Ces excursions sur les confins immédiats de nos possessions

demeurent seules possibles pendant cette période ; ceux qui tentent

de s’avancer au-delà succombent. L’un de ces derniers fut Marcel

Palat, lieutenant de cavalerie, qui avait publié, sous le pseudonyme

de Marcel Frescaly, plusieurs volumes de poésies ou de nouvelles

algériennes qui ne sont pas sans quelque mérite. Palat, qui avait

obtenu une mission et des fonds du Ministère de l’Instruction

publique, comptait d’abord partir du Sénégal. L’opposition des

bureaux de la Marine et la promesse de Si Hamza de l’accompagner

jusqu’à In-Salah le décidèrent à pénétrer par la province

d’Oran (1885). Mais Si Hamza, empêché au dernier moment, le confia

à un de ses parents éloignés ; Si Kaddour devait le rejoindre

au Gourara et le conduire à In-Salah. Palat se rendit d’abord

à El-Goléa, puis suivit l’Oued-Meguiden ; il séjourna quelque

temps dans les ksour du Tinerkouk (Gourara septentrional), où il

fut rejoint non par Si Kaddour, mais par son fils Mohammed. Palat se

rendit dans l’Aouguerout[232] et de là poussa seul une pointe

jusque chez Bou-Amama, dans le Deldoun, où il reçut un bon

accueil. De retour dans l’Aouguerout, il quitta définitivement

ses compagnons de route, les Ouled-Sidi-Cheikh, pour se confier

à des gens des Ouled-ba-Hammou, venus soi-disant le chercher de

la part d’Abd-el-Kader ben Badjouda, cheikh d’In-Salah. Quatre

jours après, Palat était assassiné à Hassi-Cheikh, à l’Ouest

d’In-Salah, avec son interprète Belkassem.

Quoique les détails de cette fin tragique et ses causes ne soient

pas exactement connus, et que l’endroit même où périt le

jeune officier n’ait pas pu être déterminé d’une façon

exacte[233], il semble qu’il ne faut pas en accuser seulement une

bande de pillards des Ouled-ba-Hammou[234] ; ni la responsabilité de

Bou-Amama, ni celle des gens du Gourara ne parait engagée dans cette

mort ; mais il n’en est pas de même des gens d’In-Salah, qui

avaient fourni à Palat les guides qui le tuèrent. D’ailleurs, une

pareille issue était plus que probable, étant donné les conditions

de l’exploration de Palat ; si Rohlfs avait pu parcourir les oasis

en 1864, c’est qu’il voyageait, comme il le dit lui-même, sous

le masque de l’Islam, à une époque où les populations du Touat

ne se sentaient pas encore menacées par la venue des chrétiens :

il en était autrement en 1885. Peut-être cependant la mission

eût-elle fini moins tristement si le Gouvernement général et

les Ouled-Sidi-Cheikh avaient déployé en sa faveur une action

plus énergique.

La fin de Camille Douls est enveloppée de plus d’obscurité

encore que celle de Palat. Elle n’est connue que grâce à

des renseignements recueillis par les officiers français dans le

Sud-Algérien, et consignés dans une lettre adressée au Président

de la Société de Géographie de Paris par le général Poizat,

commandant la division d’Alger[235]. Douls était un jeune

voyageur français qui voulait parcourir le Sahara en se faisant

passer pour musulman et même pour hadji ; mais il n’avait qu’une

connaissance insuffisante des idiomes et des coutumes de l’Afrique

musulmane. Après un premier voyage au Sahara occidental, il partit

en compagnie de deux pèlerins marocains ; il s’était muni,

paraît-il, de lettres de recommandation du chérif d’Ouazzan. Il

se rendit au Touat, refaisant vraisemblablement l’itinéraire

suivi par Rohlfs en 1864. Il fut reconnu comme Européen bien avant

d’atteindre le Reggan ; tout alla à peu près bien jusqu’à

l’Aoulef, mais avant d’atteindre les oasis d’Akabli, au lieu

dit Iliren, le voyageur fut assassiné par des Touareg avec qui il

avait fait marché pour être conduit à Tombouctou[236].

