Le malheureux événement ne quitte pas un seul instant ma pensée. Je me
suis inquiétée de savoir quelles pouvaient être exactement ses
conséquences et voici ce que les journaux m'ont appris:
«Le général Boulanger se voit enlever les fonctions de commandant de
corps d'armée qui lui avaient été confiées, mais il conserve son grade
de général de division et reste à la disposition du Ministre de la
Guerre.
»Le traitement afférent au grade se trouve réduit de deux cinquièmes.
»On le voit, sauf la privation de l'emploi et une retenue pécuniaire, la
situation de l'officier général en non-activité n'entraîne pas de
sérieux inconvénients.
»Mais, étant à la disposition du Ministre de la Guerre, il ne peut pas
accepter de mandat politique.»
Parmi les commentaires relatifs à l'événement, je relève celui-ci:
«Il n'est à souhaiter, ni pour la France, ni pour le général Boulanger,
qu'il entre dans la politique active. Il doit rester soldat et
supporter sa mise en disponibilité avec calme. Ses ennemis et ses amis
trop ardents le poussent dans une voie que son patriotisme doit
l'empêcher de suivre.»
Je ne sais pas qui a écrit ces lignes. Comme je les signerais des deux
mains!
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