lettres de l’alfabet arabe seraient toutes des _consonnes_; mais si,
comme il est vrai, les consonnes ne se peuvent prononcer sans voyelles,
il faut, ou que plusieurs de ces lettres représentent des voyelles, ou
qu’il y ait des voyelles supplémentaires à l’alfabet; et ces deux cas
se trouvent également vrais.
Nous allons donner le tableau des vingt-huit lettres arabes, telles
que les rangent ordinairement les grammairiens: il est indispensable
au lecteur de l’examiner avec attention, afin de bien saisir les
raisonnemens dont il va être le sujet. (_Voyez le Tableau ci à côté._)
D’abord l’on remarquera que, sur ces vingt-huit lettres, dix-sept
représentent des prononciations absolument les mêmes que dans notre
langue française; en conséquence, je les exprime par nos propres
lettres, sauf quelques observations qui suivront ci-après.
ALFABET ARABE
SELON L’ORDRE VULGAIRE.
+-----------+-------------+-----------+-------------+
| LETTRES | VALEUR | LETTRES | VALEUR |
| ARABES. | EN FRANÇAIS.| ARABES. | EN FRANÇAIS.|
+-----------+-------------+-----------+-------------+
| 1 ا | a | 15 ض | |
| | | | |
| 2 ب | b | 16 ط | |
| | | | |
| 3 ت | t | 17 ظ | |
| | | | |
| 4 ث | | 18 ع | |
| | | | |
| 5 ج | dj | 19 غ | |
| | | | |
| 6 ح | | 20 ف | f |
| | | | |
| 7 خ | | 21 ق | |
| | | | |
| 8 د | d | 22 ك | k |
| | | | |
| 9 ذ | | 23 ل | l |
| | | | |
| 10 ر | r | 24 م | m |
| | | | |
| 11 ز | z | 25 ن | n |
| | | | |
| 12 س | s | 26 و | ou |
| | | | |
| 13 ش | ché | 27 ه | h |
| | | | |
| 14 ص | | 28 ى | i |
+-----------+-------------+-----------+-------------+
Page 208. Nº 1er.
Il reste onze lettres qui peignent des prononciations qui nous sont
étrangères, et qu’il s’agit de bien définir afin d’y attacher des
signes propres et particuliers.
Iº La quatrième lettre ث est la même que le θ (_thêta_) des Grecs,
et le _th_ dur des Anglais dans les mots _think_ (_penser_), _with_
(_avec_); et non le _th_ doux comme dans _those_ (_ceux-là_), _there_
(_là_): pour prononcer cette lettre il faut appliquer le bout de la
langue contre les dents supérieures; il en résulte un sifflement tenant
de l’_s_ mais que l’on ne peut bien exécuter qu’avec les leçons d’un
maître. Dans quelques provinces d’Espagne le _z_ se prononce de la même
manière: les Français, les Allemands, les Italiens ne connaissent point
cette consonne.
Chez les Arabes elle n’est pas universellement usitée. En Barbarie,
à Bagdad, à Basra, dans le désert et l’Arabie propre, on la prononce
exactement; mais les Syriens et les Égyptiens lui substituent tantôt
le _t_ et tantôt l’_s_; ainsi ils ne disent point θelâθé trois, mais
telâté.
IIº La sixième lettre ح est une pure aspiration sèche, un véritable _h_
plus dur que le nôtre. Je ne connais en Europe de comparaison à lui
donner que la manière dont les Florentins prononcent le _c_ devant _a_,
_o_, _u_: car ils ne disent pas _casa_, _core_, _cavallo_; mais avec
une aspiration forte et sèche, _hasa_, _hore_, _havallo_; ils rendent
réellement le ح (_hā_) arabe.
