Encore que nous espérions que nos défenses et des peines si justement
ordonnées contre les duels retiendront dorénavant tous nos sujets d'y
retomber, néanmoins, s'il s'en rencontrait encore d'assez téméraires
pour oser contrevenir à nos volontés, non seulement en se faisant
raison par eux-mêmes, mais en engageant de plus dans leurs querelles
et ressentiments, des seconds, tiers ou autre plus grand nombre de
personnes, ce qui ne peut se faire que par une lâcheté artificieuse
qui fait rechercher à ceux qui sentent leur faiblesse la sûreté dont
ils ont besoin dans le courage d'autrui, nous voulons que ceux qui se
trouveront coupables d'une si criminelle et si lâche contravention à
notre présent édit soient sans rémission punis de mort, quand même il
n'y aurait aucun de blessé ni de tué dans ces combats, que tous leurs
biens soient confisqués comme dessus, qu'ils soient dégradés de
noblesse, déclarés roturiers, incapables de tenir jamais aucunes
charges, leurs armes noircies et brisées publiquement par l'exécuteur
de la haute justice.
Enjoignons à leurs successeurs de changer leurs armes et d'en prendre
des nouvelles pour lesquelles ils obtiendront nos lettres à ce
nécessaires, et en cas qu'ils reprissent les mêmes armes, elles soient
de nouveau noircies et brisées par l'exécuteur de haute justice et eux
condamnés à l'amende de deux années de leur revenu, applicable, moitié
à l'hôpital général de la ville la plus proche, et l'autre moitié à la
volonté des juges.
Et comme nul châtiment ne peut être assez grand pour punir ceux qui
s'engagent si légèrement et criminellement dans le ressentiment
d'offenses où ils n'ont aucune part et dont ils devront plutôt
procurer l'accommodement pour la conservation et satisfaction de leurs
amis que d'en poursuivre la vengeance par des voies aussi destituées
de véritable valeur et courage comme elles le sont de charité et
d'amitié chrétienne, nous voulons que tous ceux qui tomberont dans le
crime d'être seconds, tiers ou autre nombre également soient punis des
mêmes peines que nous avons ordonnées contre ceux qui les emploieront.