M. Regnaud revint à l'Élysée, où enfin on prit un parti, celui

d'adresser aux Chambres un message, qui leur serait porté par les

ministres dont la présence avait été requise. Ce message avait pour

but de les informer du malheur qui avait frappé l'armée, de réduire

toutefois ce malheur à la réalité, d'affirmer qu'il restait des

ressources, et de proposer la nomination d'une commission pour les

chercher, les choisir, les arrêter, d'accord avec le gouvernement. Le

ministre de l'intérieur, Carnot, devait porter le message à la Chambre

des pairs, le prince Lucien à la Chambre des représentants, en

compagnie des autres ministres. L'Empereur, d'après l'Acte

additionnel, avait le droit de se faire représenter devant les

Chambres par des commissaires de son choix, et c'est à ce titre qu'il

avait désigné le prince Lucien, resté célèbre entre les princes de la

famille par la fermeté qu'il avait déployée au 18 brumaire. Napoléon

n'espérait, ne désirait même plus rien, mais il voulait un homme

dévoué et sachant parler, afin de repousser les outrages auxquels il

s'attendait, et n'était pas fâché de prouver à ses ministres qu'il

n'était pas content de leur zèle en cette circonstance. Il en

exceptait Carnot, que Fouché avait rendu suspect en le qualifiant de

dupe de Napoléon, et M. de Caulaincourt, qui ne pouvait guère être

utile hors d'un congrès ou d'un champ de bataille.

[En marge: Séance du soir à la Chambre des représentants.]

[En marge: Message présenté par Lucien.]

On se transporta d'abord à la Chambre des pairs, qui accueillit le

message sans mot dire, attendant que l'autre Chambre eût parlé pour

parler elle-même. On perdit peu de temps dans ce trajet, mais plus que

l'impatience des représentants n'était capable d'en accorder. On

arriva à six heures du soir au palais de la seconde Chambre, au moment

même où toutes les paroles devenaient insuffisantes pour retenir

l'impétuosité des esprits. Enfin on annonça le message impérial, et

l'assemblée était si agitée qu'il fallut perdre encore du temps pour

l'amener à se calmer, à se taire, à écouter. Il fut décidé que la

communication si ardemment désirée devant être l'occasion de

discussions, et peut-être de révélations graves, la séance serait

secrète. Le public fut donc exclu de la salle des délibérations, et

vers sept heures le prince Lucien monta à la tribune. Après avoir

allégué son titre de commissaire impérial, le prince exposa le contenu

du message.--La France avait essuyé, dit-il, un malheur très-grand

sans doute, mais non point irréparable. Avec de l'union dans les

pouvoirs, de la fermeté dans les caractères, elle pourrait encore

faire face à l'ennemi, car il lui restait de vastes ressources.

L'Empereur voulant chercher et employer ces ressources d'accord avec

les représentants du pays, leur demandait le concours de cinq membres

de chaque Chambre, pour choisir les moyens de salut, les faire voter,

et les mettre immédiatement en usage.--

[En marge: Effet de ce message.]

Le prince ne fut pas mal accueilli. Il savait se tenir à une tribune;

de plus, comme nous l'avons déjà fait remarquer, n'ayant pas été roi,

il ne représentait pas les excès d'ambition sous lesquels la France

avait succombé. À ces divers titres, il fut écouté avec bienveillance.