Mentionnons encore quelques projets d’exploration ou de

pénétration commerciale qui n’eurent pas de suite. En 1886, le

général Philebert propose de conduire à Amadghor, en passant par

El-Goléa, Farès-oum-el-Lil, Teganet, Kheneg-el-Hadid et Idelès,

une colonne suffisante pour n’avoir rien à craindre des Touareg,

et de former en ce point des caravanes qui seraient envoyées dans

les directions de Tombouctou par Timissao, de Kano par l’Aïr

et de Kouka par Ghat, Kaouar et Bilma. Si la seconde partie de ce

projet paraît peu pratique, la première en revanche, qui consistait

à se montrer en force dans l’Ahaggar, aurait eu sans doute les

meilleurs résultats.

En 1889, M. E. Bonhoure propose d’occuper pacifiquement le Touat et

le Tidikelt et d’y fonder un établissement commercial, en un point

bien choisi entre In-Salah et Akabli. Le Gouvernement général émit

l’avis que ce projet, pour produire des résultats avantageux,

devrait être précédé de tentatives qui permettraient à nos

négociants de s’initier aux choses du Sahara.

En 1890, MM. Hackemberger, ancien officier, et Flault, commis à

l’inspection académique de la Sarthe, sollicitent du Ministre de

l’instruction publique une mission pour se rendre d’Algérie à

Tombouctou et au Sénégal. Sur un rapport de Duveyrier et un avis

conforme du Gouvernement général, ces demandes sont rejetées parce

que leurs auteurs ne sont nullement préparés par leurs études

antérieures à accomplir un tel voyage et que les dangers à courir

sont trop grands pour des résultats bien précaires.

III

A défaut d’explorations, il faut se contenter, pendant cette

période, de progrès cartographiques ou scientifiques et de

renseignements indirects. En 1885, le Service géographique de

l’armée commençait la publication d’une carte d’Afrique à

1/2.000.000e, dressée par le commandant Lannoy de Bissy, qui mit

à profit toutes les cartes françaises et étrangères, ainsi que

les renseignements fournis par les recueils géographiques et les

relations de voyages ; elle donnait autant que possible tous les

itinéraires des explorateurs. La première édition de cette carte

fut publiée de 1881 à 1890, en deux couleurs (planimétrie en noir,

figuré du terrain en gris bleuté).

Lors de la réapparition de nos armes dans la région de Figuig en

1881-82, le capitaine Henry de Castries avait souvent campé dans

les environs des oasis avec nos colonnes, mais sans pénétrer dans

aucun ksar[237]. Après avoir levé la partie ouest des plateaux

oranais en 1878, il avait dressé la carte de la région des ksour

en 1880-82[238]. En juin 1883 paraissait une réédition de la carte

du Sud-Oranais au 1/400.000e, revue et complétée d’après les

travaux de M. Castries et de diverses autres officiers[239]. En 1886,

le Service géographique publiait également une carte provisoire

du Sud-Oranais à 1/200.000e[240]. La même année, le Gouvernement

général publiait une carte de l’Extrême-Sud de l’Algérie

à 1/800.000e[241].

Après l’occupation de la Tunisie, le progrès géographique

marche de pair avec le progrès de la pacification. Une première

carte du Djebel-Douirat accompagne _Le Sud de la Tunisie_, par le

commandant Rebillet (1886). Vers la même époque paraît la carte

du Service géographique de l’armée à 1/200.000, dite _Carte de

reconnaissance_, œuvre tout à fait remarquable comme rapidité

topographique et aussi comme exactitude. La limite sud de cette

carte longe le bord méridional du Djerid et du Nefzaoua : elle

pousse ensuite une pointe dans le Sahara jusqu’au poste romain

d’El-Haguef ; elle donne le Djebel-Douirat et ses ksour[242].

En matière de cartographie privée il faut mentionner la carte

du Sahara septentrional par laquelle M. Foureau préludait à ses

explorations ultérieures[243].

