Les sucs recueillis autour des incisions faites aux capsules du pavot
sont apportés dans des bassins de cuivre et traités de deux manières
différentes, suivant qu'ils doivent être employés à des préparations
pharmaceutiques ou fumés.
Dans le premier cas, on se contente, après avoir fait évaporer l'eau
contenue dans le sirop, d'étendre l'opium sur des planches avec des
lames de fer très plates; puis, quand il est réduit en pâte et
débarrassé des matières étrangères, on le divise en boules d'égal
volume, qu'on laisse sécher sur de la paille avant de les envoyer en
Angleterre ou en Hollande.
Quand, au contraire, l'opium est destiné aux fumeurs, les ouvriers le
nettoient, le pétrissent comme l'opium pharmaceutique et le mélangent
ensuite avec une certaine quantité d'huile destinée à faciliter sa
combustion. Après avoir amalgamé soigneusement ces deux matières en les
foulant aux pieds comme de la vendange, on les repasse de nouveau sous
le couteau, de manière à éliminer le liquide excédant et à donner, par
une dernière manipulation, une plus grande finesse à la pâte. Les boules
sont ensuite expédiées en Chine, aux Indes, ou vendues en cachette à
quelques Persans.
La culture du pavot est une grande source de revenus pour la campagne
d'Ispahan, qui produit des sirops de première qualité. Pris sur le lieu
de production, l'opium se vend déjà à un prix très élevé; une boule
coûte une livre anglaise, et une charge de mulet vaut de cinq à six
mille francs.
[Illustration: PRÉPARATION DE L'OPIUM A FUMER.]
20 août.--«N'oubliez pas de faire une longue sieste, nous a dit
aujourd'hui le Père après déjeuner; les fêtes du mariage auquel on vous
a conviés commencent ce soir, et, comme les cérémonies les plus
essentielles dureront deux jours, il est prudent de prendre des forces à
l'avance.»
Les cérémonies des épousailles se célèbrent à la fois dans les familles
des deux fiancés. Nous sommes invités chez les parents du marié.
Au coucher du soleil, le futur époux se présente au couvent afin de nous
guider jusqu'à la maison paternelle. En gens dont l'éducation se
perfectionne tous les jours, nous causons avec lui de choses banales,
n'ayant nul rapport avec son mariage, et, après l'avoir fait longtemps
attendre avec une politesse des plus raffinées, car il serait de mauvais
goût de témoigner de l'empressement à nous rendre au banquet, nous nous
décidons enfin à prendre la route de la maison nuptiale.
[Illustration: PRÉPARATION DE L'OPIUM PHARMACEUTIQUE.]
A l'extérieur, aucun signe spécial ne distinguerait l'habitation du
futur époux si la porte d'entrée n'était grande ouverte, contrairement
aux habitudes orientales. Notre hôte, prévenu de notre arrivée par des
serviteurs postés sur les terrasses, vient au-devant de nous afin de
nous introduire lui-même dans sa demeure.
Au delà de l'inévitable vestibule contourné en zigzag se présente une
vaste cour plantée d'arbres fruitiers et égayée par des plates-bandes
fleuries. Les talars s'ouvrent sur un perron précédé d'un large
escalier; les hommes groupés sur cette espèce de terrasse sont séparés
des femmes, réunies à l'intérieur des salons.
[Illustration: ARMÉNIENNES DE DJOULFA.]
On me conduit d'abord à la mère du fiancé. La bonne dame est vêtue du
vieux costume arménien: robe de brocart, ceinture de filigrane d'argent,
grand voile de gaze blanche entourant toute la tête et retombant sur le
dos. La présentation est solennelle et dure longtemps, car les
compliments gracieux, mais amphigouriques, dont nous nous régalons
mutuellement, traversent la bouche d'un interprète chargé de traduire
mon persan en pur arménien, et l'arménien de mon hôtesse en persan
élégant. Toutes ces cérémonies terminées, mon hôtesse me prend la main
et m'introduit dans une vaste pièce. Émerveillée du charmant spectacle
qui s'offre à mes yeux, je m'arrête éblouie sur le seuil de la porte.
