devait-il être le prélude d’une pénétration pacifique ? C’est
ce que l’avenir allait se charger de démontrer. Une belle vie,
a-t-on dit, est un rêve de jeunesse réalisé dans l’âge mûr :
Duveyrier, qui avait vécu son rêve dans sa jeunesse, n’eut de
l’âge mûr qu’amertumes et déceptions. Condamné au repos
par les suites de son mal, bien que son intelligence fût redevenue
vigoureuse, il passa le reste de son existence à voir s’élever,
obstacles sur obstacles, la barrière qui nous sépara si longtemps
du Sud. Les bulletins de la Société de Géographie de Paris
témoignent qu’il n’avait pas cessé de s’intéresser aux
choses du Sahara et d’en parler avec compétence. Quoi qu’on en
ait dit, il se rendait parfaitement compte des changements survenus
depuis son exploration dans les conditions de pénétration chez
les Touareg[123]. Mais, « enseveli lentement[124] dans un passé
irrévocable, que de fois a-t-il dû se dire qu’il eût mieux valu
pour lui mourir à 25 ans dans la splendeur de sa jeune gloire,
quand aucune déception ne l’avait encore frappé ! Pour son
coup d’essai, il avait égalé ses devanciers les plus illustres,
et depuis il n’avait fait qu’assister à la ruine de son œuvre
comme au déclin de sa gloire. La fièvre avait été trop clémente
quand elle avait lâché prise sur son corps inutile après son
séjour chez les Azdjer. »
Pour profiter des résultats obtenus par le voyage de Duveyrier, on
avait songé d’abord à envoyer de nouveau une caravane indigène
à Ghat et même à Kano, sous la conduite de Cheikh Othman,
puis à installer à Ghadamès un agent consulaire, français
ou indigène ; ce dernier projet émanait de Léon Roches. Les
lettres d’Ikhenoukhen au général de Martimprey et au général
Pélissier témoignaient d’ailleurs des meilleures dispositions :
« Quiconque de chez vous viendra ici ne rencontrera que le bien,
la paix et la plus grande sécurité, soit actuellement, soit dans
l’avenir. Dieu soit loué, notre main s’étend jusqu’au
Soudan[125]. » Cheikh Othman, à la même époque, vint en
France et fut présenté à l’Empereur. On résolut de signer
directement un traité d’amitié et de commerce avec Ikhenoukhen,
et Ghadamès fut choisi comme lieu de l’entrevue[126]. Une mission,
placée sous la direction du commandant Mircher, et dont faisaient
partie le capitaine d’état-major de Polignac et l’ingénieur
des mines Vatonne, partit de Tripoli pour Ghadamès et y signa un
traité par lequel les Adzjer « s’engageaient à faciliter et à
protéger à travers leur pays et jusqu’au Soudan le passage des
négociants français ou indigènes algériens. » Ikhenoukhen et
les autres chefs auxquels on avait donné rendez-vous ne vinrent
pas ; la mission les attendit en vain ; seul, El Hadj, frère de
l’amenokal, et le Cheikh Othman, avec un chef des Imanghasaten,
signèrent la convention, le 26 novembre 1862. La mission Mircher
rentra à El Oued par Bir-Ghardaïa, route déjà suivie en 1857
par le capitaine de Bonnemain. Elle rapportait[127] diverses études
sur les régions traversées, notamment des travaux géologiques et
hydrologiques de Vatonne, des observations médicales recueillies par
le docteur Hoffmann, divers renseignements sur l’état politique
et social du Soudan, enfin une notice très complète sur Ghadamès,
avec un plan exact de la ville et de l’oasis.
Quelle était exactement la valeur de ce traité de Ghadamès ? On a
beaucoup discuté sur ce point. Dès le moment où il fut signé, on
émit des doutes sur sa portée. On lit dans un rapport du lieutenant
Villot, adjoint au bureau arabe de Géryville, du 17 décembre 1862 :
« Aucun chef touareg n’est assez puissant pour garantir la
traversée du Sahara à quelque prix que ce soit. Gens misérables,
vivant sur un sol misérable, disséminés sur des espaces immenses,
les Touareg ne reconnaissent aucun chef, si ce n’est les plus
habiles à conduire les razzia ». La franchise de ce rapport valut
au lieutenant Villot un blâme énergique de ses supérieurs.
