BERTHIER À MARMONT.

«Paris, le 14 septembre 1805.

«Je vous préviens, général, qu'incessamment vous allez recevoir l'ordre

de passer le Rhin à Cassel pour vous rendre à Wurtzbourg et vous joindre

au maréchal Bernadotte. Un corps de huit mille hommes de

Hesse-Darmstadt, mais qui, au premier moment, ne sera que de quatre

mille, se rendra sous vos ordres. Vous recevrez une instruction qui vous

fera connaître tous les princes des pays que vous traverserez, qui sont

nos amis, ainsi que ceux qui sont du parti de l'Autriche.

«Le prince de Nassau vous enverra un capitaine avec cent voitures qui

vous serviront à porter des munitions d'artillerie. Le prince de

Hesse-Darmstadt doit aussi vous en envoyer. Il faut en profiter pour

porter des munitions de toute espèce; car vous ne sauriez trop en avoir.

«L'Empereur me charge de vous dire que tout ceci doit être dans le plus

grand secret; que votre langage doit même être pacifique; mais en même

temps vous devez augmenter votre artillerie autant que vos moyens de

transport pourront le permettre. Nous trouverons des chevaux dans les

pays que nous traverserons. Il suffit que les pièces et un caisson par

pièce soient attelés par le train. Les autres caissons seront attelés

par les chevaux du pays, comme on pourra.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (2/9) · 第 53 / 99 题