46.--_Vendredi 16 mars._

Le malheureux événement ne quitte pas un seul instant ma pensée. Je me

suis inquiétée de savoir quelles pouvaient être exactement ses

conséquences et voici ce que les journaux m'ont appris:

«Le général Boulanger se voit enlever les fonctions de commandant de

corps d'armée qui lui avaient été confiées, mais il conserve son grade

de général de division et reste à la disposition du Ministre de la

Guerre.

»Le traitement afférent au grade se trouve réduit de deux cinquièmes.

»On le voit, sauf la privation de l'emploi et une retenue pécuniaire, la

situation de l'officier général en non-activité n'entraîne pas de

sérieux inconvénients.

»Mais, étant à la disposition du Ministre de la Guerre, il ne peut pas

accepter de mandat politique.»

Parmi les commentaires relatifs à l'événement, je relève celui-ci:

«Il n'est à souhaiter, ni pour la France, ni pour le général Boulanger,

qu'il entre dans la politique active. Il doit rester soldat et

supporter sa mise en disponibilité avec calme. Ses ennemis et ses amis

trop ardents le poussent dans une voie que son patriotisme doit

l'empêcher de suivre.»

Je ne sais pas qui a écrit ces lignes. Comme je les signerais des deux

mains!

* * *

Le Journal de la Belle Meunière Le Général Boulanger et son amie; souvenirs vécus · 第 51 / 146 题