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(_b_) Voici le discours qu'il adressa, au moment de son départ, aux
troupes de la vieille garde qui étaient restées près de lui:
«Officiers, sous-officiers et soldats de la vieille garde, je vous fais
mes adieux.
»Depuis vingt ans que je vous commande, je suis content de vous, et je
vous ai toujours trouvés sur le chemin de la gloire.
»Les puissances alliées ont armé toute l'Europe contre moi; une partie
de l'armée a trahi ses devoirs, et la France a cédé à des intérêts
particuliers.
»Avec vous et les braves qui me sont restés fidèles, j'aurais pu
entretenir la guerre civile pendant trois ans; mais la France eût été
malheureuse: ce qui était contraire au but que je m'étais proposé. Je
devais donc sacrifier mon intérêt personnel à son bonheur: ce que j'ai
fait.
»Soyez fidèles au nouveau souverain que la France s'est choisi;
n'abandonnez point cette chère patrie, trop long-temps malheureuse. Ne
plaignez point mon sort; je serai toujours heureux quand je saurai que
vous l'êtes. J'aurais pu mourir: rien ne m'était plus facile; mais non,
je suivrai toujours le chemin de l'honneur; j'écrirai ce que nous avons
fait.
»Je ne puis vous embrasser tous, mais je vais embrasser votre chef.
Venez, général (il embrasse le général Petit); qu'on m'apporte l'aigle,
et en l'embrassant il dit: Cher aigle, que ces baisers retentissent dans
le coeur de tous les braves!
»Adieu, mes enfans! adieu mes braves! entourez-moi encore une fois.»
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_Proclamation de S. Exc. le maréchal Augereau à son armée._
Soldats!
(_c_) Le sénat, interprète de la volonté nationale, lassé du joug
tyrannique de Napoléon Buonaparte, a prononcé, le 2 avril, sa déchéance
et celle de sa famille.
Une nouvelle constitution monarchique, forte et libérale, et un
descendant de nos anciens Rois, remplacent Buonaparte et son despotisme.
Vos grades, vos honneurs et vos distinctions vous sont assurés.
Le corps-législatif, les grands dignitaires, les maréchaux, les généraux
et tous les corps de la grande armée, ont adhéré aux décrets du sénat,
et Buonaparte lui-même a, par un acte daté de Fontainebleau, le 11
avril, abdiqué pour lui et ses héritiers, les trônes de France et
d'Italie.
Soldats, vous êtes déliés de vos sermens; vous l'êtes par la nation en
qui réside la souveraineté; vous l'êtes encore, s'il était nécessaire,
par l'abdication même _d'un homme qui, après avoir immolé des millions
de victimes à sa cruelle ambition, n'a pas su mourir en soldat_.
La nation appelle Louis XVIII sur le trône: né Français, il sera fier de
votre gloire, et s'entourera avec orgueil de vos chefs; fils d'Henri IV,
il en aura le coeur: il aimera le soldat et le peuple.
Jurons donc fidélité à Louis XVIII et à la constitution qui nous le
présente; arborons la couleur vraiment française, qui fait disparaître
tout emblême d'une révolution qui est fixée, et bientôt vous trouverez
dans la reconnaissance et dans l'admiration de votre Roi et de votre
patrie, une juste récompense de vos nobles travaux.
Au quartier-général de Valence, le 16 avril 1814.
Le maréchal AUGEREAU.
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(_d_) _À Orgon_. Dans l'itinéraire de Buonaparte, qui a été publié en
1814, on cite une lettre particulière où il est dit: «On brûle en sa
présence son effigie, on lui en présente d'autres qui ont le sein
déchiré et qui sont teintes de sang.» D'après les observations faites à
nous-mêmes par le comte Waldbourg-Truchsess, nous pouvons assurer que ce
fait est controuvé, ainsi qu'un très-grand nombre d'autres qu'il serait
trop long de rapporter.
* * * * *
(_e_) Le nouveau pavillon de l'île, adopté par Napoléon, fut arboré, ce
qui fut constaté par le procès-verbal suivant:
«Cejourd'hui 4 mai 1814, S. M. l'empereur Napoléon, ayant pris
possession de l'île d'Elbe, le général Drouot, gouverneur de l'île au
nom de l'Empereur, a fait arborer, sur les forts, le pavillon de l'île,
fond blanc, traversé diagonalement d'une bande rouge semée de trois
abeilles fond d'or. Ce pavillon a été salué par les batteries des forts
de la côte, de la frégate anglaise l'_Undounted_, et des bâtimens de
guerre français, qui se trouvaient dans le port. En foi de quoi, nous,
commissaires des puissances alliées, avons signé le procès-verbal avec
le général Drouot, gouverneur de l'île, et le général Dalesme,
commandant supérieur de l'île.
»Fait à Porto-Ferrajo, le 4 mai 1814.»
Dans le même temps, le général Dalesme fit afficher la proclamation
suivante:
«Habitans de l'île d'Elbe,
»Les vicissitudes humaines ont conduit au milieu de vous l'empereur
Napoléon, et son choix vous le donne pour souverain. Avant d'entrer dans
vos murs, votre auguste et nouveau monarque m'a adressé les paroles
suivantes que je m'empresse de vous faire connaître, parce qu'elles sont
le gage de votre bonheur à venir:
_Général! j'ai sacrifié mes droits aux intérêts de la patrie, et je me
suis réservé la souveraineté et propriété de l'île d'Elbe, ce qui a été
consenti par toutes les puissances. Veuillez faire connaître ce nouvel
état de choses aux habitans, et le choix que j'ai fait de leur île pour
mon séjour, en considération de la douceur de leurs moeurs et de leur
climat. Dites-leur qu'ils seront l'objet constant de mes plus vifs
intérêts!_
»Elbois! ces paroles n'ont pas besoin d'être commentées; elles fixent
votre destinée. L'empereur vous a bien jugés. Je vous dois cette
justice, et je vous la rends.
»Habitans de l'île d'Elbe! je m'éloignerai bientôt de vous. Cet
éloignement me sera pénible, parce que je vous aime sincèrement; mais
l'idée de votre bonheur adoucit l'amertume de mon départ; et en quelque
lieu que je puisse être, je me rapprocherai toujours de cette île par le
souvenir des vertus de ses habitans, et par les voeux que je formerai
pour eux.
»Porto-Ferrajo, 4 mai 1814.
»_Le général de brigade_ DALESME.»
Deux jours après la date de cette pièce parut le mandement que donna le
vicaire-général de l'île d'Elbe, Joseph-Philippe Arrighi, parent de
Buonaparte.
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