19 août.--Nous avons visité hier la fabrique d'opium de M. Collignon.

Les sucs recueillis autour des incisions faites aux capsules du pavot

sont apportés dans des bassins de cuivre et traités de deux manières

différentes, suivant qu'ils doivent être employés à des préparations

pharmaceutiques ou fumés.

Dans le premier cas, on se contente, après avoir fait évaporer l'eau

contenue dans le sirop, d'étendre l'opium sur des planches avec des

lames de fer très plates; puis, quand il est réduit en pâte et

débarrassé des matières étrangères, on le divise en boules d'égal

volume, qu'on laisse sécher sur de la paille avant de les envoyer en

Angleterre ou en Hollande.

Quand, au contraire, l'opium est destiné aux fumeurs, les ouvriers le

nettoient, le pétrissent comme l'opium pharmaceutique et le mélangent

ensuite avec une certaine quantité d'huile destinée à faciliter sa

combustion. Après avoir amalgamé soigneusement ces deux matières en les

foulant aux pieds comme de la vendange, on les repasse de nouveau sous

le couteau, de manière à éliminer le liquide excédant et à donner, par

une dernière manipulation, une plus grande finesse à la pâte. Les boules

sont ensuite expédiées en Chine, aux Indes, ou vendues en cachette à

quelques Persans.

La culture du pavot est une grande source de revenus pour la campagne

d'Ispahan, qui produit des sirops de première qualité. Pris sur le lieu

de production, l'opium se vend déjà à un prix très élevé; une boule

coûte une livre anglaise, et une charge de mulet vaut de cinq à six

mille francs.

[Illustration: PRÉPARATION DE L'OPIUM A FUMER.]

20 août.--«N'oubliez pas de faire une longue sieste, nous a dit

aujourd'hui le Père après déjeuner; les fêtes du mariage auquel on vous

a conviés commencent ce soir, et, comme les cérémonies les plus

essentielles dureront deux jours, il est prudent de prendre des forces à

l'avance.»

Les cérémonies des épousailles se célèbrent à la fois dans les familles

des deux fiancés. Nous sommes invités chez les parents du marié.

Au coucher du soleil, le futur époux se présente au couvent afin de nous

guider jusqu'à la maison paternelle. En gens dont l'éducation se

perfectionne tous les jours, nous causons avec lui de choses banales,

n'ayant nul rapport avec son mariage, et, après l'avoir fait longtemps

attendre avec une politesse des plus raffinées, car il serait de mauvais

goût de témoigner de l'empressement à nous rendre au banquet, nous nous

décidons enfin à prendre la route de la maison nuptiale.

[Illustration: PRÉPARATION DE L'OPIUM PHARMACEUTIQUE.]

A l'extérieur, aucun signe spécial ne distinguerait l'habitation du

futur époux si la porte d'entrée n'était grande ouverte, contrairement

aux habitudes orientales. Notre hôte, prévenu de notre arrivée par des

serviteurs postés sur les terrasses, vient au-devant de nous afin de

nous introduire lui-même dans sa demeure.

Au delà de l'inévitable vestibule contourné en zigzag se présente une

vaste cour plantée d'arbres fruitiers et égayée par des plates-bandes

fleuries. Les talars s'ouvrent sur un perron précédé d'un large

escalier; les hommes groupés sur cette espèce de terrasse sont séparés

des femmes, réunies à l'intérieur des salons.

[Illustration: ARMÉNIENNES DE DJOULFA.]

On me conduit d'abord à la mère du fiancé. La bonne dame est vêtue du

vieux costume arménien: robe de brocart, ceinture de filigrane d'argent,

grand voile de gaze blanche entourant toute la tête et retombant sur le

dos. La présentation est solennelle et dure longtemps, car les

compliments gracieux, mais amphigouriques, dont nous nous régalons

mutuellement, traversent la bouche d'un interprète chargé de traduire

mon persan en pur arménien, et l'arménien de mon hôtesse en persan

élégant. Toutes ces cérémonies terminées, mon hôtesse me prend la main

et m'introduit dans une vaste pièce. Émerveillée du charmant spectacle

qui s'offre à mes yeux, je m'arrête éblouie sur le seuil de la porte.

