantinische Zeitschrift_, la _Revue de

l'Orient latin_, etc., donnent des renseignements complets sur ce qui se

publie dans le domaine de leurs études.

[10] La _Weltgeschichte_ de L. v. Ranke est sans contredit la meilleure

des «histoires universelles» où le moyen âge a sa place; mais il y en a

beaucoup d'autres.--Sous la direction de MM. Lavisse et Rambaud se

publie depuis 1893 une _Histoire générale du IVe siècle à nos jours_,

dont les deux premiers volumes (Paris, 1893, in-8º) sont consacrés aux

matières comprises dans le programme de Troisième. J'indique ici une

fois pour toutes cette publication inégale. Les quatre ou cinq chapitres

vraiment intéressants qui s'y trouvent seront signalés à part.

On observera que je n'ai parlé nulle part des grandes «Histoires de

France» de H. Martin, de E. Dareste, de J. Michelet, de MM. Bordier et

Charton, etc. C'est que toutes ont vieilli. Les deux dernières

conservent du reste une grande valeur, celle de Michelet comme œuvre

d'art, celle de Bordier et Charton comme Manuel. Une nouvelle «Histoire

de France», dont six volumes seront consacrés à la période antérieure au

XIVe siècle, est en préparation à la librairie Hachette.

[11] Il est à remarquer qu'en cela ils faisaient simplement ce

qu'avaient fait jadis les Romains, qui, traités de Βἁρβαροι par les

Grecs, n'éprouvaient aucun embarras à se qualifier eux-mêmes ainsi. Plus

tard, les Romains se joignirent aux Grecs et regardèrent comme barbare

tout ce qui n'était pas Grec ou Romain; mais les Grecs les appelèrent

longtemps encore Βἁρβαροι; plusieurs d'entre eux persistaient à les

traiter ainsi même à l'époque impériale.

[12] Fortunat et Grégoire de Tours emploient certainement encore ce mot

avec complaisance, pour qualifier, soit eux-mêmes, soit ceux dont ils

parlent. Les hagiographes mentionnent volontiers, et certainement pour

lui faire honneur, l'origine romaine de leur saint.

[13] Aussi si l'on veut traduire les paroles mises par les historiens de

ce temps dans la bouche des Allemands, faut-il toujours rendre _Romanus

par Welche_. Par exemple dans la Vie de saint Éloi, II, 19: _Nunquam tu,

Romane, consuetudines nostras evellere poteris_, le mot _Romane_ traduit

certainement le _Walah!_ qui fut adressé au saint homme.

[14] En 462, un magistrat fut destitué pour avoir employé, en Égypte, le

grec au lieu du latin dans les actes publics.

[15] On note que les Gaulois adoptèrent volontiers le suffixe _acus_ au

lieu du suffixe _anus_ usité en Italie.

[16] Symmaque (Q. Aurelius Symmachus) avait occupé les plus hautes

fonctions de l'empire; il avait été questeur, préteur, pontife,

gouverneur de plusieurs grandes provinces, préfet de la ville et consul

ordinaire. C'était un lettré fort distingué, un orateur célèbre, qu'on

mettait à côté et quelquefois au-dessus de Cicéron.... Païen convaincu,

ce qui l'attachait surtout au culte des aïeux, c'est qu'en toute chose

il aimait le passé; les anciens usages lui étaient tous également

chers....

[17] Les barbares du Nord donnaient aux Francs le nom de _Hugas_.

[18] Rambaud, _Histoire de Russie_, 2e édit., p. 63, 64.

[19] Lavoix, _les Arts musulmans; de l'emploi des figures_. (_Gazette

des Beaux-Arts_, 1875.)

[20] Fr. Lenormant, _la Grande-Grèce_, 1881, t. II, p. 406, 407.

L'auteur s'est attaché à faire ressortir l'importance de l'élément grec

dans l'histoire de l'Italie méridionale au moyen âge.

[21] Boçrâ était pour les Arabes une importante ville de commerce. Elle

était le siège d'un évêché chrétien et la ville la plus voisine d'entre

celles où régnait la civilisation grecque.

[22] La Kaba.

[23] Le temple de Jérusalem.

[24] [Les scribes et miniaturistes anglo-saxons, instruits à l'école des

Celtes de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, exercèrent une influence

considérable sur la réforme de l'écriture et de l'ornementation de

l'écriture en Occident, sous Charlemagne. Voyez, ci-dessous, chapitre

VI, § 4, «Manuscrits Carolingiens».]

[25] On sait que les noms de Pépin _de Landen_ et de Pépin _d'Héristal_

ou _de Herstal_, qui figurent encore dans nos histoires, n'ont aucun

fondement historique et ne paraissent pas avoir été inventés avant le

XIIIe siècle.

[26] C'est de même que Hugues _Capet_ porte couramment le surnom qui

appartient réellement à son père et non à lui.

Histoire du moyen âge 395-1270 · 第 44 / 45 段