Nous n'entendons nullement porter atteinte au sentiment naturel qui
engage un fils à défendre son père. Toutefois le droit d'un fils de
venger toute offense faite à son père, ne saurait lui être accordé
d'une manière absolue; il doit l'être conformément aux exigences de la
justice et de l'humanité.
Un fils ne peut être juge impartial de la cause de son père.
La demande de réparation formulée par un fils, doit être appréciée par
les témoins avec la sévérité et l'impartialité désirables. Il faut
pour qu'elle puisse être accueillie, que le père ait été gravement
insulté, que l'offense soit parfaitement établie, que le père n'ait
point provoqué l'offense par une offense égale; qu'en conséquence le
droit de l'offensé lui soit pleinement acquis.
En dehors de ces conditions essentielles, la demande du fils doit être
péremptoirement rejetée par les témoins.
Les articles 23 et 24 sont interprétés par analogie avec l'article 22.