Quel peintre rendrait le fouillis des habits de soie ou de velours aux
chatoyantes couleurs, portés par une trentaine de femmes dont les traits
assez accentués et la peau brune prennent la plus étrange tonalité sous
la lumière des lanternes vénitiennes et des verres colorés suspendus au
plafond du talar? La plupart des invitées, coiffées de foulards de
Bénarès bordés de franges soyeuses, sont vêtues de robes de damas
s'ouvrant sur une longue chemise de crêpe de Chine vermillon
délicatement brodé d'or.
Les lignes du corps, que ne détériorent pas les prétendus artifices du
corset, se dessinent dans toute leur grâce naturelle; les tiraillements
infligés à l'étoffe voisine des nœuds de rubans accentuent les formes de
gorges peu développées, mais d'une parfaite pureté de contours. Une
large ceinture de filigrane d'argent posée très bas sur les hanches
rappelle celles que portaient au Moyen Age les reines dont les vieilles
sculptures nous ont conservé les traits et le costume.
Il semble qu'un génie bienfaisant ait pris la peine d'animer les figures
placées autour du chevet de la cathédrale d'Albi et les ait transportées
sous mes yeux.
Ce sont bien les mêmes vêtements de damas rouge et vert réchauffés par
le ton des vieux ors, les mêmes robes ajustées, les mêmes manches
collantes descendant jusque sur les doigts. Je reconnais, pour les avoir
si souvent admirées à Sainte-Cécile, ces formes si féminines et
cependant si chastes, ces mêmes grâces naïves et nonchalantes.
Une jeune femme, le dos paresseusement appuyé contre le chambranle d'une
porte, berce du bout du pied son enfant endormi dans un berceau de bois
placé sur des patins. C'est une parente venue du _biaban_ (campagne)
pour prendre part aux fêtes du mariage et qui a conservé le costume de
son village. Comme toutes les Arméniennes mariées, elle a le bas du
visage soigneusement caché; mais le voile ne l'empêche pas d'être
charmante avec son diadème de médailles et de plaques d'argent soutenant
un fichu de pourpre, sa robe de brocart vert vénitien et le triple
collier d'ambre et de pièces d'or à l'effigie de Marie-Thérèse qui
couvre la poitrine.
Si je voulais bien chercher dans les fonds sombres du tableau, je
découvrirais de çà, de là, quelques vieilles aussi laides et décrépites
que savent le devenir avec l'âge les femmes d'Orient, ou de puissantes
matrones laissant s'étager jusqu'au-dessous de leur ceinture ce qu'en
terme poli nous nommerons une poitrine opulente; grâce à Dieu, la
fatigue de leurs vieilles jambes ou peut-être même un sentiment de
pudeur bien comprise les a engagées à s'effondrer le long des murailles
et à se dissimuler derrière ce qui est jeune et beau.
Je sais gré à ces fleurs fanées de s'isoler du bouquet cueilli à la
fraîche rosée du matin. Trouverait-on une pareille abnégation en pays
civilisé?
S'il m'est loisible de m'extasier tout à l'aise sur la beauté et les
magnifiques ajustements des invitées, je ne puis, à mon grand regret, me
faire la plus vague idée de l'intelligence ou des vertus domestiques des
chrétiennes de Djoulfa. Ce n'est pas que la conversation manque
d'entrain ou d'animation, les Arméniennes, comme les filles d'Ève de
tout pays, sont fières et heureuses d'être admirées; la surprise que
j'ai éprouvée à leur aspect ne leur a pas échappé, et depuis mon arrivée
c'est à qui prendra les poses les plus charmantes, fera chatoyer les
plis de sa robe, mettra en évidence les saillies les mieux modelées, se
montrera de profil, si le profil vaut mieux que la face, rira si les
dents sont belles, portera les mains à ses bijoux si les doigts sont
effilés, ou dira mille choses spirituelles tout à fait perdues pour moi,
infortunée, qui ne puis applaudir ce joli manège qu'à l'aide d'un
vocabulaire arménien bien restreint: «Bonjour,--bonsoir,--que Dieu soit
avec vous!»