IIIº La septième lettre خ dont la figure ne diffère de la précédente
qu’en ce qu’elle porte un point, est le _jota_ des Espagnols, _ch_ des
Allemands (_buch_, _un livre_); c’est encore le χ des Grecs. Pour la
prononcer il faut supposer que l’on veut cracher: dans cette position,
la _luette_ touche légèrement le voile du palais, et il en résulte une
consonne que l’on n’imite bien qu’en l’entendant.
IVº La neuvième ذ lettre est le _th_ doux des Anglais dans les mots
_those_, _there_, _that_. Nul autre peuple ne l’usite en Europe: parmi
les Arabes même, plusieurs pays ne l’usitent pas; l’Égypte et la Syrie
la remplacent par _d_ et par _z_.
Vº La quatorzième lettre ص est un véritable _s_, avec cette différence
qu’il veut, pour être prononcé, un gonflement de gorge qui lui donne un
ton dur et emphatique.
VIº La quinzième ض est un _d_ prononcé avec la même emphase de dureté.
VIIº La seizième ط est un _t_ également dur et emphatique.
VIIIº La dix-septième ظ est un _z_ pareillement dur et emphatique.
IXº La dix-huitième ع est un véritable _à_ prononcé de la gorge, à la
florentine: il faut l’avoir entendu pour le bien concevoir.
Xº La dix-neuvième غ est tout simplement l’_r_ grasseyé à la manière
des Provençaux ou des Parisiens.
XIº Enfin, la vingt-unième ق a dans sa formation quelqu’analogie avec
le _jota_ espagnol ou arabe; car elle se prononce aussi avec la luette
et le voile du palais; seulement elle exige un contact complet: il
faut l’entendre pour la concevoir; nul peuple d’Europe ne la connaît.
Chez les Arabes bédouins, et dans la haute Égypte on la prononce _ga_,
_go_, _gou_; à Damas, on la supprime brusquement, ce qui produit un
hiatus ou bégaiement fort désagréable à l’oreille: nos Européens la
prononcent défectueusement, _ca_, _co_, etc.; mais alors même il y a
de cette lettre à la suivante ك cette différence, que cette dernière
est toujours prononcée comme un _k_ mouillé, c’est-à-dire comme un _k_
suivi d’_i_, ce qui s’opère en couchant la langue contre le palais: on
dit _kia_, _kè_, _ki_, _kio_, etc.[115]; tandis que dans l’autre, ق,
la langue ne touche que par sa racine le voile du palais, et que l’on
prononce d’une manière sèche et rude _qa_, _qo_, _qou_, presque comme
dans _quoique_[116].
[115] Cette différence est très-marquée dans les mots _qalb_,
cœur, et _kalb_, chien: pour peu que l’on s’écarte de la juste
prononciation, on commet une équivoque risible, comme ce
prédicateur, qui disait: _élevez votre chien à Dieu_, pour dire
élevez votre cœur.
[116] Nous ne parlons point du lamalef ﻻ, dont quelques-uns font
une vingt-neuvième lettre, mais qui n’est que la réunion de
l’_a_ et de l’_l_.
A l’égard des dix-sept prononciations semblables aux nôtres, nous
observerons que la cinquième lettre _djé_, se prononce diversement,
selon les pays: en Égypte, on dit _ga_, _gué_, _gui_, etc.; en
Barbarie, en Syrie et dans l’Arabie propre, l’on dit _dja_, _djé_,
_dji_, etc.
De même le ك _kef_, se prononce chez les Bédouins comme le _cz_ des
Russes et des Polonais, c’est-à-dire presque comme notre _tché_,
quoique plus doux: ainsi les Bédouins ne disent pas, comme les
Égyptiens et les Syriens, _kelb_, un chien, mais _tchelb_ ou _tsielb_.
Il nous reste à remarquer que sur ces vingt-huit lettres, quatre sont
de véritables voyelles, savoir: _a_, _i_, _ou_ et a guttural, ou ăïn;
mais de plus, les Arabes emploient dans leur écriture d’autres signes
qui, pour n’être pas compris dans l’alfabet, n’en sont pas moins des
caractères alfabétiques, de véritables lettres voyelles, ainsi que nous
allons le démontrer.