On fit remarquer aussi que le traité avait été signé avec des
chefs qui n’apportaient en fait de pouvoirs que des assurances
verbales[128] et qu’on peut avoir quelques doutes sur un accord
conclu « au nom de la nation Touareg » par deux personnages
secondaires, alors que les chefs influents ne daignaient ni se
montrer ni répondre. Le ministre Rouher s’avançait beaucoup
lorsqu’il assurait que ce traité donnait une entière sécurité
aux caravanes françaises et algériennes[129]. En admettant même
qu’Ikhenoukhen se crût engagé par la convention, « au Sahara,
la parole d’un chef n’engage que lui-même et il n’est pas
de nation Touareg avec laquelle on puisse traiter[130]. Au reste,
ce chef, « dont la main s’étend jusqu’au Soudan », n’a
pu, appuyé par presque toutes les tribus, obtenir d’un petit
groupe de guerriers la restitution de chameaux pris à une tribu
alliée[131]. Enfin le véritable sens de ce traité, s’il en a un,
est qu’Ikhenoukhen se réserve le bénéfice éventuel du passage
des caravanes françaises. Au Sahara, le droit de _protéger_,
c’est-à-dire de recevoir d’un étranger le prix du passage,
se dispute avec la plus grande âpreté[132]. D’ailleurs, nous
savons aujourd’hui ce que valent ces traités signés avec des
roitelets africains, noirs ou blancs ; ils n’ont d’intérêt
qu’en tant qu’opposables à d’autres puissances européennes.
Ceux qui croient à la valeur du traité de Ghadamès répondent
qu’on n’a rien fait, du moins au début, pour en tirer parti.
« Il fallait, dit Masqueray[133], tenter d’établir un commerce
régulier avec les féaux d’Ikhenoukhen et de Si Othman. Les
bonnes relations avec les Azdjer nous ouvraient sans combat les
deux tiers du Sahara. On pouvait, grâce à leur exemple et par leur
intermédiaire, se concilier les Touareg de l’Aïr, leurs voisins ;
des négociations de même sorte avec les Ahaggar et les Aouelimmiden
auraient pu suivre. En somme, dès 1862, la solution du problème
de la jonction de l’Algérie au Tchad et au Niger était sûre,
sinon proche encore. Rien de tout cela ne fut tenté. Les Touareg,
n’entendant plus parler de la France, la dédaignèrent. Nos
adversaires leur apprirent à la braver. » Ces paroles contiennent
une grande part d’exagération et d’optimisme ; il faut convenir
cependant que, par suite d’une série d’événements, le traité
de Ghadamès se trouva rélégué dans les archives ; quand on voulut
l’en tirer il était trop tard : il y avait prescription.
*
* *
Résumons, comme nous l’avons fait pour l’époque précédente,
les résultats obtenus pendant la période 1852-1864, au triple
point de vue de l’occupation, de l’exploration et du commerce.
L’occupation française, ou tout au moins l’influence française,
règne désormais sur presque tout le pays situé au nord des Areg,
notamment sur les points importants de Laghouat, Ghardaïa, Ouargla
et Touggourt. Ce sont des limites qu’elle ne devait pas dépasser
sensiblement jusqu’à la fin du XIXe siècle.
Au point de vue de l’exploration, les travaux de Colomb, de Colonieu
et Burin, de Rohlfs, ont fourni des données, encore incomplètes,
sur la région oranaise et le bassin de l’Oued Saoura. Les
voyages de Bonnemain et Bou-Derba, surtout la belle exploration
de Duveyrier, suivie de la mission Mircher, ont fait connaître le
pays des Touareg Ahaggar par renseignements, le Tassili des Azdjer,
les routes de Ghadamès et Ghat au Souf et à la Tripolitaine. La
carte de Duveyrier est le plus important document graphique pour le
Sahara central. D’autre part, le Dépôt de la guerre a publié
en 1855 une première carte du Sud-Oranais à 1/400.000e en noir,
qui a longtemps servi pour la partie méridionale de cette province,
et en 1861 une carte du Sahara oriental (région de l’Oued-Rir),
également à 1/400.000e.
