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Le 15 janvier 1895.
(Mardi, 9 heures du matin)
Ma chérie,
J’ai beaucoup pensé cette nuit à ce que tu m’as dit hier en m’exhortant
à la patience, en me faisant comprendre que rien ne se fait en un jour.
Hélas, je le sais bien, mais je souffre précisément de mes qualités qui
sont des défauts dans les circonstances actuelles. Homme d’action, je
suis impatient de voir déchiffrer cette énigme qui me torture le
cerveau.
Enfin, tu me comprends, ma chérie, puisque tu me connais si bien. Il est
inutile que je retrace chaque jour les fièvres d’impatience qui me
saisissent parfois, les accès de colère folle qui me secouent à
certains moments...
J’ai reçu hier soir une bonne nouvelle. On m’a appris que je verrai ta
mère aujourd’hui; je m’en réjouis à l’avance.
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