Et tels sont d’abord les trois signes appelés _motions_ ou
_points-voyelles_ figurés َ , ِ , ُ ; ces signes, il est vrai,
n’existent jamais seuls, et ils ne se montrent que comme des parasites,
toujours attachés à d’autres lettres consonnes ou voyelles dont ils
déterminent et modifient la prononciation, comme dans cet exemple
بَ _ba_, بِ bi, _bo_ بُ; mais si d’un côté ils n’existent que par
d’autres lettres, il est certain d’une part que ces lettres, surtout
les consonnes, ne peuvent se proférer sans eux, au point que l’absence
des points-voyelles cause des équivoques qui ne se résolvent qu’en les
retraçant. Rendons ceci plus sensible par la répétition de l’exemple
déjà cité dans le discours préliminaire; nous y avons vu que les trois
lettres _k_, _t_, _b_, forment un mot arabe écrit ainsi کتب: composé,
comme il l’est, de trois consonnes, l’on ne peut le prononcer, il veut
des voyelles; or, selon les signes-voyelles qu’on lui ajoutera, il
prendra des sens différens ainsi qu’on le voit dans les mots suivans:
کَتَب _kͣtͣb_, il a écrit;
کُتِب _kͦtͤb_, il a été écrit;
کُتُب _kͦtͦb_, des livres;
کَتّب _kͣttͣb_, il a fait écrire:
tous sens divers, déterminés seulement par les voyelles supplétives et
sur-ajoutées, d’où il résulte plusieurs considérations remarquables.
Le première est que l’écriture arabe, telle qu’elle se pratique,
c’est-à-dire, sans les points-voyelles, ne présente réellement que
la moitié des mots; que leur squelette, auquel il faut ajouter les
ligamens et les muscles; et cette addition de ce qui manque, en fait
une divination perpétuelle qui constitue sa difficulté.
La seconde est que lorsque cette écriture est armée de tous ses
signes et points accessoires, on peut dire qu’elle est écrite sur
deux et même sur trois lignes, l’une composée des caractères majeurs
et alfabétiques, et les deux autres composées des signes mineurs ou
additionnels.
Or, comme cette distinction d’élémens qui sont réellement de même
nature, est non-seulement inutile, mais encore défectueuse, ainsi qu’on
le voit; il est bien plus simple de les faire tous rentrer dans une
même ligne, et de rendre l’écriture une et complète[117].
[117] Il résulte encore de là que cette écriture est purement
syllabique, et si l’on en recherche la raison, on la trouvera
sans doute dans la définition que nous avons donnée de la
consonne. Il paraît que les premiers grammairiens ayant
remarqué comme nous, que la consonne emportait nécessairement
avec elle sa voyelle, ils n’en firent qu’un tout, et qu’ils se
contentèrent de peindre un seul signe représentatif des deux
élémens.
La troisième est que les trois _points-voyelles_ ont précisément le
même son que les trois grandes voyelles de l’alfabet A, Ï, _ou_, avec
cette différence qu’ils ont brève la valeur que les grandes voyelles
ont longue; ce qui est constaté 1º par l’oreille; car pour quiconque
a écouté parler les Arabes et analysé leur système de prononciation,
il est démontré que le premier point-voyelle appelé _fatha_ َ a le son
d’_a_ bref; le second appelé _kesré_ ِ a le son d’_i_ bref, et le plus
souvent d’_é_; et que le troisième appelé _domma_ ُ a le son d’_o_ et
d’_ou_ brefs; 2º par la figure même de ces trois points-voyelles; car
il est évident à l’œil attentif que le _domma_ ُ n’est que le diminutif
de و, le _fatha_ َ celui d’alef ا, et même le _kesré_ ِ celui de l’_ïé_
souvent rendu par ces traits non ponctués ﯩ د ی.