Au point de vue économique, de merveilleux résultats ont été
obtenus par les sondages de l’Oued-Rir. En revanche, toutes les
tentatives de commerce transsaharien avec le Soudan et même de
commerce saharien sont restées sans efficacité. Elles reposaient
d’ailleurs sur une connaissance imparfaite des données du
problème. Du côté de l’Ouest, la tentative de Colonieu et
Burin n’a servi qu’à aviver le fanatisme des Touatiens ;
l’échec a été complet. Du côté de l’Est, les résultats,
sans être mauvais, n’ont pas été aussi brillants qu’on l’a
prétendu. Il faut remarquer que Duveyrier n’a réussi à entrer
à Ghat que sur la recommandation des Turcs de Tripoli. Quant au
traité de Ghadamès, sa portée est très contestable. La bonne
volonté d’Ikhenoukhen n’est pas certaine, et en l’admettant
même, son efficacité reste douteuse.
Peut-être cependant eût-il été possible de tirer parti de la
situation, à condition de le faire immédiatement. Il fallait agir
au Touat par les armes aussitôt après l’expédition Colonieu et
éprouver le traité de Ghadamès en envoyant des caravanes dans
la direction de l’Aïr. La puissance des Européens au Sahara,
comme aux colonies en général, est surtout une puissance morale,
une puissance d’opinion : avant qu’on n’y eût laissé
porter de graves et nombreuses atteintes, peut-être eût-on
réussi à faire brèche, en quelque sorte par surprise, dans le
monde saharien. Mais on le laissa se ressaisir, et les tentatives
faites n’eurent d’autre résultat que de jeter les Sahariens
dans les bras des Turcs à l’Est, du Maroc à l’Ouest[134]. Le
Sahara, un instant entr’ouvert sur les pas de Duveyrier, s’est
refermé : l’insurrection des Ouled-Sidi-Cheikh, puis la guerre
franco-allemande de 1870, enfin le massacre de la mission Flatters
ont tout arrêté, et on peut dire que nous en étions restés,
jusqu’aux environs de l’année 1900, au même point qu’en 1864.
Enfin les conditions de la pénétration saharienne se sont trouvées
modifiées, vers la même époque, par d’autres facteurs étrangers
à l’Algérie. Le gouvernement de Faidherbe au Sénégal (1856-1862)
est contemporain de celui de Randon en Algérie. Comme Randon, il
cherche systématiquement l’expansion de la colonie ; dès 1863,
il indique à Mage et Quintin que leur mission est de préparer la
jonction des établissements du Sénégal avec le Niger ; grâce à
lui, un obscur comptoir est devenu le point de départ d’un grand
empire. C’est alors qu’a commencé l’expansion de la France dans
l’Afrique occidentale, qui s’est poursuivie avec de si brillants
résultats jusqu’à aujourd’hui. L’ouverture des voies de la
côte ne pouvait manquer d’influer sur le commerce transsaharien :
« Cheikh Othman me fait remarquer, écrivait Duveyrier[135], que
les convois d’or entre In-Salah et Ghadamès sont moins fréquents
depuis que M. le gouverneur Faidherbe a donné aux routes du Sénégal
une sécurité qu’elles n’avaient jamais connue jusque là,
et il craint que la concurrence de nos possessions sénégaliennes
n’achève de priver les routes du Nord de ce riche produit. »
* * * * *
[Note 48 : C. ROUSSET, _La Conquête de l’Algérie_, in-8o, Paris,
1889, II, p. 373. Cf. A. RASTOUL, _Le général Randon_, in-8o,
Paris, 1890. RANDON, _Mémoires_, 2 vol. in-8o, Paris, 1875-77.]
[Note 49 : PAUL VUILLOT, _L’Exploration du Sahara, étude historique
et géographique_, gr. in-8o, Paris, 1895, p. 41.]
[Note 50 : Gal-LIEUt VON SCHUBERT, _Heinrich Barth der Bahnbrecher
der deutschen Afrikaforschung_, in-8o, Berlin, 1897. C’est une
biographie intime d’après des papiers de famille. Cf. une notice
de Duveyrier sur Barth dans la _Revue contemporaine_ du 28 février
1866. Barth n’a pas encore été l’objet d’une biographie
digne de lui.]
[Note 51 : 4 vol. in-8o, Alger, 1852, publiés par ordre du Ministre
de la Guerre.]