En outre de ses travaux cartographiques, le capitaine de Castries

avait recueilli, dans la région de Figuig, les éléments d’un

remarquable et consciencieux mémoire[244], demeuré jusqu’à ces

dernières années le meilleur guide sur la grande oasis saharienne.

En 1886, le capitaine Le Châtelier publiait dans le _Bulletin

de la Société de Géographie_[245] un intéressant mémoire

sur le _Régime des eaux du Tidikelt_, et, dans le _Bulletin de

Correspondance Africaine_[246], une _Description de l’oasis

d’In-Salah_ d’après les renseignements recueillis pendant un

séjour de 18 mois à Ouargla. Il y traite de la géographie du

territoire d’In-Salah, des populations nomades et sédentaires,

de leur constitution sociale et politique, de la situation

commerciale. Les renseignements et itinéraires indigènes ont été

vérifiés et critiqués avec soin[247] ; c’est une œuvre de

recherches minutieuses et savantes autant que d’érudition. Le

même auteur a écrit l’histoire d’une bande de pillards

Chaanba, qui ont tenu le Sahara pendant dix ans, de 1874 à 1883,

et dont l’épopée forme un curieux chapitre de l’histoire

saharienne[248].

Diverses missions de M. René Basset intéressent la géographie

saharienne, celle notamment qu’il accomplit en 1881 à Aïn-Madhi,

et au cours de laquelle divers itinéraires au Sahara central lui

furent communiqués par le bureau arabe de Laghouat ; il les a

publiés et commentés avec l’érudition la plus sûre et la

plus étendue[249]. Dans un autre ordre d’idées, la mission

de M. René Basset au Mzab et à Ouargla en 1886 doit être

mentionnée ; il y faisait des recherches sur les manuscrits arabes

des zaouïas des oasis du Sud[250] et en rapportait de précieux

matériaux non seulement sur le dialecte parlé par les Mozabites,

mais aussi sur d’autres dialectes berbères, notamment sur celui

des Aoulimmiden[251].

Les curieuses populations du Mzab continuent d’ailleurs à

intéresser les savants. En 1885, M. de Motylinski donnait une

excellente notice sur Guerara[252] ; il dressait le catalogue

des livres des Beni-Mzab et analysait leurs principales

chroniques[253]. En 1886, Masqueray publiait son œuvre la plus

considérable au point de vue historique, la _Formation des cités

chez les populations sédentaires de l’Algérie_[254] ; un tiers

de ce bel ouvrage est consacré aux populations du Mzab, que le Dr

Ch. Amat, chargé de l’organisation du service médical au Mzab,

étudiait peu après à son tour à un point de vue différent[255].

Vers la fin de 1887, des Touareg Taïtoq et Kel Ahnet furent

amenés à Alger et internés au fort Bab-Azoun, à la suite d’une

expédition malheureuse qu’ils avaient entreprise chez les Chaanba

Mouadhi. Masqueray se mit en relations avec eux, fit faire à deux

d’entre eux, Kenan-ag-Tissi et Chekkad-ag-Râli, le voyage de

Paris en 1889, et publia son _Dictionnaire français-touareg_[256],

celui-là même qu’il avait dû se faire pour converser avec eux

dans leur langue. La mort ne lui a pas permis d’achever cette

publication, mais le dernier fascicule du _Dictionnaire_, ainsi que

les textes, ont été publiés par les soins de M. René Basset,

qui a succédé à Masqueray dans la direction de l’Ecole des

Lettres d’Alger. Masqueray a publié aussi, dans divers journaux,

des contes touareg, des descriptions de la vie et des mœurs des

Touareg, où l’imagination a peut-être une trop grande part, mais

qui sont néanmoins une importante contribution à la connaissance

des populations du Sahara.

