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Le 6 décembre 1897.
Ma chère et bonne Lucie,
Je ne veux pas laisser partir le courrier sans t’écrire, pour te répéter
toujours, il est vrai, les mêmes paroles.
Comme je te l’ai dit depuis de longs mois, je ne vis que par une tension
inouïe des nerfs, de la volonté, et c’est lorsque je succombe sous le
poids de telles souffrances que ta pensée, celle des enfants, me font
relever, vibrant de douleur, de volonté, devant ce que nous avons de
plus précieux en ce monde, notre honneur, celui de nos enfants, le
nôtre à tous, et que je jette encore le cri d’appel vibrant de l’homme
qui, depuis le premier jour de ce lugubre drame, ne demande que la
vérité.
Il y a donc là une œuvre de justice qui plane au-dessus de toutes les
passions, qui s’impose à tous, et elle doit s’accomplir. Je souhaite
cependant, ma bonne chérie, pour nous deux, qu’elle s’accomplisse enfin,
que notre effroyable et trop long supplice ait enfin un terme.
Je t’embrasse comme je t’aime, de toute la puissance de mon affection,
ainsi que nos chers et adorés enfants.
Ton dévoué,