[Note 52 : HANOTEAU, chef de bataillon du génie, _Essai de grammaire
de la langue tamachek_, Paris, Impr. imp., 1860. Les plus anciens
travaux sur la langue des Touareg sont ceux de Judas, _Note sur
l’alphabet berbère usité chez les Touareg_, _Journ. asiat._,
mai 1847 ; F. DE SAULCY, _Observations sur l’alphabet tifinag_,
Paris 1849 ; RICHARDSON, _Vocabulaire arabe, Ghadamès et Touareg_,
Londres, in-fol. 1846 ; l’abbé BARGÉS (_Rev. algér. et col._
1853, p. 72). Voir aussi _Revue de l’Orient_, 1857, tome V, p. 333,
tome VI, p. 25, 162 et 224.]
[Note 53 : DUVEYRIER, _Les Touareg du Nord_, in-8o, Paris, 1864,
p. 388.]
[Note 54 : MANGIN, _Notes sur l’histoire de Laghouat_ (_Revue
Africaine_, 1894 et 1895). Voir notamment les raisons données par
le général Pélissier en faveur de l’occupation définitive de
Laghouat (_Revue Africaine_, 1895, p. 8).]
[Note 55 : Dr CH. AMAT, _Le Mzab et les Mzabites_, in-8o, Paris,
1888, p. 20.]
[Note 56 : _Documents_, II, p. 809. Cf. les portraits de Si Hamza
donnés par le colonel TRUMELET, _Les Français dans le Désert_,
p. 96 ; _L’Algérie légendaire_, p. 153 et par F. GOURGEOT,
_Situation politique de l’Algérie_, p. 11.]
[Note 57 : _Documents_, II, préface, p. X.]
[Note 58 : C’est, semble-t-il, une exagération de VUILLOT (p. 48).]
[Note 59 : TRUMELET, _Les Français dans le Désert_, in-8o, Paris,
1862. Cet ouvrage est un récit de l’expédition d’Ouargla, à
laquelle l’auteur avait pris part. Cf. E. MANGIN, _Revue Africaine_,
1895, p. 19-23.]
[Note 60 : RANDON, _Mémoires_, I, p. 251. Cf. DEPONT et COPPOLANI,
_Les Confréries religieuses musulmanes_, in-8o, Alger, 1897,
p. 272, note.]
[Note 61 : A. LE CHATELIER, _L’Islam au Soudan_, in-8o, Paris,
1899, p. 167.]
[Note 62 : Voir le portrait qu’en fait DUVEYRIER (_Touareg du Nord_,
p. 363).
Rohlfs a porté sur son compte un jugement tout différent.]
[Note 63 : DUVEYRIER (_Touareg du Nord_, p. 352) a également tracé
un portrait d’Ikhenoukhen.]
[Note 64 : RANDON, _Mémoires_, I. p. 447.]
[Note 65 : Comte H. DE SANVITALE, _Tribus du Sahara Algérien_
(_Revue de l’Orient_, mars 1854).]
[Note 66 : Les documents qu’on utilisait étaient, outre ceux de
l’époque précédente, Ibn Khaldoun, Barth qu’on lisait dans
l’édition anglaise, et des renseignements recueillis auprès de
nègres habitant l’Algérie, peut-être avec une méthode moins
sûre que celle de DAUMAS. (V. _Résultats_, etc., p. 10.)]
[Note 67 : H. DASTUGUE, _Quelques mots au sujet de Tafilet et
de Sidjilmassa_ (_Bull. Soc. Géogr. Paris_, 1867, p. 337, avec
cartes). ID., _Hauts-Plateaux et Sahara de l’Algérie Occidentale_
(_Bull. Soc. Géogr. Paris_, 1874, p. 113 et 239).]
[Note 68 : _Résultats_, etc., p. 3.]
[Note 69 : E. CAT, _Biographies Algériennes : Mac-Carthy_
(_L’Algérie Nouvelle_, 1898, p. 91).]
[Note 70 : C’était un aventurier, écrivait BOTTA, consul de France
à Tripoli, dans une lettre inédite à DUVEYRIER. (Renseignement
communiqué par M. MAUNOIR.)]
[Note 71 : DUVEYRIER, _Historique_, etc., p. 229. Cf. la biographie
du Général de Colomb, mort en 1902, dans _Bull. Afr. Fr._, 1902,
p. 431.]
[Note 72 : DE COLOMB, _Exploration des ksours et du Sahara_, in-8o,
Alger, 1858, p. 10.]
[Note 73 : L. DE COLOMB, _Exploration des ksours et du Sahara de la
province d’Oran_, avec une carte de l’itinéraire par M. DE LA
FERRONAYS, Alger, Impr. du Gouvernement, 1858.]
