SUR L'ARTICLE 19.

L'opinion publique réprouve avec juste raison l'appel ou le duel entre

proches parents. Mais à quel degré faudrait-il s'arrêter?

Nous ne nous sommes pas cru autorisé à le préciser. Tout dépend des

circonstances et des rapports d'affection qui se perpétuent dans les

familles jusqu'à un degré plus ou moins éloigné.

Il est un fait certain, c'est que les offenses ou même les mauvais

procédés se ressentent plus vivement entre personnes unies par les

liens de parenté plus ou moins rapprochée; que les haines qui en

résultent s'apaisent plus difficilement et entraînent des conséquences

plus fâcheuses pour les intérêts et pour la paix des familles. Sous ce

point de vue, nous préférons un bon appel qui soumette l'affaire à

l'appréciation de témoins sérieux et bien intentionnés, lesquels

invoqueront avant tout les liens de parenté, provoquant une bonne

réconciliation, et mettront fin à une querelle qui pourrait produire

des inconvénients séculaires.

«Mieux vaudrait sans doute reconnaître ses torts spontanément, car si

les liens de parenté existent, me disait-on, ils sont réciproques et

les procédés doivent l'être également. De quel droit alors me

forcera-t-on à endurer un affront, à subir une offense de la part d'un

parent, parce que, pourvu que l'on donne une extension exagérée à

votre article, je ne trouverai aucun témoin pour transmettre une

demande de satisfaction?»

L'opinion publique est seule en mesure de répondre. Il appartient à

elle seule de déterminer l'extension que comporte la prescription de

notre article.

Nouveau Code du Duel: Histoire, Législation, Droit Contemporain · 第 76 / 208 题