L'opinion publique réprouve avec juste raison l'appel ou le duel entre
proches parents. Mais à quel degré faudrait-il s'arrêter?
Nous ne nous sommes pas cru autorisé à le préciser. Tout dépend des
circonstances et des rapports d'affection qui se perpétuent dans les
familles jusqu'à un degré plus ou moins éloigné.
Il est un fait certain, c'est que les offenses ou même les mauvais
procédés se ressentent plus vivement entre personnes unies par les
liens de parenté plus ou moins rapprochée; que les haines qui en
résultent s'apaisent plus difficilement et entraînent des conséquences
plus fâcheuses pour les intérêts et pour la paix des familles. Sous ce
point de vue, nous préférons un bon appel qui soumette l'affaire à
l'appréciation de témoins sérieux et bien intentionnés, lesquels
invoqueront avant tout les liens de parenté, provoquant une bonne
réconciliation, et mettront fin à une querelle qui pourrait produire
des inconvénients séculaires.
«Mieux vaudrait sans doute reconnaître ses torts spontanément, car si
les liens de parenté existent, me disait-on, ils sont réciproques et
les procédés doivent l'être également. De quel droit alors me
forcera-t-on à endurer un affront, à subir une offense de la part d'un
parent, parce que, pourvu que l'on donne une extension exagérée à
votre article, je ne trouverai aucun témoin pour transmettre une
demande de satisfaction?»
L'opinion publique est seule en mesure de répondre. Il appartient à
elle seule de déterminer l'extension que comporte la prescription de
notre article.