Il est un axiome de jurisprudence bien connu qui dit:
_Non bis in idem._
Celui qui reçoit une offense, doit avant tout se demander auprès de
quelle juridiction il entend en poursuivre la réparation.
S'il s'adresse à la juridiction ordinaire, il doit, en vertu de
l'axiome précité, perdre nécessairement le droit d'invoquer la
juridiction du point d'honneur.
Le retrait de la plainte, les démarches même les plus pressantes pour
en empêcher les suites, ne signifient rien. L'autorité n'en est pas
moins avertie. Quel est le magistrat qui donnera par écrit la promesse
de ne pas poursuivre une offense, quand il sait que cette promesse
seule peut permettre le duel, délit réprimé par la loi? A supposer
qu'il puisse donner cette promesse (car il a le ministre de la justice
derrière lui), il ne s'engagera jamais à ne pas empêcher un duel dont
l'éventualité lui est signalée.
Par suite, est-il digne d'hommes sérieux de se rendre sur le terrain
quand ils sont sûrs d'y rencontrer les agents de l'autorité?
En résumé, rien ne pouvant arrêter le cours de la justice, dans le cas
de retrait d'une plainte et d'un appel postérieur à ce retrait, les
témoins de celui qui en est l'auteur doivent soumettre la question aux
témoins de l'adversaire, lequel est dès lors en possession de toute
liberté pour accepter ou pour refuser l'appel qui lui a été transmis.
En cas de refus, les témoins dresseront procès-verbal motivé.
Suivre une voie nette dès le principe, est le meilleur moyen d'éviter
les commentaires.