Il appartient aux témoins de fixer le lieu, le jour et l'heure de la
rencontre, et cela d'accord avec les parties et d'une manière précise.
Il est d'une suprême inconvenance de se faire attendre sur le terrain.
_Le quart d'heure de grâce_ admis habituellement pour le rendez-vous
dans la société, nous semble très suffisant pour faire la limite de
l'attente. Ce temps largement écoulé, la partie adverse est en droit
de se retirer, ses témoins bien entendu dressant procès-verbal. Le
droit de se retirer après un retard prolongé au delà de la limite
fixée ci-dessus, trouve son application plus ou moins sévère, suivant
les conditions de l'atmosphère et l'intempérie des saisons. Dans ce
dernier cas, lorsque les témoins sont convaincus que le retard
prolongé peut amener des conséquences fâcheuses pour leur client, ils
doivent non seulement lui conseiller de se retirer, mais l'exiger
formellement en refusant de l'assister.
Lorsqu'un obstacle _impossible à prévoir_ empêche l'une des parties
d'arriver à l'heure précise, ses témoins doivent mettre toute la
diligence possible à prévenir les témoins adversaires, et s'entendre
avec eux pour remettre la rencontre quelques heures plus tard, ou même
au lendemain, s'il y a lieu.
Si l'on doit voyager pour se rendre au lieu du rendez-vous, on ne doit
négliger aucune des précautions nécessaires pour éviter de _manquer le
train_
Nous ne parlons pas ici de ces retards calculés, dont les mobiles ne
se rencontrent pas dans les plus nobles et généreuses inspirations de
l'espèce humaine!