Il résulte de là que la langue arabe nous présente déjà au moins sept
voyelles très-caractérisées, savoir, quatre lettres alfabétiques ou
majeures:
ا â }
}
ی ï } longs,
}
و ou }
ع a guttural;
et trois supplémentaires ou mineures:
َ a bref,
ِ i bref,
ُ o bref.
Et il est remarquable que cette distinction de longues et de brèves est
très-sentie dans la prosodie et dans la cadence des vers arabes; ce qui
établit un rapport sensible avec les voyelles longues et les voyelles
brèves des Latins et des Grecs, qui, comme l’on sait, reçurent leurs
alfabets de l’Asie, et qui ont conservé aux lettres un ordre et une
dénomination très-rapprochés de l’arabe[118].
[118] L’alfabet grec est évidemment modelé sur le syriaque à
vingt-deux lettres, dont les Arabes ont pris, comme l’on sait,
jusqu’à la figure, et auquel ils ont ajouté quelques lettres
très-faciles à reconnaître, puisqu’il n’ont fait qu’ajouter des
points à celles qui existaient. Il est d’ailleurs remarquable
que les Grecs ont aussi précisément sept voyelles, et qu’ils
semblent avoir fait une opération analogue à celle que
j’exécute aujourd’hui, en faisant rentrer tout ce qui était
sous-entendu ou tracé dehors.
Mais ce n’est pas tout: ces mêmes _points-voyelles_ appliqués aux
voyelles majeures de l’alfabet, les modifient encore de manière qu’il
en résulte de nouvelles voyelles, distinctes des unes et des autres,
et formées à la manière de nos diphthongues: c’est ce que va rendre
sensible le tableau suivant.
EXEMPLE.
1 اَ vaut â.
2 اِ é.
3 اُ o.
4 یَ ai _ou_ ê.
5 یِ î.
6 یُ _incompatible._
7 وَ aû _ou_ ô.
8 وِ _incompatible._
9 وُ oû.
10 عَ ả guttural.
11 عِ è guttural.
12 عُ o _ou_ eû guttural.
Ce tableau analysé nous fournit cinq nouvelles voyelles, savoir:
Le nº 2 اِ â combiné avec _i_, que les Arabes
prononcent exactement _é_.
4 ىَ _a_ bref avec _i_, faisant _ai_ ou _ê_,
comme dans le français.
7 وَ _a_ bref devant _ou_ faisant _ô_ long,
précisément comme _au_ français.
11 عِ ảïn avec _i_ bref faisant _è_ guttural
ouvert et aigu.
12 عُ ảïn avec _ou_ bref faisant _o_ ou _eu_
guttural.
Enfin, il faudrait aussi compter pour voyelle distincte le nº 3, اُ â
avec _ou_ bref faisant _o_ moyen; mais comme le _domma_ lui-même se
prononce _o_, il devient inutile de multiplier les êtres.
Maintenant si nous comptons les voyelles arabes au total, nous en
trouverons effectivement douze, comme on peut le voir au tableau
ci-après. (_Voyez le tableau, nº. 2._)
A quoi il faut joindre les trois _nunnations_ ou nasalemens,
_on_ ٌ , _an_ ً , _en_ ٍ ; terminaisons fréquentes des mots dans l’arabe
littéral; ce qui présente, comme l’on voit, un canon alfabétique bien
plus étendu qu’on n’a voulu le croire jusqu’à ce jour.
