Je suis partie ce matin de bonne heure pour Riom, et j'y suis restée
toute la journée, extrêmement occupée par mes affaires jusqu'après cinq
heures. Je m'achemine alors vers la gare pour rentrer à Clermont par
l'express de Paris. Comme j'approche, j'entends des crieurs de journaux
qui annoncent: «La Révocation du général Boulanger» et je vois tous les
passants s'arrêter avec effarement, puis se jeter sur les journaux qu'on
leur tend.
La nouvelle occupe en grosses lettres toute la manchette. Le général est
révoqué en tant que commandant de corps d'armée et mis en non-activité
par retrait d'emploi pour être secrètement venu à Paris, malgré la
défense qui lui en avait été faite, le 24 février, le 2 mars et samedi
10 mars dernier.
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