Suivant les conseils de la sagesse, de l'humanité, nous n'avons pas
cru devoir refuser aux témoins la prérogative de pouvoir, en certaines
circonstances et lorsque les deux champions se sont bravement battus,
arrêter un duel.
Tout en nous référant aux conditions présentées plus haut au sujet de
l'article 31, nous dirons: Lorsque le duel s'est prolongé assez
longtemps, l'insulté n'a-t-il pas donné la preuve qu'il est en mesure
de venger son offense honorablement?
L'agresseur n'a-t-il pas prouvé également qu'il est en mesure de
donner, par les armes, la réparation de l'offense qu'il a faite?
Si donc, l'affaire n'est pas très grave et qu'aucune condition
contraire n'ait été posée, pourquoi refuser aux témoins le droit de
persuader aux champions qu'ils doivent se réconcilier, qu'ils sont
faits pour s'estimer réciproquement, car leur honneur est satisfait?
La délicatesse de MM. les témoins leur impose l'obligation de n'user
de cette prérogative qu'à bon escient et avec pleine certitude de ne
préjudicier à aucun droit, principalement à celui de l'offensé.