Ces mêmes Touareg du fort Bab-Azoun fournirent à M. le capitaine

Bissuel, chef de bureau arabe, la matière d’un ouvrage qui

intéresse plus directement encore la géographie. Chargé par le

général Poizat, commandant la division d’Alger, d’interroger

ces captifs et d’obtenir d’eux le plus de renseignements possible

sur leur pays, M. Bissuel réussit au delà de toute espérance,

et se fit donner de précieuses indications géographiques,

consignées dans son ouvrage _Les Touareg de l’Ouest_[257],

accompagné de deux cartes portant, l’une les routes suivies par

les Touareg de l’Ouest, l’autre l’Adrar-Ahnet à l’échelle

approximative de 1/800.000e, d’après un plan en relief exécuté

par ces indigènes. Les renseignements recueillis par M. Bissuel

sur la direction des vallées de ce massif ne concordent pas avec

ceux de M. Sabatier[258].

Les Touareg Taïtoq sont encore liés d’une autre manière à

l’histoire de l’expansion française en Afrique. L’un d’eux,

Chekkad, fut donné comme guide au jeune explorateur Paul Crampel, qui

se proposait, partant du Congo, de gagner le lac Tchad. La mission

Crampel fut anéantie, et le Targui, malgré les protestations

d’amitié qu’il envoyait à Masqueray, doit vraisemblablement

porter la responsabilité du massacre.

*

* *

Le domaine de la France dans l’Afrique occidentale s’est

considérablement étendu pendant cette période décennale. En 1890,

les Etats situés sur les rives du Sénégal sont, ou directement

administrés par nos agents, ou soumis à notre influence. A l’Est

et au Sud, nous avons débordé sur les pays soumis de trois côtés

à la fois, au Soudan (Haut-Niger), dans le Fouta-Djallon, aux

Rivières du Sud. Ces résultats ont été obtenus avec des forces

militaires très restreintes. En 1887, le lieutenant de vaisseau

Caron s’est même avancé sur le Niger jusqu’à Kabara, port de

Tombouctou. Mais l’exécution de la voie ferrée du Sénégal au

Niger a été poursuivie avec une extrême lenteur. Les changements

de personnel, la cherté des envois, faits souvent pendant la mauvaise

saison, le gaspillage du matériel, enfin deux épidémies de fièvre

jaune absorbèrent la majeure partie des crédits[259] ; au bout de

deux ans, 40 kil. seulement étaient construits, et c’est seulement

en 1888 qu’on atteignit Bafoulabé (132 kil.)[260].

Pendant ce temps se passait sur le Bas-Niger un événement d’une

bien autre portée. En 1884, les Compagnies françaises qui avaient

remonté le Niger et y avaient fondé des comptoirs, lassées d’une

lutte inégale et n’étant pas soutenues par le Gouvernement, se

laissèrent acheter leurs comptoirs par leurs concurrents anglais. La

Compagnie anglaise ne perdit pas de temps. Pour prévenir le retour

d’un semblable péril, elle se fit décerner en 1886 une charte

royale lui donnant le droit d’administrer le pays, et dès le 18

octobre 1887, l’Angleterre notifiait officiellement son protectorat

sur les territoires possédés par la Compagnie du Niger[261].

Nos comptoirs de la Côte-d’Ivoire, Grand-Bassam et Assinie,

ont servi de point de départ à de nombreux explorateurs qui ont

entrepris la conquête pacifique de l’arrière-pays. En 1888,

le capitaine Binger signait à Kong un traité de protectorat qui

nous attribuait une partie de l’immense boucle du Niger, jusque

là à peu près inconnue.

L’acquisition de la nouvelle colonie donnée à la France par de

Brazza avait été ratifiée par le Parlement en 1882 ; à la suite

du Congrès de Berlin, l’Association internationale africaine

devenait l’Etat indépendant du Congo, dont le roi des Belges,

Léopold II, était reconnu souverain. Les limites entre cet Etat

et le Congo français furent fixées par un traité de 1887, qui

assignait comme limite à la France la rive droite de l’Oubangui,

depuis son confluent avec le Congo jusqu’à sa source. De même que

l’Ogooué nous avait conduit au Congo et le Congo à l’Oubangui,

l’Oubangui à son tour nous conduisit vers le lac Tchad et vers

le Haut-Nil.

C’est par cette voie que nos explorateurs ont pénétré dans

l’Afrique centrale, cherchant d’une part à relier par le lac

Tchad le Congo à l’Afrique nigérienne et soudanienne, de l’autre

à se rapprocher de la vallée du Nil.

