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Le 7 septembre.
(Soir.)
Avant de remettre cette lettre, pour qu’elle parte encore par le bateau
anglais, je veux y ajouter quelques mots; tout mon cœur, mes pensées
sont avec toi et avec nos chers enfants.
Je viens de relire tes chères lettres et je n’ai pas besoin de te dire
que je les relirai encore souvent jusqu’au prochain courrier. Les
journées sont longues, seul, en tête-à-tête avec soi-même, sans jamais
prononcer une parole.
Que mon âme t’inspire, ma chère Lucie, car je sens bien que pour tes
chers parents, pour tous enfin, comme pour nous, il faut que ce drame
finisse. Dusses-tu frapper à toutes les portes, il faut avoir l’énigme
de cette machination infernale qui nous a enlevé ce qui fait vivre et ce
qu’il nous faut: notre honneur.
Quant à nos chers enfants, embrasse-les de tout cœur pour moi. Les
quelques mots que Pierre ajoute à chaque lettre me font plaisir. C’est
pour toi et pour eux que j’ai eu la force de tout supporter et je veux
voir le jour où l’honneur nous sera rendu. Et cela, je le veux
fortement, puissamment, avec toute l’énergie d’un homme qui place
l’honneur au-dessus de tout. Puisse ce vœu se réaliser bientôt! Tu dois
tout faire pour qu’il s’accomplisse.
Je t’embrasse encore avec toute mon âme.
Ton dévoué,