Quel peintre rendrait le fouillis des habits de soie ou de velours aux

chatoyantes couleurs, portés par une trentaine de femmes dont les traits

assez accentués et la peau brune prennent la plus étrange tonalité sous

la lumière des lanternes vénitiennes et des verres colorés suspendus au

plafond du talar? La plupart des invitées, coiffées de foulards de

Bénarès bordés de franges soyeuses, sont vêtues de robes de damas

s'ouvrant sur une longue chemise de crêpe de Chine vermillon

délicatement brodé d'or.

Les lignes du corps, que ne détériorent pas les prétendus artifices du

corset, se dessinent dans toute leur grâce naturelle; les tiraillements

infligés à l'étoffe voisine des nœuds de rubans accentuent les formes de

gorges peu développées, mais d'une parfaite pureté de contours. Une

large ceinture de filigrane d'argent posée très bas sur les hanches

rappelle celles que portaient au Moyen Age les reines dont les vieilles

sculptures nous ont conservé les traits et le costume.

Il semble qu'un génie bienfaisant ait pris la peine d'animer les figures

placées autour du chevet de la cathédrale d'Albi et les ait transportées

sous mes yeux.

Ce sont bien les mêmes vêtements de damas rouge et vert réchauffés par

le ton des vieux ors, les mêmes robes ajustées, les mêmes manches

collantes descendant jusque sur les doigts. Je reconnais, pour les avoir

si souvent admirées à Sainte-Cécile, ces formes si féminines et

cependant si chastes, ces mêmes grâces naïves et nonchalantes.

Une jeune femme, le dos paresseusement appuyé contre le chambranle d'une

porte, berce du bout du pied son enfant endormi dans un berceau de bois

placé sur des patins. C'est une parente venue du _biaban_ (campagne)

pour prendre part aux fêtes du mariage et qui a conservé le costume de

son village. Comme toutes les Arméniennes mariées, elle a le bas du

visage soigneusement caché; mais le voile ne l'empêche pas d'être

charmante avec son diadème de médailles et de plaques d'argent soutenant

un fichu de pourpre, sa robe de brocart vert vénitien et le triple

collier d'ambre et de pièces d'or à l'effigie de Marie-Thérèse qui

couvre la poitrine.

Si je voulais bien chercher dans les fonds sombres du tableau, je

découvrirais de çà, de là, quelques vieilles aussi laides et décrépites

que savent le devenir avec l'âge les femmes d'Orient, ou de puissantes

matrones laissant s'étager jusqu'au-dessous de leur ceinture ce qu'en

terme poli nous nommerons une poitrine opulente; grâce à Dieu, la

fatigue de leurs vieilles jambes ou peut-être même un sentiment de

pudeur bien comprise les a engagées à s'effondrer le long des murailles

et à se dissimuler derrière ce qui est jeune et beau.

Je sais gré à ces fleurs fanées de s'isoler du bouquet cueilli à la

fraîche rosée du matin. Trouverait-on une pareille abnégation en pays

civilisé?

S'il m'est loisible de m'extasier tout à l'aise sur la beauté et les

magnifiques ajustements des invitées, je ne puis, à mon grand regret, me

faire la plus vague idée de l'intelligence ou des vertus domestiques des

chrétiennes de Djoulfa. Ce n'est pas que la conversation manque

d'entrain ou d'animation, les Arméniennes, comme les filles d'Ève de

tout pays, sont fières et heureuses d'être admirées; la surprise que

j'ai éprouvée à leur aspect ne leur a pas échappé, et depuis mon arrivée

c'est à qui prendra les poses les plus charmantes, fera chatoyer les

plis de sa robe, mettra en évidence les saillies les mieux modelées, se

montrera de profil, si le profil vaut mieux que la face, rira si les

dents sont belles, portera les mains à ses bijoux si les doigts sont

effilés, ou dira mille choses spirituelles tout à fait perdues pour moi,

infortunée, qui ne puis applaudir ce joli manège qu'à l'aide d'un

vocabulaire arménien bien restreint: «Bonjour,--bonsoir,--que Dieu soit

avec vous!»