La pénétration saharienne prend une allure différente à partir

de 1890. C’est cette année-là que fut fondé le _Comité de

l’Afrique française_, qui a joué un si grand rôle dans la

fondation de l’empire colonial français en Afrique, et a provoqué

le grand mouvement d’opinion qui rendit les entreprises africaines

populaires en France. La mort de Crampel n’arrêta pas l’action du

Comité ; les projets du jeune explorateur furent repris et exécutés

par d’autres missions. Enfin, le 5 avril 1890, une convention

franco-anglaise partageait entre la France et l’Angleterre une

partie des territoires sahariens et soudaniens. Le « partage de

l’Afrique », commencé pendant la période précédente, va marcher

à pas de géant pendant la période décennale qui termine le XIXe

Siècle. Du côté de l’Afrique septentrionale, notre politique,

quoique bien timide encore, est un peu plus active que dans la

période précédente. M. Jules Cambon, Gouverneur général de

l’Algérie, manifeste de diverses manières l’intérêt qu’il

porte aux questions sahariennes, et, bien que cet intérêt soit

généralement demeuré platonique, son gouvernement marque une

reprise de la pénétration saharienne. En dernier lieu, la mission

Foureau-Lamy et la mission Flamand-Pein sont venues apporter ou tout

au moins préparer la solution de questions pendantes depuis plus

de trente ans, et ouvrir véritablement une ère nouvelle.

[Note 214 : _Deuxième mission Flatters, Histor. et rapp. rédigés

au Serv. Centr. des Aff. Ind._, p. 164.]

[Note 215 : _Documents_, II, p. 103.]

[Note 216 : _Id._, II, p. 525.]

[Note 217 : _Documents_, II, p. 119.]

[Note 218 : _Id._, II, 115.]

[Note 219 : ROBIN, _Le Mzab et son Annexion à la France_, Alger,

1884.]

[Note 220 : Dr AMAT, _Le Mzab et les Mzabites_, in-8o, Paris, 1888,

p. 297.]

[Note 221 : JUS, _Les Forages artésiens de la province de

Constantine_, Constantine, 1890. WEISGERBER, _Notes sur l’Oued

Rir et ses habitants_, Paris, 1886. Id., _Aperçu sur les conditions

sanitaires et hygiéniques du Sahara algérien et de l’Oued-Rir_,

Paris, 1885. GEORGES ROLLAND, _C. R. A. Sc._, janvier 1887 ;

_Revue Scientifique_, 18 févr. et 2 juillet 1887, 18 mars 1888 ;

_Bull. Soc. Géogr. comm._, 1887, p. 663 ; _Afas_, Oran, 1888, t. I,

p. 47 (av. carte).]

[Note 222 : G. ROLLAND, _Hydrologie du Sahara algérien_, p. 56. ID.,

_L’Oued-Rir et la colonisation Française_, in-8o, Paris, 1887.]

[Note 223 : _Gouvernement Général de l’Algérie. Notes sur le

pays d’Ouargla et les sondages opérés dans ses Oasis de 1883 à

1888_, Alger, Giralt, in-4o, 1889. — Cf. P. BLANCHET, _L’Oasis

et le pays d’Ouargla_, _Ann. de Géogr._, 1900. p. 47.]

[Note 224 : RINN (commandant), _Nos frontières sahariennes_,

Alger, 1886.]

[Note 225 : _Documents_, II, p. 145.]

[Note 226 : VUILLOT, p. 201.]

[Note 227 : BAUNARD, _Vie du Cardinal Lavigerie_, p. 201.]

[Note 228 : VUILLOT, p. 213.]

[Note 229 : VUILLOT, p. 219. Cf. FOUREAU, _Excursion dans

le Sahara Algérien_ (l’_Exploration_, tome XVI, p. 335 ;

_Bull. Soc. Archéol. de Constantine_, 1888, p. 34). _Une Excursion au

Sahara Algérien : Rapport au Ministre de l’Instruction publique_,

in-8o, Paris, 1883.]