Or si, comme il est vrai, la perfection d’un alfabet consiste à offrir
la liste complète de toutes les prononciations d’une langue, et à
peindre chaque voyelle ou consonne d’un signe propre et distinct,
simple et indivisible comme elle, il est évident que l’alfabet actuel
des Arabes n’est pas moins défectueux que la plupart de nos alfabets
d’Europe; qu’il se ressent comme eux de l’inexpérience des siècles où
il fut composé[119], et que c’est rendre un vrai service à la science
et à la communication des peuples que de le ramener à un état de
précision et de simplicité qui débarrasse la langue de ses difficultés
accessoires: c’est ce que j’ai exécuté dans le tableau ci-joint, dont
je vais donner l’analyse. Tous les signes de l’écriture arabe s’y
trouvent rassemblés; tous y reçoivent un équivalent en caractères
européens déjà existans ou de convention; ils y sont tellement combinés
qu’ils forment un système d’écriture homogène et régulier avec lequel
l’arabe, le persan, le turk, et toutes les langues peuvent s’écrire
comme on les parle. Dans la description des lettres, je n’ai point
suivi la routine accoutumée qui mêle indistinctement les voyelles, les
consonnes, les aspirations: je procède par un ordre méthodique fondé
sur la nature des prononciations; et, les considérant relativement
aux organes dont elles émanent, je les classe par familles d’espèces
semblables, ainsi que le tableau va l’expliquer clairement.
[119] La bonne composition d’un alfabet est un ouvrage plus
abstrait, plus difficile qu’on ne le pense communément; ce
n’est, pour ainsi dire qu’en ces derniers temps que l’on en a
bien conçu le mécanisme: ceux de toutes les langues d’Europe
sont à refaire, particulièrement ceux des langues anglaise et
française, dont l’incohérence et la barbarie sont dignes des
siècles qui les ont vu naître.
Voyez le tableau général ci-contre (nº 2), et suivez attentivement le
renvoi de chaque numéro à chaque lettre: l’intelligence de tout cet
ouvrage dépend entièrement de celle de ce tableau.
ALFABET ARABE,
TRANSPOSÉ EN CARACTÈRES EUROPÉENS,
A L’USAGE DES VOYAGEURS ET NÉGOCIANS EN ASIE ET EN AFRIQUE.
+---+-----------------------------------------------------------------+
| |NOMBRE. |
| | |LETTRES ARABES. |
| | | |LETTRES EUROPÉENNES. |
| | | | |VALEUR DES LETTRES. |
| | | | | |EXEMPLES. |
| | | | | | |_OBSERVATIONS._ |
| | | | | | | |
+---+----+--------------+------+--------+---------+-------------------+
| | | { 1 ا اَ | 1 â |â |_comme |Les six figures nº |
| | | { | |ouvert | dans_ |1er se prononcent |
| |I | { 2 آ اُ | 2 a’ |_ou_ |bleuâtre |toutes _â_ long, |
| | | { | |long | |et doivent se |
| | | { 3 ىَ | 3 ä | | |peindre par cette |
| | | | | | |lettre; mais, pour |
| |II |đɑrɑb ضَرَب(َ ) |_ɑ_ |a bref |parasol |conserver leur |
| | |_il a frappé_ | | | |distinction, il |
| | | | | | |convient de leur |
| |III |eđreb اِضْرِب(ِ )اِ| é |e moyen |espérance|attacher des signes|
| | |_frappe_ | | | |propres, comme ä |
| | | | | | |pour ىَ; |
| |IV |ommͦ اُمُّ (ُ ) اُ| o |o moyen |obole | |
| | |_mère_ | |_ou_ | | EXEMPLE |
| V | | | |bref | | rɑmä رَمىَ |
| O | | | | | | _il a jeté._ |