[Note 74 : Voir notamment p. 57 et suivantes.]
[Note 75 : P. 36.]
[Note 76 : Il y a une autre Daïa-el-Habessa dans l’Oued-Mya au
sujet de laquelle on raconte la même chose (_Documents relatifs à
la mission Flatters_, in-4o, Paris, 1884, p. 283).]
[Note 77 : P. MARÈS, _Note sur la constitution générale du
Sahara dans le sud de la province d’Oran_ (_Bull. Soc. Géol. de
France_, 1857, p. 524). Cf. _Bull. Soc. Géol. de France_,
1864, p. 686. _C. R. Ac. Sc._, 1857, tome XLV, p. 26 et
_Ann. Soc. Météorol. de France_, 1857, p. 172 ; 1859, p. 222 ;
1860, p. 34 ; 1864, p. 174.]
[Note 78 : DUVEYRIER, _Historique_, etc., p. 234-235.]
[Note 79 : L. DE COLOMB, _Notice sur les oasis du Sahara et les
routes qui y conduisent_ (extrait de la _Revue Algérienne et
Coloniale_, 1860). Il existe de DE COLOMB une carte des oasis du
Touat à 1/1.600.000 et une autre à 1/400.000 gravée au Dépôt
de la Guerre (toutes deux de 1860). Cf. _Documents_, IV, p. 583.]
[Note 80 : H. SIMON (capitaine), _Trois rapports du lieutenant-colonel
de Colomb sur la question du commerce transsaharien_
(_Bull. Soc. Géogr. d’Oran_, 1905, p. 167 et suiv.).]
[Note 81 : A. CHERBONNEAU, _Itinéraire descriptif de Touggourt
à Tombouctou et aux Monts de la Lune_ (_Ann. Soc. Archéol. de
Constantine_, 1853, p. 91 ; _Revue Alg. et Col._, 1857, t. V, p. 224
(t. à p. 1860).]
[Note 82 : Dr A. MAURIN, _Les Caravanes françaises au Soudan_,
in-8o, Paris, 1863.]
[Note 83 : Lettre du maréchal RANDON au Général commandant la
division d’Oran, du 26 juin 1858.]
[Note 84 : 14 juillet 1858.]
[Note 85 : Sans doute parce qu’on ne le savait pas exactement.]
[Note 86 : V. la biographie du général Colonieu, mort en 1902,
dans _Bull. Afr. fr._, 1902, p. 371.]
[Note 87 : DUVEYRIER, _Historique_, etc., p. 236.]
[Note 88 : COLONIEU (commandant), _Voyage au Gourara et à
l’Aouguerout_. (_Bull. Soc. Géogr. de Paris_, 1892, p. 51 ; 1893,
p. 53 ; 1894, p. 430), avec carte dressée par Duveyrier, en 1864.]
[Note 89 : VUILLOT, _L’Exploration du Sahara_, p. 73. — SCHIRMER,
_Le Sahara_, in-8o, Paris, 1893, p. 380.]
[Note 90 : _Résultats obtenus_, etc., p. 11.]
[Note 91 : VUILLOT, p. 71.]
[Note 92 : _Id._ p. 72.]
[Note 93 : _Bull. Soc. Géogr. Paris_, 1894, p. 457.]
[Note 94 : DUVEYRIER, _Historique_, etc., p. 240.]
[Note 95 : Voir notamment _Bull. Soc. Géogr. Paris_, 1893, p. 94 ;
1894, p. 430 et suivantes.]
[Note 96 : _Bull. Soc. Géogr. Paris_, 1894, p. 431.]
[Note 97 : Les Ksouriens, pas plus que Si Hamza, ne se rendaient
bien compte de ce qui nous poussait à pénétrer dans ces régions
désolées et à vouloir y créer des relations commerciales.]
[Note 98 : MANGIN, _Revue Africaine_, 1895, p. 29.]
[Note 99 : Ce sont ces événements qui ont été racontés et
dramatisés par le romancier Hugues Le Roux (_L’Épopée du
Sud. — Gens de poudre_). Il a fait revivre les intéressantes
figures du Basque Séroka, chef du bureau arabe de Biskra, et du
Corse Carbuccia, commandant la légion.]
[Note 100 : SCHIRMER, _Le Sahara_, p. 422.]
[Note 101 : _Id._, _Ibid._, p. 423.]
