Nous ne saurions l'ignorer, la coutume indique certaines offenses très
graves comme devant être l'objet d'une représaille instantanée. Cette
coutume paraît se justifier par la certitude qu'aura l'offensé
d'obtenir ainsi plus facilement la réparation par les armes qu'il
serait disposé à demander. Nous pensons en thèse générale, que tout
homme de cœur n'a nul besoin de subir une violente représaille pour
accorder la réparation d'une offense qu'il aurait faite. Une lutte
devient la conséquence d'une pareille conduite, et cette lutte
nécessite un duel à outrance.
Il est donc plus sage d'éviter de pareils excès. Sans doute il faut
beaucoup de sang-froid pour résister à la tentation d'obtenir une
vengeance éclatante et immédiate, mais le sang-froid trouve sa
récompense dans le privilège du droit absolu de l'offensé,
considération qui n'est pas sans importance dans un débat qui ne peut
tout au moins se terminer que par une rencontre sérieuse.
Dans les affaires d'honneur, comme en jeu, heureux celui qui par une
sage et adroite retenue, sait éviter les mauvaises chances de la
_carte forcée_!