| Y |V |b_ɑi_t بَیٺ یَ|ɑi |ai |maître | |
| E | |_maison_ | |_ou_ ê | | |
| L | | | | | | |
| L | | | | | |Cette figure nº |
| E |VI | یِ| î |î long |île (en |VII, la même que |
| S | | |_ou_ ï| | mer) |dans le nº III, ne |
| | | | | | |doit se rendre par |
| |VII | (ِ )|_i_ |i bref |fini |_i_ que dans les |
| | | | | | |terminaisons |
| |VIII|sωq سوُق وُ | ω |oû |voûte |grammaticales. |
| | |_marché_ | |français| | |
| | | | | | | EXEMPLE |
| |IX |ʆῶt صوَت وَ| ῶ |ô |môle | b’esmͥ allâhͥ, |
| | |_la voix_ | |profond | | _au nom de Dieu_, |
| | | | | | | بِسْمِ ٱللَّهِ |
| |X |ảdl عَدْل عَ| ả |à du | | |
| | |_justice_ | |fond de | |A la fin des mots ة|
| | | | |la gorge| |prend souvent deux |
| | | | | | |points, et se pron-|
| |XI |ĕlm عِلمْ ع | ĕ |è | |once _at_ et _et_. |
| | |_science_ | |de même | |Il devra s’accen- |
| | | | | | |tuer _àt_, afin de |
| |XII |ỏrđ عُرضْ عُ| ỏ |ò _et_ | |le distinguer de ا ت
| | |_honneur_ | |eù | |qui s’écrira tou- |
| | | | |de même | |jours avec le |
| | | | | | |romain ât. |
+---+----+--------------+ | | | |
| A | | | | | | |
| S |I |hω هُو ه| h |h |honte | |
| P | |_lui_ | |français| | |
| I | | | | | | |
| R | | | | | | |
| A |II |ɦorri_à_t حُرّيَة| ɦ |h | | |
| T | |_liberté_ خ| |très-dur| | |
| I | | | | | | |
| O | | | | | | |
| N | | | | |DÉNOMINA-| |
| S.| | | | | TION | |
+---+----+--------------+ | |---------| |
| |I } { م| m | |ma |Les Arabes n’ont |
| | }Labiales { | | | |point le _v_, qu’il|
| |II } { ب| b | |bé |faut appeler _va_, |
| | | | | |et qui est la |
| |III }Labio- { ف| f | |fi |mineure de _fi_, |
| | }dentale { | | | |comme _m_ du _bé_, |
| | | | | |et _bé_ du _pé_. |
| |IV }Dentales { د| d | |da | |
| | }douces { | | | | |
| |V } { ض| đ | đ dur |đo | |
| | | | | | |
| |VI }Dentales { ت| t | |ta | |
| | }dures { | | | | |
| |VII } { ط| ȶ | ȶ dur |ȶo | |
| | | | | | |
| |VIII }Zedantes { ذ| ȥ | th |ȥal | |
| | } { | |anglais | | |
| | } { | |doux | | |
| | } { | |(those) | | |
| | }douces { | | | | |
| |IX } { ث| θ | th |θêta grec| |
| | | |anglais | | |
| | | |dur | | |
| C | | |(think) | | |
| O | | | | | |
| N |X }Zedantes { ز| z | z |zed | |
| S | }dures { | | | | |
| O |XI } { ظ| ʓ | ʓ dur |ʓo | |
| N | | | | | |
| N |XII }Sifflan- { س| s | s |sa | |
| E | }tes { | | | | |
| S |XIII } { ص| ʆ | ʆ dur |ʆo | |
| | | | | | |
| |XIV }Chucho- { ج|đj | |đja | |
| | }tantes { | | | | |
| |XV } { ش| ῳ | ch |ch | |
| | | |français| | |
| | | |_sh_ | | |
| | | |anglais | | |
| | | | | | |
| |XVI } { ر| r | r |ra | |
| | } { | | | | |
| |XVII }Linguales { ل| l | l |lé | |
| | } { | | | | |
| |XVIII} { ن| n | |no | |
| | | | | | |
| |XIX } { غ| γ | r |γamma | |
| | } { |_gam- |grasseyé| | |
| | } { | ma_ | | | |
| | } { | grec | | | |
| | } { | | | | |
| |XX }Glottales { خ| χ | |χota | |
| | } { |_jota_| | | |
| | } { |espa- | | | |
| | } { | gnol | | | |
| | } { | | | | |
| |XXI } { ق| q | |qâf | |
| | |_ou_ | | | |
| | | ga | | | |
| | | | | | |
| |XXII }Palatiale { ك| k | k |ké | |
+---+----+ | | | | |
|Total 36|(ٌ on), (ً an), | | | | |
| |(ٍ en). | | | | |
+--------+--------------+------+--------+---------+-------------------+
Page 219 Nº 2.