[Note 230 : _C. R. Soc. Géogr. Paris_, 1885, p. 326, 421, 437,

et 1887, p. 531.]

[Note 231 : _Id._, 1892, p. 172.]

[Note 232 : La carte donnée par VUILLOT indique un ksar d’Ygrouth ;

il n’existe pas de ksar de ce nom : il faut entendre l’Aouguerout ;

par contre, Deldoun n’est pas un ksar, mais un district.]

[Note 233 : _Documents_, III, p. 225, note.]

[Note 234 : VUILLOT, p. 227.]

[Note 235 : _C. R. Soc. Géogr._ 1898, p. 52.]

[Note 236 : DELEUZE (Ct), _Monument élevé à l’explorateur

Camille Douls_ (_Bull. Soc. Géogr. d’Alger_, 1902, p. 408-412).]

[Note 237 : _Documents_, II, p. 539.]

[Note 238 : _Documents_, II, p. 459.]

[Note 239 : _Carte du Sud-Oranais à 1/400.000_e publiée par le

dépôt de la Guerre en 1855, revue et complétée en 1883 d’après

les travaux du capitaine de la Croix de Castries, des lieutenants

Delcroix et Brosselard, 4 feuilles.]

[Note 240 : _Carte du Sud-Oranais à 1/200.000_e, édition provisoire,

héliogravure sur zinc en couleurs, 15 feuilles, 1886.]

[Note 241 : Mentionnée par DEPORTER, _Extrême-Sud de l’Algérie_,

p. 1.]

[Note 242 : V. CORNETZ, _Bull. Soc. Géogr. Paris_, 1896, p. 521.]

[Note 243 : _Carte d’une partie du Sahara septentrional_, dressée

par F. FOUREAU, d’après l’Etat-Major, les documents les plus

récents, les travaux, cartes et itinéraires de Duveyrier, Parisot,

Le Châtelier, Bajolle, F. Bernard, Pech, Teisserenc de Bort, Foureau,

à 1/100.000e, 1888.]

[Note 244 : _Bull. Soc. Géogr. Paris_, 1882, p. 401. Cf. _Documents_,

II, p. 461.]

[Note 245 : 3e trim. 1886, p, 364.]

[Note 246 : _Bull. Corr. afric._ (_Publicat. de l’Ec. des Lettres

d’Alger_), 1885, p. 266. — Cf. _Documents_, IV, p. 286.]

[Note 247 : _Documents_, IV, p. 286.]

[Note 248 : LE CHATELIER, _Les Medaganat_, in-8o, Alger, 1888.]

[Note 249 : RENÉ BASSET, _Documents géographiques sur l’Afrique

septentrionale_, in-8o, Paris, 1898 (Articles parus depuis 1883 dans

le _Bull. de la Soc. de Géogr. de l’Est_).]

[Note 250 : RENÉ BASSET, _Les manuscrits arabes des bibliothèques de

Aïn-Mahdi et Temacin, de Ouargla et de Adjadja_, in-8o, Alger, 1885.]

[Note 251 : RENÉ BASSET, _Notes de lexicographie berbère_, Paris

1883-88, 1re partie : Ghat et Keloui ; 3e partie ; Sud-Oranais et

Figuig ; 4e partie : Touat, Gourara, Aoulimmiden. — Id., _Etude

sur la zenatia du Mzab, de Ouargla et de l’Oued-Rhir_, Paris, 1893.]

[Note 252 : A. DE C. MOTYLINSKI, _Guerara depuis sa fondation_,

Alger, 1884.]

[Note 253 : A. DE C. MOTYLINSKI, _Les livres de la secte abadite_,

_Bull. Corresp. afric._, 1885, tome III.]

[Note 254 : In-8o, Paris.]

[Note 255 : CH. AMAT, _Le Mzab et les Mozabites_, in-8o, Paris, 1888.]

[Note 256 : E. MASQUERAY, _Dictionnaire français-touareg_

(_Publicat. de l’Ec. des Lettres d’Alger_, 3 fascic., Paris

1893-95). — Id., _Observations grammaticales et textes de la

tamahaq des Taïtoq_, publiées par R. BASSET et GAUDEFROY-DEMOMBYNES

(_Publicat. de l’Ec. des Lettres d’Alger_, 3 fascic., Paris

1896-97).]