Toutefois il n'apprit rien, car on savait que l'armée avait été brave

et malheureuse à Mont-Saint-Jean, après avoir été brave et heureuse à

Ligny, on savait qu'il restait des ressources, que le gouvernement ne

demandait pas mieux que de les chercher, de les découvrir, et de les

appliquer de moitié avec les Chambres. Mais rien de tout cela ne

répondait à la pensée qui remplissait actuellement les esprits,

l'abdication, c'est-à-dire la retraite d'un homme qu'on regardait

comme la cause unique de la guerre, retraite après laquelle les

coalisés s'arrêteraient en acceptant son fils. Sans doute si le

capitaine en lui fût demeuré victorieux, on aurait eu la compensation

de la haine qu'il inspirait à l'Europe, mais le capitaine n'étant plus

la garantie de la victoire, il restait la haine dont il était l'objet,

et qui attirait sur la France les armés européennes. D'ailleurs, comme

il avait provoqué cette haine par les excès de sa domination, il n'y

avait pas de scrupule à se faire par rapport à lui, sans compter qu'en

le sacrifiant on assurerait probablement la couronne à son fils. Tel

était le raisonnement qui s'était formé naturellement et

invinciblement dans tous les esprits. On ne se disait pas que de

chance de résistance il n'y en avait qu'avec Napoléon, qu'après s'être

privé de lui, il faudrait se rendre, et accepter les Bourbons (fort

acceptables à notre avis, mais odieux à l'assemblée qui délibérait),

on allait au plus pressé, et on croyait en écartant Napoléon, écarter

le danger le plus menaçant, et prendre le moyen le plus sûr de

rétablir la paix.

[En marge: Discours de M. Jay.]

M. Jay, poussé par le duc d'Otrante, et digne d'un meilleur guide,

demanda résolûment la parole. À son aspect on fit silence, sachant ce

qu'il allait proposer, et tout le monde désirant le succès de sa

proposition.

[En marge: Il demande l'abdication, et fait appel au patriotisme de

Napoléon pour l'obtenir.]

[En marge: Réponse du prince Lucien.]

[En marge: Apostrophe de M. de Lafayette au prince Lucien.]

[En marge: Cette apostrophe déconcerte le prince Lucien; cependant il

réussit à ralentir un peu le mouvement qui entraînait l'assemblée.]

[En marge: On aboutit à la proposition du gouvernement, consistant à

nommer une commission, dans l'espérance que cette commission obtiendra

ce qu'on désire.]

Il débuta par quelques considérations assez inutiles sur la gravité du

danger auquel il s'exposait en prenant la parole en cette occasion,

comme si on avait eu beaucoup à craindre encore du vaincu de Waterloo!

Ce début néanmoins fut écouté avec une sorte de frémissement, et on

encouragea l'orateur à continuer par la profondeur même de l'attention

qu'on lui accordait. M. Jay s'adressant alors aux ministres leur posa

deux questions formelles, et toutes deux aussi directes

qu'embarrassantes. Il leur demanda premièrement de déclarer la main

sur la conscience s'ils croyaient que la France, même en déployant le

plus grand courage, pût résister aux armées de l'Europe, si dès lors

la paix n'était pas indispensable, et secondement si la présence de

Napoléon à la tête du gouvernement ne rendait pas cette paix

impossible.--Après avoir ainsi parlé, M. Jay s'interrompit et regarda

longtemps les ministres attendant leur réponse. L'assemblée se mit à

les regarder comme lui, et sembla par ses regards exiger une réponse

immédiate. Ils continuèrent à se taire, mais bientôt il y en eut un

dont le silence devenait impossible, car c'était par lui, par ses

perfides insinuations, qu'on avait cru savoir que Napoléon écarté

l'Europe s'arrêterait, et accepterait son fils. Les regards devinrent

en effet tellement interrogateurs que M. Fouché ne put se taire plus

longtemps. En portant à la tribune sa face pâle, louche, fausse, il se

borna à dire que les ministres ayant consigné dans le message impérial

l'avis du gouvernement, n'avaient rien à y ajouter.--Cette réponse

ridiculement évasive ne satisfit personne. Elle prouvait que M. Jay,

dupe de M. Fouché, n'était pas son complice. Peu content de la réponse

ambiguë qu'il avait arrachée, M. Jay continua son discours, et entrant

dans la situation en fit un tableau alarmant et malheureusement vrai.