ANALYSE DU TABLEAU.
a long.
Le nº 1er offre sous plusieurs formes un même â ouvert ou long[120],
tel que nous le prononçons dans _âtre_ (du foyer), _noirâtre_.
[120] En Syrie, surtout à Alep, on prononce volontiers cet A en
Ê; et dans quelques endroits, tels que le canton de Sidnaïa, on
le prononce ô; mais ce sont des prononciations vicieuses.
Je n’ai donné à l’a qui leur correspond ces trois modifications, a,
a’, ä, que pour indiquer les formes diverses de l’alef arabe. La plus
remarquable, ä, sera toujours affectée à l’ىَ.
EXEMPLE.
رَمىَ rɑmä, _il a jeté_. مَلىَ mɑlä, _il a rempli_.
En général, cet a représentant l’alef dans toutes ses modifications,
doit être et sera toujours peint dans mon système par l’a romain,
tandis que le fatha َ ou _a bref_, nº II, sera toujours peint par
l’_ɑ_ italique; ce qui conservera même dans l’alfabet transposé la
distinction de l’a _radical_ avec l’_ɑ motion_.
Il est à remarquer qu’à la fin des mots féminins le ه se prononce
aussi _a_, et qu’avec deux points ۃ il se prononce _at_, ce qui arrive
surtout quand le mot suivant commence par une voyelle.
EXEMPLE.
marr_à_t ωâħed_àt_, _une fois seule_: cet _a_ sera peint par _àt_
italique accentué en _à_ pour le distinguer des terminaisons d’une
autre espèce.
_e_.
Le nº III est notre _e_ moyen, comme dans _e_spérer: il est formé de
deux manières en arabe, tantôt par اِ, tantôt par _kesré_ seul ِ :
le son est exactement le même en arabe qu’en français; mais pour en
distinguer la source, je peindrai toujours اِ par e romain, et le kesré
par _e_ italique. D’ailleurs il faut remarquer une fois pour toutes que
jamais le kesré ِ n’a lieu que dans le corps des mots, et que quand ils
commencent par _E_, c’est toujours اِ.
EXEMPLE.
ektob, _écris_, اِکْٺُبْ
ermi, _jette_, اِرْمىِ
o.
Le nº IV a également le son d’_o_ sous deux formes: la première اُ a
lieu surtout au commencement des mots.
EXEMPLE.
omm, _mère_, اُمّْ
omam, _nations_, اُمام
onʓor, _regardes_, اُنْظُرْ
La seconde ُ n’a jamais lieu au commencement, mais seulement après
d’autres lettres. Par exemple, ʓor dans onʓor; قُبرُس qobros, _l’île de
Cypre_.
Ces figures sont quelquefois prononcées _eu_, _e_, et _ou_ bref, selon
les divers peuples. Par exemple, les Alépins disent _eumm_, mère;
les Turks même les prononcent _u_; mais il suffit de savoir que o
représente اُ et ُ , pour lui donner ensuite la valeur usitée dans le
pays.
_ɑi_ ou _ê_.
Le nº V est absolument notre _aî_ français dans _maître_, le même que
_ê_ ouvert dans _ê_tre, fen_ê_tre. J’avoue que c’est un défaut de
représenter ce son par les deux lettres _ɑi_; mais il en résulte un
avantage précieux, en ce que très-souvent un nombre singulier en _ɑi_
ne fait que retourner au pluriel la diphthongue, et se prononce en _i_a.