Mais voici la fête religieuse qui commence; tous les invités se
rassemblent, et l'on me ramène sur le perron, où le prêtre va bénir les
vêtements du marié. Ils sont étendus dans un large plateau posé sur le
sol, recouverts d'une gaze dorée et entourés de bouquets et de lumières.
Le P. Pascal, revêtu de sa grande dalmatique et précédé d'enfants de
chœur portant des cierges allumés, arrive de la maison de la fiancée, où
vient d'être célébrée une cérémonie analogue à celle dont nous allons
être témoins; il s'avance sur le perron et entonne de sa plus belle voix
une longue prière, à laquelle assistants et clercs répondent sur un ton
nasillard. Les chants religieux durent trois quarts d'heure. La mère du
marié, s'approchant alors de l'officiant, lui présente, avec une émotion
très réelle, un large ruban rouge, brodé d'or, que le nouvel époux, à
l'exemple de tous ses aïeux, portera demain sur la poitrine durant la
messe du mariage. La mère de famille est dépositaire de ce ruban
consacré par de si touchants souvenirs et le remet en ce moment solennel
à son fils aîné, chargé de le transmettre à son tour à la génération
issue de lui.
[Illustration: ARMÉNIENNE DES ENVIRONS D'ISPAHAN.]
La première partie de la fête est terminée; place au festin! Des tapis
longs et étroits sont étendus sur le perron et recouverts de _kalemkar_
(litt.: travail à la plume). Les convives sont invités à s'accroupir
tout le long de la nappe. A la place d'honneur, c'est-à-dire au bout de
la table, s'installe le P. Pascal, flanqué à droite et à gauche de nos
estimables personnes; vis-à-vis du prêtre s'assied le fiancé, entouré
des seigneurs sans importance; le père et la mère ne prennent pas part
au banquet: debout tous deux, ils dirigent le service et veillent à ce
que les mâchoires des invités ne demeurent jamais inactives.
Chacun des assistants reçoit sa ration d'eau, de pain, de vin et de lait
aigre, accompagnée d'un bouquet d'herbes aromatiques, que les Arméniens,
comme les Géorgiens, broutent tout en mangeant les viandes. Nous sommes
gratifiés, à titre d'étrangers, d'assiettes de rechange, de fourchettes,
de cuillères et de couteaux, tous instruments de torture inutiles aux
Orientaux.
L'ordonnance d'une fête gastronomique est de nature à bouleverser toutes
les idées d'un maître d'hôtel érudit; mais, en y réfléchissant, on
s'aperçoit que dans les pays chauds elle n'a rien de contraire aux
règles du bon sens.
Les serviteurs s'avancent d'abord chargés de plateaux couverts de
liqueurs, d'eau-de-vie parfumée à l'anis, et d'une profusion de gâteaux
et de sucreries classés sous le nom générique de _chirinis_. Toutes ces
boissons ou pâtisseries altérantes seraient mal venues à la fin du repas
et sont avantageusement remplacées à ce moment par des melons et des
fruits très aqueux. Les Boissier ou les Siraudin d'Ispahan ne sauraient
rivaliser d'habileté avec ceux de Stamboul; je dois avouer néanmoins que
leurs chefs-d'œuvre ont une apparence bien faite pour tenter la
gourmandise.
Le plus estimé de tous les bonbons arméniens est une bien vieille
connaissance. C'est le _geizengebin_ ou la manne que les Juifs
trouvèrent fade après s'en être nourris pendant quarante ans dans le
désert.