Il parla de la situation intérieure d'abord, et s'attacha à démontrer

que Napoléon avait successivement indisposé tous les partis contre

lui, les royalistes qui étaient ses ennemis de fondation, et les

libéraux qu'il avait contraints à le devenir par son intolérable

despotisme. Parlant du 20 mars, des espérances qu'on en avait conçues

au début, et que l'Acte additionnel avait détruites, il s'exprima sur

ce sujet avec les préjugés du temps, et déclara que Napoléon ayant

perdu la confiance des amis de la liberté, et n'ayant jamais eu celle

des royalistes, ne pouvait plus désormais réunir la France autour de

lui, et en diriger l'énergie contre l'étranger. S'occupant ensuite de

la situation extérieure, M. Jay traça la peinture des passions que

Napoléon avait excitées en Europe, cita les manifestes des puissances

qui proclamaient qu'elles faisaient la guerre non pas à la France

mais à lui, s'appliqua à démontrer qu'en le supposant plus heureux

qu'au 18 juin, l'Europe implacable renouvellerait incessamment ses

efforts, que sans doute l'armée pourrait se couvrir d'une nouvelle

gloire, mais pour finir par succomber, et demanda enfin si en présence

de cette double situation, de la France que Napoléon divisait, de

l'Europe qu'il unissait tout entière, ce n'était pas de sa part un

devoir d'offrir sa retraite, et de la part des Chambres un devoir de

l'accepter, de la provoquer même.--Encouragé par une approbation

unanime, M. Jay, qui n'avait ni la chaleur ni l'action d'un orateur

véritable, arriva néanmoins peu à peu à la véritable éloquence. Il dit

que c'était à Napoléon qu'il en appelait, à son génie, à son

patriotisme, pour tirer la France de l'abîme où il l'avait plongée.

S'adressant à Lucien lui-même, le chargeant en quelque sorte d'être

l'interprète de la France désolée, C'est à vous, Prince, s'écria-t-il,

à vous dont le désintéressement et l'indépendance sont connus, à vous

que les prestiges du trône n'ont jamais égaré, à éclairer, à

conseiller votre glorieux frère, à lui faire comprendre que de ses

mille victoires, dont un récent malheur n'a point obscurci l'éclat

immortel, aucune ne sera aussi glorieuse que celle qu'il remportera

sur lui-même, en venant rendre à cette assemblée un sceptre qu'elle

aime mieux recevoir de ses mains que lui arracher, pour l'assurer à

son fils s'il est possible, et conjurer les malheurs d'une seconde

invasion cent fois plus fatale que la première.--La situation avait

agrandi l'esprit et le caractère de l'orateur, qui exerça en cette

occasion une influence qu'il n'avait jamais exercée, et qu'il ne

devait plus exercer de sa vie, quoiqu'il n'ait cessé d'inspirer et de

mériter une solide estime. Le prince Lucien lui répondit à l'instant

même. Soutenu lui aussi par la situation, par la piété fraternelle,

par son talent, il parla éloquemment. C'est le privilége des grandes

situations d'élever les orateurs, en les forçant à mettre de côté les

considérations accessoires, pour se renfermer dans les considérations

vraies et fondamentales. D'ailleurs il y avait plus d'une raison à

faire valoir en faveur de Napoléon. Sans doute le prince Lucien eût

été embarrassé devant un royaliste sincère, clairvoyant et courageux,

qui lui aurait dit: Vaincus, les Bonaparte ne sont plus possibles; les

Bonaparte devenus impossibles, les Bourbons sont inévitables. Sous les

Bourbons la liberté peut être conquise avec de la persévérance,

beaucoup plus facilement que sous les Bonaparte, qui par le génie de

leur chef ne représentent que la force. C'est un grand malheur

assurément, qu'une telle révolution opérée par l'étranger, mais cette

intervention de l'étranger deux fois accomplie en quinze mois, est

votre ouvrage, la suite de vos fautes; retirez-vous, et laissez-nous

négocier avec l'Europe, puisque enfin vous nous avez réduits à cette

extrémité, et que les espérances de vaincre sont trop faibles pour

tenter encore une fois le sort des armes.--Mais le royaliste

clairvoyant et courageux qui eût tenu un tel langage, n'existait pas

dans l'assemblée. Il n'y avait que des révolutionnaires et des

libéraux, ne voulant à aucun prix des Bourbons, et ayant la faiblesse

de croire qu'ils pourraient sans Napoléon se défendre, et traiter avec

l'étranger. À ceux-là il y avait de puissantes répliques à opposer.