Mais voici la fête religieuse qui commence; tous les invités se

rassemblent, et l'on me ramène sur le perron, où le prêtre va bénir les

vêtements du marié. Ils sont étendus dans un large plateau posé sur le

sol, recouverts d'une gaze dorée et entourés de bouquets et de lumières.

Le P. Pascal, revêtu de sa grande dalmatique et précédé d'enfants de

chœur portant des cierges allumés, arrive de la maison de la fiancée, où

vient d'être célébrée une cérémonie analogue à celle dont nous allons

être témoins; il s'avance sur le perron et entonne de sa plus belle voix

une longue prière, à laquelle assistants et clercs répondent sur un ton

nasillard. Les chants religieux durent trois quarts d'heure. La mère du

marié, s'approchant alors de l'officiant, lui présente, avec une émotion

très réelle, un large ruban rouge, brodé d'or, que le nouvel époux, à

l'exemple de tous ses aïeux, portera demain sur la poitrine durant la

messe du mariage. La mère de famille est dépositaire de ce ruban

consacré par de si touchants souvenirs et le remet en ce moment solennel

à son fils aîné, chargé de le transmettre à son tour à la génération

issue de lui.

[Illustration: ARMÉNIENNE DES ENVIRONS D'ISPAHAN.]

La première partie de la fête est terminée; place au festin! Des tapis

longs et étroits sont étendus sur le perron et recouverts de _kalemkar_

(litt.: travail à la plume). Les convives sont invités à s'accroupir

tout le long de la nappe. A la place d'honneur, c'est-à-dire au bout de

la table, s'installe le P. Pascal, flanqué à droite et à gauche de nos

estimables personnes; vis-à-vis du prêtre s'assied le fiancé, entouré

des seigneurs sans importance; le père et la mère ne prennent pas part

au banquet: debout tous deux, ils dirigent le service et veillent à ce

que les mâchoires des invités ne demeurent jamais inactives.

Chacun des assistants reçoit sa ration d'eau, de pain, de vin et de lait

aigre, accompagnée d'un bouquet d'herbes aromatiques, que les Arméniens,

comme les Géorgiens, broutent tout en mangeant les viandes. Nous sommes

gratifiés, à titre d'étrangers, d'assiettes de rechange, de fourchettes,

de cuillères et de couteaux, tous instruments de torture inutiles aux

Orientaux.

L'ordonnance d'une fête gastronomique est de nature à bouleverser toutes

les idées d'un maître d'hôtel érudit; mais, en y réfléchissant, on

s'aperçoit que dans les pays chauds elle n'a rien de contraire aux

règles du bon sens.

Les serviteurs s'avancent d'abord chargés de plateaux couverts de

liqueurs, d'eau-de-vie parfumée à l'anis, et d'une profusion de gâteaux

et de sucreries classés sous le nom générique de _chirinis_. Toutes ces

boissons ou pâtisseries altérantes seraient mal venues à la fin du repas

et sont avantageusement remplacées à ce moment par des melons et des

fruits très aqueux. Les Boissier ou les Siraudin d'Ispahan ne sauraient

rivaliser d'habileté avec ceux de Stamboul; je dois avouer néanmoins que

leurs chefs-d'œuvre ont une apparence bien faite pour tenter la

gourmandise.

Le plus estimé de tous les bonbons arméniens est une bien vieille

connaissance. C'est le _geizengebin_ ou la manne que les Juifs

trouvèrent fade après s'en être nourris pendant quarante ans dans le

désert.