[Note 257 : In-8o, Alger, 1888. V. notamment p. 39 et suiv.]

[Note 258 : _Documents_, III, p. 158. — SCHIRMER, _Le Sahara_,

p. 182. — C. SABATIER, _Touat, Sahara, Soudan_, p. 10.]

[Note 259 : SCHIRMER, p. 404.]

[Note 260 : _Bull. Afr. fr._, 1896, p. 332.]

[Note 261 : SCHIRMER, p. 405.]

CHAPITRE VI

LA PÉRIODE DU PARTAGE DE L’AFRIQUE (1890-1900)

I. — La convention de 1890 avec l’Angleterre. — Occupation

d’El-Goléa (1891). — Voyage de M. Cambon à El-Goléa (1892). —

Projets d’expédition au Touat. — Les bordjs (1892-93). —

Prise d’In-Salah (1899). — Progrès dans l’Afrique occidentale

et centrale. — Prise de Tombouctou. — Politique saharienne du

Soudan. — La « course au lac Tchad ». — La convention de 1899.

II. — Explorations : Jacob (1892). — Godron (1895). — Flamand

(1896). — Germain et Laperrine (1898). — Cornetz (1891-94). —

Foureau (1890-1900). — La mission Foureau-Lamy (1898-1900).

III. — Tentatives de pénétration commerciale. — G. Méry

(1892-93). — D’Attanoux (1893-94). — Morès (1896). — Question

des marchés francs (1893). — Question du Transsaharien.

IV. — Renseignements recueillis par MM. Deporter (1890) et

Sabatier (1891). — Ouvrages de MM. Schirmer, Flamand, Vuillot,

de la Martinière et N. Lacroix. — Cartographie saharienne.

I

Par la convention du 5 août 1890, « le gouvernement de

S. M. B. reconnaît la zone d’influence de la France au Sud de

ses possessions méditerranéennes, jusqu’à une ligne de Say,

sur le Niger, à Barroua, sur le Tchad ». Cette convention a été

assez diversement appréciée[262]. Suivant les uns, elle nous permet

de réunir toutes les colonies françaises du nord et de l’ouest

de l’Afrique et d’en faire un tout. Suivant les autres, cette

union est purement fictive et imaginaire ; pour la satisfaction de

teinter aux couleurs françaises, dans nos atlas, les vastes espaces

vides du Sahara, nous avons abandonné aux Anglais les véritables

portes de sortie de l’Afrique centrale, le Niger inférieur et la

Bénoué. Sous prétexte de nous autoriser à prolonger l’Algérie

vers le Sud, autorisation qui ne nous était nullement nécessaire et

que personne ne songeait à nous refuser, nous nous sommes laissés

exclure des riches territoires du Sokoto. Lord Salisbury se vanta,

non sans quelque apparence de raison, de nous avoir attribué la

mauvaise part, en nous donnant « les terres légères » du Sahara,

où le coq gaulois trouverait « de quoi gratter ».

Quoi qu’il en soit, si nous voulions tirer parti de cette

convention, la première chose à faire était de prendre possession

du Touat sans plus tarder. Tel paraît bien avoir été un moment

notre pensée. Un projet d’expédition aux oasis du Sud-Ouest par

Igli et l’Oued-Saoura fut étudié en 1890, puis ajourné[263]. On

se contenta de créer en 1891 un poste permanent à El-Goléa, à

cheval sur l’Oued-Mya qui va à l’Igharghar et l’Oued-Seggueur

qui va à l’Oued-Saoura ; en ce point, l’Oued-Seggueur,

sortant de l’Erg, bute contre le plateau crétacé et repart par

un coude brusque dans une direction perpendiculaire, en prenant

le nom d’Oued-Meguiden et en se dirigeant à l’W. S. W. vers

l’Aouguerout[264].

La pénétration saharienne (1830-1906) · 第 8 / 15 段