[Note 102 : JUS, _Les forages artésiens de la province de
Constantine_, Constantine, 1870, p. 8 et suiv. — _Rapport du
colonel Séroka_ (_Rev. Alg. et Col._, 1859, p. 339). — _Rapport du
lieutenant Rose_ (_Ibid._, p. 17). — VILLE, _Voyage d’exploration
dans les bassins du Hodna et du Sahara_, p. 345-417.]
[Note 103 : _Annales des Mines_, 1852.]
[Note 104 : VILLE, _Notice sur les sondages exécutés pendant les
années 1859 à 1862 dans le territoire militaire de la province
d’Alger_ (_Ann. des Mines_, 1864).]
[Note 105 : VILLE, _Voyage d’exploration dans les bassins du Hodna
et du Sahara_, Paris, Impr. imp., 1868. Id., _Exploration géologique
du Beni-Mzab, du Sahara et de la région des steppes de la province
d’Alger_, Paris, Imp. nat., 1872.]
[Note 106 : COLONIEU, _Voyage dans le Sahara Algérien de Géryville
à Ouargla_ (_Tour du Monde_, 1863, p. 161).]
[Note 107 : E. FICHEUR, _Notice Biographique sur A. Pomel_
(_Bull. Soc. Géolog. de France_, 1899, p. 191).]
[Note 108 : CHERBONNEAU, _Relation du voyage de M. le Capitaine de
Bonnemain à R’damès_, Paris, 1857, in-8o.]
[Note 109 : _Résultats, etc._, p. 7. — Cf. RANDON, _Mémoires_,
I, p. 453.]
[Note 110 : E. MASQUERAY, _Journal des Débats_, 14 mai 1892. —
HENRI DUVEYRIER, _Journal de Route_, publié et annoté par
CH. MAUNOIR et H. SCHIRMER, précédé d’une biographie de
H. DUVEYRIER par CH. MAUNOIR, in-8o, Paris, A. Challamel, 1905.]
[Note 111 : H. DUVEYRIER, _Journal d’un voyage dans la province
d’Alger_, p. p. CH. MAUNOIR, in-8o, Paris, 1900 (non mis dans
le commerce).]
[Note 112 : Cité par Vuillot, p. 60.]
[Note 113 : _Bull. Soc. Géogr. Paris_, 1859, p. 217 et _Revue
Alg. et Col._, 1860, tome II.]
[Note 114 : DUVEYRIER, _Les Touareg du Nord_, in-8o, Paris, 1864.]
[Note 115 : H. SCHIRMER, _Henri Duveyrier_ (_Ann. de Géogr._,
1891-92, p. 415).]
[Note 116 : DUVEYRIER, Introduction, p. XII.]
[Note 117 : H. SCHIRMER, _Duveyrier_ (_Ann. de Géogr._, 1891-92,
p. 416).]
[Note 118 : HENRI DUVEYRIER, _Journal de Route_, publié et annoté
par CH. MAUNOIR et H. SCHIRMER, in-8o, Paris, 1905.]
[Note 119 : H. SCHIRMER, _Le Sahara_, p. 278 et 281.]
[Note 120 : L. RINN, _Nos Frontières Sahariennes_, in-8o, Alger,
1886, p. 32.]
[Note 121 : SCHIRMER, _Le Sahara_, p. 381.]
[Note 122 : _Journal des Débats_, art. cité.]
[Note 123 : HENRI WOLFF (Commandant), _Duveyrier ; son dernier projet
de voyage dans le Sahara_ (_Congr. nat. de Géogr. de Marseille_,
1898, p. 490).]
[Note 124 : MASQUERAY, art. cité.]
[Note 125 : _Résultats_, etc., p. 13.]
[Note 126 : VUILLOT, p. 77.]
[Note 127 : _Mission de Ghadamès_, in-8o, Alger, 1862.]
[Note 128 : _Mission de Ghadamès_, p. 121.]
[Note 129 : SCHIRMER, _Le Sahara_, p. 382.]
[Note 130 : SCHIRMER, _Pourquoi Flatters et ses compagnons sont morts_
(Extr. du _Bull. de la Soc. de Géogr. de Lyon_, 1896, p. 20).]
[Note 131 : SCHIRMER, _Le Sahara_, p. 271.]
[Note 132 : SCHIRMER, _Pourquoi Flatters_, etc., p. 15-16.]