Un ver engendre cette substance sucrée comme miel. L'animal vit aux

dépens d'un arbrisseau spécial aux montagnes de l'Arménie et aux

campagnes d'Ispahan, et dépose sur les feuilles une sécrétion que les

paysans recueillent au matin en agitant les branches au-dessus de nattes

de paille étendues sur le sol. Parfois aussi les vents régnants

entraînent la neige animale et la transportent jusqu'à cent ou cent

cinquante lieues de distance dans des contrées désertes où l'on vient la

chercher. A l'état brut, la manne chargée de poussière et de détritus

serait désagréable à manger; les confiseurs la posent sur un feu doux,

de façon à laisser déposer ou à enlever avec l'écume toutes les matières

étrangères, et la mélangent ensuite, afin de la rendre moins sucrée,

avec une certaine quantité de farine de blé. En ajoutant à la pâte des

amandes sèches ou des pistaches de Kazbin, on forme un bonbon naturel

qui rappelle comme goût le nougat de Montélimar. La manne est un aliment

très azoté, et, à l'exemple des Juifs, on pourrait se nourrir de ce

chirini, si son prix élevé ne le mettait hors de portée pour les petites

bourses.

Ces préliminaires terminés, on présente un bouillon de volaille au riz,

des poules rôties, blanches et dodues, des gigots de moutons de Korout

engraissés pour la circonstance, et enfin, avant de clore le premier

service, un énorme pilau mêlé de légumes et assaisonné au karik. Le

deuxième et le troisième service diffèrent du premier en ce que les

pilaus sont mélangés soit à des viandes hachées, soit à des lentilles,

et surtout en ce que le mouton précède ou accompagne la volaille. Les

domestiques chargés de faire circuler ces plats substantiels vont et

viennent au milieu de la nappe après avoir--suprême délicatesse--enlevé

leurs souliers. Les bassins à ablutions sont présentés, tous les

convives se lèvent d'un air satisfait, on emporte la vaisselle et les

verres, puis chacun s'assied de nouveau autour de plateaux couverts

d'énormes pêches, de raisins, de brugnons, de melons et de pastèques

coupés en menus morceaux.

Il n'y a pas de belle fête sans feu d'artifice. A peine les femmes, qui

ont dîné à part, sont-elles de retour, que les fusées et les chandelles

romaines s'élèvent de la cour et retombent en pluie rose ou bleue sur

les terrasses des Djoulfaiens émerveillés. Les pièces sont nombreuses et

les artificiers plus habiles que je ne l'aurais cru; aussi tout irait à

merveille si l'assistance, dès l'explosion des premières gerbes

d'étincelles, ne paraissait en proie à un délire dangereux. C'est à qui

se précipitera du haut en bas du perron et enflammera fusées ou pétards;

des gamins ont découvert des torches mises en dépôt: ils s'en sont

saisis, les ont allumées et gambadent comme de vrais démons, prêts à

terminer les réjouissances en brûlant la maison et la ville elle-même,

si ses murailles de terre et ses toitures en terrasse ne s'opposaient à

la propagation de l'incendie.

Tout à coup de grands cris retentissent dans le talar. Une fusée mal

dirigée a passé au-dessus de nos têtes et s'est abattue, après avoir

touché le mur, sur les femmes placées au fond de la pièce. Avec le

contenu de quelques gargoulettes on éteint les robes brûlées et les

cheveux roussis; néanmoins l'accident a refroidi le zèle des plus

enthousiastes, et l'on abandonne le feu d'artifice, qui d'ailleurs

touchait à sa fin, en faveur de la musique.

Un bonhomme assis sur ses talons place alors devant lui une sorte de

boîte harmonique munie de cordes de métal, qu'il met en vibration au

moyen de petits marteaux.

Le jeu de l'artiste est vif et rapide, mais il est impossible de

distinguer un _piano_ ou un _forte_ dans ses phrases vides de mélodie.

Une oreille exercée et savante peut seule apprécier à sa juste valeur

cette musique enchanteresse, à laquelle, j'en conviens avec la plus

profonde humilité, je ne comprends absolument rien. A une heure du

matin, le virtuose en est encore, assure-t-il, au prélude de ses plus

belles compositions: le concert menace de devenir long; nous seuls, il

est vrai, y voyons un inconvénient, car les assistants, en vrais

mélomanes et en amis fidèles, ont l'intention de rester avec le marié

jusqu'à ce que le lever du jour l'autorise à aller chercher sa fiancée

pour la conduire au couvent.