Un ver engendre cette substance sucrée comme miel. L'animal vit aux
dépens d'un arbrisseau spécial aux montagnes de l'Arménie et aux
campagnes d'Ispahan, et dépose sur les feuilles une sécrétion que les
paysans recueillent au matin en agitant les branches au-dessus de nattes
de paille étendues sur le sol. Parfois aussi les vents régnants
entraînent la neige animale et la transportent jusqu'à cent ou cent
cinquante lieues de distance dans des contrées désertes où l'on vient la
chercher. A l'état brut, la manne chargée de poussière et de détritus
serait désagréable à manger; les confiseurs la posent sur un feu doux,
de façon à laisser déposer ou à enlever avec l'écume toutes les matières
étrangères, et la mélangent ensuite, afin de la rendre moins sucrée,
avec une certaine quantité de farine de blé. En ajoutant à la pâte des
amandes sèches ou des pistaches de Kazbin, on forme un bonbon naturel
qui rappelle comme goût le nougat de Montélimar. La manne est un aliment
très azoté, et, à l'exemple des Juifs, on pourrait se nourrir de ce
chirini, si son prix élevé ne le mettait hors de portée pour les petites
bourses.
Ces préliminaires terminés, on présente un bouillon de volaille au riz,
des poules rôties, blanches et dodues, des gigots de moutons de Korout
engraissés pour la circonstance, et enfin, avant de clore le premier
service, un énorme pilau mêlé de légumes et assaisonné au karik. Le
deuxième et le troisième service diffèrent du premier en ce que les
pilaus sont mélangés soit à des viandes hachées, soit à des lentilles,
et surtout en ce que le mouton précède ou accompagne la volaille. Les
domestiques chargés de faire circuler ces plats substantiels vont et
viennent au milieu de la nappe après avoir--suprême délicatesse--enlevé
leurs souliers. Les bassins à ablutions sont présentés, tous les
convives se lèvent d'un air satisfait, on emporte la vaisselle et les
verres, puis chacun s'assied de nouveau autour de plateaux couverts
d'énormes pêches, de raisins, de brugnons, de melons et de pastèques
coupés en menus morceaux.
Il n'y a pas de belle fête sans feu d'artifice. A peine les femmes, qui
ont dîné à part, sont-elles de retour, que les fusées et les chandelles
romaines s'élèvent de la cour et retombent en pluie rose ou bleue sur
les terrasses des Djoulfaiens émerveillés. Les pièces sont nombreuses et
les artificiers plus habiles que je ne l'aurais cru; aussi tout irait à
merveille si l'assistance, dès l'explosion des premières gerbes
d'étincelles, ne paraissait en proie à un délire dangereux. C'est à qui
se précipitera du haut en bas du perron et enflammera fusées ou pétards;
des gamins ont découvert des torches mises en dépôt: ils s'en sont
saisis, les ont allumées et gambadent comme de vrais démons, prêts à
terminer les réjouissances en brûlant la maison et la ville elle-même,
si ses murailles de terre et ses toitures en terrasse ne s'opposaient à
la propagation de l'incendie.
Tout à coup de grands cris retentissent dans le talar. Une fusée mal
dirigée a passé au-dessus de nos têtes et s'est abattue, après avoir
touché le mur, sur les femmes placées au fond de la pièce. Avec le
contenu de quelques gargoulettes on éteint les robes brûlées et les
cheveux roussis; néanmoins l'accident a refroidi le zèle des plus
enthousiastes, et l'on abandonne le feu d'artifice, qui d'ailleurs
touchait à sa fin, en faveur de la musique.
Un bonhomme assis sur ses talons place alors devant lui une sorte de
boîte harmonique munie de cordes de métal, qu'il met en vibration au
moyen de petits marteaux.
Le jeu de l'artiste est vif et rapide, mais il est impossible de
distinguer un _piano_ ou un _forte_ dans ses phrases vides de mélodie.
Une oreille exercée et savante peut seule apprécier à sa juste valeur
cette musique enchanteresse, à laquelle, j'en conviens avec la plus
profonde humilité, je ne comprends absolument rien. A une heure du
matin, le virtuose en est encore, assure-t-il, au prélude de ses plus
belles compositions: le concert menace de devenir long; nous seuls, il
est vrai, y voyons un inconvénient, car les assistants, en vrais
mélomanes et en amis fidèles, ont l'intention de rester avec le marié
jusqu'à ce que le lever du jour l'autorise à aller chercher sa fiancée
pour la conduire au couvent.