Lucien les trouva et s'en servit. Il s'attacha d'abord à peindre la

situation autrement que ne l'avait fait M. Jay, et à démontrer qu'au

dehors comme au dedans le mal avait été fort exagéré. S'armant des

détails fournis par l'Empereur, il exposa que l'armée du Nord, battue

à la vérité, était loin d'être détruite; qu'on retrouverait 30 mille

hommes au moins de celle qui avait combattu à Mont-Saint-Jean, et

probablement le corps de Grouchy tout entier, ce qui procurerait une

armée de plus de 60 mille hommes, supérieure en qualité à tout ce que

l'ennemi possédait; que les généraux Rapp, Lecourbe, Lamarque

(celui-ci désormais libre en Vendée), la porteraient à plus de 100

mille; que derrière cette armée, Paris couvert d'ouvrages, armé de six

cents bouches à feu, défendu par plus de 60 mille hommes des dépôts,

des marins, des fédérés, de la garde nationale, serait à l'abri de

toute attaque; que dans cette situation on aurait le temps de se

reconnaître, de créer de nouvelles ressources; que la conscription de

1815, l'application à toute la France de la mobilisation des gardes

nationales d'élite, fourniraient deux ou trois cent mille hommes, que

ces moyens dans les mains d'un capitaine tel que Napoléon permettaient

de ne pas désespérer, et de ne pas subir les conditions imposées par

un insolent vainqueur; que si au dehors la situation n'était pas si

grave qu'on cherchait à la présenter, au dedans elle avait été encore

plus exagérée; que la France repoussait unanimement le gouvernement

des émigrés; qu'il n'y avait pour ce gouvernement qu'une minorité,

plus arrogante que dangereuse, car enfin elle avait levé le masque en

Vendée, et en quelques jours le général Lamarque l'avait écrasée; qu'à

l'exception de ces partisans de l'émigration tout le monde au fond

voulait la même chose, c'est-à-dire l'indépendance nationale, et la

liberté constitutionnelle sous le prince que la France avait revu avec

tant de joie au 20 mars; que des malentendus pouvaient diviser cette

masse de la nation, mais qu'il dépendait de l'assemblée de les faire

cesser en se serrant derrière l'homme qui l'avait convoquée, et qui

seul était capable de tenir tête à l'ennemi; qu'elle n'avait qu'à se

prononcer, et que le pays entier la suivrait; que se séparer de

Napoléon, sous prétexte d'apaiser la haine de l'étranger, était une

illusion à la fois ridicule et funeste; que l'étranger avait tenu ce

langage en 1814, que le Sénat s'y était laissé prendre, et que

Napoléon écarté, les Bourbons rétablis, on avait dépouillé la France

de ses places, de son matériel de guerre, de ses frontières; que ces

belles promesses de s'arrêter après l'éloignement de Napoléon étaient

des ruses de guerre pour séparer la nation de son chef; que l'ennemi

pouvait les employer, mais que c'était se vouer à la dérision de la

postérité et des contemporains que d'en être la dupe....--S'avançant

toujours dans la partie la plus délicate du sujet, Lucien ajouta:

Songez donc aussi, mes chers concitoyens, à la dignité, à la

considération de la France! Que dirait d'elle le monde civilisé, que

dirait la postérité, si après avoir accueilli Napoléon avec transport

le 20 mars, après l'avoir proclamé le héros libérateur, après lui

avoir prêté un nouveau serment dans la solennité du Champ de Mai, elle

venait au bout de vingt-cinq jours, sur une bataille perdue, sur une

menace de l'étranger, le déclarer la cause unique de ses maux, et

l'exclure du trône où elle l'a si récemment appelé? N'exposeriez-vous

pas la France à un grave reproche d'inconstance et de légèreté, si en

ce moment elle abandonnait Napoléon?--Cette considération qui était

juste, mais qui n'accusait que le malheur de la situation, fit frémir

l'assemblée, et provoqua sur-le-champ une réplique accablante, car

dans les assemblées lorsqu'on approche de certaines vérités qui sont

dans les coeurs sans être sur les bouches, il suffit d'un mot pour les

faire jaillir. Se levant en face de Lucien, et l'interrompant avec un

à-propos irrésistible, M. de Lafayette lui dit d'un ton froid, mais

tranchant comme l'acier: Prince, vous calomniez la nation. Ce n'est

pas d'avoir abandonné Napoléon que la postérité pourra accuser la

France, mais, hélas! de l'avoir trop suivi. Elle l'a suivi dans les

champs de l'Italie, dans les sables brûlants de l'Égypte, dans les

champs dévorants de l'Espagne, dans les plaines immenses de

l'Allemagne, dans les déserts glacés de la Russie. Six cent mille

Français reposent sur les bords de l'Èbre et du Tage: pourriez-vous

nous dire combien ont succombé sur les bords du Danube, de l'Elbe, du

Niémen et de la Moscowa? Hélas! moins constante, la nation aurait

sauvé deux millions de ses enfants! elle eût sauvé votre frère, votre

famille, nous tous, de l'abîme où nous nous débattons aujourd'hui,

sans savoir si nous pourrons nous en tirer.--Ces paroles tombèrent sur

le prince Lucien, bien innocent assurément des fautes qu'elles

rappelaient, comme le jugement de la postérité sur son frère, et

ôtèrent toute force à la suite de son discours. Il était cependant

parvenu à modérer quelque peu l'entraînement de l'assemblée, bien

moins par ses paroles qui ne manquaient pas d'éloquence, que par le

spectacle du grand homme vaincu dont il était la vivante image, et

qu'il s'agissait de jeter dans le gouffre, sans certitude de voir le

gouffre se refermer. Quelques orateurs succédèrent à M. Jay et au

prince Lucien. MM. Henri Lacoste, Manuel, prolongèrent la discussion,

et en amortirent ainsi sans le vouloir la première violence. Laisser

voir le désir d'une abdication volontaire de la part de Napoléon,

était tout ce qu'on pouvait faire. Prononcer sa déchéance eût été un

outrage au malheur dont personne à cette heure n'était capable. Le

gouvernement demandait deux commissions nommées par les Chambres, pour

s'entendre avec lui sur le choix des moyens de salut. Ces deux

commissions pouvaient en négociant, obtenir décemment ce que

l'assemblée par une intervention directe aurait arraché sans dignité

pour elle-même et pour Napoléon. On le sentit, et d'un consentement

presque unanime on adopta la mesure proposée. La Chambre des

représentants choisit pour commission son bureau lui-même, composé du

président, M. Lanjuinais, et des quatre vice-présidents, MM. de

Flaugergues, de Lafayette, Dupont de l'Eure, Grenier. La Chambre des

pairs forma sa commission de son président, l'archichancelier

Cambacérès, et de MM. Boissy d'Anglas, Thibaudeau, Drouot, Andréossy,

Dejean. C'est aux Tuileries, dans la salle des séances du Conseil

d'État, que les deux commissions durent se réunir avec les ministres à

portefeuille et les ministres d'État, pour délibérer sur les graves

objets soumis à leur examen. Elles furent convoquées pour le soir

même, afin de pouvoir apporter le lendemain une résolution définitive

aux Chambres.

[En marge: Pendant cette séance de l'assemblée, MM. de Rovigo,

Lavallette, Benjamin Constant, entretiennent l'Empereur, et le

confirment dans l'idée d'abdiquer.]

[En marge: Long entretien avec M. Benjamin Constant.]

[En marge: Ce qui semble toucher le plus Napoléon, c'est le regret

d'abandonner la partie avant qu'elle soit absolument perdue.]

[En marge: Napoléon obéit à la répugnance qu'il éprouve de se mettre à

la tête du parti révolutionnaire.]

Histoire du Consulat et de l'Empire, (Vol. 20/20) faisant suite à l'Histoire de la Révolution Française · 第 26 / 59 段