SUR L'ARTICLE 19.

Nous ne saurions l'ignorer, la coutume indique certaines offenses très

graves comme devant être l'objet d'une représaille instantanée. Cette

coutume paraît se justifier par la certitude qu'aura l'offensé

d'obtenir ainsi plus facilement la réparation par les armes qu'il

serait disposé à demander. Nous pensons en thèse générale, que tout

homme de cœur n'a nul besoin de subir une violente représaille pour

accorder la réparation d'une offense qu'il aurait faite. Une lutte

devient la conséquence d'une pareille conduite, et cette lutte

nécessite un duel à outrance.

Il est donc plus sage d'éviter de pareils excès. Sans doute il faut

beaucoup de sang-froid pour résister à la tentation d'obtenir une

vengeance éclatante et immédiate, mais le sang-froid trouve sa

récompense dans le privilège du droit absolu de l'offensé,

considération qui n'est pas sans importance dans un débat qui ne peut

tout au moins se terminer que par une rencontre sérieuse.

Dans les affaires d'honneur, comme en jeu, heureux celui qui par une

sage et adroite retenue, sait éviter les mauvaises chances de la

_carte forcée_!

Nouveau Code du Duel: Histoire, Législation, Droit Contemporain · 第 53 / 208 题