J’ai vu quelques instants Mᵉ Demange. Après lui, j’ai eu le plaisir de
voir ta mère.
J’étais tellement énervé aujourd’hui que j’ai eu presque des faiblesses
devant elle; que veux-tu, parfois je redeviens un homme avec toutes ses
faiblesses et toutes ses passions.
Avoue d’ailleurs qu’il y a dans ma situation de quoi abattre les plus
forts.
Ah! crois bien que si ce n’était pour toi, pour nos chers enfants, il me
serait plus doux de mourir. Mais il faut que je me raidisse contre la
douleur, il faut que je me dise que je supporterai tous les calvaires,
tous les martyres, jusqu’au jour où mon innocence éclatera au grand
jour.
Il est impossible qu’il en soit autrement.
Je résisterai jusqu’au bout, sois-en convaincue. Mais il m’échappera
parfois encore des cris de colère, des cris de douleur.
Embrasse tout le monde, nos chéris pour moi.
Ton dévoué,