Le temps passe lentement, les minutes sont des heures. Comment dépenser
mon énergie, comment faire taire mon cœur! Parfois la patience
m’échappe. Ce ne sont ni le courage ni l’énergie qui me font défaut, tu
le sais bien...; d’ailleurs ma conscience me donne des forces
surhumaines... mais c’est cette inactivité terrible, ce désir que
j’aurais de vous aider pour poursuivre le but unique de ma vie, la
découverte du misérable qui m’a volé mon honneur, voilà ce qui me brûle
le sang. Ah, j’aimerais mieux monter tout seul à l’assaut de dix
redoutes que d’être là, impuissant, inactif à attendre passivement que
la vérité se découvre!
J’envie le casseur de pierres sur la grande route, absorbé dans son
travail machinal.
A tout à l’heure, ma chérie. Tu me rendras de la patience.
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