(_a_) Dans la _Gazette de France_ du 29 avril, Roustan a publié la
lettre suivante:
«MONSIEUR,
»On répand, depuis quelque temps, les bruits les plus désavantageux sur
ma personne; on va jusqu'à dire que c'est après avoir reçu une somme
considérable de Buonaparte, mon maître, que je suis parti de
Fontainebleau.
»Je me dois à moi-même, de déclarer ici la vérité, et de me disculper
d'une action qui ne serait pas d'un brave homme, ce dont je suis
incapable. Depuis seize ans que je servais Napoléon, ma conduite a
toujours été irréprochable, et devait seule prévenir toute accusation
injurieuse.
»La vérité est qu'après m'être comporté en homme d'honneur à la journée
d'Arcis-sur-Aube, et m'être battu en brave sous les yeux de mon maître,
j'ai reçu de lui une gratification comme récompense de ma conduite; mais
je déclare que, depuis le moment où il a été question de sa déchéance,
je n'ai reçu de lui aucun bienfait, et je défie même qui que ce soit de
prouver le contraire de ce que j'avance.
»Quant à tout ce que l'on pourrait dire sur ce que je ne l'ai pas suivi
à l'île d'Elbe, je ne dois aucune explication à ce sujet. MM. les
généraux comtes Bertrand et Drouot sont dépositaires des justes motifs
qui m'ont retenu près de ma famille.»