Je me suis interrompue pour descendre à la cuisine, puis placer une
lumière dans l'escalier. J'ai mis simplement une petite veilleuse, qui
jette une clarté tout juste suffisante pour distinguer les marches. J'ai
poussé la porte donnant sur le chemin de la Grotte, la laissant à peine
entrebâillée. Il fait, dehors, un temps épouvantable, une vraie tempête.
Le vent hurle avec fureur.
Je suis remontée glacée, à travers l'escalier sombre, et je me suis
sentie aveuglée, étourdie, en me trouvant dans cette chambre tiède,
parfumée et toute éblouissante de lumière.
Au dernier moment, je viens de me rappeler un détail. Avec tant de
lumières à l'intérieur, les volets à claire-voie des fenêtres ne peuvent
pas suffire. Il ne faut même pas qu'on devine, au dehors, que la
chambre est éclairée. Vite, j'ai saisi des tapis de table doublés de
satinette, et je les ai interposés entre la vitre et le volet.
Maintenant, que l'on observe les fenêtres tant qu'on voudra, impossible
d'apercevoir le moindre filet de lumière.
L'heure approche. Le cœur me bat à tout rompre, d'un tic-tac que je n'ai
jamais encore senti si violent ni si précipité. Je ne tiens plus en
place. Dieu, que c'est long!