M. de Beauvallon affirme _qu'il ne s'est jamais servi des pistolets_.

Il a tiré après le temps strictement nécessaire pour s'effacer et

faire feu.

M. Alexandre Dumas raconte son entrevue avec Dujarrier, et dit que ce

dernier était préoccupé de l'idée de passer pour un lâche aux yeux de

M. de Beauvallon. Dujarrier aurait ajouté que l'un des témoins de M.

de Beauvallon, M. d'Ecquevilley, lui avait dit: «Si vous n'acceptez

pas le combat, vous serez bien forcé de vous battre pour une autre

raison. On vous y forcera bien, votre figure déplaît.»

Ce propos fut tenu le samedi entre trois et quatre heures.

On se demande si cette entrevue de M. Dujarrier et de M. d'Ecquevilley

était régulière?

On s'étonnera encore qu'une querelle qui a eu lieu dans la nuit du 7

au 8 mars, n'ait été réglée que le 11 au matin, les intéressés étant

tous dans la même ville.

Ce temps était très suffisant pour permettre les cancans, embrouiller

les affaires; aussi M. Alexandre Dumas raconte-t-il que son fils lui

avait assuré que M. de Beauvallon désarmerait Dujarrier, le blesserait

au bras. Ce propos répété à Dujarrier par des personnes officieuses,

quel effet pouvait-il produire?

Le choix du pistolet!!!

Nous nous arrêterons ici sur l'incident suivant:

M. BERRYER.--Que pense M. Dumas du renvoi de la réponse de M.

Dujarrier par deux témoins?

M. DUMAS.--Cela se fait toujours ainsi et arrive souvent lorsqu'on

risque sa vie, un capital contre un autre capital, on prend des

témoins pour faire des concessions que soi-même on ne voudrait pas

faire.

Les témoins répondent pour vous; ce sont deux parrains qui sont

chargés de votre vie, de votre honneur. Ils font des concessions en

leur nom privé; ils font des choses que l'on ne ferait pas soi-même.

La discussion entre les témoins est plus facile; ils n'ont pas le

droit de se fâcher; ils peuvent se dire des choses qui, dites par les

adversaires eux-mêmes, rendraient le duel inévitable. Quand on envoie

des témoins, cela ne veut pas dire qu'on veut se battre; ce n'est pas

placer la question sur le terrain du duel: c'est choisir un moyen

d'arrangement. Cela est consigné dans le _Code du duel_, qui est signé

par M. le comte de Chateauvillard et par des premiers noms de la

littérature, de l'armée et de la noblesse. Vous l'avez ici, ce _Code

du duel_, il doit être chez vos libraires.

En se divisant entre les adversaires et les témoins, le danger

diminue.

M. L'AVOCAT DU ROI.--D'après ce _Code du duel_, est-ce qu'il est loyal

de provoquer à l'épée l'homme qui ne sait pas manier cette arme?

M. DUMAS.--On ne sait presque jamais la force de son adversaire, c'est

là un avantage de position pour chacun. Cela est si vrai que beaucoup

de personnes s'exercent chez elles afin qu'on ne sache pas quel est

leur fond; c'est là leur secret, c'est là un avantage.

Nouveau Code du Duel: Histoire, Législation, Droit Contemporain · 第 108 / 208 题