[Note 133 : _Journal des Débats_, 14 mai 1892.]
[Note 134 : SCHIRMER, _Le Sahara_, p. 390 et 391.]
[Note 135 : DUVEYRIER, _Les Touareg du Nord_, p. 360. Cf. MARCEL
DUBOIS et A. TERRIER, _Un Siècle d’Expansion Coloniale_, 8o,
Paris, 1901, notamment p. 280 et 658.]
CHAPITRE III
LA PÉRIODE DE STAGNATION (1864-1879)
L’insurrection des Ouled-Sidi-Cheikh. — La guerre franco-allemande
de 1870. — Colonnes du Sud-Ouest : de Colomb, Colonieu ; expédition
du général de Wimpffen dans l’Oued-Guir. — Colonnes du centre :
de Lacroix, de Galiffet. — Les explorations : Dournaux-Dupéré et
Joubert (1873-74). — Soleillet (1874). — Largeau (1875-77). —
Louis Say (1876-77). — Les missionnaires du cardinal Lavigerie :
les Pères Paulmier, Ménoret et Bouchard (1875-76) ; les Pères
Richard et Kermabon (1879). — Colonisation de l’Oued-Rir. —
La mer intérieure : mission Roudaire (1876). — _Le Sahara_ de
Pomel. — Masqueray au Mzab. — Conclusion.
La date de 1864 marque une coupure profonde dans l’histoire
des explorations sahariennes. Jusque-là, la pénétration avait
suivi une marche régulière et normale. Nous n’avons eu garde
d’exagérer les résultats des explorations de Duveyrier et de
Rohlfs, non plus que du traité de Ghadamès. Cependant c’étaient
là des faits d’une importance indéniable. En 1864 survient un
arrêt prolongé ; une suite de circonstances malheureuses, que
nous indiquerons successivement, interrompt la marche en avant :
elle n’a été reprise que tout récemment, malgré quelques
efforts trop passagers et souvent malheureux. L’esprit de suite,
la confiance en soi, l’exacte compréhension des conditions
physiques et économiques nous ont presque toujours fait défaut et
ont paralysé notre politique.
La grande insurrection des Ouled-Sidi-Cheikh est le premier de ces
fâcheux événements qui ont arrêté la pénétration au sud de
l’Algérie. Si Hamza mourut subitement à Alger le 21 août 1861,
probablement empoisonné à l’instigation du parti intransigeant
de la famille, qui ne pardonnait pas au marabout sa soumission à la
France[136]. Son fils Si Sliman, nommé bach-agha, ne sut pas comme
son père résister aux sollicitations de son entourage. Poussé
par son oncle Si Lala, il fit défection et souleva contre nous les
populations de son commandement[137]. La révolte des fils de Si
Hamza et du Sud-Oranais, commencée en 1864 par l’anéantissement
à Aouinet-bou-Beker de la petite colonne du colonel Beauprêtre,
devait durer près de vingt ans (1864-1883). « La longue durée
de cette rébellion surprend au premier abord. Il en faut sans
nul doute chercher la cause dans le dévouement des populations du
Sud-Oranais envers leurs chefs religieux, dans la nature du pays, dans
la difficulté des communications, et aussi dans les événements de
1870, qui vinrent se jeter à la traverse de toute action vigoureuse
dans ces contrées lointaines[138]. » Il faut aussi tenir compte de
l’ignorance où l’on était trop souvent à Paris des véritables
données du problème, des tiraillements entre Alger et Paris et des
incertitudes qui en résultaient. Enfin, « pour prolonger la lutte,
les Ouled-Sidi-Cheikh avaient, au-delà et en dehors du rayon de notre
influence, des points d’appui et des asiles, des partisans et des
moyens de ravitaillement dans les oasis de l’Extrême Sud. Par là,
ils étaient pour ainsi dire insaisissables, et ils nous le firent
bien connaître[139]. » Toujours vaincus et semblant chaque fois à
la veille d’un anéantissement complet[140], les Ouled-Sidi-Cheikh
reparaissaient bientôt à la tête de nouvelles forces, lançant
à l’improviste les bandes de pillards à leur dévotion sur
nos administrés, trouvant des auxiliaires non seulement parmi les
quelques dissidents de nos tribus restés attachés à leur fortune,
mais encore parmi ces turbulents nomades marocains qui ont leurs
parcours au sud-ouest de l’Algérie.