21 août.--Dès six heures les cloches sonnent à perdre haleine, la messe

de mariage va commencer, mais depuis l'aurore la noce est réunie dans

l'église, où elle a déjà assisté à un long office préliminaire.

La fiancée, assise au milieu des autres femmes, ne se distingue de ses

compagnes que par le voile écarlate jeté sur sa tête.

A part cette coiffure de circonstance, la jeune fille s'est revêtue

d'atours des plus répréhensibles et a maladroitement abandonné le joli

costume national pour tailler, dans une pièce de brocart vert lamé d'or,

une robe «à la mode farangui».

Debout dans le chœur, flanqué de ses amis, l'époux est également vêtu

d'un habit de forme européenne venu en droite ligne de Bagdad, et paré

du ruban béni placé en travers sur la poitrine.

L'office et la messe ayant pris fin, le P. Pascal descend de l'autel,

prononce un long discours et fait signe à la mariée de s'avancer.

La mère joue alors un rôle très actif dans la cérémonie: elle aide son

enfant à se lever, lui donne la main et dirige vers l'autel, où l'attend

son futur maître, une épousée trop émue pour y voir et se conduire.

L'officiant place les fiancés en face l'un de l'autre, front contre

front, pose sur leurs deux têtes mises ainsi en contact une croix dont

la branche transversale est placée du côté de la jeune fille, et

entonne, soutenu par la voix des clercs unie à celles des assistants, un

hymne nuptial. On apporte ensuite un plateau sur lequel sont placés un

verre de vin et deux nouvelles croix. L'époux, après avoir bu le

premier, donne la coupe à sa belle-mère, qui la fait parvenir, non sans

peine, jusqu'aux lèvres de sa fille, serrées sous les plis du voile

écarlate, et remet le reste du vin béni aux mains du premier clerc.

Notre ami Kadchic l'achève d'un air très satisfait. Nouvelle reprise du

chœur: «Hyménée! hyménée! la sainte journée!» Les fidèles remplissent la

nef de leurs chants joyeux: la cérémonie touche évidemment à sa fin. Le

prêtre prend les deux croix enfilées sur des rubans, les attache au cou

des nouveaux mariés, donne à l'époux, qui les place triomphalement dans

l'ouverture de sa redingote, la croix et le mouchoir de gaze tenus à la

main par tout officiant arménien, et sort de l'église vêtu de ses

ornements sacerdotaux afin d'assister au défilé du cortège et de saluer

l'heureux couple. C'est de tout cœur, j'imagine: la cérémonie a duré

près de quatre heures.

La jeune femme est alors conduite dans la maison qu'elle doit habiter

désormais, et toute la journée se passe en galas et en divertissements.

Au coucher du soleil, le P. Pascal ira de nouveau célébrer un long

office, après lequel il reprendra les croix confiées aux mariés. A

partir de ce moment, le nouveau ménage sera autorisé à ne plus voir ni

amis ni parents pendant trois ou quatre jours et à se reposer des

interminables fêtes durant lesquelles il n'aura pu un instant s'isoler

des invités. Ce délai passé, il réunira de nouveau les gens de la noce

et les conviera à une dernière cérémonie, très goûtée des assistants. Le

célébrant est convoqué et bénit dès son arrivée une grande caisse placée

au milieu de la pièce. On ouvre la boîte à surprises où sont renfermés,

outre le trousseau matrimonial, des cadeaux destinés à tous les parents.

Ces objets ont généralement une valeur minime, mais leur caractère

utilitaire empêche néanmoins de les considérer comme de purs souvenirs.

Le plus beau présent est réservé au P. Pascal. Il recevra comme juste

rémunération de ses peines et soins un pain de sucre et quatre livres de

bougie. A ceux qui seraient choqués de la magnificence de ce cadeau, je

ferai observer que le prêtre a fourni sur ses deniers personnels

l'éclairage, les fleurs, payé les chantres et donné gratuitement ses

prières.

[Illustration: FAMILLE ARMÉNIENNE.]

[Illustration: PANNEAU DE FAÏENCE PERSANE. (Voyez p. 254.)]

La Perse, la Chaldée et la Susiane · 第 21 / 155 题