21 août.--Dès six heures les cloches sonnent à perdre haleine, la messe
de mariage va commencer, mais depuis l'aurore la noce est réunie dans
l'église, où elle a déjà assisté à un long office préliminaire.
La fiancée, assise au milieu des autres femmes, ne se distingue de ses
compagnes que par le voile écarlate jeté sur sa tête.
A part cette coiffure de circonstance, la jeune fille s'est revêtue
d'atours des plus répréhensibles et a maladroitement abandonné le joli
costume national pour tailler, dans une pièce de brocart vert lamé d'or,
une robe «à la mode farangui».
Debout dans le chœur, flanqué de ses amis, l'époux est également vêtu
d'un habit de forme européenne venu en droite ligne de Bagdad, et paré
du ruban béni placé en travers sur la poitrine.
L'office et la messe ayant pris fin, le P. Pascal descend de l'autel,
prononce un long discours et fait signe à la mariée de s'avancer.
La mère joue alors un rôle très actif dans la cérémonie: elle aide son
enfant à se lever, lui donne la main et dirige vers l'autel, où l'attend
son futur maître, une épousée trop émue pour y voir et se conduire.
L'officiant place les fiancés en face l'un de l'autre, front contre
front, pose sur leurs deux têtes mises ainsi en contact une croix dont
la branche transversale est placée du côté de la jeune fille, et
entonne, soutenu par la voix des clercs unie à celles des assistants, un
hymne nuptial. On apporte ensuite un plateau sur lequel sont placés un
verre de vin et deux nouvelles croix. L'époux, après avoir bu le
premier, donne la coupe à sa belle-mère, qui la fait parvenir, non sans
peine, jusqu'aux lèvres de sa fille, serrées sous les plis du voile
écarlate, et remet le reste du vin béni aux mains du premier clerc.
Notre ami Kadchic l'achève d'un air très satisfait. Nouvelle reprise du
chœur: «Hyménée! hyménée! la sainte journée!» Les fidèles remplissent la
nef de leurs chants joyeux: la cérémonie touche évidemment à sa fin. Le
prêtre prend les deux croix enfilées sur des rubans, les attache au cou
des nouveaux mariés, donne à l'époux, qui les place triomphalement dans
l'ouverture de sa redingote, la croix et le mouchoir de gaze tenus à la
main par tout officiant arménien, et sort de l'église vêtu de ses
ornements sacerdotaux afin d'assister au défilé du cortège et de saluer
l'heureux couple. C'est de tout cœur, j'imagine: la cérémonie a duré
près de quatre heures.
La jeune femme est alors conduite dans la maison qu'elle doit habiter
désormais, et toute la journée se passe en galas et en divertissements.
Au coucher du soleil, le P. Pascal ira de nouveau célébrer un long
office, après lequel il reprendra les croix confiées aux mariés. A
partir de ce moment, le nouveau ménage sera autorisé à ne plus voir ni
amis ni parents pendant trois ou quatre jours et à se reposer des
interminables fêtes durant lesquelles il n'aura pu un instant s'isoler
des invités. Ce délai passé, il réunira de nouveau les gens de la noce
et les conviera à une dernière cérémonie, très goûtée des assistants. Le
célébrant est convoqué et bénit dès son arrivée une grande caisse placée
au milieu de la pièce. On ouvre la boîte à surprises où sont renfermés,
outre le trousseau matrimonial, des cadeaux destinés à tous les parents.
Ces objets ont généralement une valeur minime, mais leur caractère
utilitaire empêche néanmoins de les considérer comme de purs souvenirs.
Le plus beau présent est réservé au P. Pascal. Il recevra comme juste
rémunération de ses peines et soins un pain de sucre et quatre livres de
bougie. A ceux qui seraient choqués de la magnificence de ce cadeau, je
ferai observer que le prêtre a fourni sur ses deniers personnels
l'éclairage, les fleurs, payé les chantres et donné gratuitement ses
prières.
[Illustration: FAMILLE ARMÉNIENNE.]
[Illustration: PANNEAU DE FAÏENCE PERSANE. (Voyez p. 254.)]