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Le 2 juillet 1895.
Ma chère Lucie,
Quand cette lettre te parviendra, le jour de ta fête sera proche. Le
seul souhait que je puisse formuler et qui est dans ton cœur comme il
est dans le mien, c’est que j’apprenne bientôt qu’on nous rend avec
notre honneur notre bonheur passé.
Ma conscience et ma raison me donnent la foi; le surnaturel n’est pas de
ce monde, tout finit par se découvrir. Mais les heures d’attente sont
longues et cruelles quand il s’agit d’une situation aussi épouvantable,
aussi bien pour nous que pour nos familles.
Tes chères lettres du commencement de mars,--tu vois si je retarde--sont
ma lecture quotidienne; j’arrive ainsi, quoique bien loin de toi, à
causer avec toi. Ma pensée, d’ailleurs, ne te quitte pas, ainsi que nos
chers enfants.
J’attends avec impatience des nouvelles de ta santé et de celle de nos
enfants. Encore de quand dateront-elles?
Ma santé est bonne, mon cœur bat avec le tien et t’enveloppe de toute sa
tendresse.
Je t’ai écrit deux longues lettres dans la dernière quinzaine de juin;
je ne pourrais que me répéter toujours; aussi permets-moi de terminer en
t’embrassant de toutes les forces de nos cœurs, ainsi que nos chers
enfants.
Ton dévoué,