EXEMPLE.
d_ɑi_r, _maison_; diâr, _les maisons_: b_ɑi_r, _puits_; biâr, _les
puits_. Dans tous les cas, l’_i_ radical se remontre d’une manière ou
d’une autre.
EXEMPLE.
b_ɑi_t, maison; biωt, _plusieurs maisons_; ῳ_ɑi_x, _vieillard_; ῳîωx,
_les vieillards_: et cet avantage ne se trouverait pas dans la lettre
_é_.
i long.
Le nº VI est notre _î_ bien appuyé, bien senti: il sera toujours peint
_ï_ ou î.
_i_ bref.
Le nº VII est une seconde fois le kesré ِ , avec cette différence que,
prononcé _é_ dans le corps des mots de l’arabe vulgaire, il se prononce
_i_ dans l’arabe littéral ou savant, surtout dans les terminaisons
grammaticales; en conséquence, je distinguerai toujours cet état par
l’_i_ italique, qui évitera toute confusion avec l’i romain affecté
pour l’i radical.
ω.
Le nº VIII est notre son voyelle _ou_. Ce son étant simple,
indivisible, c’est un défaut de le peindre par deux lettres; je leur
substitue donc le double w des Anglais, sous une forme commode à écrire
ω.
ῶ _ô_ ouvert.
Le nº IX est notre son voyelle ô ouvert, le même que _au_ dans
_pauvre_: il est à remarquer que l’arabe le forme de la même manière
que nous par la réunion d’_a_ et d’_ou_. Je l’ai représenté par ῶ
surmonté d’un petit _a_, parce que cette diphthongue se renverse comme
la précédente.
EXEMPLE.
ʆɑωȶ, _la voix_; aʆωaȶ, _les voix_: zɑωđj, _le mari_; zωađjàȶ, _les
maris_.
ả a guttural.
Le nº X représente l’à guttural pur et simple.
ĕ è guttural.
Le nº XI est l’è guttural, qui a lieu surtout à la fin des mots.
EXEMPLE.
qâȶĕ, _tranchant_.
ỏ ò guttural.
Enfin le nº XII est un son guttural, prononcé tantôt comme ò, et tantôt
comme _eù_.
EXEMPLE.
qỏod, _assieds-toi_; el borqỏ (eu), _voile du visage_.
Ces différences dépendent de l’usage du pays; il suffit de savoir que
l’ảïn affecté d’un domma ُ , est représenté par ỏ.
A ces voyelles, il faut ajouter les trois finales nasales _on_, _en_,
_an_, qui n’introduisent aucun son nouveau, et que par cette raison
nous exprimons avec des figures déjà employées; il n’en résulte pas
de confusion pour _on_ et _en_, en ce que nulle autre terminaison
ne leur ressemble, mais _an_, ayant deux analogues, veut des signes
distinctifs. Nous avons donc approprié la figure _an_ italique, à ً pur
et simple.
EXEMPLE.
đɑrb_ɑn_, _coup_, ضَرْبً.
et celle de a’_n_ à اً đɑrbâ’n, ضَرْباً.
et celle de a_n_ simple à ان, _eθnan_, اِثْنان
_Des Aspirations._
_h_ doux.
Le nº I est notre _h_ dans les mots _honte_, _Hollande_; les Arabes en
font une consonne qu’ils emploient ouverte ou fermée également.
EXEMPLE.
hɑωâ, l’_air_.
behi, _beau_.
bɑhhɑh, _gaîté_, _amusement_.
nɑhr, _ruisseau_.
onhor, _les ruisseaux_.
Il ne faut pas prononcer _béï_, _nâr_, _onor_; mais _bé-hi_, _na-hr_,
_on-hor_, en faisant bien sentir l’_h_, sans quoi il naîtrait mille
équivoques; par exemple, nar, veut dire feu; _nehar_, jour; _béï_, en
moi.
ħ dur.